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CHAPITRE VI

EBLOUISSEMENT SIMULTANE

Bien que n’ayant fait d'expériences personnelles que sur l’éblouissement successif, nous ne pouvons nous dispenser de signaler l’état actuel de la question au sujet de l’éblouissement simultané.

Nous signalerons d’abord le travail de Bordoni.

Cet auteur s’est proposé d'exécuter des recherches de caractère quantitatif sur les phénomènes d'’éblouissement provoqués par la présence dans le champ visuel de sources lumineuses de petites dimensions. Il estime pouvoir mesurer l’importance des phénomènes en se basant sur la diminution que subit ce qu’il appelle le coefficient de perceptibilité.

Supposons, dit-il, l’oeil placé dans un milieu de brillances peu différentes. L'expérience révèle que la différence minima appréciable de brillances de deux surfaces dépend de la valeur moyenne de leur brillance et que le rapport entre cette différence minima et la valeur moyenne varie relativement peu. Ce n’est donc pas la valeur absolue qui est importante mais la valeur relative de la différence minima de brillance appréciable.

Le coefficient de perceptibilité peut-être défini comme l'inverse de la fraction différentielle.

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Ce coefficient varie relativement peu lorsque la brillance n’est ni excessive ni trop faible. Au contraire il diminue graduellement avec l’augmentation ou la diminution de la brillance moyenne du milieu.

Il n’en est plus de même lorsque se trouvent des objets de brillance bien plus grande que la moyenne. Deux ordres de faits surviennent qui constituent l’éblouissement :

Une sensation de malaise et de fatigue oculaires.

Une diminution de la vision.

À toutes ces considérations l’auteur a cherché à donner une base quantitative.

Il a résumé sous forme de graphique un certain nombre de données expérimentales se rapportant au phénomène de l’éblouissement.

Pour l'oeil adapté à une certaine brillance, il existe un certain coefficient de perceptibilité, une certaine limite inférieure de perception et une valeur maxima de la brillance supportable par l'oeil au delà de laquelle on aurait l’éblouissement.

Tout cela a donc été exprimé par trois courbes.

Mais l’auteur se demande si un tel diagramme est vraiment adapté pour représenter un phénomène aussi complexe que l’éblouissement.

Il conclut : Qu'il n’est pas possible de raisonner sur les phénomènes de l’éblouissement sans définition conventionnelle.

Que la brillance n'est pas l'élément qui caractérise l’aptitude d’un objet à produire l’éblouissement.

Dans la fatigue ou la gêne que l’oeil éprouve on a

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donc recours à la conséquence du phénomène : la vision moins satisfaisante.

L'auteur a adopté la solution suivante: déduire l’importance du phénomène par l’altération que subit le coefficient de perceptibilité.

L’éblouissement a été produit en introduisant dans le champ visuel des lampes l’incandescence dont on peut faire varier la position et le voltage. Des lampes de types variés ont été employées. Des recherches faites avec des objets éblouissants de grande dimensions donneraient des résultats différents.

Les principaux résultats obtenus sont :

a) La continuité du phénomène, c’est-à-dire que la diminution du coefficient de perceptibilité commence dès que le champ visuel comprend des objets plus lumineux. Cette diminution se révèle d’abord par des mesures soignées et répétées, devient de plus en plus nette et finit par être perçue grâce au malaise oculaire. D’où la nécessité de définir conventionnellement le début sensible.

b) L'importance du phénomène ne dépend pas principalement de la brillance de la source lumineuse, comme on l’a admis parfois, mais plutôt du produit de l’aire qui émet par la brillance, c’est-à-dire, pour des objets de petite dimension, de l'intensité lumineuse.

c) La position de l’objet éblouissant dans le champ visuel influe aussi beaucoup sur l'importance du phénomène de l’éblouissement.

À l’appui de ces conclusions, l’auteur donne de nombreux graphiques.

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Les altérations de l’acuité visuelle en éblouissement simultané ont été étudiées par M. le Dr E. Haas. Il a publié son étude dans une note à l’Académie des Sciences le 4 mai 1931.

Le dispositif consiste dans une lentille formant, sur un trou percé dans une plaque opaque, l’image d’un ruban de tangstine incandescent.

On sait que dans ces conditions, l’oeil placé derrière le trou perçoit toute la surface de la lentille comme si elle avait la brillance de la source.

Le diamètre du trou est inférieur au plus petit des diamètres que puisse prendre la pupille, ce qui élimine l'influence des variations de cette dernière. S'il est complètement couvert par l’image de la source, on peut calculer l’éclairement de l’image rétinienne.

Un jeu de diaphragmes placé derrière la lentille et à son contact modifie l’aire des images rétiniennes sans modifier leur éclairement. On peut déplacer dans le plan vertical tangent à la surface antérieure de la lentille un test formé de caractères typographiques sur fond blanc, éclairé de façon indépendante, par réflexion et dont la hauteur de caractères correspond à une acuité donnée.

Voici les résultats d’une série d’expériences faites avec une brillance de 700 à 800 bougies par centimètres carrés, un trou de 1 mm.5, un test dont les interjambages, sont vus sous un angle de 2°30”’, éclairé par 60 lux et placé à 400 mm. de l'oeil.

Avec des aires éblouissantes circulaires vues sous des diamètres apprents de 6.400, 4.400, 3.400, 2.400, 1.400,

le test contigu à l’aire devient impossible à définir sur des étendues respectivement égales à plus de 40 : 400, à 30 : 400, à 20 : 400, à 17 : 400, à 6 : 400, à 1 : 400.

Si l’aire éblouissante est rectangulaire, avec son grand côté vertical, constamment vu sous 40 : 400, on observe, quand le petit côté prend les valeurs 3 : 400, 2 : 400, que le test contigu est illisible sur plus de 40 : 40, c’està-dire que la vision des formes est inhibée sur toute la macula.

L’étendue de l'effet perturbateur est donc liée à l’aire de la surface rétinienne éblouie et croit dans le même sens que cette aire.

D’autres expériences ont fait voir que cette étendue s’accroît, pour des aires éblouissantes égales, lorsque décroit l’éclairement du test.

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