‹ L'EcclésiasteChapitre 114 sur 120 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

L'épilogue fait l'éloge de Qoh. et de ses écrits, 9-10, et d'une façon générale des paroles des sages, 11-12, puis résume tout le livre dans une exhortation à craindre Dieu en raison du jugement qu'il exercera sur toutes les actions humaines, 13-14. Le nombre va croissant des com. qui, à la suite de Dciderlein, ne reconnaissent pas dans cette dernière section la main de Qoh. On trouvera dans Vlntrod. p. 151 ss. le détail de leurs opinions, et p. 156 ss. un exposé des motifs qui ont fait préférer une solution en partie différente : les vv. 9-12 paraissent être l'œuvre d'un disciple de Qoh., tandis que 13-14 aurait été ajouté par le Ijasid en même temps que les autres insertions par lesquelles il a cru devoir compléter l'ouvrage.

Bick. et Haupt traitent l'épilogue entier comme do la prose; Driv.-Kitt.

l'ecclésiaste, xii, 9. 473

^Et outre que Qohéleth fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple, et il a pesé et examiné, ajusté de nombreuses

essaie de trouver le mètre dans 12-14; seul Zapl. tient complètement la gageure et dispose métriquement 9-11 aussi bien que 12-14.

9. ipi est « ce qui est en excédent » (cf. ii, 15; vi, 8, 11; vu, 11, 16; xii, 12). Ew. Hitz. Elst. Klein. Mot. Now. Bick. traduisent uj "ini par « il reste (à dire) que ». Mais la Michna emploie ^D ini'' au sens de « plus que », et comme ny, en tête de la prop. suivante, marque une addition, « outre que » est ici tout indiqué (Knob. Ginsb. Del. Rtiet. Wild. Sieg. Me X. Bart. Haupt, Zapl.). G Sh P à la place de ~T> ont Sn, mais qui doit être une corruption de hi. — Au sujet de taS on remarquera que le pi. a souvent le pathah sous la seconde radicale, en particulier devant le maqqeph ; cf. ix, 15 (GK 52 l). Le pi. a ici le sens causatif et gouverne deux ace. (cf. GK 117 ce et Kon. III, 327 r). — nyn-nx reçu par M G (V 253) G Jér. 'AS P VT est représenté par aùv Tov av9iaj7:ov (D-Nn-nNl dans G Sh A. — i"xl, hapax, est un dénominatif de a"'3~NC « les deux plateaux de la balance » et signifie donc « peser ». L'acte indiqué a sans doute pour objet le fond des sentences plus que leur forme ; l'idée d'équilibrer ou de mesurer celle-ci est mieux contenue dans "jpn. Les versions ont diversement lu et traduit : pxl « et l'oreille » (G Sh C), "J'X'I « et il a écouté » ('A P T), "J^XT pi. causatif (Jér. audire eos fecit, Y et enarravit quae fecerat). — ipnl, hapax au pi., est « explorer, examiner » (cf. B. S. XLiv, 5) ; G Sh C n'ont pas lu le T Zapl. retranche ce mot. Mais si l'on pouvait démontrer qu'un des trois verbes constitue une glose, "ipri aurait plus de chances d'avoir été ajouté. "Jpn est attesté par M G (qui a de plus un substantif : xocjuLtov) Sh C Jér. V; "jprn (10 mss. K. de R. 'A PT) a toutes chances d'être le résultat dune correction, la présence du 1 étant naturelle. Ce pi. a dans VII, 13 le sens de « rendre droit », et en néohébreu (de même le pa. en judéo-araméen) celui de « rendre correct, conforme à la règle, corriger, et même instituer » (cf. B. S. xlvii, 9); cf. l'équivalent hébreu (car ^pn est un arama'isme; voir i, 15) pn et ses dérivés : p'n « mesure, quantité », n"'33n « modèle ». Ces trois verbes à la suite décrivent l'elTort de l'auteur qui veut mettre sur pied des sentences (aiSc^Z) : cet effort a pour objet la justesse de la pensée elle-même et l'exactitude de l'expression ("*pm "|"XTt, mais aussi bien la forme mesurée (]pn) en usage dans ce genre littéraire. Del., à cause de l'absence de la copulative devant ]pn, estime que ce dernier verbe est seul à régir D^S^'C; Now. le considère comme formant une subordonnée explicative : « en composant, etc. » (cf. Gen. xlviii, 14; I R. xiii, 18); ces manières de voir ne s'imposent pas. On trouve d'autres propositions coordonnées sans copulative dans i, 7; vi, 5; xii, 11. L'auteur du v, dépeint les difficultés de la composition comme un homme du métier, ou qui du moins s'est essayé à ce travail. Les termes employés ne démontrent pas que Qoh. n'aurait été dans l'œuvre indiquée qu'un rédacteur ou un correcteur, travaillant sur une matière ou du moins d'après des données préexistantes, mais ils n'excluent pas non plus cette hypothèse. — a''S*«ya désigne des

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sentences. i*^Qohéleth s'est appliqué à trouver des paroles agréasentences de sagesse morale revêtant la forme métrique. — n2"in placé ici par MPTV est transporté par GSh G en tête du v. suivant; P l'a deux fois, à la fin de 9 et au début de 10; G a ::oÀÀà ï-r^ iÇTJTriasv, sans doute par dittographie des trois premières lettres du verbe, niin est employé comme adjectif; cf. v, 6, 16; vi, 11; ix, 18; xi, 8; xii, 12.

Sur la portée de ce v. , voir le com. du v. suivant.

10. ysn caractérise le mâchai, qui vise à présenter la vérité d'une façon piquante. — Au lieu de 2iriD*l (M; G Sh G /.al y£YGa[Aa£vov sùOûttito? ont lu 2171^1 à l'état construit), G (V 253( 'AS xa\ auvévpakv P « et il a écrit » Jér. ut inveniret... et scriberet V et conscvipsit supposent au moins 211131, sinon 21131 que 5 mss. K. de R. ont en effet. La plupart des com. maintiennent le participe, qu'ils en fassent un complément de XÏ^S parallèlement à « paroles agréables » et à « paroles de vérité » (Klein. Del. Wright, Now. Rûet. Me N. ; cf. II Chr. XXX, 5), ou une proposition indépendante dans laquelle le participe est sujet (Knob. Haupt) ou attribut (Ew. Herz. Elst.). Mais Bick. Sieg. Zapl. corrigent en 2in3Sl « et à écrire « qui ferait suite à NJfaS ; Zirk. traduisait déjà ainsi après saint Jérôme, mais sans indiquer aucun changement de texte. Hitz. Kôn. (III, 218 c) corrigent en 2in3l, l'inf. absolu faisant suite à l'inf. construit qui le précède (cf. Ex. xxxii, 6; Ez. xxi, 20; I Sam. xxv, 26 comparé à 31). Gietm. Driv.-Kitt. Bart. hésitent entre cette lecture et 21131 qui est reçu par Gratz, Ren. Cheyne (p. 231); mais la solution de Hitz. Kôn. est à préférer. Elle a l'avantage de respecter le texte, sinon la vocalisation massorétique. Or, 217131 est attesté par M, par G et n'est pas absolument infirmé par les autres témoins, qui ont pu lire l'inf. absolu, sauf ii le considérer, suivant une règle sûre (cf. viii, 9; ix, 11, et voir GK 113 z), comme faisant suite pour le mode et le temps au verbe précédent. 2H31, qui est plus facile, représente une correction. La seule question est de savoir si 211131 fait suite à xi'pl (Bart. ; cf. 'ASPV) ou à Xi'cS (Hitz. Kôn. ; cf Jér.). Les exemples ci-dessus (Ex. Ez., etc.) et le contexte prononcent en faveur de la dernière hypothèse. La correction de Bick. n'est aucunement nécessaire. — lu?'' est un ace. adverbial de manière (Zirk. Knob. Del., la plupart des com. et Kun. [III, 332/?]; cf. Jér. xi, 20; xxxii, 11; Ps. cxi, 8; cxix, 75, et voir GK 118 m). Ce substantif a ordinairement le sens de « droiture, correction morale » ; il signifie ici « justesse, exactitude » (cf. Job, vi, 25). — Paroles de vérité fait pendant à « paroles agréables ». L'auteur peut vouloir dire que dans les sentences qu'il a composées, ou recueillies et révisées, Qoh. a cherché l'agrément, mais sans sacrifier jamais la justesse de la pensée ni lexactitude de l'expression au désir d'être agréable et piquant.

On peut se demander si dans les vv. 9-10 « Qohéleth » désigne Salomon. Del. Ren. (p. 74), Now. Kuenen (p. 181 s.), Wild. et Zapl. (p. 73), qui laissent lépilogue (ou au moins, pour Ren., 9-10) à l'auteur du livre, aussi bien que Knob. Griitz (p. 50 s.), Reuss (p. 329), Me N. et Bart., qui le lui enKvent, sont pour l'affirmative. Au contraire. Ew. Wright ip. 101 et 439i, qui regar-

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dent comme authentiques les vv. 9-14, Bick. ip. 9i, Cheyne (p. 231), Smcnd (p. 22) etSieg., qui les rejettent, tiennent pour la négative. D'autre part, les mechaliin du v. 9 désigneraient le livre canonique des Proverbes d'après Ilitz. Zockl. Del. Now. Kuenen. Wild. et aussi d'après Knob. Griitz, Cheyne, Kon. [Einl. p. 431), Bart. (cf. Kleinert, dans Realencyklopàdie, art. Predigcr, in fine); ils ne concerneraient que le livre de l'Eccl. d'après E\v. Wright, Zapl. et d'après Sieg. L'Epiloguiste ne confond certainement pas Qoh. avec Salomon. Pour lui, l'auteur du livre est simplement « un sage » (V. 9; cf. V. 11) et non pas le sage des sages que fut le grand roi. Il est plus malaisé de définir la portée de DtSw^G. Pourtant, ce terme ne peut guère désigner l'Eccl. Quand bien même on supposerait, ce qui n'est pas à croire {voir ïlntrod. p. 160 ss.), que ce livre était, dos le temps de lÉpiloguiste, aussi complet qu'aujourd'hui, il contient trop peu de sentences proprement dites, pour justifier la façon de parler de 9 b. Car il ne semble pas que QiS*vl?n soit employé en un sens large, pour signifier non seulement des sentences paralléliques, mais toute composition littéraire relative à la sagesse. L'Epiloguiste sait très bien ce qu'est le mâchai et en quoi il se distingue de la prose. Il le montre assez par les termes dont il se sert dans 9 b, 10 a et par la description qu'il fait, dans 11, des paroles des sages. D'ailleurs, 10 a exclut aussi l'Ecclésiaste de la pensée du lecteur : le caractère du style d(^ Qohéleth ne permet pas de penser qu'il se soit beaucoup préoccupé dans cet ouvrage « de trouver des paroles agréables ». Il est dit en outre qu' « il a enseigné la science au peuple » (v. 9), sans doute par les écrits qu'on mentionne aussitôt et non pas par des leçons orales. Mais l'Ecclésiaste est-il donc par son objet et même par sa forme un livre d'éducation populaire? Etait-il destiné au grand public? Le sérieux et la gravité de l'auteur, le caractère élevé et philosophique de sa pensée ne risquaient-ils pas d'être méconnus dans un milieu vulgaire? Et n'y a-t-il pas des raisons de croire qu'en etTet le livre est resté pendant assez longtemps confiné dans un petit cercle de sages (voir Ylntrod. p. 167 ss.)? Enfin est-il vraisemblable que la présente notice ait été insérée pour ne rien nous apprendre sur l'auteur, mais pour formuler seulement ce qu'un examen très superficiel du livre pouvait révéler au lecteur? On comprendrait peut-être qu'il en fût ainsi si cette notice avait une portée purement apologétique. Mais est-ce l)ien le cas? Au moment où l'Epiloguiste écrivait, Qoh. n'était pas discuté; il obtenait non seulement l'estime et le respect, mais l'admiration du peuple et des sages à la fois. L'épilogue lui-même en fait foi. Il semble donc que dans le V. 9, les premiers mots seuls fassent allusion au livre que nous avons sous les yeux, et à la sagesse dont l'auteur y fait preuve. La suite nous apprend qu'avant de l'écrire, Qoh. avait élaboré un grand nombre de sentences, et c'est de cette première œuvre, que nous ignorions, et par laquelle Qoh. était déjà célèbre, que l'Epiloguiste nous entretient. Cette hypothèse est du moins beaucoup plus vraisemblable que celle d'un épilogue consacré tout entier à une apologie aveugle, et pleine d'inexactitudes, de l'Eccl. lui-même. Le V. 10 nous entretient-il seulement du premier ouvrage de Qohéleth ou bien aussi de^ l'Eccl.? Qoh. est nommé une seconde fois au début du v. et une phrase nouvelle y est commencée; ce v. ne continue donc pas tout

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uniment la fin du v. 9. Le fait que l'auteur est ainsi nommé sans aucune spécification d'écrits, semble indiquer que toute son œuvre d'écrivain est en vue et qu'un jugement général est énoncé, qui concerne aussi bien son livre de sentences que son Ecclésiaste. Mais en fait, on ne peut se dissimuler que 10 a ne se vérifie guère que des sentences (cf. 9 h), tandis que 10 h, dans la pensée de son auteur, peut viser aussi l'Eccl. Il semble que pour l'Epiloguiste, esprit moyen, non dépourvu de prétentions littéraires (cf. v. 11) et grand admirateur delà forme classique (cf. v. 9), peut-être parce qu'elle lui a résisté (cf. v. 12), le livre des sentences soit l'œuvre capitale de Qoh. ; n'estelle pas la plus étendue et la plus littéraire? Elle efface pour lui l'Eccl., qui est pourtant le testament philosophique du grand homme, la portion sans doute la plus nouvelle, la plus originale et la plus profonde de ses écrits. Ainsi s'expliquerait peut-être que l'épilogue, tout en faisant l'éloge de Qoh., nous entretienne surtout de ses sentences. Probablement même, l'Épiloguiste ne relève le mérite de celles-ci que parce qu'il regrette le style souvent prosaïque et lourd du dernier opuscule de son maître. Pour lui, le livre des sentences servirait de passeport et d'excuse à l'Ecclésiaste. Le point de vue doctrinal ne paraît pas beaucoup le préoccuper.

Il est possible que la première œuvre de Qoh. ait disparu. Peut-être aussi doit-on l'identifier avec tout ou partie du livre des Proverbes. Les Proverbes sont en efi'et un recueil de sentences et un écrit populaire (Prov. i, 2 ss.). Les termes d'Eccl. xii. 9 h indiquent aussi bien un travail de correction que de composition ; le v. 10 au contraire décrit la besogne d'un auteur ou du moins d'un rédacteur. On pourrait croire que Qoh. a l'ecueilli et révisé l'œuvre des sages antérieurs à lui-même, et aussi ajouté de son crû à la collection. Il est à remarquer que l'ordre le plus ancien de la Bible hébraïque et celui de la Bible grecque s'accordent à fixer la place de l'Eccl. à la suite des Proverbes, et les vv. 11-12 de l'épilogue se comprendraient mieux si le premier écrit était disposé sur un même manuscrit en appendice au second. D'autre part, Chr. Schmidt (p. 73 ss.) a depuis longtemps constaté une parenté, facile à discerner d'ailleurs, entre les paroles d'Agur (Prov. xxx, 1 ss.) et l'Eccl. Enfin Qoh. lui-même favorise en quelque façon l'hypothèse. Il a cherché et accumulé la sagesse. Qu'est-ce à dire, sinon qu'il s'est enquis d'abord de toute celle qu'on avait pu acquérir avant lui (cf. i, 13-17)? Il serait assez naturel qu'il eût recueilli les paroles des sages qyi l'avaient précédé. La sagesse traditionnelle lui parut courte, au moins par un endroit, et il résolut de la dépasser. Il nous dit qu'à cet effet, sa vie toute entière fut consacrée à l'observation et à la réflexion fvii, 23-25, 27-28; viii, 16-17), et personne n'imagine que la philosophie « singulièrement fatiguée » de notre petit livre ait été conçue par un débutant. Mais Qohéleth s'est-il appliqué à l'étude durant de longues années, sans jamais rien écrire? Il serait bien étonnant qu'il n'eût composé aucune œuvre avant d'en venir à rédiger l'Ecclésiaste. Dans ses premiers travaux, il avait naturellement adopté la forme reçue du mâchai. A la fin, il l'abandonne, soit lassitude et dégoût de toutes les vanités humaines, soit parce qu'il la trouve peu propre à envelopper des considérations philosophiques et des raisonnements. Si l'identification des sentences de Qohéleth avec tout ou partie du livre des Proverbes reste quelque chose de problé-

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blés et 'à écrire' avec exactitude des paroles de vérité. ''Les pa-. rolesdes sages sont comme des aiguillons, et comme des clous plantés porteurs de provisions ; elles sont données par un seul pasteur,

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