‹ L'EcclésiasteChapitre 101 sur 120 · SsEnïJS ketliib. - 4n G Sh C Jt^r. T: MÏV '"^bh · texte numérisé non relu

SsEnïJS ketliib. - 4n G Sh C Jt^r. T: MÏV '"^bh

de lintelligence (".n*i en iiéohébrcu signifie aussi '< èlre excellent, liabilo «l par la place qu'elle occupe relativement à celui qu'elle doit éclairer et protéger (cf. II, li sur la position des yeux du sage; Ps. xvi, 18; ex, 5). Ilaupt enlève à <Joh. les vv. 2-4.

3. La circonstance exprimée par ~"n2 (G C n'ont pas l'art.) est mise en relief, et rejetée en dehors de la proposition temporelle à laquelle elle appartient. Il n'existe aucune raison de ne pas prendre le mot au sens propre avec Herz. Ginsb. Me N. Bart., et de lui faire signifier « la vie » ou « une entreprise » avec Knob. Heiligst. Elst, Vaih. Hengst. Wright, Ilaupt. La Bruyère n'a-t-il pas dit : « Un sot ni n'entre, ni ne sort, ni ne s'assied, ni ne se lève, ni ne se tait, ni n'est sur ses jambes, comme un homme d'esprit » [Les Caractères, ch. II). — Sur xiz, cf. IX. 12. Le qerê et plusieurs mss. K. portent, conformément à G, S^ors (cf. VI, 10; X, 20; Lam. vi, 18); \e ket/iib, SiOnU^S. L'euphonie est pour celui-ci, qui évite la succession immédiate des deux sifflantes. D'ailleurs on comprend mieux la disparition du n que son insertion après coup, — "isS est sujet de IDn, lequel représente le parfait du verbe plutôt que l'adjectif : « son intelligence se montre insuflisante ». — "^Z^ *1DXT peut se traduire : « Il dit de chacun : il est fou ! » [1. dans Jér. suspicatur de omnibus quia stulti sunt, Y omnes stuUos aestimat, llitz. Elst. Me N. Bart.). Cette interprétation est peu vraisemblable. On allègue bien que les fous ont la manie de croire à la folie des autres; mais notre texte parle d'un sot et non pas d'un aliéné. On traduit encore : « Il dit de tout : c'est fou! » (Knob. Ew^.). Ce sens n'est pas plus admissible que le précédent; d'ailleurs iDD ne s'emploie jamais que pour les personnes. Le plus grand nombre des interprètes (Herz. Del. Mot. Ren. Wright, Xow. Bick. Rûet. Haupt) préfèrent : « Il dit à tous (qu')il est fou ». Ce sens serait acceptable si l'on faisait signifier à 1QN « montrer par son attitude » ; mais cette signification est sans exemple en hébreu biblique (voir cependant le Talmud, Gittin, 68 b, qui est toutefois un peu différent). G xa\ a Xo^teTrai nivxa ispooûvT) la-rfv doit être une corruption de y.cà lé-^v. -à. izi^xx (Me N.), ce qui suppose dans l'hébreu ICNI SdH, g est suivi par Sh C P, D'autre part, Jér. et dicit oinnis insipiens est (bien qu'il fasse de omnis le sujet de est] et surtout T « et tous disent qu'il est un sot » témoignent aussi en faveur de S^n. Seuls S V s'accordent avec M pour attester hz^. La leçon S-n est reçue par Sieg. Zapl.. et paraît la meilleure,

Haupt retranche "ion IlS. C'est avouer que le v, est en prose.

4, Sur n"l"l au sens de « colère », cf. Jug. vin, 3; Is. xxv, 4; xxxiii, il;

428 l'ecclésiaste, x, 5-G.

5 II est un mal {que) j'ai vu sous le soleil, comme une méprise qui provient du souverain : '' l'insensé est placé dans de hautes dignités,

Zach. VI, 8. Dipa peut désigner un poste, une situation officielle (Gen. xl, 13; xLi, 13) : de fait, Herz. Del. Wright, Bart. et la plupart des com. l'entendent ainsi. Au contraire, Knob. Hitz. : « ne sors pas de ton assiette », sens que Dipa n'a pas ailleurs. Le premier mouvement d'un homme contre lequel on se met en colère est bien sans doute d'en faire autant et de tenir tête. Cependant, si celui auquel le conseil s'adresse est l'envoyé d'un petit peuple vassal auprès d'un grand roi, la tentation sera plutôt pour lui de s'en aller, soit dépit, soit découragement, et de renoncer à implorer pour sa patrie un suzerain déraisonnable. L'auteur conseille de subir avec calme et douceur l'avalanche de reproches et d'invectives, de dévorer en silence l'humiliation, surtout de persister à remplir sa mission. Une attitude humble et patiente évitera au pauvre ambassadeur de 'grandes fautes, telles que manifestation de mécontentement ou abandon de sa mission, toutes choses de grande conséquence pour lui-même et pour son pays ; cf. viii, 3. — N3ia « calme, douceur » (cf. Prov. XIV, 30; B. S. xxxvi, 23) se rapproche de HE"! pour le sens. — Sur n''J\ cf. VII, 18: XI, 6.

Sieg. attribue ce v. à Q'^ (glossateurs divers). La pensée n'a certainement aucun rapport avec l'œuvre de Qoh. Elle a sa place au contraire dans l'œuvre des sages; voir Vlntrod. p. 168.

VI bis. IMPUISSANCE DE l'effort et du talent

A ASSURER LE SUCCÈS (sulte), X, 5-9.

X, 5-9 poursuit le développement commencé dans ix, 11-16. Les vv. 5-7 se rattachent évidemment à ix, 11 et 16 b, dont ils continuent la pensée. Il n'existe aucun motif d'en refuser la paternité à Qoh. On retrouve en particulier dans le V. 5 a son style et ses formules. Bick. et Bart. reconnaissent la forme métrique à 6-7; Driv.-Kitt. à tout 5-7. Zapl. ne trouve son compte d'accents dans 6-7 qu'en ajoutant un mot à chacun de ces versets. Haupt retranche un mot à chacun des vv. 5 et 7 ô; il en ajoute un au contraire à 7 a. Bien que les deux vv. 6 et 7 contiennent des antithèses et par conséquent présentent une sorte de parallélisme, on ne commet pas une erreur en laissant tout 5-7 à la prose. Personne n'enlève ces vv. à Qoh. Quant à lorigine et au caractère métrique des vv. 8-9, voir ci-dessous.

5. Le relatif est omis après nîTI comme dans v, 12, au contraire de vi, 1 (GK 155 h). — NST'Ï? (que Haupt retranche) présente un part. fém. formé sur le modèle des verbes en nS; cf. ii, 26; viii, 12; ix, 2, 18. Le relatif qui précède manque dans G (BnC) C. S et Jér. sont douteux. L'omission doit être accidentelle.

Il n'y a pas Heu de voir dans ce v. avec Jér. une critique de la Providence. "CS^;."! désigne le souverain et non pas Dieu. Ces vv. 5-7, comme on l'a dit, venaient à l'origine après ix, 16 (cf. 11) où leur sens était très clair.

6. ^nj est employé au même sens qu'ici dans Deut. xvii, 15; Esth. vi, 8. —

l'ecclésiaste, X, 7-8. 429

et des grands restent dans l'iiifériorité ; "j'ai vu des esclaves sur

des chevaux, et des princes marcher à terre comme des esclaves.

^ Celui qui creuse une fosse peut y tomber ; et celui qui démolit

73Dn « la folie » serait l'abstrait pour le concret; mais il vaut mieux lire ^ZDn d'après les versions (G 6 fopwv Sh C Jér. 'ASPVT), avec Eur. Sieg. Ilaupt, Zapl. Driv.-Kitt. Bart. — ai>2'nî22 doit être lu "m (cf. G h yieai) sans art., l'adj. qui suit ne l'ayant pas : Di^l, « grandes », et non pas « nombreuses ». — Di"l''U?y, ordinairement « riches », ne serait pas, pris en ce sens, conforme au parallélisme. Pour ce motif, Houb. voulait le remplacer par □'I1C3 « capables », et Spohn par □'i723n « sages ». Kam. (dans ZA7'W, 1904, p. 239) propose poD au lieu de hzcn. Mieux vaut reconnaître qu'ici D''T'U?y désigne « les grands, les nobles », comme le suggère le parallélisme de « princes » et Tantithèse d' « esclaves » dans 7 : cf. v. 20 où le même terme, au singulier, signifie « le puissant ». De même que Si « faible » en est venu à désigner régulièrement le pauvre par opposition à 1*iU*y (cf. Ex. XXX, 15, etc.), de même lity" peut être une dénomination du grand et du puissant. — Ssu? marque, ici seulement et Ps. cxxxvi, 23, une situation inférieure dans la société. — Bick. retranche Di^l pour le mètre; Zapl. au contraire ajoute D"iTil?T à la suite de D''T'U"T

Ce V. et le suivant affirment que nous vivons dans un « monde renversé », ce qui est bien la pensée de Qoh.

7. Sur le participe QisSn, complément de HNI et exprimant l'action perçue, cf. GK 117 // et Kox. III, 410 c. « A terre » pour « à pied » s'oppose mieux à « sur des chevaux ». — Après D'iTlV, 2 mss, K. de R. ajoutent D123"! equitantes et Kam. [ZATW, 1904, p. 239) pense que ce mot se retrouve défiguré dans atzi du v. 6 et doit être rapporté ici dans son état primitif. Bick. et Haupt retranchent Diisys-

On trouve une pensée analogue, sous une forme un peu dilTérente, dans Prov. XIX, 10. La mention du cheval est un indice de la date relativement récente du livre. Dans les temps anciens, les princes avaient pour montures des ânes ou des mules (Jug. v, 10; x, 4; II Sam. xviii, 9; I R. i, 38; Zach. IX, 9). L'emploi des chevaux est signalé dans II Chr. xxv, 28; Jér. xvii, 25; Esth. VI, 8-9. Del. cite l'historien Justin, lequel note au sujet des Parthes : hoc discrimen inter servos liberosque est quod servi pedibns, liberi nonnisi equis incedunt. D'autre part Grotius écrit, en se référant à Salluste et Tacite : regibus multis suspecti qui excellunt sive sapientia sive nobilitate aut opibus.

8. yda, hapax en hébreu biblique, est usité en judéo-araméen et en syriaque : c'est encore un aramaïsme (K.\utzsch, Ârain. p. 25). — lia désigne dans le cas présent un mur en pierres sèches. Les verbes des deux prop. principales de ce verset expriment seulement une possibilité, car il est évident que les accidents annoncés ne se produisent pas toujours ni à coup sûr (cf. GK107 r).

Le V. 8 a reproduit Prov. xxvi, 27 a et, pour les deux derniers mots, d'une

430 l'ecclésiaste, x, 9,

un mur, un serpent peut le mordre.-' Celui qui tire des pierres peut s'y faire mal; celui qui fend des bûches y court un danger.

façon littérale ; la même pensée se retrouve encore avec les mêmes expressions dans Eccli. xxvii, 26 a. Il doit y avoir là un proverbe; cf. Ps. vu, 16; Lvii, 7. D'autre part Am. v, 19 énonce un fait qui est une justification de 8 b. Sur l'origine de ce \., voir le com. du v. suivant.

9. "J^l à VInpJi., ici et I R. v, 31, est « arracher des pierres dans une carrière )>. D''J2N féminin [ZATW, 1896, p. 18) est représenté par le pronom masc. Dns ; les faits de ce genre sont assez fréquents; cf. Kôx. III, 14. — ISV, au qal et au pi. « affliger, contrister », au niph. « s'afïliger », n'exprime partout ailleurs que la douleur morale; il en est de même de la racine verbale et en outre de ses dérivés en araméen biblique, en néohébreu et en judéo-araméen ; mais plusieurs dérivés en hébreu biblique désignent le travail pénible (cf. pZi'" dans Gen. v, 29), ce qui légitime suffisamment ici l'emploi du verbe. Il ne paraît donc pas nécessaire de supposer avec Kam. {ZATW, 1904, p. 239) 'ZTJ'^ « être empêché », qui d'ailleurs ne serait guère satisfaisant. — "i;i "pl2 « celui qui fend du bois » et non « celui qui abat des arbres » ; 32 mss. K. de R. C P Jér. V font précéder ce participe de la copulative. — 73D\ imp. niph. « s'exposer » ou « être exposé à un danger », est hapax dans la Bible, mais la racine verbale est usitée en néohébreu au pi. « mettre en danger », à Yhithpa. « être mis en danger », et en judéoaraméen, au pa. et à Vaph. (sens actif) et à Yithpa. (sens passif). L'aramaïsme est évident (Kautzsch, Aram. p. 68).

Deut. XIX, 5 ; Prov, xxvi, 27 b présentent quelque analogie avec le contenu de ce V. On a comparé aussi la sentence suivante des Logia de Behnesa (dans Grenfell and Hunt, Sayings of our Lord, London, 1897, p. 12; cf. RB, 1897, p. 509) : 'eyeipov tÔv à(9ov xày.sî' £Ûp7]a£tç jjls' ayj'aov xb ÇûXov xdtyto Iv.ii £Î[X', qu'il faut rapprocher de G è^aîpwv ÀWouç ôtanovrjOrj'dSTat iv aù-oî';, a/JX^n ÇûXa •/.ivouvEÛasi £V aÙTOu.

Les vv. 8-9 n'ont d'autre objet que d'affirmer la constante possibilité d'un accident ; les occupations journalières, les besognes les plus ordinaires et les plus simples, présentent des dangers. Ces sentences sont attribuées par Sieg. à Q-' (glossateurs divers); par Me N. et Bart. au hakham. Haupt les laisse à Qoh. La pensée est assez banale et, prise en elle-même, pourrait être d'un sage quelconque. Cependant on ne peut méconnaître qu'elle se rattache, d'une part à ix, 11 c-12 : « le malheur atteint l'homme à l'improviste », et d'autre part à \, 14 ^ : « l'homme ne sait jamais ce qui peut arriver » et XI, 5 : « l'homme ignore l'œuvre de Dieu qui fait toutes choses », tous versets qui sont bien de Qoh., et même, pour x, 14 b et xi, 5, les seuls qui dans tout x, 10-xi, 6 portent sa marque. Donc nos deux versets doivent aussi lui appartenir. La suite des idées dans x, 7-8, 14 b; w, 5 est très satisfaisante. Elle apparaîtra mieux encore, et le caractère primitif du texte en litige sera confirmé, si l'on embrasse l'ensemble du dernier développement de Qoh. (ix, 11-16; X, 5-9, 14 b; xi, 5). Du point où nous sommes parvenus, il est aisé d'en discerner l'économie, ix, 11-12 est une sorte

l'ecclésiaste, X, 10. 431

^'^Sile fer s'est émoussé et qu'on n'ait pas aiguisé le tranchant, alors on doit redoubler de force ; mais l'avantage de mettre en état (l'outil) est propre à la) sagesse.

d'énoncé du sujet, dont la démonstration est ensuite fournie par des faits. Ces faits sont do deux ordres : ix, 13-16 et x, 5-7 présentent des cas dans lesquels la déconvenue de l'homme est imputable aux i)ouvoirs humains; X, 8-9, 14 b et XI, 5 en relatent d'autres dans lesquels le malheur résulte des événements aveugles, mais qu'on sait dirigés par Dieu puisqu'il conduit tout. Or, ce sont précisément là les deux points de vue annoncés par l'auteur, si bien que ix, 13-16 et x, 5-7 correspondent à ix, 11 a b, tandis que X, 8-9, 14 h et XI, 5 répondent à ix, 11 c-12. La suite de ce plan est une démonstration sullisante de l'origine des éléments qui le composent, et d'autre part les réflexions qui le surchargent ou le contrarient se dénoncent elles-mêmes comme l'œuvre d'une autre main : on en trouvera un exemple frappant dans les w. 10 ss. On peut faire cependant l'hypothèse d'après laquelle x, 8-9 serait une glose d'un sage, auquel un autre sage répondrait dans 10 ss.; le développement de Qoh. finirait avec le v. 7, et les réflexions qu'il émet dans J4 b et xi. 5 serviraient seulement à introduire la conclusion relative à la jouissance (xi, 7 ss.), laquelle suit (cf. m, lljss.) ou accompagne (cf. m, 22; vi, 6, 12; vu, 14) parfois la constatation de l'ignorance humaine. Cette hypothèse paraît moins probable que la précédente. Elle ne peut guère s'appuyer que sur la forme rythmique des versets contestés. Mais il semble qu'en tout cas on doive laisser le v. 8 à Qohéleth, l'origine proverbiale de la première partie au moins du v, suffisant à expliquer son allure. Le v. 9 pourrait être de l'auteur de 10-11. Zapl. Driv.-Kitt. Bart. disposent en effet en vers les vv. 8-9, sans avoir besoin de rien ajouter au texte, ni d'en rien retrancher. Ilaupt croit nécessaire d'enlever le mot 1~; à 8 b. Bickell, qui est bon juge en cette matière, traite tout le morceau comme do la prose. On s'en est tenu à son avis ; mais il n'est cependant pas prouvé qu'ici les exégètes précédents se trompent.

Septième groupe de sentences, x, 10-xi, 6, sauf x, 14 b et xi, 5 : i» Utilité de la sagesse et critique de Vinsensé, x, 10-13.

Tout le reste du chapitre x, sauf 14 b, est l'œuvre des sages. Il est d'ailleurs remarquable que Bick. (moyennant cependant quelques suppressions et une addition) et Bart. reconnaissent la forme métrique à tout x, 10-20, excepté seulement 14 b. Driv.-Kitt. ne fait même pas cette exception; mais d'une façon générale il étend beaucoup trop le domaine de la poésie dans l'Eccl. Sieg. attribue 10-11 à Q-^iglossateurs divers) et 12-15, au hakliam ; Me N. et Bart. reconnaissent dans tout 10-14 a la main des sages. Les vv. 10-11 font observer que les insuccès et les accidents sont souvent attribuables au manque de sagesse et de prévoyance de l'homme ; 12-14 a font l'éloge du sage et la critique de l'insensé.

10. r^T^'Ç; est employé au qol dans Jér. xxxi, 29-30; Ez. xviii, 2, mais ici seulement de toute la Bible au pi.; le même verbe est usité en néohébreu, en

432 l'ecclésiaste, x, 10.

araméen et en syriaque. S'iin, nom de la matière, sert à désigner l'instrument comme dans II R. vi, 5. — Nin désigne évidemment celui qui tire de la pierre ou fend du bois; ce pronom est placé ici, moins pour marquer le changement de sujet, relativement à la prop. immédiatement précédente, que pour rattacher cette sentence à celles du v. 9. L'ordre des mots dans cette seconde prop. paraît surprenant; le même se rencontre cependant dans Is. lui, 9; cf. Nomb. XVI, 29; II Sam. m, 34. — nS est attesté par M Jér. V et probablement T, tandis que les mss. orientaux et G (V 253) ont iS et que le mot manque absolument dans G Sh C P. — Sur a"'J2 « le tranchant », cf. Ez. xxi, 21. La forme SpSp ne se rencontre hors d'ici que dans Ez. xxi, 26 et au sens d' « agiter ». On traduit ici par « aiguiser » en se basant sur SSp (Ez. i, 7; Dan. X, 6), ordinairement rendu « poli » (par frottement sans doute), et aussi sur ce que, pour aiguiser, il faut « agiter » la lame alternativement dans un sens et dans l'autre en la frottant; cf. en français « repasser » pour « aiguiser ». — Le 1 devant aiSini introduit l'apodose (cf. Driv. H.T. 138 p). Le pluriel de ce substantif (en dehors des cas où il suit ilù; et ^li:25) est employé seulement dans Is. xxx, 6 et Dan. xi, 10; son sens ne diffère pas de celui du sing. On peut le considérer comme le plur. des concepts abstraits (cf. Kôn. III, 262 a). — Le pi. de .123 ne se trouve hors d'ici en hébreu biblique que dans Zach. x, 6, 12, mais le néohébreu l'emploie au sens causatif qu'il a dans le présent verset. L'imparfait marque sans doute la nécessité : « il devra redoubler d'efforts ». — La dernière prop. est encore plus difficultueuse. "l'i^yDn (cf. Baer, p. 68), avec le ^i après le sera, doit indiquer le qerê *lU7Dn, inf. absolu, au lieu du ket/iib li'JJDn, inf. construit. Ce verbe se lit au qal avec le sens de « réussir, être convenable, utile » dans xi, 6; Esth. viii, 5 et B.S. XIII, 4, et à Vldph. ici seulement; mais il existe en néohébreu, araméen et syriaque : c'est certainement un aramaïsme (Kautzsch, Aram. p. 44). Uhiph. peut avoir le sens de « faire réussir » (Knob. BDB Bart.) ou même « réussir » (Vaih. Wild.), et l'absence de complément recommande ces deux interprétations. Au contraire l'analogie de l'emploi de cette forme en néohébreu favorise nettement le sens de « rendre apte » (Herz. Ginsb. Del. Wright, Now. Riiet. Sieg. Haupt, ZapL), et le contexte de ce v. et du suivant invite à s'en tenir à cette signification. Mais de quelque façon qu'on traduise, la construction est singulièrement dure : cf. Del. : « l'avantage de la mise en état est sagesse », ou Wild. : « l'avantage de réussir est sagesse », en ce sens que la sagesse procure l'un ou l'autre avantage. Aussi, Hitz. Elst. Zôckl. se sont-ils autorisés du ketJiib pour rendre : « c'est un avantage que de bien employer la sagesse » ; mais T'won ne se prête pas à cette interprétation, et mieux vaudrait dans cet ordre d'idées : « la sagesse est un avantage pour réussir ».

D'autre part, G (N A G 248 252 253 254 296 298) tou (ivSp(£)i'ou, dont les autres leçons de G sont des interprétations ou des corruptions (Me N. p. 155; cf. Jér. fortitiidinis), PS ô YopY£uaà[j.£voç eî? aocpi'av ont lu 1U73n participe qal (cf.

GK 50 b). Cette leçon est reçue par Me N. : « et l'avantage de l'homme qui réussit, c'est la sagesse », et mentionnée par Driv.-Kitt. Déjà Zirk. s'autorisait de G pour supposer un adjectif liursn (cf. le judéo-araméen N1''U^3 ou Kliurs) et

l'ecclésiaste, X, 11-12. 433

^' Si le serpent mord faute d'enchantement,

il n'y a aucun avantage pour le charmeur.

^2 Paroles de la bouche d'un sage, faveur;

mais les lèvres d'un insensé le perdront.

traduisait : « la sagesse est l'avantage de l'homme diligent » (cf. 2). Quelques exégètes ont recours à d'autres corrections, mais qui n'ont aucun point d'appui dans les versions anciennes, ^^'i^ckl. intorvei'tit l'ordre des deux derniers mots : « l'avantage de la sagesse est de mettre en état » ; cf. Ilaupt : « l'avantage de la sagesse est : elle rend capable », et Bart. : « l'avantage de la sagesse est de donner le succès ». Sieg. écrit seulement n*2jn3 : « c'est un avantage de mettre avec sagesse la chose en bon état ».

Le texte de ce v. doit être altéré. On peut toutefois essayer de l'expliquer en disant que l'existence d'un rapport entre le sujet « avantage de mettre en état » et l'attribut « sagesse » est sommairement indiquée par la juxtaposition de l'un et de l'autre, la nature exacte de ce rapport n'étant pas spécifiée, mais laissée à l'intelligence du lecteur. Des constructions analogues se rencontrent dans x, 12; xii, 13; Ps. xlv, 9; lv, 22; cix, 4; cxx, 7.

Au point de vue du mètre, Zapl. elTace nCDri- Bick. retranche la seconde proposition ; Haupt la seconde et la quatrième; l'un et l'autre retouchent en outre ce qui reste. A en juger par le v. suivant, qui est de même venue, il est probable que celui-ci aussi revêtait à l'origine la forme métrique et que les altérations du texte la lui auront fait perdre.

Le V. 9 se greffe, pour le sens, sur le v. précédent, avec l'intention évidente de mettre en relief le rôle prévoyant et protecteur de la sagesse. Le v.

II, écrit dans le même esprit, se rattache de même façon k 8 b. Ainsi les vv. 10-11 (du hak/tam) apportent un correctif aux vv. 8-9 (de Qoh.) : ceux-ci affirmaient la possibilité constante d'accidents au cours du travail; ceux-là font observer que la sagesse sait les prévenir et que s'ils se produisent, c'est, dans les cas indiqués, la faute de l'ouvrier qui n'a pas réparé son outil, ou du charmeur qui n'a pas exercé son art. Il n'est pourtant pas impossible, en soi, que les deux points de vue aient été mis en valeur par un seul et même écrivain.

11. xSa est 1S2 dans un ms. K. Dans ce v. encore le ^ (dans llNl) introduit l'apodose, celle-ci étant d'ailleurs constituée par une prop. nominale, sans que le 1 soit suivi d'aucun verbe : voir le môme cas dans Gen. iv, 24 (cf. Ku.x.

III, 415 ,r; Driv. H. T. 136 0). — « Le maître ou le possesseur de la langue » n'est pas simplement « l'homme » comme le voulait Hitz., car les procédés d'incantation ne sont pas à la portée de tous les hommes, mais « celui qui possède la langue du charmeur », qui sait proférer les sons propres à enchanter le serpent. Sur les charmeurs, cf. Jér. vni, 17; Ps. lvui, 5 s.; B. S. xii, 13, et voir VDB, II, 595 s. — On remarquera les rimes et assonances de ce V. ainsi que la profusion des sifflantes.

Le charmeur qui se laisse mordre pour avoir gardé le silence ne peut accuser que lui-même et (B. S. xii, 13) personne ne le plaindra.

12. rn est à la fois « grâce » et « faveur ». La prop. en elle-même peut

L'ECCLKSI.iSTE. 28

434 l'ecclésiaste. x, 13-14.

^3 Le commencement des paroles de sa bouche est sottise,

et la fin de son discours est folie mauvaise. '^^ Etle sot multiplie les paroles.

* L'homme ne sait pas ce qui arrivera ; car, ce qui arrivera par la suite, qui le lui indiquera?

aussi bien signifier « les paroles du sage sont gracieuses et agréables » (cf. Ps. XLv, 3; Prov. xvii, 11) que « les paroles du sage lui concilient la faveur et la bienveillance ». Mais le parallélisme de 12 b démontre que ce second sens doit être admis. Néanmoins il ne faut pas méconnaître que si les paroles du sage obtiennent l'efTet indiqué, leur caractère aimable y est pour quelque chose, et l'auteur peut arrêter un instant la pensée du lecteur sur ce premier sens avant de le fixer sur le second. La construction de la phrase est elliptique et établit entre les paroles du sage et la faveur un rapport dont la nature spéciale n'est pas complètement déterminée. Ce n'est pas l'identité, mais plutôt la coexistence des deux termes qui est affirmée, la présence de l'un entraînant la présence de l'autre. — La forme fém. du plur. mriE'w existe seulement dans Is. lix, 3; Ps. xlv, 3; lix, 8; Gant, iv, 3, 11 ; v 13 et ici : elle est tardive et poétique. D'après Kahle (dans GB) les mss. orientaux lisent Ijy^^n « dévorer » au qal. Il est à remarquer que ce verbe, qui a cependant pris le fém., reste au sing., bien que le sujet soit au plur., soit sous l'inlluence du génitif S^DD (Kôn. III, 349 g), soit plutôt en raison de ce que le sujet n'est pas une personne [plur. inlnimanus; cf. iv, 8 kethib, et A'oir GK 145 k).

Prov. XIV, 3 contient la même antithèse que notre v., tandis que Prov. x, 8; xviii, 7 présente seulement des équivalents de la seconde proposition. Nous retombons dans l'éloge ordinaire des sages et la critique non moins banale de l'insensé. Il est impossible de ne pas remarquer combien 12 a s'accorde mal avec la manière de voir exprimée par Qoh. dans ix, 11 et 16. Haupt voit dans 12-20 un tissu de gloses diverses.

13. in'iS secundo a le sens « parole, discours », comme dans Is. xxix, 13; Ps. XLix, 14. Ce mot manque dans G (B 68 106 261) xal la-^aTï] aùtou C, tandis que G (^< AC) Sh P Jér. suivent M. — niSSin est vocalisé cette fois avec la désinence des noms abstraits, au lieu de niSS(1)n qu'on lit partout ailleurs (i, 17; II, 12; vu. 25; ix, 3). — nvi (que Haupt retranche) peut avoir le sens de « moralement coupable » (cf. iv, 17; viii, 11; ix, 3) ou signifier seulement M dangereuse ». Le v. étant d'inspiration traditionnelle, l'insensé est sans doute un méchant et un impie, et le sage un homme vertueux et religieux (cf. Ps. XIV, 1; CXI, 10; Prov. ii, 10 ss. ; vu, 6 ss. ; ix, 13, etc.; voir aussi Dan. XI, 33, 35; xii, 3, 10).

Prov. XV, 2, offre une pensée analogue à celle-ci. Ce v. et la première partie du suivant continuent 12 b.

14 a. La première moitié du v. 14 ne peut être séparée de 12-13. Peut-être même le ^ initial a-t-il un sens causatif « car »; cf. GK 158 a. La forme métrique continue à être très marquée, mais le second stique, qui devrait régulièrement compléter le vers, est absent. Il est possible qu'il ait existé à

l'ecclésiaste. X, 14, 435

l'origine et que sa disparition soit le résultat d'un accident (Me N. Bart.). Cependant, si l'hypothèse d'une mutilation du texte devait être acceptée, le ^ placé en tête du membre conservé présenterait plutôt celui-ci comme le second et indiquerait que c'est le premier qui a disparu. Mais il se pourrait aussi que 14 a ait été introduit tel quel pour servir de transition entre 13 et 14 b (voir ci-dessous). Zapl. et Haupt croient être en présence d'une glose qui serait à éliminer.

VI ter. iMPiissANCE DE l'ekkort et du talent a assurer le succès (suite), \, 14 b.

14 b. 33 mss. K. de R. font commencer la seconde partie du v. 14 par xSl, dans l'intention évidente de la rattacher à la première; mais il n'y a là qu'un essai de correction et non pas une tradition textuelle. Rien n'autorise non plus à introduire « cependant » ou « bien que », comme font Zirk. Knob. Ew. Ginsb. Klein. Del. Wright, Gietm. Ruët. Sieg., toujours pour créer artificiellement un lien entre les deux moitiés du verset. — n'in''ï; de M G (147 157 159 298) T devient nMD dans 4 mss. K. de R. G xô y^viiAcvov Sh G S P Jér. V, leçon préférée aussi par Houb. Ren. Eur. Zapl. Mais le parfait est une méprise ou une correction de G en vue d'éviter ce qui, en raison de n^'n'' "lU^NT qui suit, semblait une tautologie; les autres traducteurs ont suivi, toujours dans le désir d'opposer les temps. Mais la même répétition existe dans VIII, 7, où aucune version ne s'écarte de M. Ce n'est pas en réalité une tautologie. La seconde proposition confirme la première : le 1 qui l'introduit est causatif (cf. GK 158 a), comme le prouve le parallélisme de "13 dans viii, 7. La première prop. énonce seulement comme un fait l'ignorance où est l'homme de l'avenir; la seconde l'affirme comme une nécessité, et elle précise en outre le sens de n\"l'' en ajoutant TiliiNC Ce dernier terme (que Zapl. retranche, et au lieu duquel 5 mss. K de R. ont "liinx) doit être interprété comme dans m, 22 et parall. Il est représenté par xi ir.hut airou dans G (B 147 157 159), 8i6ti àzi<j(o aÙToîî dans G (254), Stt ôx:;<ito aÙTou dans G (nACV etc.) Sh, /.aï 0 Ti èrJ.iui aÙToii dans C ; '6-1 doit être une dittographie (avec corruption) des premières lettres de ô-(aw, et les autres leçons sont des essais de correction. '.\S0 tàc asi' aiiT6v P Jér. post eum confirment M.

Sieg. attribue 14 b, comme tout 12-15, au hakham. Me N. et Bart. estiment que ce demi-verset est bien de Qoh., mais se trouve déplacé, vu qu'il interrompait, dans le texte primitif, la série des réflexions relatives aux inconvénients du gouvernement despotique, c'est-à-dire 4-7, 16-17, 20, seules portions du chapitre que ces deux critiques laissent, avec 14 b, à Qoh. Il n'y a à retenir de cette opinion que l'affirmation relative à l'origine de 5-7 (dont on n'a plus d'ailleurs à s'occuper ici) et de 14 b. Il est impossible de ne pas reconnaître dans notre texte les expressions caractéristiques du premier auteur et une des pensées qui servent de base à sa philosophie pratique (cf. III, 22; VI, 12; vu. 14). Cette pensée est sans rapport soit avec les critiques adressées au gouvernement dans 5-7 (de Qoh.], 16-17 (des sages) ou les avis sur la conduite à tenir envers le prince (4, 20, des sages), soit avec les sentences relatives à la sagesse et à la sottise (10-14 a, 15, des sages), qui l'encadrent maintenant. Mais, comme il a été dit dans le com. du v. 9, elle se

436 l'ecclésiaste, x, 15.

^'' Le travail de 'l'insensé' le fatigue,

lui qui ne sait pas aller à la ville.

Page 1