‹ L'eau sur le plateau central de la FranceChapitre 24 sur 43 · Ces cours d'eau tombent bruyamment de cascade en · texte numérisé non relu

Ces cours d'eau tombent bruyamment de cascade en

Je, découpant en tous sens le sol et formant à chaque pas

^^^ "^"'allons pleins de fraîcheur, de verdure et d'ombrages. Le

,^ le Hêtre , le Tilleul , l'Ormeau , le Sycomore, le Sorbier, ^ ^^^^udrier, l'Aulne, l'Erable, le Troëne et beaucoup d'autres ^^^'^s et arbustes prospèrent sur toutes les pentes, jaillissent ^ "'^^^Tis les rochers et les couvrent de leurs touffes épaisses. En-

« par ces rideaux de feuillage, ondoyant dans les plis du ^^^>n, enveloppant tous les monticules inférieurs, des prairies, ^^^\rertes d'une herbe abondante et vigoureuse, dessinent de

toutes parts leurs formes capricieuses ; çà et là, sur leur tapis, se détache un gracieux bouquet d*arbres, uu rocher à sionomie grotesque, un hameau romantiquement placé, bi de vie et de couleur et jetant comme un sourire à Tabhn^ s'ouvre à ses pieds, au flot qui s y brise avec une soi fureur sauvage. Rien de plus varié que la Flore de cette p] contrée ; on dirait un archipel de fleurs émaillé d'Orchis bh pourpres ou roses, de Campanules, d'Asphodèles, de Gtentii de Renoncules , de Narcisses , tandis que TArnica fait bj son grand disque d'or au-dessus des Bruyères des somme que l'Airelle y cache ses fruits , que la fraise rougit les boi mousseux des forêts et que l'Aconit élève ses épis blei au-dessus du torrent. ^ ( Jd., t. IV, p. 495.) ^^

€ Une fois entrée dans la commune de Saint-Cirgues, pli^-^ ^ de vingt cours d'eau viennent se réunir à la Jordanne. Mei tionnons, parmi eux, les ruisseaux du Pouget, de Fabre, d Chaumeil, de Condous, de Béguet, de l'Estival, de la Grourgue d'Aubusson, etc. Chacun de ces ruisseaux baigne un pet^^vallon qui mériterait une description particulière par sa frai' cheur, sa grâce , ses beaux ombrages , la limpidité de ses eaur et ses cascades produisant une éternelle harmonie. Une singu larité de ces vallons latéraux, c*est qu'ils pénètrent dans la valléi même par d'étroits défilés , mais si l'on franchit leurs tortueurr abîmes où bondit le torrent , l'horizon se déroule bientôt devan l'œil, riche de verdure et d'habitations.

» Le tableau de la vallée se compose, dans son ensemble, de^ cannelures que tracent de part et d'autre ces vallons latéraux rangés parallèlement entre eux, ils forment par leur succession des plans d'une accidentation variée, mais d'un agrément infinie Le lit proprement dit de la vallée serpente entre les racines d( la montagne qui s'aplatissent et ondulent plus mollement à extrémité; mais ce lit de vallée n'est lui-même qu'un plateai couvert des plus frais herbages et circulant au pied de mille promontoires. Une longue et sinueuse tranchée le parcourt dans toute sa longueur. Cette tranchée, quelquefois profonde de 200 mètres, est le ravin au fond duquel retentissent les flots ai la Jordane. Le touriste armé de courage pénétrera dans cet

mystérieuse et presque souterraine pour y suivre les

de la rivière; sa marche y sera pénible, sans doute ,

m^is il y découvrira mille curiosités qui le frapperont d'en-

<^ii«i-x:i dément. Cette magnifique galerie conmience aux Portes

flfe m^OTdanne, gueule béante du rocher par laquelle s'échappe

J^ :r'iArière au-dessous du village de Saint-Cirgues. Elle se pro-

Jo^^jg^^ jusqu'aux environs de Saint-Julien. Dans toute cette

^^^^Ei^due, l'œil ne sait ce qu'il doit admirer le plus, ou des hautes

P^^*"oîs de rochers qui de part et d'autre encadrent la Jordanne,

^ '^■' cl^ la voûte de feuillée qui s'étend d'une de leurs corniches

^ ^ «ti^itre, ou des grottes percées dans leurs flancs et dont

^ ^-"-^Iques-unes sont très-profondes, ou des blocs énormes qui

^■^"^ x^oulé dans les flots de la rivière, se sont agrégés l'un à

* ^^^-"-^r^, ont formé des ponts, des arceaux naturels , des pié-

^^^^"^^i-^ix couverts de Mousses et d'arbrisseaux, revêtus parfois

^ ^fc- ■-■♦--«*« figures étranges et dessinent le plus fantastique et

*^ 1^1 VIS effrayant cahos, par exemple au Gouffre-d' Enfer. Çà

^^ 1^ des plaques de verdure, conmie éboulées de la prairie

^'^ï^^xrieure, descendent à la rive; des bouquets d'Aulnes et

^^ *^""jrembles détachent leurs broderies sur le roc, mais ne

^nt en atteindre la cime. De profondes baignoires ont été

tées dans le lit de la rivière par l'action des flots et op-

t le calme de leur surface et la pénombre transparente

au tumulte et à l'éclatante blancheur des eaux qui

:Ȏcipitpnt. Mais Tun des spectacles les plus attrayants de

nctuaire où la nature cache tant de beautés, c'est la vue

<^4iscades qui s'élancent majestueusement du haut des berges

* ^^ rivière et viennent tomber sur ses bords comme une pluie

^^^^^^cée par le soleil. Les plus ravissantes de toutes sont in-

., ^^'•^^^stablement les cascades du Chaumeil; elles se précipitent

^^^^3k en face de l'autre et présentent le plus beau contraste.

^^^^:^ ^ s'échappe, en effet, d'une touffe d'arbrisseaux pour bondir

^^O mètres de hauteur dans la rivière; l'autre divise, étage

hutes et parvient à la Jordanne par cinq cascatelles de six

mètres en moyenne. Chacune de ces cascatelles frayant

ie au fond d'un rocher paré de Mousse, protégée par son

u de feuillage et déchargeant sqs eau^ dans une vasque

aux bords ciselés , fonne à elle seule un petit tableau plein, de grâce. Mais si Ton embrasse l'ensemble du paysage, si Toncontemple à la fois , dans un encadrement de vertes peloutes et des sites les plus riants , ces cinq cascatelles dont les eaux. glissent de Tune à l'autre en s'épanouissant sur le rocher^ la rustique passerelle, jetée entre deux chutes, Tarc-en-ciel d& la grande cascade , le flot de la Jordanne les recevant Tune et l'autre et entraînant leurs eaux dans le demi-jour de ses hauts portiques aux nervures de feuillée, oh ! alors un cri d'admiratioa s'échappera du cœur pour notre haut pays d'Auvergne.

» Au-delà des cascades du Chaumeil , on doit en visiter une autre qui glisse vers la rive droite de la rivière, en regard d'un délicieux petit bois. Il en est deux encore qui retentissent au fond du Gouffre-d' Enfer. Plus haut la rivière , elle-môme, forme une bruyante cataracte qui produit un bel effet , vu du chemin d'Aurillac à Mandailles.

» Ce pittoresque chemin s'écarte un peu dos berges de la Jordanne ; d'autrefois il s'en rapproche tellement , par exemple près de Saint-Cirgues, qu*il touche aux abords de l'abîme, et que le voyageur entrevoit sous ses pieds d'incommensurables profondeurs. Au Roc-de-la-Menette , le roc est encavé sous le chemin même, qui n'est soutenu que par l'entrelacement des racines des grands arbres aventurés sur le gouffre. Quelques fissures permettent à l'œil d'apercevoir bien bas les cimes d'autres grands arbres.

» Le Saut-de-la-Menette, placé entre Liaumies et le Chomel, est un profond ravin que la Jordanne s'est creusé dans les laves. Ce site, dit M. Durif, offre un aspect si étrange qu'il est malaisé de le peindre : Il semble que les mots vont aller se blesser contre les angles des rochers, se mutiler aux aspérités de cette sauvage poésie. Penchez-vous sur l'abîme pour bien voir. La rivière, écumeuse comme la colère, bondit au fond du gouffire, mordant et déchirant ses bords. Lorsque l'œil épouvanté du vide se relève , il se trouve reporté sur deux autres cascades placées de chaque côté du torrent. Leur onde, en tombant, vient se briser sur les rocs qui la renvoient dans les airs en pluie lumineuse. La bruit formidable qu'exhalent tous ces bruits, est triste et mo-

lotoae ; on dirait la plainte éternelle d*une éternelle douleur, is les fentes des parois, grimpent des arbustes, qui, cons- ^^amment inondés d'eau , la laissent retomber lentement comme larmes. Ce lieu n*est pas seulement afireux , il est morne ; 1 fait plus qu'efirayer le regard, il serre le cœur. » [Dict. stat. hisL du Cantal, t. U, p. 371.]

« Mais revenons àSaint-Cirgues, descendons au petit pont bois jeté sur le ruisseau qui baigne les environs de ce bourg, :s-einontons ce petit cours d'eau. Nous passerons bientôt sous l'arche brisée d'un roc qui , dans les temps reculés , dut former "mine voûte et peut-être une digue au-dessus des eaux du ruisseau. JLà commence un autre désert de Saint-Bruno, dont les charmes sauvages nous attirent et nous entraînent. De longs murs de Yochers couronnés d'arbustes , surplombent et enserrent ce défilé, le dominant sur une hauteur prodigieuse sur notre gauche. lie torrent qui écume ou qui glisse à nos pieds, nous conduit à travers la pelouse dans l'ombre d'un bouquet d'Aulnes qui occupe le fond du ravin. Bientôt un bruit sourd se fait entendre ; l'air fraîchit, la brise nous apporte une poussière humide. Quelques pas de plus, et au fond du bois, dans une enceinte de rochers tapissé^ de plantes grimpantes , apparait et bourdonne le large éventail blanc de la cascade de la Guinotte ou de Saint- Cirgues. Des arbres placés aux deux bords du torrent et penchés sur l'abîme, se joignent au-dessus de la chute. Un autre arbre placé sur un fragment de rocher, au milieu des flots , partage cette ouverture ogivale d'où l'onde s'élance par deux jets abondants ; ces deux jets s'unissent dans leur chute pour lui donner toute son ampleur et toute sa majesté. Elle apparaît entre deux blocs énormes , piédestaux naturels qui semblent destinés à supporter la statue de la Naïade et celle du Faune qui la protègent. Après avoir reposé un instant dans la vasque arrondie qu'elle a creusée au premier gradin du rocher, l'onde glisse et s'élargit sur ce gradin ; puis elle forme une seconde cascade plus déployée que la première et si voisine que ses flots paraissent continuer cette première chute, et lui donner environ vingt mètres de hauteur. Autour de la cascade règne cette luxuriante végétation qui, dans le haut pays, décore les sites

— Miles plus alpestres et ne laisse apparaître chez eux que la grâce et la majesté. A quelques pas au-dessus de la grande chute, dans un pli du vallon, se cache l'humble moulin de la Guinotte alimenté par le ruisseau qui forme à ses cAtés une cascatelle. Un chemin ramène de ce point vers Saint-Cirgues, en passant au bord de l'abime où tombe la cascade que nous venoas de décrire , l'une des plus belles et des moins connues de l'Auvergne entière. > [DeLalaubie. Dicl. itat. et hisi. du Cantal, t. m, p. 201.)

< Un peu plus bas, dans la commune de Lascelle, le haut Tal de Jordanne fait place à la vallée inférieure. Les formes du paysage y sont d'abord indécises comme dans une contrée de transition. La rivière a quelque peine à se dégager des rochers qui s'opposent a. son passage et commandent son cours. S'avançant adroite et à gauche, ils la contraignent à mille contours, élèvent au-dessus des eaux des promontoires escarpés et pittoresques contre lesquels elles viennent se briser. Chacun de ces rochers donne naissance à quelque site d'une originale beauté ; mais une cime colossale appelle le regard, c'est Roque-Grande; on dirait un pilastre immense marquant l'avenue de la haute vallée. Taillé à pic de trois edtés, ce fdt gigantesque plonge sa base dans les débris qui se sont détachés de lui et descendent en avalanche jusque vers la rivière en dessinant leur coulée au travers de bois épais. On arrive à la plate-forme du câté de la montagne. Le sentier qui y conduit, bien connu du pâtre, est capricieusement tracé dans un bosquet. C'est une clairièire qui serpente sur une moquette épaisse de bruyère et suit les ondulations d'un monticule entre des tuniulu'; ombragés et des pierres bizarrement placées. Jusqu'au dernier instant , la fantaisie de ce jardin charme et fascine le promeneur. Mais toulà-coup, le sol s'abaisse de part et d'autre par des pentes efiiayantes. Rien devant soi que la place d'un Belvédère, puis l'abbne ; mais quel abime I on dirait un véritable Elysée à trois ou quatre cents mètres au-dessous du spectateur. Une vaste et magnifique eône de prairies, amoureusement caressées par lanri^, entoura la base du rocher qui, d'en haut, païah suspendu au-dessusd'elles comme un trône aérien. Dans le haut val

droite, les villages se succèdent au milieu des arbres, et mon-

d'étage en étage, vont se perdre dans les profondeurs vapo-

^uses du lointain , où les grands monts du Cantal les couvrent

.6 leur ombre; à gauche, au contraire, la vallée descend large

t unie vers d'autres horizons cachés par ses contours.

» Les escarpements dont nous avons parlé plus haut divisent

l^si vallée de la Jordanne en plusieurs petits bassins accidentés

ux-mêmes de collines, de bouquets d'arbres et d'habitations.

.u-dessous de Roque-Grande la transformation est opérée, le

tourment de la nature a cessé, la fleur s'est épanouie ; cette fleur

la vallée, c'est le riche et délicieux bassin de Velzic, au-delà

luquel la Jordanne n'a plus qu'à promener ses eaux à travers

les prairies. De ses bords une fraîche verdure remonte le long

des ruisseaux et des torrents jusqu'au faîte des premiers coteaux

et se termine au pied de forêts de Hêtres , ou va se fondre avec

les herbages plus pâles des pacages de montagne. » (De Lalaubie.

IHcl. du Cantal, t. HT, p. 519.)

€ La Jordanne continue son cours à travers les prairies, passe à Saint-Simons , traversant cette commune sur une étendue de 10 kiloniètres environ depuis Clavières jusqu'au-dessous de La Résinie. Deux affluents viennent s'y rendre sur sa rive droite, les ruisseaux d'Oyez et d'AuzoUes. Le premier prend sa source près de Broussous , commune de Lascelle ; son trajet est d'environ 4 kilomètres ; il fait mouvoir deux moulins et reçoit lui-même à Oyez un petit affluent qui détermine le val de la Saigne. Le ruisseau d'Auzolles ou des Riailles commence entre Aiguesparses et la Bastide et a tout au plus deux kilomètres de parcours.

> Le bassin de la Jordanne, en approchant de Saint-Simons, présente un tableau d'un style large et majestueux. Sur ses deux rives se déroule un tapis non interrompu de prairies. Promenant paisiblement le filet argenté de ses eaux à travers ce large ruban de verdure , la rivière miroite tour à tour au pied d'heureux et riants villages, Clavières, Rouffiac, Oyez, Bellac, Saint-Simons. Les pentes orientales de la vallée sont festonnées jusqu'aux extrémités de la commune, par une épaisse forêt de Hêtres. L'autre revers ne présente au contraire jusqu'à Saint-

Simons qu'une côte abrupte et nue, sillonnée de ravins, et tachetée de roches noirâtres qui font ressortir la forte v^^étation de la vallée. Cette côte s'ouvre à deux reprises, pour laisser place d'abord au vallon de Las-Vergnes, gorge profonde, toute remplie du bruit de son ruisseau depuis les ruines du château de Niocel, jusqu'aux élégantes mignardises architecturales du château d'Oyez. Plus loin , au vallon d'Auzolles , solitude délicieuse le soir, quand un rayon de soleil vient jouer entre ses bosquets. » (De Làlaubie. Dict. du Cantal, t. V, p. 335.)

La Jordanne arrive à Aurillac dont elle décore le paysage déjà si remarquable. « Invitons le voyageur, dit M. Henri Durif, à gravir le boulevard des Hortes jusqu'au point de l'embranchement des routes, à l'endroit où se trouve le reposoir des morts. Arrivé là , qu'on regarde du côté des montagnes ; il y a un site d'une inexprimable beauté. La vallée se développe gracieusement, bordée des deux parts d'un rideau de bois, évidant ses pentes fleuries , et montrant de blanches maisons de campagne assises sur les coteaux comme des marguerites dans les prés. La rivière limpide se déroule en plis d'argent au milieu de longues herbes : au loin la cime des monts se confond avec le ciel. La vue de cette végétation , de ces prairies , de ces ombrages ; l'aspect de cette nature dans son éternelle et inépuisable fécon dite ; le rapprochement de tant d'attraits , de tant de vigueur, de tant de jeunesse , avec le reposoir funèbre qui , à côté , silencieux , inexorable , rappelle durement la brièveté de la vie et les souffrances de notre fin ; tout cela fait naître une des pensées les plus saisissantes et forme un des plus acres contrastes qu'il soit possible de sentir jamais. » (H. Durif. Dict. hist. et stat. du Cantal, t. Il, p. 365.)

La rivière sort de la ville pour se promener encore au milieu de grandes prairies qu'elle arrose, et dans la commune d'Arpajon, au milieu du plus riche paysage, elle réunit ses eaux à celles de la Gère et du ruisseau de Mamou.

rj*Au.tlire. affluent de la Oère.

< La rivière d'Authre est formée dans la commune de Las- Jle par deux ruisseaux qui prennent leur source à peu de dis- ^Sance Tun de Tautre, et tous deux près du village d'Houades. X^e premier jaillit des bords d'un chemin , au pied du pic de -^harlus; le second, sous le nom de Rieu-Grand, s'échappe des jrés élevés qui s'étendent au-dessous de la montagne de Ra- ^amels. Le faible cours d'eau que produit leur réunion , coule ^'abord dans une gorge étroite, ombragée d'Aulnes, de Hêtres et ^e quelques bois de Bouleaux. Après avoir baigné les prairies ^u village de Tidernat, et reçu au-dessous de ce village le ruisseau de la Coste , il contourne deux entablements ou plateaux -successifs formés dans le vallon par des coulées volcaniques, et dont le second termine en quelque sorte le val supérieur. Ce dernier plateau, composé de basaltes en talus que l'on exploite, ressemble à une immense digue élevée perpendiculairement à l'aspect de l'ouest, et rompue sur un point par la rivière. C'est au-dessous du rocher qu'elle pénètre dans la plus belle partie de la vallée. Elle baigne d'abord le joli village de Vercueyre, anime par sa petite cataracte, son moulin, ses blanches maisons et ses vergers. Rien n'est plus riant que l'aspect des lieux traversés par sa rivière. Elle reçoit à peu de distance le ruisseau de Ferluc, qui dessine dans les rochers une bruyante et sauvage cascade. Elle coule paisiblement vers l'ouest, laisse à gauche Thuron, et plus loin, des maisons de campagne dont les toits rouges et légers ressortent richement sur la verdure des prés. Ce versant de la montagne est couvert de forêts de Hêtres, entre lesquelles s'échappent des torrents, et brillent les épis des champs de blé. Le versant nord, au contraire, est tapissé de Bruyères et festonné de grands rochers. Dans leurs intervalles ruissèlent quelques massifs de bois, seul ornement qui interrompe la monotonie de cette côte aride.

» Mais au pied des mamelons qui s'y rattachent, le vallon déploie largement ses belles prairies coupées de belles avenues de Peupliers. Les bords marécageux de la rivière donnent

asile à beaucoup d'oiseaux aquatiques qui se reposent dans se=: roseaux. A une demi-lieue de la Roquevieille, la rivière viei amoureusement onduler sous le château de lAvoûte, dont le& ^ jardins forment au-dessus de son cours une magnifique esplanade. Sur l'autre rive, Marmahac décrit un élégant demi-cerci Ses allées de Tilleuls conduisent vers Sédages, délicieux château dont les quatre tours blanches et crénelées se détache au-dessous des grandes lignes de Peupliers qui dessinent Toval majestueux de sa cour. Les bosquets de Sédages, ses cascatelle étincelant au fond des arceaux de feuillage, ses bassins oi Teau jaillit dans des salles de verdure, ses ombreuses char milles et sa longue pièce d'eau, sont peut-être le plus bea reflet que l'art classique de Le Nôtre ait laissé dans not Auvergne.

» En s'éloignant, la rivière promène ses eaux dans la v étendue de la plaine de Jussac, qui atteint une lieue de large Elle se grossit du ruisseau de Pradines en amont du châtea du Fau, passe non loin du château d'Estang, puis atteint Ju et le pont d'Authre sur la route de Clermont à Toulouse.

> Ici le paysage change et perd de sa beauté ; la montagn< vers le nord , s'est écartée laissant au-devant d'elle une crou basse et prolongée sur laquelle figure gracieusement Noziè avec son parc, ses bassins et ses chutes d'eau. Cette croupe monte brusquement et forme le plateau intermédiaire de Leyrii qui se courbant , va chercher au loin les buttes de Saint-Pau De ce plateau descendent plusieurs chaînons. La rivière, incli nant son cours vers le sud, se fraye comme un défilé entre l'ex trémité de ces chaînons et les plaines des communes de Reilha^ et de Naucelles qui lui envoient le ruisseau de la Baisse ou d Reilhaguet. Les pentes de ce défilé sinueux sont entrecoupées d bois de Chênes et de ravins gazonnés. Sur les collines ou parm-i les haies de grands arbres qui découpent en tous sens des piés^ fertiles, on voit apparaître de nombreux villages et d'agréables habitations: Salemagne, Leyris, le Bouret, Nierestang, Esclausel, le vieux Manoir de Broussette , et à la cime d'un monticule vers le midi, Cologne, dont la tour altière a dédaigné tout rajeunissement et préféré la vérité de son vieil âge et sa couleur

» Cologne plane sur une nouveile région de la vallée qui se iar&zisforme souvent. Aux environs du Pontet, premier village de oommune d'Ytrac, elle semble déborder et s'épanouir de part d'autre ; d'une part , vers les plaines onduleuses qui pré- >nt Saint-Paul ; d'autre part , vers les terrasses inférieures gileuses des montagnes qui séparent le vallon de Veyrières la vallée de Jordanne. C'est à peine, en quelques endroits, le bassin peut se distinguer de ses bords, tant ils sont affaiss ; aussi parait-il d'une inconmiensurable étendue. La route Aurillac à Tulle, borde ce bassin et franchit la rivière au Pon- Plus loin, le Rieu-Sec venant de Donnes et de Mauzeroles, ruisseau de Cueilles et le ruisseau de Campan versent leurs ^aux. Reine de ce bassin, la tour d'Espinassol resplendit au loin, ^t se dresse fièrement sur l*immenso et grasse prairie qui l'entoure.

» Enfin , la rivière s'échappe de cette plaine , elle entre dans

dos lieux agrestes et solitaires , en approchant du village d'Y-

^ac. Derrière une colline schisteuse, la vallée se resserre, pour

ainsi dire en gorge étroite et boisée au sein de laquelle l'Authre

^® l'ecueille et semble dormir dans les profondeurs de son lit. La

forêt d'Ytrac et les forêts voisines viennent en maint endroit ex-

pirer sur ses rives, au bas des coteaux où s'entrecroisent mille

sentiers. La rivière coule vers l'occident, baigne de magnifiques

forâts de Chênes qui pyramident sur l'un et l'autre bord. Masquée

P^^ VLn. de ces bois, Haute-Serre abrite derrière eux sa belle et

^^iigi^ esplanade, quelques villages ou hameaux sont pittores-

^l^iexx^ent jetés çà et là sur des plates-formes. Devant eux, l'Authre

^^^'pente lentement et comme regrettant la vie , dans les der-

***^ï^s prairies qu'elle doit arroser.

^ En effet, les coteaux se rapprochent, se dénudent; les den-

^^Uï^es de la roche font saillies de toutes parts; le lit de la ri-

"^we se remplit de blocs qui ont roulé dans son sein ; une nou-

'^le cataracte se fait entendre. Les eaux pressées et refoulées

¥^ les rochers, écument et se précipitent au milieu d'eux, tandis

^ue sur la crête de la montagne , au-dessus do la rive, le vaste

^haatcastel de Viescamp, commande la gorge sauvage, rude

^ poussante image de la domination féodale.

> Au-dessous de Viescamp la gorge se lord , de plus en plus âpra et profonde, couverte de Chênes e( de Bouleaux. La CapeUe- Viescamp se montre sur un promontoire. Enfin l'horizon découvre un beau ruban de rivière, une large nape d'eau qui se déroule majestueusement. C'est la Cère qui décrit uae élégante courbe pour recevoir dans son sein, le ruisseau né sous l'églantier d'Houades, et qui a promené ses eaux fortunées parmi tant de sites romantiques , de nobles châteaux, de ravissantes habitations. L'Authre se réunit à elle sans bruit, à l'ombre de grands bois, entre un peuplier «t un beau Tilleul, à un kilomètre et demi deYabres, commune de la Capelle-Viescamp, et après ua cours de 31,500 mètres, > [De Laladbie. Bict. hitt. et tttU. du Cantal, t. I , p. 226.)

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