nxna qcrê, G Sh C P Jér. V; M keihib \sl
ment propre à Qoh., ait été remplacée, grâce à un copiste distrait ou à l'écriture peu nette d'une seule lettre, par la locution plus usuelle DN* "iD. Mais nous sommes en droit, en nous basant sur le témoignage non douteux de G, de rétablir l'expression qu'il a lue et qui seule convient au contexte.
''D''~ri>< est un cas d'anticipation (cf. GK lil h; Ku.\. III, 414c). Les jours de ténèbres ne désignent pas, comme le voudrait Ilerz., la vieillesse et les soull'rances, mais la mort; car ils s'opposent à « toutes les années que l'homme vivra », et à « voir le soleil », expression qui symbolise la vie présente; cf. d'ailleurs Job, \, 21-22; Ps. lxxxviii, 12; cxliii, 3. — n3,"in secundo est attribut (cf. KoN. III, 318 e, 326 f). — xil dans i, i; v, 15, l(j a le sens de « venir à l'existence », et il est question dans ii, 16 des « jours qui viennent »; cf. Is. xxvii, 6 ; Jér. xvi, 14 ; xxiii, 5. Il faut donc traduire ici « tout ce qui arrive » ; cf. G 7:àv TÔ lp/o[j.evov. Lcs uns (Knob. Ginsb. Del. Wright, Now. Gietm. Wild. Bart.) entendent « ce qui arrivera après la mort », donc le cheol; d'autres (Ilerz. Ilitz. Elst. Mot.), « ce qui arrive en cette vie » ou du moins l'avenir dans son ensemble, en y comprenant ce que la vie présente nous réserve. Il n'est certainement question que de la vie présente. Il est d'abord douteux que « ce qui vient » puisse désigner le cheol. On ne parle ainsi que de ce qui « vient » à l'existence sur la terre. Le cheol ne vient pas; les hommes y vont. Surtout, ici non plus qu'ailleurs, Qoh. ne fait de la polémique contre la foi à une rétribution d'outre-tombe. Son horizon se borne à la vie actuelle. Il est naturel que dans sa conclusion il rappelle que tout y arrive au rebours de la justice et de la raison, et que la destinée de l'homme, tout le long de son existence, ne répondra ni à ses efl'orts ni à son mérite icf. en particulier ix, 1 ss.). L'idée d'anomalie et de déception est en vue autant que celle de fugacité. La pensée convient d'ailleurs au contexte : l'exhortation à la jouissance est ordinairement chez notre auteur une conclusion qui suit la constatation de l'impuissance où est l'homme de se procurer le bonheur par son travail ou sa vertu : cf. ii, 24 et parall., mais surtout viii, 14-15 et ix, 1-10.
Sieg. trouve à propos d'attribuer 8b{k partir de 1D7''1I au hasid; Ilaupt traite comme glose tout le v. sauf la dernière réflexion : « tout ce qui arrive est vanité », où il reconnaît le style et l'esprit de Qoh.
9. lins, bien qu'au vocatif, n'a pas l'article; cf. GK 126 e. — miSi n'existe en hébreu biblique que dans xi, 9, 10; Ps. ex, 3; mais il est usité en néohébreu et en judéo-araméen. — miini ne se rencontre qu'ici et xii, 1, mais le plur. de la forme masculine est employé dans Xomb. m, 28. — « Marcher dans les voies de son cœur », c'est suivre les désirs de son cœur, aller où il veut; cf. Is. lvii, 17. Le :i indique ce qui doit être la règle de l'action. — Le kethib ''NIQ n'a été suivi que par T; toutes les versions ainsi que 100 mss.
452 l'ecclésiaste, xi, 10.
que pour tout cela Dieu t'appellera en jugement. ^'^Et écarte le chagrin de ton cœur et éloigne le mal de ton corps, car l'adolescence
K. de R. sont avec le qerê r\ii.'yû. Le désir vient à la suite du regard, et le regard aussi le manifeste (cf. jfob, xxxi, 7) : « marcher selon les regards de ses yeux », c'est donc suivre le désir que les yeux ont fait naître et la convoitise qu'ils expriment. — La présence de l'art, dans iDDXZJQn ne prouve aucunement qu'il s'agisse d'un jugement final et collectif : cf. Job, ix, 32; xxii, 4, où malgré la présence de l'art, il n'est question que d'une intervention particulière de Dieu, relative à un seul individu.
La première partie du v. (cf. n, 10) est un des textes du livre les plus susceptibles d'être mal interprétés. Is. xxii, 13; Job, xxxi, 7; Sag. ii, 6; I Cor. XV, 32 mettent dans la bouche des impies des paroles analogues. Les rabbins des premiers siècles trouvaient ici une contradiction avec Nomb. xv, 39, qui en réalité concerne le culte idolàtrique. Il n'est pas douteux que Qoh. ait uniquement en vue les jouissances normales et providentielles : de ce que la vie doit tromper les efforts de l'homme, l'auteur conclut qu'il faut prendre dès la jeunesse, et par mode de compensation, les joies qui s'offrent. Se reporter à Vlntrod. p. 189.
La seconde partie du v., celle qui mentionne le jugement, un jugement temporel (cf. ii, 26; vni, 12-13), ne peut être attribuée à Qoh., comme l'ont reconnu Luzzato, Nôldeke, Bick., qui en fait l'œuvre de l'Épiloguiste, Sieg. Me N. Bart. qui l'attribuent avec raison au hasid. Haupt ne laisse à Qoh. que le commencement du v. jusqu'à 1111*111(11, et il en retranche encore -jlb pour le mètre ; de tout le v. Zapl. n'enlève que le suiïixe de "|niT3iT et la''.
Le milieu du v. devient dans G : xal TiepiTtctTct h ôôoïç xapot'aç aou atj.w[j.oc /.at (jiri h ôpâaet éœOaXixwv aou. Kapot'aç aoj a disparu de G (B 68), et /.apoîaç seul, du copte; a[jia)[j.oç, présent dans tous les mss. de G, dans C et A, est mis sous obèle dans Sh; [xri, présent dans G (B X 68 147 157 159 254) C et A, manque dans G (n"^» A C V 106 155 161 248 252 253 261 296 298) et dans Sh. Les deux additions aijLWjjLoç et ^-fi constituent une glose orthodoxe, insérée dans l'intention de corriger un texte qui paraissait scandaleux. P Jér. V restent conformes à M auquel revient Sh. T paraphrase dans le sens de G : « Marche en humilité avec les voies de ton cœur et sois attentif aux regards de tes yeux et ne regarde pas le mal ».
10. ion et ']ZiVT\ sont précédés du ^ comme, dans le v. précédent, "]3"iï3'i et -jSn auxquels ils font suite. — niinUT est un hapax qui d'après le parallélisme désigne la jeunesse. Communément on rattache le mot à "in^ « aurore », la jeunesse étant l'aurore de la vie. Cependant T « jours de la noirceur de la chevelure » Ilerz. Ginsb. Del. Wright, Me N. Haupt, Bart. le font dériver de inï7 « être noir », et signifier « les cheveux noirs », symbole de la jeunesse, comme ni'iii; « cheveux gris » sert à désigner la vieillesse. G traduit par r\ àlvota, suivi par P Jér.. mais V par voluptas, l'une et l'autre idée ayant été rattachée à celle de jeunesse.
La première partie du v. exprime sous une forme ditTérente la même pensée que 9 a. La seconde mentionne, comme motif do jouir, la brièveté et le
l'ecclésiaste, XII, 1. 'i53
et la jeunesse sont vanité; XII. ^ mais souviens-toi de ton créateur aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours du mal et qu'approchent les années dont tu diras : « Je n'y ai point de plaisir »,
caractère ducovanl dr la jeunesse, vaniti- ayant ici sans doute le sens de M fugacité )' (cf. VI, 12; ix, 9), mais aussi et surtout de « déception ». Cette dernière proposition est retranchée comme glose par Zapl., tandis que Me N. Bart. la mettent entre parenthèses, ce qui paraît convenable et suffisant.
XII, 1. Au lieu de ~iN"l'3, la forme du pluriel ~|\S'T12 est donnée par plusieurs mss., par la Bible rabbiniquc de 1525, par Michaclis, Ilahn, et préférée par Knob. Ginsb. Del. Wright, Driv.-Kitt. Mais le sing. est retenu à bon droit par lloub. Bacr |p. 68 s.), Eur. Wikl. Sicg. Bart., et GK 124 h, lequel fait observer que les exemples allégués de D^Ù?" (Is. liv, 5 ; Job, xxxv, 10; Ps. cxLix, 2, etc.) sont douteux. Le même terme est appliqué à Dieu, avec le même suffixe dans Is. xliii, 1, et sans suffixe dans Is. xlv, 7 bis et Am. iv, 13, et toujours au sing. — nS lUX TJ est littéralement « jusqu'à ce que ... ne ... pas »; cf. xVklT 1" dans la Michna, Bcrakoth, m, 5. — ly^m est un exemple de parf. consécutif (Driv. //. T. 115). — Le pronom masc. an2 représente un nom fém. (cf. ii, 6). Les « jours mauvais » et les années désagréables indiquent le temps de la vieillesse.
La mention du créateur étonne dans le contexte. Wild. observe avec raison que si on lit d'un trait xi, 8-xn, 1, en ignorant seulement ~nx ID'I "iNlin, on s'attendra à trouver tout autre chose en tète de notre v. Ce com. maintient cependant 1 a en s'appuyant sur xi, 9 b, mais qui est aussi peu sûr. Si on considère le v. en lui-même, la diinculté n'est pas moins grande. Le rappel, à la fin, des plaisirs ([ue la vieillesse ne permet plus de goûter s'harmonise mal avec l'exhortation du début : craindre et servir Dieu. La vieillesse interdit les plaisirs, mais elle n'empêche pas de se souvenir du créateur. Si le commencement du v. est original, la suite devrait porter : « avant que vienne le temps où tu ne pourras plus te souvenir de lui » (cf. Is. xxxviii, 18-19; Ps. cxv, 17). Et si au contraire ce sont les derniers mots du texte qui sont primitifs, les premiers devraient contenir une exhortation à jouir tandis qu'il en est temps encore (cf. iv, 8; v, 15-16; vi, 2-6; vu, 14 a; viii, 15; ix, 7-10; xi, 8, 9 a, 10). Si Qoh. avait songé qu'il était utile de rappeler à ses lecteurs la crainte de Dieu, religieux comme il était, il l'eût fait, mais non pas sous cette forme. Frappé de l'incohérence de ce v., Kuen.(p. 177 et 186) admet que 1 a a été modifié pour un motif doctrinal. Griltz, Bick. Cheyne [Job and Solo/non, p. 225, 300; Jen'is/i rcliffious Life, p. 192), Haupt corrigent ~jN"n2 en rilin ou Tr[i<:i « ta citerne », qu'ils entendent, en se référant à Prov. v, 15-18, de l'épouse légitime. Une pareille correction n'a aucune vraisemblance. Si Qoh. avait voulu émettre l'idée qu'on suppose, il n'aurait pas introduit une expression toute conventionnelle, que rien dans le contexte n'appelle ni n'explique. Il a d'autres façons de
454 LECCLÉSIASTE, XII, 2.
2 Avant que s'obscurcissent le soleil,
et la lumière et la lune et les étoiles,
et que les nuages reviennent après la pluie ;
parler (cf. ix, 9); celles qu'on lui prête sont plus dignes d'auteurs rabbiniques (Midrach in locum; Talmud de Jérusalem, Sota, ii, 2) ou de poètes -arabes, maniérés et subtils, que de Qohéleth. La mention exclusive de l'ordre de jouissances supposé, et à l'aide d'un terme équivoque, ne rentre pas dans son caractère. Même dans Prov. v, 15 s., le terme de « citerne » n'est pas précisément une désignation de la femme. Tout ce passage des Proverbes constitue une sorte d'allégorie, dont le but est d'opposer l'épouse légitime à l'étrangère et dont les figures, qui s'enchaînent, sont formellement expliquées. Dans Qoh., rien ne mettrait sur la voie de l'interprétation. La solution de la ditlîculté a été cherchée dans une autre voie par Luzzato, Geiger, Nôldeke, qui ont considéré tout 1 a comme une insertion d'origine postérieure; Sieg. Me N. et Bart. l'attribuent au hasid, et sans doute avec raison. La seconde partie du v. se rattacherait sans intermédiaire à XI, 10, dont la dernière prop. formerait une sorte de parenthèse (cf. ii, 12). Haupt retranche "'D'^l pour le mètre.
2. UJOUT, fém. ici, masc. dans i, 5, est en ell'et des deux genres; cf. Albrecht (ZATW, 1895, p. 324). Iiujl est un parf. consécutif comme 15;i;m au v. précédent.
Avec ce v. commence le tableau, non pas de la vieillesse, comme on l'écrit trop souvent, mais de la décrépitude (vv. 2-5) et de la mort (v. 6). La description est caractérisée par l'emploi de la forme métrique et du style figuré. On ne peut guère hésiter que sur l'extension à donner à la première : Driv.- Kitt. dispose en vers tout 1-7; Bart. 1 b-l ; Haupt 1-6; Bick. 1 b-6 sauf 4 a, 5 bc. On ne peut guère nier que le v. 7 appartienne à la prose et il en est très probablement de même du v. 1. Il faut donc restreindre la mesure poétique à 2-6, en réservant cependant l'examen du v. 5. Ces limites sont aussi celles du style figuré : il commence au v. 2 pour finir avec le v. 6, et encore le v. 5 paraît bien rompre avec les métaphores qui précèdent et suivent. Au point de vue de la construction de la phrase, on remarquera que les vv. 1-7 forment une seule période, composée d'une proposition principale (1 a) et d'une série de prop. subordonnées temporelles. Parmi ces dernières, les unes commencent par la locution conjonctive « avant que » (1 6 et 2 d'une part, 6-7 d'autre part); les autres forment une sorte de parenthèse (3-5) qui se loge dans l'intervalle des précédentes et qu'introduisent les mots « au jour où », La seule structure de la phrase montre donc déjà que la description à étudier (2-6) se partage en trois sections : V. 2, vv. 3-5, et V, 6. On verra que chacune d'elles diffère aussi par son objet : la première décrit la vieillesse d'une façon très générale et sous la figure de l'hiver; la seconde énumère le détail des infirmités qui atteignent un corps usé par l'âge, et contient la fameuse allégorie de la maison ; la troisième mentionne enfin la mort.
Sauf Sieg. qui attribue 2-6, comme l'ensemble de la conclusion, à Q2(]e
glossalcur épicurien), tout le monde laisse à Qoh. la paternité de ces vv. En réalité, la fantaisie poétique qui se donne carrière ici n'est guère dans le caractère ni dans le goût do l'auteur primitif. Elle rappelle plutôt la manière artilicielle et subtile de certains sages (cf. Prov. xx\, 11-31). Voir à ce sujet Vlntrod. p. 16 'i s.
Les coni. sont loin de s'accorder sur l'explication des divers traits de ce tableau et il est même impossible d'énumérer toutes les interprétations, parfois bizarres et extravagantes, auxquelles ils ont eu recours. On en peut voir déjà des exemples dans les opinions rapportées par s. Jérôme, lequel écrivait au sujet du commentaire de ce chapitre : tôt pnenc sententiac quoi hoinines. Les excès sont nés le plus souvent du désir d'unifier l'allégorie en groupant tous les traits de la description autour d'un même symbole. Ainsi Umbreit, Elst. Ginsb. veulent que le poète continue jusqu'à la fin du V. 5 les images présentées au v. 2, et que par conséifuent dans tout 2-5 il décrive la mort de l'homme sous la figure d'un orage qui obscurcit le ciel, répand la terreur et fait fuir tout un chacun dans la maison soigneusement close : toute activité cesse, les oiseaux crient de peur; l'homme^ d'épouvante, perd le boire et le manger. Wetzstein (en appendice au com. de Del.) et Wright expliquent aussi 3-5 en fonction de 2, mais d'une façon plus originale. Ils reconnaissent dans tout le morceau la description des sept derniers jours de l'hiver palestinien, ceux qui précèdent immédiatement et annoncent le printemps. Ces derniers jours (vers la fin de février) sont particulièrement rigoureux et régulièrement fatals aux personnes âgées : pour ce motif on les appelh; « les jours de la mort ». Dans cette théorie, les vv. 2-4 a s'expliquent à peu près comme dans l'hypothèse précédente. A partir de 4 ^ le renouveau de la nature s'annonce, tandis que le vieillard au contraire décline. Le chant des oiseaux salue au matin le lever de l'homme, mais le vieillard reste dans son lit en proie à l'angoisse; les amandiers sont en Heurs, et les sauterelles nouvellement écloses sortent de terre, mais malgré tous les remèdes le vieillard reste incapable de se nourrir et bientôt la mort achève son œuvre. Enfin, pour d'autres com. (Del. Haupt, Zapl.), ce sont au contraire les vv. 3-5 ({ui donnent la clef de tout le passage, et dont l'interprétation doit réagir sur celle des vv. 2 et 6. L'explication la plus ancienne et la plus répandue de 3-5 est celle qui trouve dans ces vv. l'énumération, en partie au moins sous forme allégorique, des infirmités qui s'attachent à chacun des organes décrépits du vieillard. Pour ce motif on l'appelle rinterprétation « anatoniique ». mais >< physiologique « conviendi'ait mieux. Elle est donnée déjà par le Talmud [Chabbath, 151 b, 152 a) et le Midrach; s. Jérôme la mentionne; parmi les com., Zirk. Herz. Knob. Ew. Hitz. Ileiligst. Del. Mot. Ren. Now. Bick. Gietm. Wild. Sieg. Me N. Haupt, Zapl. et Bart. la reçoivent. Elle s'impose évidemment, bien qu'il puisse y avoir des divergences, tant sur l'explication de certaines figures, que sur la question de savoir si telle proposition doit s'entendre au sens propre ou au sens figuré. Mais en toute hypothèse il faut se garder de vouloir étendre la même allégorie auxvv. 2 et 6, comme l'ont fait Del. et surtout Ilaupt. Mieux vaut dire, avec Zirk. Knob. Me N. Bart. etc., que l'auteur n'a pas poursuivi l'allégorie depuis le premier vers jusqu'au dernier, qu'il a employé des
450 l'ecclésiaste, xii, 3.
3 Au jour où tremblent les gardiens de la maison et se courbent les hommes forts,
images nouvelles et différentes. On est bien obligé en particulier de convenir qu'une partie au moins du v. 5 abandonne le langage figuré pour s'attacher au sens propre et naturel des termes.
Le présent v. doit donc être interprété en lui-même, sans trop se soucier de l'accorder avec l'allégorie de la maison, laquelle peut fort bien commencer seulement au v. 3. Il n'y est pas question de l'affaiblissement de la vue du vieillard; cette infirmité trouve sa place au v. suivant, et la mention du retour des nuages après la pluie n'aui-ait aucun sens dans cette hypothèse. La lumière (elle est nommée à côté du soleil parce qu'elle subsiste lors même que celui-ci ne peut être vu à cause des nuages) est une image du bonheur et de la joie, comme les ténèbres le sont du malheur et de la souffrance (cf. Is. i\, 1; Job, xxix, 2-3; xxx. 26; Ps. xcvii, 11. etc.). Le V. pourrait donc représenter seulement de façon imagée les « jours malheureux » (V. 1) de la vieillesse, tandis que « le retour des nuages après la pluie » marquerait qu'à cet âge on n'a plus l'espoir de jours meilleurs. Il est à croire cependant que l'auteur évoque la pensée de l'hiver, auquel partout on a comparé la vieillesse (Zirk. Hitz. Ew. Vaih. Zôckl. Now. Bick. Wild. Sieg.). L'hiver en l'alestine est la saison des pluies. A toute autre époque le mauvais temps ne dure pas. et après l'averse, le soleil reparaît. En hiver seulement « les nuages reviennent après la pluie )>, et l'assombrissement et le déclin de la nature symbolisent la tristesse et la déchéance de l'homme.
L'interprétation physiologique est ici rej^résentée par le Talmud. d'après lequel le soleil et la lumière désignent le front et le nez de l'homme; la lune, l'âme: les étoiles, les joues: par le Midrach (dans le même ordre : éclat du visage, front, nez, jouest; par le Targum léclat du visage, yeux, joues, pupilles de l'œil). Pour tous trois, la pluie signifie les larmes. Pour Del., le soleil est l'esprit de l'homme; la lumière, l'activité de cet esprit; la lune, l'àme; les étoiles, c'est-à-dire selon l'ancienne conception assyro-babylonienne les cinq planètes, représentent les cinq sens; les nuages après la pluie sont les malaises et incommodités de la vieillesse, qui aU'aiblissent plus ou moins l'exercice de la pensée. Pour Haupt. le soleil, c'est le bonheur sans nuage de l'enfance : mais à mesure que l'homme grandit, l'éclat du soleil diminue, ce n'est bientôt plus que la lumière diffuse, puis la nuit, avec la lune d'abord et enfin seulement les étoiles. Pineda (lib. VIII De Rébus Saloinonis, cap. m) ccnsct Salomonem hic describere suos in scnio morbos quos e.r inlemperanlissima juventutis libidine contra.verat, ac liic nolare suos fréquentes et molestissimos cathnrros, alterum alleri succedentein, instar nubiuin revertcn^ liuin post plui'iam (Cornel. a Lap.).
Au point de vue du mètre, on est obligé de constater la présence de trois
stiques. Si l'on pouvait démontrer qu'une glose surcharge le texte, c'est
a''33lwm ^\^\'^7\^ qui aurait le plus de chance de constituer une addition; dans
ce cas, nxm devrait être adjoint au premier stique.
3. 1""'' n'est employé hoi'S d'ici en hébreu biblique que dans Ilab. ir, 7;
l'ecclésiaste, XII, 3, 457
Et s'arrêtent celles qui moulent, parce qu'elles sont peu nombreuses» et s'obscurcissent celles qui regardent aux fenêtres,
Eslh. V, 9. mais rsl usité en néohébreu, en araniéon biblique, en aramécn et en syriaque. — iniyrim présente un cas do parfait consécutif (cf. Dniv. H. T. 115 in fine). — lS'C2l. hapax en hébreu biblique, se rencontre en néohébreu, araniéen biblique, aramécn, éthiopien et assyrien : c'(;st un aramaïsme. — llDya est le seul exemple du pi. de ce verbe dans la Bible, mais ce mode est usité en néohébreu et le pa. on aramécn; cf. aussi B. S. m, 18; xxxii, 8. — I2ï?n est au masc. bien que le sujet, lequel, il est vrai, vient en second lieu, soit au fém. (cf. GK 145 o). Ce verbe s'emploie des yeux qui s'obscurcissent; cf. Gen. xxvii, 1; xlviii. 10; I Sam. m, 2; I R. xiv, 4; Lam. v, 17; Ps. lxix. 24. — mSiN', d'après le sens de la racine (« épier »), désigm; des fenêtres garnies d'un treillis.
Les vv. 3-4, et dans une certaine mesure; 5-6, constituent l'allégorie de la « maison ». L'assimilation du corps humain à une construction plus ou moins confortable et plus ou moins provisoire, maison de boue, tente, existe ailleurs dans la Bible (Job, iv, 19; Is. xxwiii, 12; II Cor. v, 1; II Pier. i, 1314; cf. Sag. IX, 15) et n'a rien qui doive étonner. Mais ici, la comparaison porte moins sur le logis lui-même que sur ses hôtes d'abord, qui figurent les divers organes du corps humain (3, 4 ^i. puis sur quelques objets familiers qui jouent à leur tour un rôle symbolique (vv. 4 a et 6). Les accidents qui dans le récit affectent chacune des personnes de la maison, représentent les effets de la décrépitude sur chacun des membres du vieillard. Ces accidents eux-mêmes ne sont, chez les « figurants » mis en scène par l'aulcîur, que le résultat du poids des ans. Seule la vieillesse explique que les gardiens tremblent, que les maîtres se courbent, que les maîtresses n'y voient plus clair, etc. Il semble même que pour une partie au moins du tableau, le style figuré se limite aux appellations des organes du corps et que leur action, ou plutôt leur infirmité, est décrite en termes propres. Si on substitue aux dénominations allégoriques (gardiens, hommes forts, servantes, dames, etc.) les propres noms des organes (mains, reins, dents, yeux, etc.), on n'aura aucun mot à changer aux verbes. Au contraire, ceux-ci ne conviennent pas toujours si l'on entend les noms sujets, non des objets figurés, mais des personnages eux-mêmes qui servent de figures. Il n'est pas naturel que les servantes chargées de moudre le grain cessent de travailler parce qu'elles sont moins nombreuses, au contraire; mais il est vrai que la disparition d'un certain nombre de dents condamne les autres au chômage. Le terme iD'^lJn « être obscurci » convient mal aux personnes qui regardent par les fenêlres, mais il se dit bien des yeux. Du moins est-il sûr, comme on l'a dit, que les désordres qui se produisent chez les « figurants » eux-mêmes, n'ont pas une autre cause que la vieillesse. De même, les accidents qui au v. 6 symbolisent la mort de l'homme ne peuvent résulter que de l'état d'usure et de vétusté du matériel de la maison. On voit par conséquent combien sont forcées et chimériques les hypothèses de Umbreit et de Wetzstein.
Dans le v. 3, les « gardiens » rappellent naturellement les serviteurs qui
458 l'ecclésiaste, xii, 4.
*Et se ferme la porte à deux battants sur la rue 'et baisse' le bruit du moulin,