Comptes des bâtiments, t. III, col
d'appartement, au sens officiel du mot. L' 'Explication historique de ce qiCil y a de plus remarquable dans la maison royale de Versailles, imprimée en cette année même, et publiée par ordre royal en 1681, décrit les appartements du roi, de la reine, du duc et de la duchesse d'Orléans, et ne mentionne pas celui de Monseigneur. Ce prince, désireux de ne point paraître inférieur, en luxe et en magnificence, à ses augustes parents, donna, aussitôt après son mariage, ses soins à l'ameublement de son appartement particulier; et la décoration de son Cabinet des bijoux, dans lequel il devait enfermer et exposer ses collections de gemmes, d'orfèvreries précieuses et de cristaux, fut, nous l'avons dit, confiée à André-Charles Boulle. Celui-ci se mit de suite à l'œuvre, et son travail fut achevé au cours de 1683. Ce ne fut alors qu'un cri d'admiration. Cet ensemble magnifique attirait, par sa perfection, les éloges les plus mérités à son illustre possesseur; si bien que Louis XIV prit ombrage de ces louanges. Son amour-propre exagéré s'alarma de cet excès de splendeur; et le -Dauphin reçut assez brusquement l'ordre de transporter son appartement à l'étage inférieur. Ainsi, moins d'un an après leur mise en place, ces superbes marqueteries étaient démontées, déposées, remaniées et adaptées à un autre cabinet de dimensions différentes. Dates à retenir! Le 14 mars 1683, Pierre Gole, chargé de « l'exécution du parquet marqueté pour l'entresol du cabinet de Monseigneur le Dauphin au château de Versailles », achevait de toucher la somme de 9,890 livres qui lui était allouée pour ses fournitures; et le 14 juin 1684, le Dauphin, qui avait pris médecine le matin et qui, l'après-midi, s'était promené au frais sur la terrasse, devant son appartement, « régla avec M. de Louvois tout ce qu'il falloit pour transporter en bas son cabinet de marqueterie et de glaces1 ».