Voir le Mazareilh, roman. Oliendorft ?. Marna
prochait des mclairies, cl chaque soir îl monlail à cru une petite jument landaise, une alezane à tous crins, dont la queue balayait le sable, el s'en allait dormir dans une masure abandonnée au bord de la grande lande et du marais de Tireù.
C'était un toit de brandes crevé par les pluies et dont il avait bouché les Irons avec de la pailk de seigle. Quatre murs de torchis et de pans de bois, le soutenaient. Un petit auvent bas surplombait le seuil. Derrière, un puits sans margelle, creusé dans le sable noir et dont Teau marécageuse avait un goût de vase au soleil. Un grand. carré défriché, entouré de palissades et d'ajoncs, formait naguère lou Casaùy le jardin, où les habitants de cette chaumière faisaient péniblement pousser quelques sillons de pommes de terre et de mil. Simounety parquait son troupeau, sous la garde des chiens. Sa jument paissait à Tentour, sans entraves, ou s'abritait sous Tauvenl.
Au dedans, il y avait une cuisine étroite dont l'immense cheminée formait le fond et une soupente basse où tenait à peine, entre quatre planches de bois de pin, une paillasse de toile à grands carreaux rouges et blancs, gonflée de paille de mais. Une antique selle à lourd pom-
meau cerclé de cuivre, était suspendue à la poutre du fond. Les étriers de bois, massifs, en forme de sabots, se balançaient au-dessus du lit.
Tous les trois jours environ, le vacher la jetait sur sa jument, y accrochait de profondes besaces et s'en allait vers Gerbuë chercher du pain.
Il trouvait souvent sa mère seule dans la cuisine. Elle allait, venait, autour des fourneaux reluisants, les bras troussés, la mine heureuse.
— Adèchats, m,ama ^
— AdioUy drôle *.
11 s'asseyait près de Tâtre, ôtait ses sabots, relevait ses hautes ampèles, qu'il avait tricotées lui-même, avec la laine brune des brebis, sur des aiguilles de bois, ainsi que lui avait appris le vieux Pierre du Mazareilh, au temps où il y gardait. Les mailles en étaient si serrées que i'on eût dit des guêtres de cuir, sans les côtes et les rainures où la rosée glissait.
Durant qu'il allongeait les pieds vers la flamme, la Marinette lui servait une lourde
i. Adieu, maman.