‹ L'EcarteurChapitre 13 sur 22 · Voir le Mazareilhf roman, Ollendorff · texte numérisé non relu

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l'écakteur 9f

griser son cœur, et ce fut d'une voîx grave qu'il répondit à Pouyabôre dont l'angoisse le gagnait :

— Oui, maître, je reviendrai vous voir, je ferai tout ce que vous me diles. Vous pouvez être sur de moi.

L'écarteur descendit Tescalier de pierre, longea le grand corridor sonore. Il allait dépasser le seuil de la cuisine, quand sa mère Tappela :

— Simounet, ne veux-lu rien prendre?

— Non, merci, répondit-il sèchement, en faisant mine de sortir.

— Oh! grand sauvage, toujours le même?

écoute donc.

Il s'arrêta.

— Gomment Tas-tu trouvé? reprit-elle, en le fixant de ses yeux calmes.

— Mais... très bien...

Et comme elle faisait un geste de surprise et disait : non, d'un mouvement de tête et d'épaule, il ajouta :

— Oui, sans forces, il s'est fondu. Mais sa tôle est solide, allez!... Il ne déraisonne pas. Il se souvient de toutes choses.

— Ce matin avec toi, peut-être, mais hier au soir il a eu sa crise vers les dix heures, — et, sans Floréal, il me tuait.

Simounet ne répondit pas. Il roulait lentement une cigarette. Un instant, à la vive lueur d'une allumette, son fin visage basané s'éclaira dans l'ombre du corridor, auprès de la muraille nue. Et comme il ne faisait plus aucun geste, demeurant là, distrait .et sans la voir, elle interrogea, curieuse :

— Alors que t'a-t-îl dit, ce matin, si raisonnablement?

— Oh! rien qui vous intéresse! il m'a conté ses belles chasses d'autrefois... puis il a tiré de tète et sans crayon, le compte des ventes et des achats de bétail. Il m'a prié de revenir souvent et m'a dit qu'il était le maître et saurait jusqu'au bout se faire obéir.

— Et pour qui disait-il cela? Pour Floréal?

— Je n'en sais rien. J'ai répondu qu'ici, Ton ne me voyait pas avec plaisir. Et comme je ne suis pas de ceux qui se le laissent dire... Adieu, maman.

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— Mauvaise tôle!... fil Marinelteen haussant les épaules avec dépit, tandis qu'il refermait la lourde porte dont le double battant claqua.

Au dehors, après Tembellie du matin, une averse molle et lente tombait.

Simounet marchait à grands pas dans l'allée de chênes, frôlant les arbres où la pluie crépitait sur les feuilles mortes.

A droite de l'allée dévalant vers la combe, on voyait le chemin de la fontaine. Il coupait à travers les champs de sable fermés de talus et rentrait sous bois. Toute la lisière trempée de pluie luisait, vaguement teintée de rose vineux et de mauve, selon les feuillages de chênes nains été tés, aux formes bizarres, abritant de grandes fougères rougeâtres ou bronzées et des bruyères à peine flétries par les premières gelées d'automne. Des ronces pourprées, des ajoncs d'un vert noir pointillé de fleurs jaunes, crêtaient les talus à l'entour, et par-dessus tout cela, se détachaient, comme de sveîtes colonnes, les troncs rigides des pins, dont toutes les cimes immobiles bruissaient.

11 refermait la clède^^ au sortir des champs, et

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