‹ L'EcclésiasteChapitre 102 sur 120 · b^DSn 5 mss. K. de R. G (nAV) T; M DfSlDDn · texte numérisé non relu

b^DSn 5 mss. K. de R. G (nAV) T; M DfSlDDn

rattache d'une façon directe et étroite aux idées exprimées par Qoh. dans IX, 11 c-12; X, 8-9 et xi, 5.

Il ne serait possible d'attribuer le v. 14 entier au hakham qu'en supposant de la part de celui-ci une utilisation, pour son but spécial, d'une pensée empruntée à Qoh. II reprendrait à son tour le procédé du hasid dans viii, 6-7. Mais le fait que nous trouvons, dans x, 8-9 et dans xi, 5, les tenants et aboutissants de 14 ^ sur un terrain qui est bien de Qoh., suffit à rendre invraisemblable une pareille hypothèse. Il serait tout aussi vain de croire à un parallélisme entre notre v. et vi, 11-12, c'est-à-dire à une équivalence d'abord entre x, 14 a et vi, 11, puis entre x, 14 b et vi, 12. II est vrai que des deux parts il est fait allusion d'abord à une multiplicité de paroles, puis à l'impuissance de l'homme à discerner l'avenir. Mais au chapitre vi, les « nombreuses paroles » sont le fait de l'homme et non pas de l'insensé; leur objet est très déterminé, elles portent sur la direction imprimée par Dieu aux événements; enfin Qoh. fait observer que les longues discussions sur cet objet sont inutiles, puisqu'elles ne nous apprendront jamais ce que Dieu fera, c'est-à-dire ce que sera l'avenir. Mais x, 14 a ne se rattache à aucune considération de ce genre : le contexte antérieur (12-13) le démontre assez. C'est une sentence d'ordre général, comme toutes celles qui roulent sur la sagesse et la folie. Tout au plus pourrait-on dire, et encore n'est-ce qu'une suggestion assez hasardée, que 14 a a été introduit en vue de créer, sur le modèle de vi, 11, une transition entre 14 b, qui séparé de 8-9 ne tenait plus à l'ien, et son contexte actuel.

Septième groupe de sentences [suite) :

2^ Critique du sot; avis relatifs au prince; conseils d'activité

entreprenante et prudente, x, 15-xi, 4.

Les sentences des sages reprennent. Elles font la critique du sot, x, 15, puis la critique d'un roi sans autorité et de princes intempérants, 16, l'éloge d'un roi bien né et de princes qui savent rester sobres, 17, la critique de la paresse et de la débauche, 18-19. Viennent enfin la recommandation d'être très circonspect dans la critique des autorités, 20, et des conseils d'activité entreprenante et hardie et néanmoins prudente, xi, 1-6, sauf v. 5, qui est de Qoh. Sieg. attribue tout x, 15-xi, 6 à Q^ (glossateurs divers), sauf x, 15, qui serait de Q3 (le hakham), x, 19, de Q^ (l'épicurien), et xi, 5, de Q* (le hasid). Dans la même section, Me N. et Bart. laissent x, 16-17, 20; xi, 1-6 à Qoh., mais adjugent le reste au hakham. Haupt, qui, comme on l'a déjà noté, reconnaît dans X, 12-20 une série de gloses, laisse aussi xi, 1-6 à Qoh., à l'exception de 5 qui serait encore une glose. Au point de vue de la forme, Bart. dispose toute la section en vers; Bick. limite la poésie à x, 15-20 et xi, 4, 6 a.

15. DiSiDDH dans M G (BC) Sh C Jér. PV devient S^DDH dans 5 mss. K. de

LECCLÉSIASTE. X, 15. 437

R. G (S'AV) T; «r^iT dans MG (xAV) 8h CT est a'Ji^B d'après G (BC) Jér. PV; enfin au lieu de y-i dans M G (BxACV) Sh CT, VJl'-i est supposé par P Jér. V. De ce tableau il résulte d'abord que yi*i doit être maintenu : P Jér. V ont été entraînés à le traduire par un pluriel en raison de DiSiDD. Il faut en dire autant de Ijyj'ir, bien que G (BC) se soit joint à P Jér. V : l'introduction du pluriel dans le pronom sufTixe était cette fois plus naturelle encore. Quant à DiS"'D3, T a dû réellement lire le sing., car il ne se laisse guère aller ici à la paraphrase. Sa leçon n'est sans doute pas le résultat d'une correction ; elle a chance de représenter une tradition textuelle différente de celle de M, et dont on retrouve l'écho dans G (xAV). Cette leçon parait devoir être suivie, bien que l'incertitude subsiste sur son caractère primitif. Une autre anomalie, c'est, dans IjyiTl, l'emploi du féminin, bien que Sdî? soit partout ailleurs un nom masc. Albrecht (dans ZATW, 1896, p. 113), Sieg. Zapl. veulent corriger le verbe. Kôn. (III, 249 m) fait observer qu'une modification du genre a pu survenir dans les derniers temps de la langue, la même évolution s'étant produite pour d'autres mots, soit en hébreu, soit en néohébreu. En réalité, la coïncidence de cette anomalie et du pluriel qui précède, rend vraisemblable une altération du texte. — l'tySx pour Tiyn~bN* est une locution vulgaire d'après Del. qui fait observer qu'en grec aoru, souvent sans avoir l'art., sert à désigner Athènes ; on trouve th r.ôXi^, 1[l 7i6X£t « à Athènes » (cf. « en ville ») dans les inscriptions attiques du v siècle avant J.-C. l'^'J, comme désignation de Jérusalem, était devenu une sorte de nom propre, d'où l'emploi sans art. (cf. Ko.\. III, 294 b c).

Wright, Wild. Bart. traduiseni : « le travail des sots fatigue celui qui ne sait aller à la ville », mais n'obtiennent aucun sens acceptable (voir ci-dessous). Généralement on préfère reconnaître que l'auteur varie le nombre sans varier en réalité les personnes. Ainsi, d'une part, Ginsb. Del. Now. supposent que du plur. Qoh. passe au singulier distributif ou individuel (cf. Is. n, 8; v, 23; Os. IV, 8, etc. ; Herz. à peu près de même : « un travail comme celui des sots fatigue le sot... »); d'autre part, Me N. 'admet que le suffixe sing. du verbe représente le plur. D^S''DD : « le travail des sots les fatigue » (cf. Gen. II, 19; Lév. XXV, 33, etc., où des pronoms sing. représentent une pluralité). Zapl. corrige en W^ii niaS S^D::,-!.

La seconde partie du v. cause d'autres difficultés. De Jong, Wild. l'entendent au pied de la lettre et expliquent : « La réponse diffuse et embrouillée du sot fatigue celui qui lui a demandé un renseignement sur le chemin qui mène à la ville. » Mais comment « le travail du sot » peut-il désigner la réponse qu'il fait? Plus généralement on pense que « ne savoir aller à la ville » recouvre quelque autre idée. Pour Ew., c'est « ne pas savoir aller visiter les grands personnages et les corrompre par des présents » ; pour Hitz. Elst. Zôckl., « ne savoir pas aller trouver les autorités pour se faire rendre justice ». Mais ces interprétations reposent sur une hypothèse erronée, savoir, que ce v. et les précédents donneraient des conseils sur la conduite à tenir à l'égard d'un tyran et seraient en rapport avec 4-7 et 16-20. L'explication la plus plausible et la plus communément reçue est celle-ci : ne savoir pas aller à la ville exprime le comble de l'imbécillité, le plus dénué d'esprit n'en ignorant pas le chemin. La pensée correspondrait à celle des vv. 10-11 : l'insensé

438 l'ecclésiaste, x, 16-17.

i*' Malheur à toi, pays dont le roi est un parvenu et dont les princes mangent dès le matin.

1" Heureux es-tu, pays dont le roi est fils de nobles

et dont les princes mangent à l'heure convenable, de manière virile et non par débauche.

est si peu avisé qu'il se fatigue beaucoup pour faire peu; un ouvrier doué de quelque savoir-faire vient avec moins de peine à bout de plus de travail. Il faut encore exclure les interprétations de Wright et Bart. : « La vaine philosophie (Bart. : la folie) des sots fatigue même l'homme le plus ignorant », el de Sieg. : « Celui-là seul qui est dénué de toute sagesse ne sait pas se débarrasser de l'ennui que causent les cabales des sots ». Tous ces com. attribuent à Sî2i? un sens que rien n'autorise à lui reconnaître.

16. Sur \s\ cf. IV, 10. — yiN (MS Jér. VT) devient r.àlii dans Sh C L (Berg.) P; ce nom est au vocatif, lequel a souvent l'art., mais non pas toujours : cf. XI, 9; Is. I, 1; xlix, 13, etc. (GK 126 e; Ktix. III, 290 d). — Del. fait observer qu'au lieu de "lyj "pScUT, la langue ancienne eût plutôt dit nsSa lyj 1ï;n. lyj « garçon » se dit aussi bien d'un jeune homme (I R. m, 7) que d'un enfant nouveau-né, et équivaut souvent à nat;, puer au sens de « serviteur » ; l'antithèse du v. suivant favorise évidemment cette dernière signification. La plupart des com. (Zirk. Knob. Elst. Ginsb. Del. Wright, Now. Bick. Gietm. Ruet. Wiid. Sieg. Me N. Haupt, Zapl. Bart.; cf. G vswTspoç, L juvenis, Jér. adolescens) retiennent cependant le sens ordinaire d' « enfant » (cf. Is. m, 12). en s'appuyant sur ce que TjZ ne désigne pas l'esclave comme tel, ni une classe déterminée de personnes, et aussi sur ce que dans le Talmud Di"nn~p est ordinairement opposé à ll'J. Mais que vaut ce motif si le roi en question n'a pas été esclave, mais est seulement de basse extraction? Dôd. van der Palm, Spohn, Herz. Gràtz, Mot. Ren. traduisent par « esclave », qui spécifie plus que ne fait le texte. « Parvenu » convient mieux, bien qu'il ne rende pas litléralement lyj ; il s'oppose exactement à □nlîTp. — Manger dès le matin était un manque de sobriété (Is. v, 11, 22; Act. ii, 15); la suite montre d'ailleurs qu'il s'agit bien de festoyer.

Hitz. et Bart. croient que ce roi-enfant est Ptolémée V Épiphane, qui monta sur le trône d'Egypte en 205 avant J.-C. à l'âge de cinq ans. Haupt désigne Alexandre Balas (150-145 avant J.-G.), sortis extremae juvenis, dit l'historien Justin, voir Vlntrod. p. 110 ss.

Les vv. 16-17 s'apparentent à 5-7 et à 20; peut-être l'observation notée par Qoh. dans 5-7 a-t-elle provoqué ces réflexions du hakham ou occasionné leur insertion. D'autre part, tout le groupe x, 16-21 a dû être ajouté après coup par un sage, car xi, 1, qui est aussi du hakham, paraît bien faire suite à X, 15 et ne devait pas en être séparé à l'origine.

17. "I^IU^X, au lieu de TjilU^N qui serait normal, s'explique par ce fait que le substantif s'est figé dans sa forme d'interjection iiuJN et dès lors est resté, comme tel. invariable (Del.; cf. GK 91 l et Kôn. III, 317 b). — "|n indique assez naturellement ici la filiation réelle, mais pourrait n'exprimer que l'apparte-

LECCLÉSIASTE, X, 18. 439

'^A force de paresse' le poutrage fléchira,

et par suite de l'inertie des mains la maison ruissellera.

1». T^Tj; M q^p^t:.

nance. in (usité au plur. seulement) « noble » fournit une locution équivalente à celle de l'araméen lillnia et doit être un aramaïsme (cf. Driv. Introd. p. 553, note, et Kautzsch, Aram. p. 32 ss.). — Tyj'Z (que Zapl. retranche pour le mètre) correspond au grec h xatow « en temps utile, à propos ». — Le 2 (confirmé par G èv) devant ."iTSi surprend d'une façon peu agréable ; on serait tenté de lui substituer un S (cf. ii, 22, 24; xi, 6). Knob. veut que cette prép. exprime le but : du sens de « à cause de », elle aurait passé à celui de .< poui" »; cf. Ps. XXXI, 10; vi, 10; Jon. i, 14. Mais ces exemples ne sont pas concluants. Knob. est néanmoins suivi par Herz. Ililz. Ginsb. Mot. Ren. D'autre part, Klein, invoque le 2 essentiae (cf. GK 119 i), ce qui l'entraîne naturellement à donner aux substantifs un sens concret « en hommes et non en débauchés ». Or, mi2J peut avoir ce sens (cf. Is, m, 25), mais non pas >TW. Les plus récents com. (Del. Wright, Now. Wild. Sieg. Me N. Zapl.) admettent que le 2 marque soit une circonstance, soit plutôt la manière dont l'action est faite « conformément à, selon, avec », ce qui est en etTet plus conforme à l'usage. Bick. et Haupt voient dans ces mots embarrassants une addition maladroite d'un glossateur. Il est de fait qu'ils surchargent le mètre, lequel parait assez bien établi pour 16-17, et qu'ils sont, au point de la langue, d'une correction douteuse. "^TW (M PV| « boisson, débauche » est hapax. G /.ai oùx a'ayuvÔrlaovTat Sh G Jér. et non in confusione ont dû lire T\)D2. T s'est laissé guider par l'antithèse de .1*112^ et a traduit « dans la faiblesse et l'aveuglement des yeux ».

18. DTlSï" est considéré par Aben Ezra, Herz. E\v. Ilitz. Elst. Ginsb. Klein. Zockl. GK 88 b, GB comme le duel fém. de l'adjectif SïV « paresseux » : « les deux paresseuses (les mains) », et par Ges. (Thés.), Knob. Del. Wright, Kôn. (III, 257 c), BDB, Bart. (avec hésitation) comme le duel intensif du substan if fém. n'^sy « paresse » (Prov. xix, 15); cf. DTiyui, Jug. m, 8, 10; Qinia, Jér. L, 21. Griitz conjecture rh'J'H, la désinence plurielle n'étant qu'une dittographie des deux premières lettres du mot suivant; il est suivi par Ren. D'autre part, Bick. propose rh'rj, qui se trouve pleinement écrit dans Prov. xxxi, 27. Driv.-Kitt. hésite entre cette correction et Qi-i rh'J'J; Me N. adopte n'^ïï; Sieg. et Zapl. dit*) nSsy. La première explication a contre elle qu'on ne peut citer aucun exemple analogue de l'emploi d'un adjectif au duel. Le duel intensif n'est guère mieux établi. A tout prendre, la correction de Biek. parait la meilleure. — Le verbe "ijQ ne se lit en hébreu biblique que dans Job, xxiv, 24; Ps. cvi, 43 (qui est peu sûr : cf. Bâthgen et Duhm in loc.) et ici; c'est un aramaïsme (Kautzsch. Aram. p. 56 s.). — Hlpp pai't. pi. de mp, hapajc au sens de « charpente, poutrage » ; mais la dérivation est simple : faire rencon-

440 LECCLÉSIASTE. X, 19.

'^Ils préparent le repas en vue de se divertir et le vin égaie la vie

et l'argent répond à tout(?).

trer, ajuster, d'où « assemblage ». — mSsUT est aussi un hapax, qui désigne la position abaissée des mains; nous dirions « les bras ballants » (cf. Prov.

X, 4). — G (Bx) èv ôxvr)p{aiç TajîEtvwOj^aeTai r\ Sdxtoatç, xa'i Iv «îpyeîa x^'p^v oiàÇei Y) oîxi'a devient oï èv oxvripfati; TaneivioOiQaovTat pour le premier membre dans copte, qui écrit en outre avec G (A) oTEvâ^et dans le second; cf. G (G) aiâÇei. — Bick. retranche Dllt.

En Palestine les maisons n'étaient pas surmontées d'un toit à forte pente, mais seulement d'une plate-forme ou terrasse (Jos. ii, 6; Deut. xxii, 8; II Sam.

XI, 2, etc.), reposant ordinairement sur des solives. La couverture était souvent peu solide (Marc, ii, 4; Luc, v, 18-19; cf. H. Vincent, Canaan d'après l'exploration récente, Paris, 1907, p. 70). Pour peu qu'elle n'eût pas été entretenue, et surtout si les solives avaient fléchi, l'eau s'écoulait dans la maison dès que commençait la saison des pluies (Prov. xix, 13; xxvii, 15).

Ce V. a sans doute été placé ici parce qu'en décrivant les eiTets de la nonchalance, il s'harmonise avec le v. 17 (cf. 19) qui montre les princes uniquement occupés de leurs plaisirs et négligeant le soin des affaires publiques.

19. « Faire le pain », c'est préparer le repas (cf. Ez. n, 15; Dan. v, 1); anS est aussi employé pour désigner la nourriture en général (cf. Gen. xxxi, 54; Ex. xvin, 12; Jér. xli, 1; Math, xv, 2). Le sujet peut être impersonnel ou représenter les princes : voir ci-dessous. Au lieu de nOÛJi, G (B 68 147 157 159 254) ToU £Ùcppav6rivat CP Jér. V ont lu noÙyS qui, d'après Me N. et Bart., serait la leçon primitive : « Ils font le pain pour se divertir, et le vin pour égayer la vie ». La corruption de M reposerait sur une réminiscence involontaire de Ps. civ, 15. Une réminiscence du même texte, ou de Ps. iv, 8 dans les Septante, a bien fait introduire xat 'ÉXaiov après olvov dans G (Bn 68 106 147 157 159 161 248 253 254 261) P, tandis que G porte 'éXatov ym\ oTvov. Mais s'il était naturel de dire DiiS TWV au sens de « préparer le repas », puisqu'on n'avait pas de pain en provision (Gen. xviii, 6; I Sam. xxviii, 24, etc.) et que régulièrement on le cuisait tous les jours, rien n'indique qu'on ait jamais dit "îii ni*!; au sens de « préparer le vin avant le festin » (cf. Prov. IX, 2, 5), et le temps de la vendange n'est certainement pas en vue ici. D'autre part, l'imparfait à la suite d'un participe n'est pas une construction à exclure et la présence de nj"'' la confirme encore. — T\yj prend le sens de « répondre favorablement, être propice » dans Os. ii, 23, 24; on interprète généralement ici « accorder, procurer ». Si Sdh était au nominatif et nD^H à l'ace, on pourrait aussi bien dire « tout répond favorablement (obéit) à l'argent » (cf. Prov. XXIX, 19). Précisément, SjHTX de M est bien représenté dans G (AG"V, etc.) par auv xà TOvta, mais G (Bx 68 l't7 157 159 254) ta xâvr* n'a pas lu riN; cf. Jér. Y et pecuniae (V argento) obediunt oinnia. Il est évident que aûv a été inséré dans G après coup, par correction hexaplaire. et sans rien changer d'ailleurs au sens, puisque aùv ta Tîxvxa reste sujet. De

LECCLÉSIASTE, X. 20. 441

-•^Mème dans ta pensée ne maudis pas le roi,

et dans ta chambre à coucher ne maudis pas le puissant : Car les oiseaux du ciel peuvent transporter la parole, et la gent ailée peut répéter un propos.

plus G primitif no devait pas lire nx dans son original hébreu, sans quoi il n'eût pas fait de SjH le sujet. Le signe de l'accusatif a pu être introduit dans M lors de la révision d'Aqiba, en vue de fixer l'interprétation d'un texte dillicultueux. Au point de vue textuel encore, on trouve une double traduction de n^y dans G (Bx 68 25'i) Ta7:£tvtia£i Èna/.oûasrai, et P.

Ce V. paraît se rattacher à 16, qu'il suivait peut-être immédiatement à l'origine. Dans cette hypothèse, il montrerait les princes se livrant aux plaisirs de la table, sans doute aux dépens du trésor publie. Quoi qu'il en soit, ce v. a été écrit dans un autre esprit que ix, 7 ss. On. remarquera ici encore, comme à la fin du v. 17, l'adjonction d'un stique que le parallélisme n'appelait pas et dont la correction au point de vue de la langue est aussi discutable.

20. yia (Dan. i, 4, 17; II Chr. i, 10, 11, 12 et ici exclusivement) est usité en araméen biblique sous la forme î;i:ç, en judéo-araméen, en christo-palestinien et en syriaque. L'aramaïsme est certain (Kautzscii, Ararn. p. .51). Le sens ordinaire du mot « connaissance, intelligence >> convient moins dans le cas présent que celui de « conscience, pensée « (cf. G èv auveiôr^aEi)- Le parallélisme indique d'ailleurs plutôt une désignation de lieu. Aussi, Muntighe, V. d. Palm, Hahn, de Jong, en s'appuyant sur l'un des sens de yTi cognovit, se. mulierem traduisent par « chambre conjugale » ; Perles [Analecta, p. 71) corrige en r|yi*)22 « sur ta couche » (cf. Is. xxviii, 20); Gratz, en ~yiD2 « parmi ta parenté » (cf. Ruth, ii, 1; Prov. vu, 4). Cependant il ne faut pas exagérer non plus les exigences du parallélisme. Le caractère hyperbolique de la formule « dans ta pensée » convient assez au genre parabolique et l'on comprend qu'il faille encore plus de prudence à l'égard du roi (d'où l'expression « dans ta pensée ») qu'à l'égard d'un puissant quelconque (« dans ta chambre à coucher »). Le fait que DJ n'est point répété dans le second membre achève de démontrer que nous sommes en présence d'une gradation descendante. La difficulté est plutôt dans le sens un peu détourné qu'il faut reconnaître à yiQ. — Il n'est pas sûr quenSo, n'ayant pas l'art., soit déterminé (cf. KôN. III, 294 d). — Au lieu de ilinm, 4 mss. K. de R. P'VT ont lu le sing.. et au lieu de "pD^Q, G xoawvuv aou et C ont lu le plur. — Sur la signification de T»\yî;, cf. V. 6. — =iiy doit être considéré comme un collectif (Kôn. III, 254 f). — Le kethib D"t333n est préférable au qerè D''D3D, car d'une part, l'introduction du n a toutes chances de ne pas être accidentelle (cf. vi, 10 et X, 31 et d'autre part. l'art, est à sa place, si h'jl « le possesseur d'ailes » est un collectif comme ^il", et représente « la gent ailée ».

liai est incorrect, la forme brève Iji étant régulièrement celle du jussif à la troisième pers. du sing. (GK 53 n). Wright se demande si on ne pourrait pas considérer 7'ia'' comme un kethib et T;^ comme un qerê non indiqué. Mais il resterait toujours la difficulté de savoir pourquoi les massorètes ont

442 LECCLÉSIASTE, XI, 1.

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