CHAPITRE XXV
L'Ardèehe et se» afllnents.
X— ^ plateau central, en le prenant dans toute sou étendue, ^*^^^^t. pas complètement indépendant du bassin du Rhône. Il y ^ i^nt par la rivière d*Ardèche et par ses affluents/
^^^*^oias ne sui\Tons pas l'Ardèclie dans sa longue pérégrination, "^^l>''-iis sa source dans le département de la Haute-Loire jusqu'à s^- jonction au Rhône, près du pont Saint-Esprit. Nous assiste:K*c:>xxs cependant à sa naissance. Après avoir dépassé la petite ^^ '^-l^ de Pradelles jet le bourg de la Nàrce sur la route d'Aubenas, ^^^ ^x*x*ive à un hameau nommé la Chavade. C'est un peu en ^^^^^o\is que naît TArdèche, dans de jolies praii'ies où elle forme *^^*^t;ôt un petit ruisseau d'eau pure. Ses eaux s'écoulent
i.ie sans détours , arrosant des Trollius , des Narcisses , ^^'^ -^^ «mguisorbes et toutes ces belles plantes qui forment les
•rerts des montagnes. La route longe ces prairies et arrive
-^^^^^me temps que l'Ardèche au village de Mayres. Elle con-
^^^ sou cours de l'ouest à l'est, presque en ligne directe, re-
^^■^t sur sa rive droite quelques faibles ruisseaux; elle passe
I^i^d du cône volcanique de Thueyts dont elle a entamé
^^^^^<i>lonnades de lave et son cours devient des plus pitto-
-^Vjrdèehe coule au bas du volcan do Soulhols et de la statiou
^^^X'ale de Neyrac. On voit dans le lit même de la rivière,
". ^-^^cï les eaux sont basses, des fissures d'oii s'échappent de pe-
^^ 2î5ourçes thermales ot des dégagements d'acide carbonique.
La lave ilu volcan du Soulhols qui domine Neyrac est ai
descendue dans le lit de TArdèche. La rivière suit ces be laves prismées jusqu'au pont de la Baume, où Ton voit sieurs coulées superposées. Partout elles ont été attaquées le cours d'eau , soit par les crues actuelles assez rares , puissantes, soit par TArdèche, à une époque où ses eaux, abondantes , avaient plus de force pour détruire et entra On voit souvent sous les laves l'ancien lit de cette rivière, é de plusieurs mètres au-dessus du lit actuel et caractérisé des sables, des graviers et des cailloux roulés.
Un peu avant d'arriver au Pont-de-la-Baume , l'Ardèche çoit sur sa rive droite la rivière d'Alignon. Celle-ci a un très-prolongé sur le terrain primitif. Ses sources sont à La raque et à la Croix-de-Boizon. Elle coule longtemps de To à Test , passe au village de la Souche , recueillant dans ce trajet quelques filets d*eau sur sa rive gauche, puis toun^ < vers le nord, elle arrive à Jaujac. Elle longe la coulée prisr"^ de la coupe de Jaujac, où elle a mis à nu de magnifiques ^ lonnades dont elle baigne exactement la base. Elle ne qu la lave qui borde sa rive droite que pour entrer dans TArdèc^ en dessous de Neyrac et du cône volcanique de Soulhols.
Au Pont-de-la-Baume , T Ardèche reçoit sur sa rive gaucr I^ -°®' en un seul affluent , deux petites rivières désignées sous les de Fontaulier et de rivière de Burzet.
La rivière ou plutôt le petit ruisseau de Fontaulier, sort grand cirque de la Vestide par une étroite ouverture et à Montpezat. Une route admirable le suit dans sa descent une certaine distance. Après la gorge étroite où se préci bruyamment le ruisseau, ses eaux vont arroser les belles p ries suspendues sur les pentes de la vallée. Plus loin, cette lée s'élargit et devient aussi plus profonde. Des blocs de pi et surtout des granités gisent pêle-mêle au milieu du to: Quelques pauvres villages sont disséminés dans la grande sure où coule ce torrent, et en partie ombragés par de vi Châtaigniers.
Plus bas la vallée s'élargit, les Mûriers se mêlent aux CJh^^^^ taigniers, ot l'on atteint la petite ville de Montpezat , doniiv ^
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par le cône de sci)ries de son vieux volcan. La ville est construite sur des débris que le torrent a entraînés et que Ton retrouve encore dans les prairies situées au-dessous d'elle.
U 11 peu plus loin , la petite rivicTe de Fontaulier s*est creusé tin passage dans la lave du volcan de Montpezat. Il a fallu, sans *loiit©, un temps considérable j>our que l'eau ait pu couper une Goiiche délave aussi épaisse. La rivière coule entre deuxmuï^illes rapprochées de basalte prisme. En dessous du vieux ^l^âtoau la lave a été usée jusqu'au granité, qui lui-même a subi ^'érosion.
En continuant de suivre cotte rivière jusqu'à sa jonction avec l A^rdèche, on reste toujours sur des laves dont la surface est a5;s€^2ç unie, mais qui présentent partout de magnifiques escar- P^^^onts, au pied desquels coule la rivière. On retrouve surtout ^*^'î5 loves prismées au Pont-de-la-Baume.
L-^ ruisseau de Burzet, tributaire du Fontaulier, prend sa sotii»^:^ dans la commune de Lachamp-Raphaël , produit la ^^^^^o^de de Ray-Pic, située dans un site des plus sauvages et ae5çc;end rapidement au ]>ourg de Burzet, coulant tantôt sur J^ granité, tantôt sur la lave. Il passe à Chabron, à Lespereyres, ^ Issarfol et entre à Burzet sur des laves prismées dont les tôtes **^ pïismes constituent son lit.
Une fois sorti de Burzet, il coule presque partout au milieu <«^s prairies qu'il arrose de ses eaux pures. Il s'étend sur des ^^Pj>es de laves cristallisées , il suit toutes les anfractuosités ^ 1«^ vallée. L'eau ruisselle partout et tombe en filets argentés '^^'^ les escarpements prismes. Quand il arrive sur la tranche ^ ^ l« coulée, souvent coupée à pic, on voit de jolies cascades *^^^ les eaux sont d'une puret«» extrême.
«ins les endroits où manque la lave, on voit d'énormes
^^es de granité parfaitement en place , polies , usées et
**^^<:juées d'un côté, tandis qu'elles sont préservées de l'autre.
, ^— ^ Bezorgues est un ruisseau dont la source est dans les
^^^^ de Cuse, commune de Lachamp-Raphaël, et qui coule
, ^^^ ou moins encaissé dans les granités et les laves. II passe
j l^ Bastide , près de Javinas et d'Asj^erjor , ot se jette dans
"X^olane, rive droite , au-do>;<5us de Vais-,
La Volane, tributaire directe de l'Ardocho, va puiser ses pi mières eaux dans les profondes vallées voisines de Mézilh Elle descend dans des lieux extrêmement sauvages, travei
la commune de la Viole, et arrive à iVntraigues qnVIIr Ini^ ^
sur sa rive gauche. Elle laisse à droite le village d'Ayzao ^^
son volcan.
A peine a-t-elle dépassé Antraigues, qu*elle admet -^ sa rive gauche les rivières du Mas et de la Bize qui amèn les eaux des montagnes granitiques, et la Volane ainsi gro? entre Antraigues et Vais , a dégradé la belle coulée de la cod*Ayzac, et mis à nu de magnifiques colonnades de h La Volane achève sa course sur le terrain primitif et att.^^^ TArdèche sur sa rive gauche aupnVs de la Bégude.
L'Ardèche quitte définitivement le granité, elle attaqu ez:. j Je trias et y creuse son lit jusqu'au-dessous d'Aubenas. FAlcs re-
çoit sur le trias, rive gauche, la petite rivière de Sandron. Kr^^^li^ loin, l'Ardèche s'écoule dans une cassure du lias, puis cri ^.ans* une fracture de l'oolithe , et elle continue a travers le ter j a in néocomien jusqu'aux alluvion^^ de son embouchure, au p^^-onf Saint-Esprit.
Une fois entrée sur les terrains jurassiques, TArdocho reQ^^^it encore, et toujours sur sa rive gauche, quelques faibles oo "i^ d'eau qui naissent entre les premiers contreforts des Coiroz ^^s, notanmient TAuzou. Les autres égouttures des Coirons d^^^ ^' cendent dans la rivière d'Escoutay qui les conduit directeme=i-^^^^ au Rhône , à Viviers.
Si les grands fleuves des contrées tropicales donnent lieu ^^ * d'inmienses débordements périodiques , nous avons des rivièw^'*'^'^ qui, accidentellement, ne leur cèdent en rien pour le volunr"^^^^^ des eauxi L'Ardèche , l'Erieux et le Doux qui traverseï le même département, ont eu à plusieurs reprises des cru< considérables. D'après M. Marchegay, le 10 septembre 185T ces trois cours d'eau qui , en temps ordinaire , ne conduiseï au Rhône qu'environ 20 mètres cubes, par seconde, lui e amenaient 14000, plus que le Gange, plus que le Nil n'e- Versent dans la mer. Les dévastations furent considërable^^^' Le nombre de«5 arbres arrachés, pendant ce désastre, fut «=***''
grand qu'en aval de TErieux et du Doux, toute la surface
wïi Rhône ne présentait, d'une'rive à Tautre, qu'un vaste train
w0 bois; et pourtant cette inondation a été encore dépassée
fe 9 octobre 1837, époque où TArdècho s'est élevée au pont
^0 Gournier, à 21 in«'tres 40 au-dessus de Tétiage, après do
•^mètres de plus qu'en 18:>7.
I^u C'ôxo.
"«ijrmi his rivières qui prenm;nt leur soun-o sur le j)lateau centj-^j^ nous devons encore citer la Cèzo qui naît à l'est de la S^^tidp montagne do la Lozère et au sud de Villefort. Sa source 6^t: <^^jr le terrain primitif, et après avoir recueilli quelques ruis- •*'e^,vi>c, elle contourne un plateau de terrain jurassique eu se teii^^j-^^ toujours sur le micaschisttî. Elle traverse le terrain n«->niHç,P du Gard, le terrain de lias, passe à Saint-Anibroix, ia.it xane foule de détours sur le terrain crétacé, et après avoir P^5i^^ Bagnols, se jette dans le Rhune (rive gauche) en face de ^^^le^rousse. Bon nombre de petites rivières viennent y conduire teuï-^eaux.
'^'5^ Cèze jouissait autrefois d'une grande réputation comme
''^^^E=^re aurifère : « Elle ne la cède, disait Réaumur, ni au Rhin
^^ ^^ '^ Rhône sur la quantité de ces paillettes d'or. Dans plusieurs
jiei X >c de son cours, on tnjuve partout à peu près également des
p*^ * lettes communément beaucoup plus grandes que celles du
H"^^!! et du Rhône. Souvent aussi nlles payent mieux le temps
(\^ ceux qui les cherchent; il y a des jours heureux qui leur va-
\e^X plus d'une pistole, mais sont achetés par d'autres qui ne
\e\ir produisent rien presque.
> La rivière du Gardon qui, comme colle de la Cèze, vient lîes montagnes des revenues, entraîne aussi des paillettes d'or h peu près de même grandeur, et en aussi grand nombre. » (Mémoires de VAcad. des sciences, 1718, p. 71.^