yhii; M yhjt
mais ils ont eu raison de lire un imparf., car tous les autres verbes de cette série de prop. (6-7), avant et après celui-ci, sont à l'imparf. et aucune raison grammaticale ne peut expliquer à la fin du v. 6 la présence d'un autre temps. Il est à remarquer en effet que dans ces deux vv. l'imparf. est employé au lieu du parf. consécutif, lequel est fidèlement gardé dans 1-2. Driv. {H. T. 116) explique ce phénomène en disant que les propositions nouvelles ne présentent pas un progrès réel de la pensée, mais un simple parallélisme; mais voir ci-dessous. — Sn peut avoir un sens prégnant « (en tombant) dans la citerne ». Del. explique par cette circonstance le fait que SiSan a l'art., tandis que 13, déterminé, dit-il, par l'adjonction « à la fontaine » ne l'a pas. Mais la raison de cette différence dans l'emploi de l'art, n'est-elle pas plutôt que la cruche reste indéterminée, parce qu'il y en a plusieurs, chacun venant puiser à la fontaine avec la sienne, tandis qu'il n'y a qu'une seule poulie sur la citerne?
A partir de ce v. ce n'est plus la décrépitude qui est décrite, mais la mort, d'abord sous des figures poétiques (v. 6), puis en propres termes (v. 7). La lampe suspendue, qui par suite de l'usure de la chaîne brusquement tombe et laisse périr sa flamme, est un symbole approprié de la mort : la Bible, pour dire qu'un homme meurt, écrit que « sa lampe s'éteint » (Job, xviii, 5-6; xxi, 17; Prov. xiii, 9; xx, 20; xxiv, 20; cf. II Sam. xiv,17). La lampe allumée était en effet l'indice de la présence de l'homme. On avait soin qu'elle brûlât toute la nuit (Prov. xxxi, 18) et tel est encore l'usage dans les campagnes de Palestine et de Syrie (VDB, art. Lampe) : si la lampe est éteinte, c'est que l'homme a disparu. — Les femmes s'en allaient quérir l'eau à la fontaine avec des jarres qu'elles portaient sur la tète ou sur l'épaule (Gen. xxiv, 13 ss.). Le brisement inattendu d'un vase dont la liqueur se répand aussitôt, est une image assez naturelle d'une lésion grave du corps, lequel laisse échapper la vie. — Enfin, quand la poulie se casse, la citerne ne donne plus d'eau et elle cesse, au moins momentanément, d'être fréquentée. L'auteur, dans le choix de ses images, ne s'éloigne pas de « la maison ». Il discerne très bien ce qui en fait la vie, ce qui décèle la présence de l'homme et en est la condition indispensable : la lumière de la lampe et l'eau de la citerne ou de la source. La maison sans lampe et sans roue à la citerne est une maison abandonnée.
On a fait observer qu'un vase d'or ne se brise pas en tombant, et que par conséquent a,n"t devait être une désignation poétique de l'huile contenue dans le vase. Mais « l'or » indique la matière de la lampe, comme « l'argent » celle du cordon. La maison précédemment décrite est une sorte de palais, puisqu'elle a, non seulement des servantes, mais des gardes; on ne doit donc pas s'étonner de trouver ici encore des marques de richesse, c'est-
LECCLÉSIASTE, XII. G. 469
à-dire des métaux précieux. D'autre part il sufilt, pour le poète, que la lampe se fêle dans sa chute ou même qu'elle s'éteigne, l'huile s'étant répandue. Les exégètes sont plus soucieux d'exactitude, comme en témoigne le soin apporté par plusieurs d'entre eux à l'identification anatomique de tous les éléments de la description. Déjà le Targum paraphrasait : « avant que ta langue soit empêchée de parler et le cerveau de ta tête brisé et que ton fiel se rompe sur ton foie et que ton corps se hâte au tombeau ». Selon le Midrach, le cordon d'argent est la moelle épinière, la lampe est la tête, et le seau est le ventre, lequel se rompt trois jours après la mort. Pour Hitz. la lampe est le corps: l'huile pH"."!), l'âme; et le cordon d'argent, la force vitale. Del., d'abord fidèle au Midrach, voit dans le cordon d'argent et dans la lampe d'or l'image de la moelle épinière et du cerveau, mais dans la roue sur la citerne, une description de l'appareil respiratoire, l'eau signifiant le sang, et le seau, le cœur. Cheyne énumère la langue, la tête, le cœur et l'appareil respiratoire. Haupt développe avec quelques variantes les conceptions de Del. : le cordon d'argent est bien la moelle épinière, car celle-ci, chez l'homme, ressemble à un cordon blanc de la grosseur d'un doigt; le vase d'or est la boîte crânienne avec le cerveau. Et on nous explique comment il en peut être ainsi : les méninges sont grises, mais en cas de fracture du crâne ou plutôt d'encéphalocéle, la masse du cerveau paraît rouge; or les anciens n'ont vu le contenu de la boîte crânienne que dans ce cas, et par conséquent sous cette couleur; et c'est précisément ce que veut dire l'épithète « d'or », laquelle est employée en poésie pour indiquer la couleur rouge. La poulie sur la citerne désigne le cœur; celui-ci représente la force motrice qui fait circuler le sang, de même que la poulie contribue à distribuer, par un procédé dilférent, il est vrai, l'eau qui répand la vie.
Mais bien que l'auteur reste dans le cadre de « la maison » décrite aux vv. 3-4, l'allégorie proprement dite ne continue pas, et il n'y a donc pas lieu de chercher une signification anatomique à la lampe, à la cruche et à la poulie : le brisement, par suite d'usure ou de long usage, de ces divers objets familiers, des plus nécessaires d'ailleurs, symbolise tout uniment la faillite d'un corps usé par l'âge et que la vie abandonne. Et il y a plus de poésie, simple et naturelle, dans ce seul verset, ainsi entendu, que dans tous les artifices des vv. 3-4 et dans le réalisme du v. 5.
Zapl. admet que xi, 9-xn, 6 constitue un chant, d'un mètre à part, que Qoh. aura adapté à son œuvre et que les gloses auront surchargé. Ce chant était formé de distiques à six accents (xi, 9 a b, 10 a; xii, 2, sauf la dernière prop., 3, 4, 6) ; si l'on excepte xi, 9 c (distique à six accents), les additions sont représentées par des distiques à quatre accents ou des tristiques à six accents. La métrique est une base bien fragile. Mais si l'on tient compte à la fois des coupures de la période et de la nature des figures employées, de la mesure rythmique et de l'usage des temps, on aura l'impression que le morceau poétique contenu dans 2-6 pourrait n'être pas d'une seule venue. Les vv. 3-4 « au jour où, etc. » forment un ensemble très spécial, que le v. 2 n'annonçait pas et que les vv. 5-6 ne continuent point. Le v. 5 lui-même n'est pas dans le goût des vv. précédents, ni non plus du suivant; il se conforme mal au rythme de toute la pièce; il ne se subordonne pas non plus à
470 l'ecclésiaste. xii, 7.
" et que la poussière retourne à la terre, selon ce qu'elle était, et que le soufïle (de vie) retourne à Dieu, qui l'avait donné.