‹ L'eau sur le plateau central de la FranceChapitre 23 sur 43 · partie si intéressante de la vallée. Le passage de la route · texte numérisé non relu

partie si intéressante de la vallée. Le passage de la route

^ZHermont à Aurillac, a nécessité de nombreuses coupures

les masses éboulées et a mis à nu la nature complexe

conglomérats volcaniques. La rivière, de son côié, a

à se frayer un passage. Elle y a réussi en offrant k l'ad*

tioD des voyageurs ses rapides, ses chutes, ses cascades et

ooun impétueux. Ce sont de vraies cataractes qui se suc-

et semblent se poursuivre. Nulle part on ne peut mieux

'^arver l'action dégradante des eaux. Celles-ci ont dû lutter

IS^emps contre l'énorme barrage qui s'opposait à leur marche ;

l'ont surmonté et il dut autrefois exister, en ce lieu , une

cascade s'élançant de la corniche du rocher. Âu-

Lui, lorsqu'attiré par le bruit lointain de la rivière, vous

les prairies et vous avancez sous les bouquets d'arbres

sur le bord du tormnt , vous êtes efiayé de tous ces boulev-^ sements.

€ C'est à une demi-lieue au-dessus du bourg de Thie qu'apparaît le Pas-de-Compaing. Voilà, dit M. Henri Duzr la merveille de la vallée. Lorsqu'on arrivant on s'approche •«■ escarpements , le premier coup-d'œil efiftaye et Ton rv^cule instinct. La route, creusée dans le roc et soutenue partout par des contreforts que Ton n'aperçoit pas, set mo à vrai dire, suspendue sur Tabime, prèle à y rouler. A de vous, sur la gauche, de petites sources descendent gc^^ à goutte le long des conglomérats qui prennent en cet endi-^ une couleur sanguinolente. Les flancs de la gorge sont hériss de rochers : les uns se tiennent debout en aiguilles, les au(r:3 se groupent et s'appuient comme pour ne pas chanceler; d'autre enfin, plus hardis, se penchent vers le précipice avec unee-^ frayante audace. On ne saurait se îaxre une idée, sans les voL de la forme de ces laves, de leur bizarrerie , ni des convulsion^ de cette nature désordonnée. Partout ailleurs, le temps cherchj à déguiser le ravage des éléments ou les ruines des honmies il y jette des gazons , il les pare de fleurs ; ici , au contraire les années semblent n'avoir passé sur cette scène que pou y imprimer à plaisir de magnifiques outrages. Enfin , au for du goufire , la rivière saute , en mugissant de cascade en ca cade , et ce bruit joint à celui du vent qui soufile constamm' dans ce défilé, fait du Pas-de-Compaing un des sites les j curieux, les plus effroyables, les plus horriblement beaux soient au monde. » (H. Durif. Dict. du Cantal, t. II, p. S'

Au-delà de Thiezac, à peu de distance au-dessous du ha? de Vaurs, on arrive 'près d'une autre merveille; c'est 1 de la Cère , en face de la campagne de Trémoulet. La j descendant rapidement la vallée a rencontré une masse r duits volcaniques qu'elle a coupés , on pourrait presq sciés, dans toute sa longueur. Vous dominez un préci plus de 100 mètres de profondeur, au fond duquel écume et bondit, furieuse encore contre l'obstacle que ont rencontré. On voit qu'elle a usé lentement son lit, successivement diminué la hauteur de sa cascade e

j*aide des matériaux, des blocs de rochers qu'elle entraînait, ell^ SL usé le rocter et battu en brèche les parois qui n'ont pu

à son action séculaire. Aussi c'est entre deux hautes

lies, écartées seulement de 12 à 15 mètres, murailles

à. jparois verticales ou surplombantes que la Cère se précipite

hojT^ de la haute vallée où elle présente tant de beautés.

N"!!! doute qu'à la longue, cette rivière n'approfondisse encore

soxx lit.

"^ -Auprès avoir reçu quelques faibles ruisseaux descendant des d^xx^c oôtés de la vallée, la Cère entre sur le territoire de Vie, bourg ^f^xic3mmépar ses eaux minérales. Là, plus tranquille, elle coule d^-x:!^^ xine riante vallée dont la largeur est au moins de deux kitjes. Ce n'est plus un torrent, mais un cours d'eau paisible par la plaine, échappé aux coulées volcaniques et aux res forêts qui cachent son origine et protègent sa nais-

ville de Vie est divisée en haute et basse ; la ville haute, à

sur le torrent nommé Iraliot rappelle un peu les villages

s. La ville neuve est située au pied de la ville haute et

X>ée autour de la route d'Aurillac à Saint-Flour et de la rue

Cîonduit à la fontaine minérale.

^ous ne finirions pas, dit M. de Lalaubie, si nous voulions

ment décrire les environs de Vie ; mais tout en négli-

, avec regret, nombre de beautés pittoresques, nous ne vou-

^*^ ^^ j)as omettre la cascade formée par le bruyant et capricieux

d'Lraliot, ni la colline qui le commande et supporte les s presque efiacées de Castelvieil, perché sur un rocher — -xxïmantique.

^^ Ein remontant à travers le labyrinthe de ruelles qui sillonnent "*^i^ille ville le long du torrent, on arrive à une gorge qui est

elque sorte le Royat-de-Vic. Abritée par le rocher de Cas- "^i^l, elle est rafraîchie par l'Iraliot qui s'y précipite en char-

js cascatelles. C'est un ravin bien étroit, pressé de part et ^^^tje par la montagne et cependant rien do plus pittoresque. ^^ ohamps et des jardins montent en étages sur les rampes ; des

verts et ombreux en tapissent le fond. Des rives du torrent ^ ^^**.iacç.nt des Frênes, des Aulnes, des Noyers et des Cerisiers;

des fentes de chaque roc, s'échappent à profusion des Rosie sauvages, des Bruyères aux fleurs empourprées, des Campa nules, des Liserons, des Orpins, des Achillées ou des branch d'Aliziers aux grappes rouges, aux feuilles recouvertes d'unpâl duvet. Cette gorge, presque inconnue des voyageurs, est pleine de channes et de rêverie ; en la suivant quelques minutes, on. arrive au détour d'une roche escarpée qui recèle une petite baie demi-circulaire. Cette petite baie, si nous ne nous trompons, s'appelle le Trou-de-la-Conche^ et c'est au fond de cette vasque rocailleuse que tombe une des cascades les plus mystérieuses, les plus hautes et les plus curieuses des environs de Vie. Elle forme deux jets : le jet supérieur est de cinq ou six mètres de hauteur. La perspective de cette cascade finit gracieusement entre deux blocs qui s'élèvent conmie des pilastres au-dessus de la seconde ; la nappe blanche se dessine agréablement dans ce cadre grisâtre. A peine ces eaux se reposent-elles dans le bassin qu'elles ont ciselé, qu'elles en sortent, reprennent leur élan entre les deux promontoires et rebondissent de dix mètres de hauteur, jusqu'au fond de l'abîme. Le site entier de la cascade est aussi remarquable qu'imprévu. A travers les escarpements qui le ressèrent, apparaît un nouveau ciel, un nouvel horizon; l'œil devine un espace plus large, plus aéré, un paysage moins tourmenté, plus tranquille ; c'est en effet le val de Malépie, dont les verdoyantes pelouses commencent en ce lieu pour s'élever vers de plus hautes régions. Tout ce merveilleux assemblage laisse dans l'âme une impression que le temps et la distance ne parviennent pas à effacer. » (De Lalaubie. Dict, du Cantal, t. V, p. 546.)

€ Augmentée par les eaux de ce torrent, la Cère abandonne les prairies de Vie pour arroser celles de Polminhac, charmant village situé au confluent de cette rivière et d'un ruisseau qui sort d'un petit vallon latéral qui descend de hautes montagnes. La Cère passe au pied du bourg et du château de Pestels, l'un des plus beaux souvenirs de l'époque féodale ; il s'élève fièrement sur une roche escarpée qui domine la vallée et au pied de laquelle se précipite un torrent. Sa haute tour, la vaste plate-forme qui servait de cour au château, et du haut de laquelle l'œil plane sur les riants paysages de la vallée, en remontant les méandres

de la nTière jusque dans les profondeurs des montagnes;

le xoc k tète d*aigle, monstre de pierre assis près de la tour et

suireille avec elle la vallée ; le Glen sauvage qui s'ouvre

les murs du château à l'ombre des forêts; le torrent qui

bondit de cascade en cascade au fond de ce Glen ; les romantiques

allées qui mènent aux cascades, enfin tous les traits du tableau

que présente Pestels , sont d'une beauté mâle et solennelle. »

(X>K Lalaubie.)

« La vallée de la Cère, la reine des vallées du Cantal , ce long m ondoyant, s'élargit do plus en plus à mesure qu'on approd'Aurillac. En remontant vers Vie, trois aspects d'ensemble i-ppent presque simultanément. C'est d*abord la somptueuse ine placée devant Yolet. Elle voile son faîte d'un rideau de ; au-dessous on distingue entremêlés, ici des villages, là des J^xxiins et des vergers, plus loin, des clairières gracieuses entre-

de bouquets d*arbres. Ces pentes graduées conduisent œntre, où s'étale une immense plaine de verdure, rafraîchie "Vivifiée par le cours de la rivière. Toute cette zone se montre 'Xnarquable par la beauté des pâturages et la position pittoresde ses habitations. Il y a plusieurs points dans cette commue pour saisir le magnifique ensemble de la vallée, mais celui Cîentre du'bourg d' Yolet sera certainement choisi. On se trouva cet endroit dans la véritable situation du tableau et en outre s son vrai jour. De là, comme sur un balcon, l'œil embrasse "V^Jlée tout entière, avec ses riches châteaux et ses métairies ites. Ce que je crois impossible de rendre, dit M. Durif, c'est approches de l'automne, le mouvement des troupeaux allant ^ ^^n pacage à l'autre, les tintements confus des sonnettes, joints 1* agitation d'une population laborieuse et bourdonnante. Tout bruits mêlés à ceux des eaux et des vents, viennent à l'oreille par la distance, s'emparent du cœur et nous font aimer

*• xiature pour la vie calme qu'elle seule peut donner. De ce point •"^ dallée paridt superbe, et l'on voit la rivière descendre de Pol- ^^*^iiihae dans toute sa splendeur. » (H. Durif. Die t. hist, et stat. Cantal, t. V, p. 631.) C'est au-delà de Polminhac, dans les prairies d'Arpajon, que Cire reçoit la Jordame sur sa rive droite. Elle continue sou

cours dans la commune de Sansac, de Marmiesse au sud d'AurillaCy et passe à peu de distance du château de Veyrières, dont la construction remonte à Tépoque de la Renaissance. Elle arrose le territoire dTtrac où se trouve le confluent du ruisseau de Veyrières, puis elle traverse une petite partie de la commune de Saint-Etienne-Cantalès, limite en quelques endroits les commîmes de Saint-Gérons et de Laroquebrou. Dans cette dernière localité elle est profondément encaissée et reçoit plusieurs ruisseaux qui viennent encore grossir ses eaux. L'un deux, le Caldeyrou , déborde quelquefois au point d*inonder les rues to tueuses de la ville. Un pont fait ici communiquer les deux riv< de la Gère, souvent décorées par d'élégantes villas.

La rivière abandonne le Cantal, limite les départements d la Corrèze et du Lot, et termine son cours dans ce dernier y ajoutant ses eaux à celles de la Dordogne , près de la peu ville de Bretenoux.

XjA Jordanne» affluent de la cAt^»

€ La vallée qui sert de berceau à la Jordanne, dit M. de laubie, semble déployer dès son origine une pompe royale s'épanouit immédiatement en un grandiose et délicieux couvert jusqu'au sonunet d'une molle verdure. Les bords de i»^ amphithéâtre enchanteur se découpent dans les nues par série d'arcs et de festons au-dessus desquels s'élancent vi pics majestueux semblables aux fleurons d*une couronne gig tesque. C'est par exemple, l'Homme-de-Pierre et laRoche-N entre lesquels passent les sentiers de la vallée du Falgoux et la vallée d'Aspre; le puy Mary, au pied duquel une petite b creusée dans la montagne conduit vers la vallée de la Rue ;^ puy Peyrarche et le puy de Bataillouze comprenant entre le vaste croissant du col de Cabre, vers lequel fuient les de plans de la vallée de Jordanne et qui sert d'avenue à la v de Dienne ; puis les monts de Comb-Nègre que l'on pour descendre vers le Liorant et la vallée d'Alagnon; le de Griou, Griounou et le puy Luzclade, cônes pierreux et pouillés à leurs cimes, enfin le puy d'Elancèze et un labyrio^

d'AUEtres sommets, entre lesquels serpente le chemin de la vallée de Ia Cère.

Jordanne , cette belle image de vie , cette artère féconqui coule au pied des ossements volcaniques de Griou et de X^\i2clade , s'échappe de deux sources et d*un marais situés sur l^s rampes du col de Cabre; elle pénètre immédiatement les ombrages de la forêt de Rombières ; elle en sort grossie lasieurs torrents, et déjà rivière, pour aller à quelque dide là, former une belle cataracte au fond des rochers perîeulaires de Liadouze. Au-delà deLiadouze, son lit très- Lieux , suit néanmoins un cours assez régulier que bordent pxairies. Elle baigne le village du Mas, le coteau de Man- ^^ill^s, sur Tautre rive, et franchit les limites de la commune P^^'^ïC' entrer dans celle de Saint-Julien.

^^ lel est le coup-d*œil général du territoire de Mandailles; saurait se lasser de contempler le panorama qu*il pré- , et nous pouvons le prédire, ce merveilleux bassin, au- "hui l'objet des promenades des touristes, deviendra, les ins de fer aidant, le séjour aimé des âmes poétiques, 3^prits fatigués des bruits des villes et du monde; il fournira ^ites enchanteurs aux cottages les plus pittoresques et utes d'eau alimenteront dans chaque ravin une multitude

^^^ixies et de manufactures. » [Dict, hisL etstat. du Cantal, ^- ^ "Vr ^ p, 103.)

a Jordanne baigne le territoire de la commune de St-Julien

^^ réunit à mille ruisseaux et torrents qui descendent des

^^-*"*^ revers de la montagne, principalement du revers méri-

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