‹ L'eau sur le plateau central de la FranceChapitre 29 sur 43 · I..UOK de l*Aii.l>t*uc (Avoyi*on · texte numérisé non relu

I..UOK de l*Aii.l>t*uc (Avoyi*on

L'Aubrau est un grand plateau du département de TAreyron, sur lequel de grandes nappes de basalte se sont épanchées, et où il existe plusieurs lacs situés à une petite distance de Nasbinals.

La: lac de Salliens est au milieu d'une vallée assez large et peu profonde, et pourrait bien n'être autre chose qu'une dépression basaltique , produite par le retrait , lors de la a.)nsolidation de cette roche. Toutefois l'eau n'occupe plus toute l'étendue de la dépression qu'elle semble avoir couverte autrefois. Peut-être même l'eau s'étendait-elle jusqu'au lac de Souverols, situé audessus. On ne voit aucun barrage entre les deux. La végétation de ces lacs est la même que celle du lac de Chambedaze, près Besse, et du lac de l'Esc^lauze, près d'Egliseneuve-d'Entraigues. Les bords tourbeux et marécageux nourrissent des plantes qui s'avancent sur le bord de l'eau. L'eau qui sort du lac de Salliens forme une jolie cascade.

Le plateau qui sépare le lac de Souverols de celui de St-Andéul est couvert d'une |)elouse, où l'on distingue surtout le Nardu^ sirkta. Le ruisseau que l'on traverse coule sur le micaschiste, mais le lac Saiut-Andéol est sur le basalte. Ses bords sont abruptes , 1104 iniirécageux ; d'après le dire des pêcheurs qui

y prennent quelquefois des carpes de dix kilogrammes, il serait peu profond et son fond serait très-inégal. La forme de ce lac, sa position sur le basalte , la présence de masses de gneiss dispersées sur ses bords, doivent le faire considérer comme un cratère d'explosion.

Un quatrième lac , appelé lac de Bard ou de Bord, existe encore sur les montagnes de TAubrac. [Rensefqnemenls cornynuniqués par M. Lamotte.)

Nous partîmes du Béage (Ardèche) le 26 juin 1865 pour visiter oe lac. Après avoir traversé de grandes pelouses fleuries, après avoir dépassé des crêtes et des plateaux basaltiques, un mauvais sentier pénible à descendre, mais bien plus pénible à remonter par une chaleur des plus intenses, nous a conduit dans une vallée granitique ornée de vieux Sapins. On marche avec plaisir sous cps ombrages, on monte et Ton descend encore et Ton arrive enfin sur les bords du lac sans quitter le terrain primitif. C'est une magnifique pièce d'eau de près de 100 hectares de superficie d'un bleu admirable et probablement très-profonde. On voyait sur les bords deux zones d'eau verdàtre qui semblent indiquer deux chutes successives, puis ime eau azurée faisant pressentir une grande profondeur. La surface de cette eau était ridée et des coups de vent portaient immédiatement les rides vers le milieu; du côté de l'ouest, la rive du lac est escarpée et c'est là, sans doute, que les eaux atteignent leur plus grande profondeur. I^ roche qui constitue l'escarpement est du granité et non du basalte que l'on ne rencontre nulle part autour du lac.

Les bords du lac sont sablés partout ailleurs. Nous vîmes à une très- petite profondeur des myriades de petits poissons qui se sauvaient à notre approche. Les eaux peuvent s'élever à un mètre au-dessus du niveau où nous les avons vues. Il existe sans doute, un trop-plein que nous n'avons pas remarqué. C'est un cratère d'explosion ouvert dans le granité et non dans le basalte.

l^« X^ao Kerand (Ard^oHo).

Ce lac, très-petit, est situé dans TArdèche avant la grande descente de Mon^ezat. II est sitaé an sud de Bauzoo , un peu avant d'arriver un grand cirque du Pal. C'est un cratère d'explosion très-bien caractérisé, tout entouré de pouzzolane*? et de débris. L'eau n'en est pas très-pure, elle est stagnante; aucune source ne l'alimente, aucun ruisseau ne s'en échappe.

I^ac <lit Doticliet (Haute-Ivoire).

Ce lac occupe un vaste cratère dont le diamètre au niveau de l'eau est de 900 mètres ; il a donc près de trois kilomètres de circonférence ; sa profondeur paraît être de 27 mètres. On peut en faire le tour sur le bord de l'eau , au moyen d'un joli chemin récemment tracé au même niveau. On remarque alors que les vagues roulent une multitude de petits fragments de laves et de scories.

La dépression qui contient l'eau est entourée de pentef; adoucies et non abruptes comme celles de Pavin. On aperçoit sous l'eau la continuation de ce plan peu incliné, puis tout à coup le terrain manque et le gouflfre commence , comme cela se présente , avec des caractères moins marqués sur les bords du lac Pavin.

Ce vaste cratère a ses bords couverts de pelouses gracieusement émaillées par les fleurs des Œillets, des Gentianes, des Euphraises, des Pédiculaires , et de toutes ces jdies plantes des montagnes qui descendent jusque sur ses rives.

Sur plusieurs points du contour, la pelouse est déchirée et l'on voit partout des roches qui fout saillie et qui sont principalement composées de fragments de laves et de scories agglutinées. Ailleurs, ce sont seulement des pouzzolanes, mais tout est volcanique, tout est brûlé, scoriacé. Il ne reste aucun doute, sur la présence de l'un de ces cratères d'explosion que l'on observe sur divers points du plateau central. Si ce cratère était complètement rempli d'eau, le lac aurait au moins doux kilo-

mètres de diamètre. Il s'en faut de beaucoup, comme nous l'avons vu, qu'il en soit ainsi. Mais, chose remarquable, la surface du lac reste constamment au même niveau et c'est à peine s*il existe une différence de 30 à 40 centimètres entre la plus grande et la plus petite élévation des eaux. Le 15 septembre 1869, jour où nous Tavons visité, ses eaux étaient un peu au-dessous du niveau moyen, à cause de la sécheresse prolongée que subissait alors le plateau central de la France.

Un autre phénomène assez curieux que présente ce lac, c'est que nulle part on n'y voit pénétrer le moindre filet d'eau, et nulle part on n'en voit sortir la moindre trace. On conçoit en effet que le trop-plein puisse s infilter, à travers les bords scoriacés du cratère, mais il faut admettre des sources intérieures et abondantes en-dessous de la surface de l'eau. Cette eau est pure et bleue à surface ridée, miroitante ou à lames clapotantes. Elle se renouvelle nécessairement; on y voit submergées des Renoncules aquatiques qui fleurissent sous l'eau et dont chaque fleur contient avant l'épanouissement une bulle d'air sécrétée par elle. On y voit des Truites qui s'y développent très-bien et notamment la grande Truite des lacs, propagée par un établissement de pisciculture élégamment construit, mais qui laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la direction.

Il est curieux que les mêmes superstitions qui s'appliquent à Pavin se retrouvent appliquées au lac dont nous parlons. Avant que le petit bateau de la pisciculture se soit aventuré sur le lac du Bouchet, on était bien persuadé qu'un tourbillon situé au milieu du lac entraînerait l'imprudent qui oserait tenter ce périlleux voyage, et qu'une pierre tombée dans ce gouffre en soulèverait Torage et la tempête.

I-.e lac du Bouchet n'en est pas moins une charmante promenade. Il faut du Puy deux heures pour l'atteindre, soit par Costaros, soit par Cayres, mais nous recommandons cette dernière voie, comme plus facile. Elle permet du reste d'arriver en voiture jusqu'à rétablissement de pisciculture, touchant le bord de l'eau.

Nous ajoutons ici la description qu'en donne Deribier de Cheissao,

< Le lac du Bouchet paraît évidemment une ancienne bouche à feu. Il est entouré et contenu par quatre montagnes, toutes formées de scories agglutinées, ou de débris de laves lithoïdes, tassées avec quelques fragments de granité et de feldspath calciné , vomis sans doute par le volcan même. Au fond de cet entonnoir, reposent les eaux limpides du lac, qu'aucun poisson ne peuple, si ce n'est une très-petitr» espèce qui liabite les bords.

» Sa profondeur, mesurée en 1788 à la faveur d'une glare épaisse de huit pouces a été trouvée de quatorze toises et demie. La forme qui, de quelque point qu'on la regarde, parait elliptique, doit être, par cette raison même, considérée comme uno circonférence de cercle. Elle a 1414 toises, et son diamètre 450.

:» On peut en faire le tour à cheval, sur un gravier uni et solide, formé de fragments très-petits de laves poreuses; il y aurait danger à s'avancer dans l'eau parce que si au premier pas il y a un demi-pied d'eau, il y en a un pied au quatrième, deux au cinquième ou sixième , et au neuvième ou dixième on est englouti. » (Deribier.)

Il paraîtrait, d'après le même auteur, que le fond du lac serait plat comme celui de Pavin.

l^uf? <lo Siilnt-F'x-oitt (U:uiifre-L.c»Ir«»).

Ce lac situé dans le département de la Ilaute-Loire à quelques kilomètres de Fay-le-Froid, occupe le fond d'une large dépression, à la base d'un escarpement phonolitique, et au milieu de prairies qui descendent on pente très-douce jusque sur le bord de l'eau. C'est-à-i>eine si à l'époque actuelle le lac a 800 mètres de diamètre , mais , sans aucun doute , l'eau s'élevait autrefois beaucoup plus haut. Il est alimenté par des sources assez nombreuses que l'on rencontre en faisant le tour du lac. Le basalto et le phonolite constituent ses bords où l'on remarque aussi quelques points scoriacés. Une assez grande quantité d'eau s'échappe par un dégorgeoir basaltique qui s'use lentement.

Nous amons vu la surface de ce lac ridée par le vent et offirant de beaux parterres de Polygonum amphibhim dont

ml

les jolies fleurs teignaient en rose de grands espj^ces qui en étaient couverts. *

L*eau de ce lac ne paraît pas aussi pure que celle d'Issarlès, de Pa^in et d'autres lacs considérés comme des cratères d'explosion. Saint-Front n*est pas un cratère, mais une dépression cratérifonne semblable à celles qui existent dans TArdèche sur le plateau des Coirons et que nous avons décrites dans les Epoques géologiques de l'Auvergne.

Des bords du lac on voit le Mezenc se dessiner sur le ciel avec quelques autres pics de phonolite, ce qui rend ce paysage très-pittoresque.

Deribier de Cheissac donne sur ce lac, des détails que nous avons cru devoir reproduire.

« H est situé à une demi-lieue de la commune dont il porte le nom , quoique les habitants du pays lui donnent celui de lac (TAncône. Il a une forme moins régulière que celui du Bouchet : sa circonférence est de trois kilomètres au moins. Sa profondeur moyenne n'est que de six mètres ; sur certains points, elle est de huit à dix.

» On pêche dans ce lac qui appartenait autrefois aux Pères de la Chartreuse de Bonne-Foi (Ardèche) d'excellentes Truites, qui acquièrent une grosseur considérable. Il arrivait souvent d'en prendre du poids de dix à douze livres, et quelquefois de quinze et de vingt; mais comme ce poisson ne peut frayer dans ces eaux, ou que du moins le frai ne s'y développe pas, on était obligé de l'empoissonner annuellement par alevin. Les acquéreurs de cette propriété, vendue comme bien national, ont négligé d'y entretenir du nourrain, et, à la longue, les Truites du lac sont devenues très-rares. La température froide de ces eaux, dont l'élévation est de 1228 mètres au-dessus du niveau de la mer, donne au poisson une qualité supérieure. Les Tanches qui s'y reproduisent sont aussi très-bonnes.

» Le dégorgement de ce lac, forme un ruisseau qui se grossit de plusieurs; affluents et pr^nH le nom dp Gagne. )^ ( Deribier.I

l^e x^ao de la Orëgut (Cantal)-

Là. partie du Cantal que l'on désigne sous le nom à*Arteme, est formée de vastes pelouses qui s'étendent jusqu'au Mont-Dore. € Mais , dit M. de Lalaubie , ce qui donne à l'Artense et aux plateaux qui le prolongent un caractère étrange, grave, mélancolique , ce sont les lacs répandus sur leur vaste surface. Leî plus connus d'entre eux , le lac Chauvet , le lac Pavin , le h de Montsineire, le lac de TEsclauze et son île flottante, appartiennent au Puy-de-Dôme; mais dans TÂrtcnse cantalien, il en est un , peut-être ignoré , qui ne leur cède pas en grandeui et en rêveuse poésie. Nous entendons parler du lac de là Crégut. Il est situé sur les limites de la commune de TrémouiUe. miniatures de collines le bordent à l'occident; les fleurs d( leurs Bruyères étendent jusqu'à ses grèves leur réseau carminé et dans ce tapis moelleux vient nicher la perdrix. Au revers o] posé le bois des Gardes monte comme un large amphithéâtre les Sapins, entremêlés de Hêtres, lustrent ce massif de verduri et pyramident sur ses contours. Vers le fond du lac , fuit doi cément un humble défilé baigné par une source. Dans cet ei cadrement , d'une gracieuse simplicité , dort une nappe d'ea"merveilleusement limpide ; le trait le plus pur cisèle ses bord5=^- s. Un petit écueil les relève à l'orient, et, sur la pierre grise cet écueil, des Mart'ms bleus viennent parfois reposer leurs ail< d'azur. Nul bruit , d'ailleurs , n'interrompt le silence du liei hors le murmure d'une cascade, à la sortie du lac, le frémiî sèment du feuillage dans les bois , ou peut-être le cri sul d'un courli qui s'envole des Mousses du rivage.

» D'autres lacs plus petits abondent dans l'Artense : il y ^

par exemple le lac de la Cousteix, le lac de la Pignol, le lac NoS. -^r le lac du Lac. Presque tous ces lacs plaisent par leur site. Il est qui se cachent dans un entonnoir de Sapins, comme perle de rosée dans le cornet d'une feuille. » [Bict. hist. ettlc^ du Cantal, 1. 1, p. 361.)

£••0 de Menet ICantai).

OiToity près de ce bourg, un lac d'uno superficie de plus

^ ^5 hectares. Cette magaifique pièce d*eau était autrefois la

P^^priéé det soigneurs de Meuet. Son dessochement^ qui aurait

^^•*^ '^siiltat de la remplacer par de vastes prairies , serait faci-

tement praticable; aussi ses différents propriétaires s*ea soul-ils

I» et cette opération a été plusieurs fois l'objet de nomprojets que» par une sorte de fatalité, des circonstances *^**^^^ulière« ont constanmient empêché de mettre à exécution. >

Xje l^ao do a^fadlo (Cantal).

lac existe dans la œmmuno de Madic qui fait partie du ^KX de Saignes et de rarrondisscment de Mauriac.

m étendue est d'environ douze hectares. Il est entouré de

^^^is et bordé sur quelques points par dos gazons flottants,

** ^ ^^ndent ses abords très-difficiles. A sa surface s'étendent

^ *^jrges feuilles du Nénuphar, avec ses blanches corolles.

-. ^ ^Verte ceinture de roseaux ombrage ses rives. Plus loin ,

^^^ ^lamps plantés de Noyers, des prairies et des pâturages

8 de haies vives, s*élèveut en amphithéâtre sur le flaue

^^ollines dont les sommités sont couvertes de bois. » (Delalo.

• hist. et stat. du Cantal, t. IV, p. 47.)

j' ^ ï-se village de Madic, dit M. Durif, est placé sur la rive gauche *^ Dordogne, non loin d'un lac dont la circonférence a presque ^^ lieue. Ce lac s'étend au-dessous du bourg. Visitez-le une d'août , par un ciel pur. Son onde calme réfléchit alors le ornent, et pour peu que la rêverie vienne, vous croirez aperir, conune à travers le globe , les étoiles scintillantes dans hémisphère. C'est d'une illusion magique. » (H. Durif, . hiit. et stat, du Cantal, t. II, p. 397.)

X<ao do la BourI>oulle (Cantal).

c LaBourboulie est un village de la commune d'Antignac, arrondissement de Mauriac, près duquel se trouve un petit lac du même nom. On le suppose formé par un effondrement et l'on raconte à sou sujet, ce que l'on dit, sans raison probablement, de plusieurs autres lacs ; cet edbudrement aurait entri^né des habitations , et lors des grandes sécheresses , on y trouverait des pièces de bois travaillées et des briques romaines. Ce lac stf resserre tous les ans , et se recouvre sur ses bords d'une croûte de gazon qui finira par acquérir de la consistance. » [Dicl. du Canial, 1. 1, p. 68.)

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