CHAPITRE III
ANALYSE DU LIVIîE.
L'EccIésiaste ne se développe pas, dans l'ensemble, d'une façon bien ordonnée. Certaines parties, comme i-iii; v, 9-vi ; viii, 14-ix, 10:xi, 7- XII, 7, se lisent sans trop de heurts. Mais d'autres, telles que iv, 13-v, 8; vii-viii, 9; X. sont si enchevêtrées qu'il est difficile de s'y reconnaître. On peut cependant mettre un certain ordre dans ce chaos. Pour y parvenir, il suffit d'observer que l'ouvrage est constitué par deux séries parallèles de pensées et de réflexions. La première, de beaucoup la plus considérable, est faite de développements suivis, relatifs au thème fondamental du livre: la seconde comprend de petits groupes de sentences qui s'intercalent, de-ci, de-là, dans la première. Mais tandis que la seconde série brode volontiers sur la première et s'y rattache presque toujours, et par conséquent ne peut être bien comprise que si on a lu d'abord la précédente, celle-ci ignore complètement sa voisine, dont les interventions ne font que la brouiller. Aussi ne devient-elle compréhensible, et tout le livre avec elle, que si le lecteur renonce à ajuster ses éléments aux éléments de la seconde, s'il les en dissocie et les considère à part : mis bout à bout, les morceaux de la première série, sauf quelques versets, présentent une unité caractéristique et une suite satisfaisante. Sous le bénéfice de cette remarque, le texte va être résumé aussi fidèlement que possible, les groupes de sentences étant signalés comme tels, au fur et à mesure de leur apparition.
Le thème du livre est énoncé dans les deux versets (i, 2-3) qui suivent immédiatement le titre l'i, 1). A la question qui le tourmente : « Quel profit l'homme retire-t-il de la i)eine qu'il se donne sur la terre », c'està-dire : « La vie a-t-elle un but, ou du moins fournit-elle un résultat satisfaisant », Qohéleth répond : « La vie exige plus de peine quelle ne donne de profit. La vie n'est pas digne d'être vécue. » Telle est la conclusion qui résulte de son expérience personnelle et de l'observation