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autre explication plausil)lc de sa présence), on devra se rattacher à la racine VNJ « dédaigner, mépriser », soit à ï/iip/i. (sens intransitif) yN:"i pour TNiV soit au qal, aussi intransitif, yN;\ soil au nip/i. yxi'', ou plus probablement ini pou. (cf. Is. LU. 5 et voir GK 55 b\ VNj*'. — 2Àn7\ désigne une espèce de sauterelle, probablement sans ailes, et en tout cas comestible d'après Lév. XI, 22. SzPD^ est une forme hapax. Le qal de ce verbe signifie « porter quelque chose de lourd » au physique ou au moral; Vhiilipa. a peiif-êire le sens de « se traîner, devenir lourd » (cf. G zayuvO^ suivi par Sh G P Jér. V impinguabiiiir) ou encore, X'hithpa. prenant parfois dans la langue tardive la valeur d'un passif (cf. GK 54 i,'). celui de « être porté ou supporté avec peine, être désagréable ». nniZis*, hapax aussi, désigne la câpre, fruit du câprier, d'après G Sh C 'A P Jér. V, comme aussi d'après la Michna (Ma'aser chcni, iv, 6) et le Talmud [Berakoth, 36 a). Mais il qui a lu njii2Nn « la pauvrette, la malheureuse ». traduit zal ôtaXj6^ tj £;t''-ovo? (et non t\ l-fyovoç, cf. Field, II. p. 403). — I2n imparf. hiph. de 112 a le sens de « rompre, rendre vain et ineificace »; Vhoph. 'I2n « être rompu, anéanti » (se dit d'un projet, d'une alliance) semble avoir été lu par G otaa/.soaaOi^ « être dispersé ou détruit », que Sh C Jér. V dissipabitar ont suivi, et aussi par X (cf. ci-dessus) et P. Cette dernière version pi-ésente ici encore une double traduction : k Et la câpre sera dispersée et la pauvreté (primitivement h la pauvrette » d'après Iv.\.M. ZATW, 1904, p. 200 et Gottsberger, BZ, 1910, p. 9) cessera ». La seconde traduction doit être originale; si elle dépendait de ï!, 12m aurait été traduit plus exactement dans le sens de oia^.jOîî que Sh rend en effet par un autre ver])e (Kam. ibid. p. 233); la première traduction au contraire est empruntée à G. Les com. se partagent généralement entre « être inellicace » et « se rompre, éclater ». 'A xap;:£Û(j£i « porter des fruits abondants » a lu ni2H, auquel Driv.-Kitt. est favorable. Perles [Analecta, p. 30) préfère ""12^ « pousser, bourgeonner ». On s'est arrêté ici à 12n au sens de « être rendu inefficace » (BDB, Me N. Bart.). Le soin avec lequel l'auteur exprime le sujet de ~Sn confirme les corrections proposées ci-dessus pour 1X1'''', et aussi pour Dip'' du V. précédent. Les mss. or. ont h'J au lieu de Sx devant r''2. et P a par erreur ii!2" « son travail » au lieu de In1". — 122D1 est « aller de ci de là » en quête de quelque chose; cf. Gant, m, 2.
Les obscurités du texte de ce v. ont favorisé les divergences des com, comme des traducteurs. Les deux premières prop. sont ordinairement entendues en ce sens que le vieillard craint les montées, et même toute marche, par manque de souffle et de forces, et même d'après quelques-uns par crainte
^64 l'ecclésiaste, xii, 5.
Car rhomme s'en va vers sa maison d'éternité et les pleureurs rôdent dans la rue ;
■des dangers de la route (Talmud, Targum, Jér. Zirk. Knob. Ilcrz. Del. Mot. Now. Ren. Gietm. Wild. Me N. Bart. Ilaupt, Zapl.). Ew., qui expliquait d'abord « il craint Dieu et la mort », s'est rallié ensuite à la même interprétation. A citer, comme interprétations divergentes, celles de Sieg. : « il craint lout ce qui est grand », de Umbr. Elst. Ginsb. : « il craint l'orage d'en haut et n'ose sortir», et de Wright : « le vieillard craint de tous côtés, d'en haut et d'en bas ». — On traduit ensuite communément : « l'amandier fleurit », ce qui serait une figure des cheveux blancs (Jér. Zirk. Del. Mot. Now. Cheyne, Gietm. Haupt, Zapl. Bart.), ou l'annonce du printemps (Wright) ou l'image de l'âme qui se dégage du corps (Ew.). D'autres symbolismes sont exprimés par Ilerz. : « l'amandier refuse ses Heurs, la vie du vieillard ne refleurira plus », enfin par Ilitz. et Bick. : « la femme (figurée par l'amandier, comme dans Gant, vu, 9 par le palmier) repousse le vieillard ». L'interprétation anatomique retrouve ses droits avec le Talmud et le Targum, qui traduisent ■*TpU7 par « amande » et dont saint Jérôme exprime fopinion en ces termes, sans la partager d'ailleurs : quidam sacrant spinam interpretantur, quod decrescentibus natium carnibus spina succrescat et floreat. Buttcher (Neue exeg. Aehrenlese zum A. T., Leipzig, 1863-1865, I, p. 251) et Kôn. (I, 314) : « l'amande (désignation euphémique pour éviter un terme inconvenant) est méprisable ou dédaignée », pensent que l'auteur constate le refroidissement ■de la passion chez le vieillard. Enfin le bon sens parle à son tour par la bouche de Gesen. Knob. Elst. Ginsb. de Jong, Ren. Me N., qui acceptent au sens propre la proposition : « l'amande est rejetée ». — Presque tous les com. traduisent ensuite « la sauterelle devient lourde » ou « se traîne », mais expliquent difTéremment. La plupart croient être en présence d'un symiole allégorique de la marche difficile du vieillard (Talmud, Del. Now. : coxalgie sénile; Targum, Jér. : indicat senuin crura tumentia et podagrae Jiumoribus praegravata; Herz. Mot. Gietm. Wild. Zapl. : le vieillard marche péniblement; Zirk. : le vieillard est obligé de se faire porter; cf. Bart. : « la chose la plus légère, une sauterelle, est lourde à porter pour lui », et Haupt : « la chrysalide, image du corps, devient immobile »). Un symbolisme élevé est proposé par Ew. : « la sauterelle (image de l'âme) se lève pour s'envoler », tandis que Wright, fidèle à sa théorie, pense que cet insecte, en sortant de son trou, annonce l'arrivée du printemps. 11 faut encore citer, bien qu'elle soit aussi injustifiable qu'inconvenante, l'interprétation de Hitz. Bôttcher, Luzzato, Bick. : ces exégétes voient dans la sauterelle une image obscène, et dans la proposition elle-même un rappel de l'impuissance du vieillard. D'après Ginsb., cette opinion était déjà mentionnée par Aben Ezra et professée par Rachi et Rachbam. Enfin quelques-uns (Umbreit, Elst. Ginsb. Ren. Me N.) considèrent la sauterelle comme un aliment : elle devient, pour l'homme épuisé par l'âge, un aliment désagréable. G. llenslow {Expository Times, XV, 285 s.) propose même, au lieu de 33n, de lire mn « caroube », ■en araméen Kl*nn (cf. Math, m, 'i, où la même confusion se serait produite) :
l'ecclésiaste, XII, ."), 4(>5
on réaliserait ainsi dans les trois propositions qui forment le centre de notre V. une symétrie parfaite, puisqu'il serait fait mention de trois fruits comestibles. — On s'accorde aussi généralement à traduire : « la câpre est sans etlet ». Mais pourquoi la mention de ce fruit? Les réponses varient. Umhreit, Elsf. Ginsb. Del. Wrig-ht, \ow. Cheyne, Me N. Bart. : « la câpre est impuissante à exciter l'appétit du vieillard, ou sans attrait pour son goût » ; Gesen. Hitz. Griitz, Ren. Bick. : « la câpre, considérée comme aphrodisiaque (sans toujours exclure l'explication précédente), est sans elVet ». D'autres arrivent au même résultat en rattachant n3T'2N à n^N « désirer » : « tout désir est anéanti ». C'est l'interprétation du Talmud, du Targum (lire avec la polyglotte d'Anvers et Del. n'23w?'2, et non avec Wallon et Lagarde NJ3t?S), de Jér. : quod et ipsum (njIllN) ainbiguum est inlerpretaturque amor, desicleriiini, concupiscentia, vel capparis, et significatur ut supra dixinius, quod senum libido refrigescat et organa coitus dissipentur. Elle est reçue par Zirk. Knob. Herz. Toujours plus idéal, E\v. entend que la câpre qui éclate est l'image du corps qui se brise et laisse échapper l'àme : il est suivi cette fois par Mot. Gietm. Zapl. séduits sans doute par la beauté du symbole. Ilaupt se souvient à la fois de S et de E\v. : « l'àme (littéralement « la pauvrette » ; cf. Ps. XXII, 22) se libère (de son enveloppe, le corps) ».
A quelle interprétation du v. s'arrêter? Il faut retenir d'abord que 5 c dévoile complètement l'allégorie, que 5 a est entendu à peu près par tous les com. au sens propre, enfin que 5 b, de l'aveu même de ceux qui veulent encore y voir des figures, ne continue pas l'allégorie de la maison. Ces considérations invitent à prendre tout le verset au pied de la lettre. Donc, 5 a, après les corrections indiquées ci-dessus, exprime le fait que le vieillard est pris de crainte, soit <( en haut », c'est-à-dire très probablement sur la terrasse de la maison, soit dans la rue. On sait le rôle que jouait, pour les habitants de la Palestine en particulier, le toit (cf. x, 18; Jos. ii, 6; II Sam. xi, 2; XVI, 22; Is. xxii, 1; II Esdr. viii, 16) et la rue. Or, le vieillard n'ose plus monter l'escalier extérieur (cf. Math, xxiv, 17, et parallèles), raide et étroit, qui conduit à la terrasse, ni même rester sur le toit, de peur des chutes (cf. Deut. xxii, 8). Même la rue (et n'est-ce point là que dans les pays chauds se passe une bonne partie de la vie?) lui est bientôt interdite, tant les accidents sont pour lui faciles et ses forces épuisées : le voilà confiné dans l'intéi'ieur de la maison. Cette interprétation est si raisonnable et si conforme aux mœurs du pays qu'elle n'a pas besoin de preuves plus amples. La seule difficulté est dans le mot nSiS; « en haut », comme désignation du toit, n'est pas très explicite, mais quoi de plus naturel cependant, après la mention réitérée de la maison dans 3-4, que de l'entendre de la terrasse de celle-ci? Il est fort possible aussi que notre texte soit mutilé (voir ci-dessous). Au sujet du chemin, on trouve surprenant que le bâton du vieillard ne soit pas mentionné (cf. II Sam. m, 29; Zach. viii, 4; Tob. v, 23; x, 4); l'usage du bâton était assez général (Gen. xxxii. 10), mais en voyage seulement.
Il n'est pas indiqué, après avoir expliqué 5 a au sens propre, de chercher
ensuite un symbole peu naturel et peu clair, et de voir dans l'amandier fleuri
une image de la tête blanche du vieillard. Tout le monde sait d'ailleurs que
l'amandier en fleur n'est pas blanc, mais rose pâle. En outre, les cheveux
466 l'ecclésiaste, xii, 5.
blancs sont bien l'indice de la vieillesse, mais non pas précisément de la décrépitude : or, notre homme s'achemine vers la mort, il y touche (5 c). Il est trop tard pour parler des cheveux blancs, et l'auteur doit bien plutôt énumérer les signes avant-coureurs du trépas. Si l'interprétation donnée ci-dessous à la mention de la câpre, excitant de l'appétit, est exacte, il est vraisemblable que l'amande est présentée comme un aliment agréable et léger, une nourriture de malade, qui cependant n'a plus aucun attrait pour le vieillard. L'amande était en Palestine un aliment recherché (Gen. xliii, 11). Si l'homme âgé la repousse, ce n'est point parce qu'il n'a plus de dents (comme le veulent Ges. de Jong, Ren.), c'est parce que l'appétit ou la force digestive lui manquent.
Dans un autre contexte, « la sauterelle qui devient lourde » pourrait peutêtre symboliser la démarche pénible du vieillard. Mais entre l'amande et la câpre, elle ne peut guère désigner, elle aussi, qu'un aliment. La sauterelle était et est encore en Orient une nourriture très appréciée. Les Arabes la mangent frite à l'huile, ou cuite à l'étuvée dans le beurre, après lui avoir arraché la tête, les pattes et les ailes (cf. dans EB et dans HDB l'art. Locust). Aristote [H. A. V, 30) reconnaît que c'est un mets agréable.
Actuellement, on nomme « câpre », et on fait confire au vinaigre, le bouton de fleur non éclos du câprier; dans l'antiquité, on employait de préférence le fruit. L'interprétation de Ges. Hitz. Gratz etc. prête arbitrairement au vieillard de lEccl. des pratiques répugnantes de honteux libertinage. Personne ne cite d'ailleurs aucun texte de l'antiquité qui reconnaisse à la câpre des propriétés aphrodisiaques. Pline lui-même les ignore [Hist. Nat.'Klll, 44; XX, 59), alors que Plutarque [Sympos. VI, qu. 2) mentionne l'effet excitant de ce fruit sur l'estomac, et que le Talmud (Chabbat/i, 110 al connaît les câpres confites au vinaigre (yaini D'^SiSï). L'interprétation d'Ewald « la câpre éclate » a le tort d'entendre "IID au sens physique que l'hébreu ne lui donne jamais, et d'attribuer à Vhiph. une signification intransitive qu'il n'a pas non plus; en outre, elle introduit une image de la mort dans un contexte qui ne décrit encore que la décrépitude; enfin elle est contredite par le fait que le fruit du câprier n'est pas déhiscent (BDB. 830 /;; EB, I, 696).
La « maison d'éternité » désigne le tombeau cf. Tob. m, 6 tôv atciviov t6jtov, le Targum de Jonathan sur Is. xiv, 18 et xlii, 11, le Talmud [Sanhédrin, 19 a) et Vayiqra rabba, c. xii. Les Égyptiens appelaient les tombeaux dttofouç ol'/.ouç (DiouonE de Sicile, I, 51), et domus aeterna était une expression reçue sur les monuments funéraires romains dès le temps de la République (cf. Palm). La première proposition de 5 c n'énonce pas le fait du trépas, mais constate le déclin du vieillard qui s'achemine graduellement vers la mort. Nous disons bien d'un malade qu'il « s'en va ». Le participe marque donc le présent. — Les pleureurs, qui conducd plorani in funere (Horace, Ars poet. 431), étaient connus de date ancienne en Israël (Jér. ix, 17-20; cf. I R. XIII, 30; II Par. xxxv, 25; Jér. xxii, 18; xxxiv, 5; Am. v, 16; Marc, V, 38, etc.). L'acte attribué aux pleureurs n'est pas, comme Ren. paraît l'avoir cru, celui de convoyer le défunt à travers les rues en faisant retentir leurs lamentations. Il n'est pas question de cortège funèbre, car la mort n'est pas encore survenue. Mais elle est imminente, et les pleureurs sont
l'ecclésiaste, xii, g. 4G'
•^ Avant que 'se rompe' le cordon d'argent et que 'se brise' le vase d'or,