‹ L'EcclésiasteChapitre 2 sur 120 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

servant de guide, permettre à chacun de juger par soi-même et de trouver au besoin, dans les renseignements que je fournis, les éléments d'une solution différente de la mienne. J'ai cherché, on le voit, à faire un livre d'étude. La raison en est que j'ai écrit d'abord pour des étudiants, que je devais me préoccuper de former autant que d'instruire.

Dans le même esprit, j'ai noté assez souvent des détails en apparence superflus, par exemple de nombreuses variantes sans conséquence pour l'intelligence du texte même auquel elles se rapportent, mais dont l'examen contribuera à éclairer, en vue d'autres difficultés à résoudre, le jugement du lecteur. Certaines explications, dont des spécialistes n'auraient pas eu besoin, ont été introduites par souci de ne pas supposer chez l'étudiant beaucoup plus de connaissances grammaticales ou autres qu'il n'en possède la plupart du temps au sortir de la Faculté. Même il m'est arrivé de rappeler des notions assez communes, peu familières néanmoins à quelques personnes du dehors qui peut-être essaieront de me lire et que je ne voudrais pas rebuter, tant il est à souhaiter de voir s'étendre le public qui chez nous s'intéresse à l'étude de la Bible.

La traduction vise surtout à être littérale. Le respect du texte biblique m'a paru exiger cette manière, dùt-il en résulter de-ci delà un peu moins de facilité dans l'expression. La Bible doit rester elle-même. C'est au lecteur à se donner quelque peine pour la comprendre, et le commentaire est là pour l'aider.

De bons juges ont estimé que les solutions proposées dans cet ouvrage étaient pleinement en harmonie avec la doctrine catholique. Celle-ci enseigne que la révélation s'est faite de façon progressive, que l'éducation du peuplejuif par Dieu a été longue, et que jusqu'à la fin l'Ancienne Loi a gardé des lacunes et des insuffisances qu'il appartenait à l'Evangile de combler. Non seulement donc elle me laissait libre, mais elle m'avertissait de ne pas chercher dans les anciens livres autre chose que l'antique pensée israélite. Parmi ces solutions d'ailleurs, il en est dont le caractère d'hypothèse est franchement avoué. L'histoire de l'exégèse montre que les théories en apparence les mieux fondées ne résistent pas toujours à l'épreuve

AVANT-PROPOS. VTI

de la critique et du temps, et qu'elles doivent parfois céder la place à d'autres. Mais c'est grâce à ces hypothèses successives et aux recherches qu'elles suscitent, que s'opère le progrès de nos connaissances et que des incertitudes du passé se dégage peu à peu un certain nombre de vérités assurées. Je souhaite seulement que mon travail puisse contribuer de quelque façon à ce progrès en ce qui concerne, soit l'interprétation du texte et de la pensée de l'Ecclésiaste, soit l'explication de ses origines.

Lyon, février 1912.

Un volume intitulé : Das Bach Qoheleth, ein Beitrag zur Geschichte des SàdduzàismuSy kritisch untersucht, ubersetzt und erklàrt, et qui a pour auteur M. Ludwig Levy, a paru à Leipzig dans la seconde semaine de juin. A cette date, l'impression de mon propre travail était beaucoup trop avancée pour que j'aie pu songer à tenir aucun compte des ouvrages nouveaux. .Je signale seulement au lecteur l'existence de celui-ci, dont au reste je ne connais que le titre.

29 juin.

ABREVIATIONS

Page 1