Voir les Évangiles, p
4. Par exemple, xi, 9 ;xii, 1, et même xii, 13-14, passage qui, à Tépoque du sanhédria de labné, devait déjà être envisagé comme uue partie intégrante du livre Cohélet.
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interprélalions bizarres. On ne cherchait plus dans un livre son sens naturel. On y cherchait mille sens auxquels Fauteur n'avait jamais pensé. On eût trouvé des mystères sublimes dans des amas de lettres jetées au hasard. Un texte ancien était devenu un grimoire qui servait à des jeux de mots. Que le texte signifiât ceci ou cela, c'était chose fort indififérenle. On n'avait plus d'yeux pour voir ni pour lire. En général, du reste, on lit mal, quand on lit à genoux.
Avec de tels procédés, il n est pas surprenant qu'on ail pu faire d'un dialogue d'amour un livre d'édification, d'un livre sceplique un livre de philosophie sacrée. Les docteurs de labné ne comprirent rien ni à l'un ni à l'autre, et ce fut fort heureux ; car, s'ils eussent compris, certainement ils eussent détruit les livres qui les scandalisaient. L'erreur accréditée sur l'auteur des deux livres fut aussi, à quelques égards, salutaire. On les croyait de Salomon, et une origine si
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respectable empêchait de voir les objections. La Sagesse de Jésus, fils de Sirach, qui n'offrait pas de difficultés à beaucoup près aussi sérieuses à Torthodoxie, fut arrêtée sur le seuil de la canonicité, parce qu'elle avouait trop naïvement son origine moderne. L'auteur porta la peine de sa sincérité. Selon l'esprit du temps, un livre n'avait d'autorité que s'il portait le nom d'un patriarche, d'un prophète, d'un vieux scribe vénéré.
Vers Tan 100 de notre ère, le Cohélet fait donc partie de la Bible juive. Vers l'an 135, Aquila le traduit en grec, et les chrétiens commencent à le lire. Les conséquences de cette lecture se laissent d'abord bien peu sentir. Les chrétiens, avec leur assurance, allant jusqu'au martyre, du prochain avènement de la justice divine, ne pouvaient beaucoup goûter les sentences découragées de notre jouisseur blasé. Ni saint Jus lin, ni saint Irénée, ni TertuUien, ni Clément
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d'Alexandrie ne client r Ecclésiaste ^ . L'Église, cependant, pour les jugements sur la canonicité des livres, dépendait encore de la synagogue. Tout livre hébreu, dès qu'il était traduit en grec, devenait un livre sacré. Ainsi la traduction d'Aquila s'introduisit dans l'Église. Origène (vers 230) met le Cohélet, sans réserve ni distinction, parmi les livressacrés. Vers250, Denvs d'Alexandrie le commente ^. Plus tard, Jean Chrysostôme en tire d'é- ' loquentes paroles, au lendemain de la disgrâce d'Eutrope, et, au moment de la chute de Rome, saint Jérôme le lit à sainte Blésille pour la consoler en lui montrant combien ici-bas tout est vanité *.
1. Les traces qu'on en a cru voir dans le Testament des douze patriarches (Nepht., 2, 8) et dans saint Justin {ApoLl, c. 57; Bial.j c. 6) sont plus que douteuses. La phrase banale, Ecel. fXii, 13, se retrouve dans le Pasteur d'Hermas, mand. VIL init.; mais il n'est nullement probable que ce soit là un emprunt fait au livre pseudo-salomonien.