CHAPITRE VII
l'hCCLÉSIASTE et I.V LlTTHliATURR APOCALYPTIQUE.
Le p. Condamin (1) interprète Eccl. m, 19-21, en faisant appel à la fois aux croyances des Esséniens et aux idées escliatologiques contenues dans les apocalypses apocryphes. D'après Josèphe, les Esséniens auraient existé déjà vers le milieu du ii*' siècle avant Jésus-Christ (2), et professé dès lors la préexistence des âmes et leur survivance. Voici comment le P. Condamin traduit le texte de cet historien : « Chez eux s'est établie l'opinion que les corps sont périssables, d'une matière qui ne doit pas durer, mais que les âmes, immortelles, dureront toujours. Venues des plus pures régions de l'éther, attirées par une sorte de charme naturel, elles ont été enchaînées dans les corps comme dans une prison. Quand elles sont délivrées des liens de la chair, comme affranchies d'un long esclavage, elles s envolent joyeuses là-haut. Suivant une croyance semblable à celle des Grecs, les âmes pieuses ont au delà de l'océan un séjour jamais attristé par la pluie, la neige ou la chaleur, et toujours rafraîchi par un doux zéphyr qui souffle du côté de l'océan. Quant aux âmes des impies, ils les relèguent dans des profondeurs obscures et glacées, où ont lieu des châtiments éternels (3). » Le P. Condamin se réfère ensuite au livre d'Hénoch, et, après en avoir cité le chapitre xxii, qu'il date avec R. IL Charles (4) de 170 avant Jésus-Christ, puis le chapitre xxxlk qu'il paraît dater, en invoquant la même autorité, de 94-79, il écrit : « En présence de pareils témoignages M. F. Delauxay [Moines et Sibylles dans l'antiquité jadéo-chrélienne, 1874, p. 231, 232) a le droit de conclure : « Suivant cette donnée, l'âme juste, après la mort du corps, s'élèi'e vers les régions célestes et trouve auprès de Dieu un bonheur sans fin... Il semble qu'il y eût alors dans la Palestine deux opinions:
(IJ IW, 1900, p. 371 Sïi.
(2) Ant. jud. XIII, V, 9.
(3) De bello jud. II, viii, 11.
(4) The Book of Enoch, Oxfurd, IS'JJ, p. 55 s.
INTItODLCTlOX.
suivant l'une, les bons habitaient, ajyrbs leur mort, le séjour de la félicité céleste, attendant l'heure où l'Élu les associerait à son triomphe ; suiwant l'autre, les bons étaient engloutis par le scheol et voués à la mort comme le reste des hommes, mais l'Élu devait les ressusciter au jour de sa grande manifestation ». Comme « on peut, en malière d'idées, arguer d'une époque à celle qui précède immédiatement », le P. Condamin estime que vers l'an 200 l'Ecclésiaste a pu connaître quelque chose des conceptions indiquées, et celte connaissance fournirait l'explication du texte III, 19-21. Déjà dans la Rei>ue Biblique de décembre 1899 (p. 501) le P. Condamin avait dit : « On comprendrait donc que tel auteur inspiré, vivant à une époque où le dogme religieux sur les destinées de l'àme se développait, ait hésité entre l'ancienne conception du scheol et les idées nouvelles plus consolantes qui préparaient la doctrine évangélique. Si c'était le cas pour l'Ecclésiaste, il a pu en plusieurs endroits parler du scheol suivant les données traditionnelles ; ailleurs proposer sous une forme dubitative l'idée neuve d'une âme séparée qui monte là-haut après la mort (1); enfin dans sa conclusion envoyer l'âme tout simplement entre les mains de Dieu, sans marquer l'endroit : « avant que... la poussière retourne à la terre, dont elle est, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné » (XII, 7).
Le P. Zapletal (p. 135 1 a suivi la voie ainsi tracée : « Kohélcth connaît la doctrine de son temps 1 2), savoir que respritdcl'homme monte en haut, mais cette doctrine nouvelle ne lui paraît pas sûre; il tient ferme à la vieille conception juive du scheol. » Et dans son introduction (p. 77 ss.) le même commentateur cite à son tour à l'appui de son interprétation divers passages du livre d'Hénoch. Le P. Condamin et le P. Zapletal reproduisent d'ailleurs, pour le fond, une idée qu'on trouve déjà exprimée dans Bickell (p. 44 s.), lequel invoque seulement Josèphe, et dans Ewald (p. 184;.
Renan, le fait mérite d'être mentionné, prétend (p. 61) que l'Ecclésiaste, qu'il fait vivre vers l'an 100, accueillit avec dédain l'esprit de mysticité des hasidim et des Esséniens, « qui se préoccupaient vainement de l'avenir et de ce qui arrive après la mort ».
I^es vues de ces différents critiques paraissent erronées. En réalité, la conception des âmes s'élevant vers le ciel immédiatement après la mort n'est pas, à l'époque où l'on se place, celle du judaïsme palestinien. Il est vrai qu'au second siècle avant Jésus-Christ, l'idée de rétribution morale pénètre la notion delà survivance. Une distinction s'établit après
(1) L'iillusiuii vi.su (•vidcmuieiil m, 21.
(2) Le P. Zapletal (p. 00 s.) fait vivre Qoholelli au ni" siècle; il aurait écrit un pou avant l'an 200.
L ECCLl-SIASTI' ET I.A Lll TEKAl UKi; Al'OCAI.Yl'TlOLE. 7o
la mort entre les bons et les méchants. INlais les âmes vont au cheol et y restent jusqu'à la résurrection. Même après la résurrection, il n'est pas dit que les justes montent au ciel. La première partie du livre d"Hénocli (i-xxxvi) (1) place le séjour des morts à l'occident, dans le sein d'une grande et haute montagne (xxii) : quatre cavités très profondes y sont aménagées pour recevoir les âmes des morts, deux pour les justes et deux pour les pécheurs. Cette description est certes toute nouvelle, mais ce n'est pas encore le ciel, c'est toujours le cheol, un peu moins souterrain seulement, et avec une ébauche de rétribution. La véritable récompense des justes leur sera attribuée après la résurrection, mais sur terre et non pointau ciel (xxx ss.) (2). Des autres passages d'IIénoch relatifs à notre sujet il ne peut guère être question ; ils sont de date trop rapprochée de l'ère chrétienne. Et encore, les chapitres xci à cv (3) (à l'exception de xciii etxci, 12-17) font-ils monter les justes au ciel, seulement après la résurrection (xci, 10; xcii, 3; c, 5). Il faut descendre au moins jusque vers 40 avant Jésus-Christ, et peut-être plus bas (4), pour trouver dans \q Livre des Paraboles (xxxvii-lxxi) un seul texte (xxxix. 3-8) qui paraît bien placer les justes dans les cieux avant la rétribution finale (5j. Un autre (lxi, 12 ; cf. lx, 8-23 ; lxx, 2-4) les fait séjourner dans le « jardin de vie ». Ces textes, d'origine et de date fort douteuses, sont d'ailleurs en désaccord avec le reste du Livre des Paraboles, et d'une façon générale avec tout le livre d'Hénoch, pour lequel les âmes, en règle commune, reposent dans le cheol en attendant la résurrection (li, etc.). On peut donc dire qu'au ii"^ siècle avant Jésus-Christ, et sans doute encore au i"', on pensait qu'une certaine rétribution, provisoire seulement, s opérait dans le cheol plus ou moins transformé. Josèplie nous apprend que telle était la croyance des Pharisiens (6). La rétribution définitive ne devait avoir lieu qu'après la résurrection (Dan. xii, 2-3). Telle est du moins la conception palestinienne. L'idée d'après laquelle les âmes
(1) Elle serait aulérieure à l'an 170 d'après le P. Lagrange, Le Messianisme chez les juifs (Paris, 1909, p. 62), postérieure à la même date et écrite vers 166 d'après F. Martin, Le livre d'Hénoch (Paris, 1906, p. xcv). Schûrer, III, p. 278, la rapporte, non sans quelques réserves, au dernier tiers du second siècle av. J.-C.
(2) Cf. l'ouvrage cité du P. Lagrange (p. 60 ss. 122 s.), et voir les textes dans la traduction de F. Martin.
(3) Le P. Lagrange (p. 6'i) les date de 50 av. J.-C. à 50 après; F. Martin (p. xcvii), de 95 à 78 av. J.-C; Schiirer (III, p. 279) ne se prononce pas.
(4) D'après le P. Lagrange (p. 87 ss.), le livre des Paraboles n'est pas antérieur à l'an 40 av. J.-C, mais il peut être sensiblement postérieur, et dater même des premières années de l'ère chrétienne. Schiirer (III, p. 280) ne s'éloigne guère de cette opinion. F. Martin (p. xcvii), avec beaucoup moins de vraisemblance, fait remonter le livre à la fin du règne d'Alexandre Jannée, de 95 à 78.
(5) Cf. Martin, p. xxxv.
(6) Ant.jud. XVIII, I, .3; cf. Luc, xvi, 22 ss. et IV Esdras, vu, 75-lol.
montent vers Dieu aussitôt après la mort lui est étrangère. On la trouve seulement dans le judaïsme hellénique (Sag. m, 1-9; iv, 7; v, 15-16; vi,
On ne peut guère douter que les Esséniens aient cru à une rétribution qui s'exerçait immédiatement après la mort. Cette doctrine ne leur venait pas du judaïsme; le fait qu'elle était en rapport chez eux avec la foi à la préexistence des âmes suffirait aie prouver (2). L'Ecclésiaste refléterait-il néanmoins, dans m, 21, leurs théories? En aucune façon. Il est vrai que, d'après les Esséniens, et à supposer que l'historien Josèphe ne défigure nullement leurs croyances, les âmes pieuses, délivrées de la servitude du corps, «se réjouissent et sont emportées dans les airs, tots /ai'pEiv xa\ [jLETEtopouç œc'psaôai ». Mais ce n'est pas au ciel, ni auprès de Dieu qu'elles vont : elles gagnent seulement, à travers les airs, le séjour terrestre qui leur est réservé au delà de l'océan. A l'expression de Josèphe : « être transporté par la voie des airs », on ne peut donc comparer celle de l'Ecclésiaste, pour lequel « monter en haut » n'a qu'un sens, nettement déterminé par xii, 7 : « retourner à Dieu ». Mais surtout, l'Ecclésiaste n'agite aucunement dans m, 19 ss., comme le faisaient les Esséniens, la question de la rétribution morale. Il ne distingue pas entre les justes et les impies. A « monter en haut » il n'oppose pas « descendre au cheol », mais « descendre en bas vers la terre », qui est fort différent. 11 n'a point en vue l'âme séparée, mais le souffle impersonnel de vie. Il assimile la fin de l'homme, quel qu'il soit, à la fin de l'animal, en ce sens que le corps et le souffle dévie de l'homme, n'étant pas d'une autre trempe que le corps et la force vitale de la bête, se dissocient de même après un temps, et subissent après la mort le même destin. Le corps de l'un comme de l'autre retourne à la poussière, et le souffle de vie de tous deux se perd en terre ou est ramené vers Dieu, qui le reprend comme il l'avait donné (3. Uest donc impossible de dire avec le P. Condamin que dans m, 21 l'Ecclésiaste hésite « entre l'ancienne conception du scîieol et les idées nouvelles plus consolantes qui préparaient la doctrine évangélique ». 11 ne trahit aucune connaissance de ces dernières. Il liésiteseulcment entre la conception ancienne, d'après laquelle le souffle de vie de tous les êtres animés, bêtes et gens, remontait à Dieu après le trépas, et les idées nouvelles, moins naïves, qui renvoyaient à Dieu le seul souffle de vie de l'homme, parce que plus noble et meilleur, et laissaient à la terre celui de l'animal, censé d'ordre inférieur. Si d'ailleurs la rouah désignait l'âme, et si dans m, 21 l'Ecclésiaste balançait vrai-
(1) Sur toutes ces questions voir Scuûreu, II, p. G3y ss.
(2) Cf. SciiunER, II, p. 676; J. Tixeront, Histoire, des Dogmes, Paris, 19o5, I, p. 40.
(3) Voir ci-dessous, p. 187 s. et cf. le coni. do ni, iy-21 et xii, 7.
l'ecclésiaste et la littékature apocalyptique. 77
ment entre la croyance traditionnelle au sombre cheol et la foi plus consolante à l'immortalité bienheureuse, on devrait logiquement conclure que dans xii, 7 il se prononce enfin en faveur de celle-ci (1). Or, soit le P. Condamin, soit le P. Zapletal se sont bien gardés de tirer cette conclusion. 11 ne leur a pas échappé que l'Ecclésiaste, s'il était parvenu, après bien des réflexions, à se convaincre de la rétribution future, aurait parlé dans ses derniers chapitres tout autrement qu'il n'a fait, à moins qu'il n'eût détruit son livre pour en écrire un autre qui aurait ressemblé aux premiers chapitres de la Sagesse. 11 est donc entendu avec le P. Condamin et le P. Zapletal que xii, 7 ne se prononce pas en faveur de l'immortalité bienheureuse. Mais cette interprétation condamne celle que ces deux exégètesont donnée de m, 21.
Il est une série d'autres textes dans lesquels on pourrait être tenté de voir des allusions de l'Ecclésiaste aux apocalypses, et c'est sans doute à ceux-là que songeait Pienan quand il a écrit les paroles qu'on a rapportées tout à l'heure. Ce sont III, 11. 22 in fine; vi, 12 inf.; vu, 14, 24; VIII, 7, 17; X, 14. qui nient avec une insistance singulière que l'homme puisse découvrir ce que réserve l'avenir, et encore i, 4 b, 9-10; m, 14-15 et VI, 10, qui affirment non moins énergiquement la perpétuelle uniformité des événements, de ceux du futur comme du passé. Pourquoi celte préoccupation d'ôter à l'homme toute espérance de faits extraordinaires, de lui enlever toute prétention de pénétrer les desseins de la Providence ? N'est-ce pas que précisément au temps où l'Ecclésiaste écrivait, des hommes annonçaient avec assurance ce que devaient être les temps futurs, et accumulaient à l'horizon de l'humanité les phénomènes les plus surprenants et les plus inouïs? L'Ecclésiaste n'a-t-il pas voulu faire cesser le mirage décevant des apocalypses, prévenir la divagation des désirs (vi, 9), en un mot fermer complètement l'avenir pour les vivants, comme pour les morts (ix 4-6. 10) ? Avec un peu d'excès seulement, il aurait fait œuvre de bon sens, rappelé à la conscience de la réalité des imaginations qui s'égaraient. Comme plus tard saint Paul écrivant aux Thessaloniciens (1 Thess. v, 1 ss. ; 11 Thess. ii, 1 ss. ; m, 11-12), il aurait rappelé peut-être encore à la loi du travail et de l'effort personnel ceux qui n'attendaient leur salut que du ciel [iv, 5: x, 15; xi, 1-G). Qui sait même si les bavards et les sots dont il se plaint (x, 13-14; cf.
(U Le P. Condamin écrit que l'Ecclésiaste a pu, « dans sa conclusion, envoyer l'àme tout simplement entre les mains de Dieu, sans marquer l'endroit ». Mais c'est fort bien « marquer l'endroit » que de dire <( l'àme retourne à Dieu » par opposition au corps qui .< retourne à la terre », surtout quand on a précédemment (iir, 21) hésité sur la question de savoir si l'àme monte au ciel après la mort ou descend au cheol, et exprimé cette dernière idée par les mots « descendre vers la terre ». Personne n'admettra que dans de pareilles circonstances « retourner à Dieu » n'exclue pas la descente au cheol.
IXTRODLCTIOX.
XII. 12) ne sont pas précisément des faiseurs d'apocalypses? L'époque de l'Ecclésiaste se révélerait jusque dans la pseudonymie dont il use. et dans l'emploi de certaines expressions qui sont techniques en eschatologie, comme « les jours qui viennent » (ii, 161 (1) ; et peut-être aussi « le monde » qui préoccupe tant le cœur de l'homme (m, 11 est-il déjà c le monde qui vient)- (2). L'Ecclésiaste serait, beaucoup plus qu'on ne l'a pensé, un écrit de circonstance.
La fiction dont use l'Ecclésiaste dans i, 12-ii ne saurait être identifiée avec la pseudonymie des auteurs d'apocalypses, et les expressions qu"on vient de rappeler ne constituent en aucune façon des allusions eschatoloo-iques (3). Quanta la première série des textes allégués m, 11 etc.'. si l'interprétation qu'en donnera le Commentaire est exacte, leur auteur ne se préoccupe pas de découvrir un avenir lointain, mais seulement de discerner l'avenir immédiat, dans le dessein de savoir ce qui réussira, ceci ou cela (cf. xi, 6), et de régler ses actes sur cette prévision. Il souhaite seulement une connaissance du plan divin qui lui permette de mener à bien ses entreprises (cf. ix, 11-12 . L'eschatologie ne le tourmente pas. Lespérance, pour lui, ne dépasse point les limites de la vie actuelle. L'ancienne conception du cheol est toujours, de son temps, en état de possession tranquille. La vie présente ne suffit plus, du moins à Qohéleth. On ne tardera pas à chercher mieux; mais ce n'est pas encore chose faite. Les textes de la seconde série (i, kh etc.) révèlent un état d'esprit diamétralement opposé à celui des auteurs d'apocalypses. Mais on en trouve de tout pareils dans Marc Aurèle (4), qui ne se souciait de combattre aucune espérance eschatologique. Si d'ailleurs les paroles de l'Ecclésiaste avaient besoin d'être expliquées par quelque circonstance déterminée, on pourrait se souvenir que les excès des faux prophètes avaient lassé la crédulité du peuple, et pour longtemps déconsidéré la profession (Zach. xiii, 2-5) 5). Mais à bien prendre les textes, ils ne font aucune allusion à des promesses prophétiques ou eschatologiques : i, 10-11, comme m, 14-15, concerne le train ordinaire des choses humaines et non pas la consommation finale. Les « choses nouvelles » de Qohéleth ne sont pas aussi extraordinaires que les merveilles du « monde futur », puisque souvent déjà on a cru les voir, et qu'elles se sont effectivement réalisées dans le passé. L'Ecclésiaste veut seulement mettre en évidence un des procédés de Dieu dans le gouvernement du monde, celui (jui consiste à ramener sans fin les mêmes événements. 11 note ce procédé,
(1) Cf. DuHM, Dus Biich Jesaia, Gôttingen, 18ît2, sur Is. \xvii, (1
(2) Cf. Laoraxoe, Le Messianisme, p. 162.
(.3) Voir ci-dcssiius. p. 12fi s. cl cf. le coin, de ii. le o[ m. 11.
(4) Voir ci-dessous, p. 88 s.
(5) Cf. Laoranc.e, Le Messianisme, p. 'lO.
qui lui semble décourageant pour nos efforts, parce qu'il sied à un pessimiste de rechercher ce qui décourage, mais aussi parce que, dans toute la conduite de la Providence, c'est presque la seule loi que l'homme puisse découvrir, les principes d'après lesquels Dieu se dirige, et le but qu'il poursuit, échappant d'une façon totale à notre connaissance.
A quelque point de vue qu'on se place, c'est se faire illusion que de croire trouver dans l'Ecclésiaste des traces d'iniluence de la littérature apocalyptique.