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Le texte hébreu

Le texte hébreu de l'Ecclésiaste est dans l'ensemble assez bien conservé. Néanmoins quelques versets ont dû être déplacés, à moins qu'ils ne constituent des gloses, comme il est probable. D"autres présentent des traces d'altération quïl est impossible de méconnaître. Le Commentaire signale les uns et les autres.

Aucune des confusions commises dans la transcription du texte ne nous oblige à supposer que le livre ait été écrit avec les anciens caractères hébreux, dits phéniciens. A en juger par la date à laquelle il vivait, l'auteur a dû employer une forme d'écriture araméenne, intermédiaire entre les caractères susdits et les caractères carrés, mais beaucoup plus voisine de ceux-ci. Les papyrus araméens trouvés à Eléphantine témoignent de l'usage pour cette langue, dès le v^ siècle avant Jésus-Christ, d'une écriture déjà plus rapprochée de la carrée que de la phénicienne (1). Une écriture analogue devait être usuelle pour l'hébreu deux siècles plus tard, bien que l'alphabet ancien ne fût pas abandonné. Nous n'avons pas de preuve de l'existence de l'écriture proprement carrée à une date antérieure à l'an 176 avant Jésus-Christ.

En l'état actuel de la paléographie, il est difficile de fixer avec quelque certitude la date des manuscrits hébreux de la Bible. Mais aucun de ceux qui contiennent l'Ecclésiaste n'est antérieur au xi* siècle. Le Commentaire fait usage des collections de variantes recueillies par Benjamin Kennicott (2) et par J.-B. de Rossi (3), de l'édition de S. Baer (4) et de celle de S. R. Driver dans la Bible de Kittel (5).

(1) « Elle est déjà presque carrée », écrit le P. Lagrange {RB, 1907, p. 267).

(2) Velus Teslamcntum hebraicum cum variislectionibus, Oxonii, 1776-1780.

(3) Variae leciiones Veteris Tcslamentl, Parmae, 1784-1788; Supplementum, 1798.

(4) Quinque Volamina, Lipsiae. 1886.

(5) BibliaHebraica, Lipsiae, 1905-1906.

f; 2. Les Septante.

La traduction grecque de l'Ecclésiaste contenue dans les Septante trahit dans maint détail la manière servile d'Aquila. Déjà Montfaucon (1) croyait pouvoir afïïrmcr qu'elle contenait beaucoup d'éléments empruntés à Aquila : et alioquin multa ex Aquila in tevtuni Ecclesiastae twv O' ùn>ecta sunt. Z. Frankel (2) a écrit: « Elle semble lui appartenir », Grâtz (3), à l'instigation de Freudenthal(4), et charmé de trouver dans cette hypothèse un appui pour sa théorie de l'origine tardive de l'Ecclésiaste (5), a décidément attribué cette version au célèbre traducteur juif. Mais une difficulté surgit immédiatement. Nous connaissons la traduction d'Aquila, du moins en partie, par les fragments des Hexaples qui nous ont été conservés. Or, ces fragments diffèrent souvent du texte des Septante. Celui-ci n'est donc point l'œuvre d'Aquila. D'ailleurs saint Jérôme (6) mentionne ensemble et oppose la version des Septante et celle d'Aquila : comment les confondre? C'est précisément saint Jérôme qui a fourni à Griitz la réponse à l'objection. Ce Père nous apprend (7) qu'il existait deux éditions de la traduction d'Aquila, et que la seconde était plus littérale que la première : Aquilae i>ero seciuida editio quam Hebraeî y.(xi:àoix.pi6£ia.v nommant. La traduction reçue dans les Septante et qui rend servilement nx par cuv, serait donc la seconde édition d'Aquila. Quant aux fragments hexaplaires qui portent son nom, ils seraient tirés de la première ou de la seconde édition (8). Aug. Klostermann (9) a suivi Grâtz, mais en identifiant les Septante à la première édition d'Aquila. Renan est plus réservé : « Si cette traduction (celle des Septante) n'est point d'Aquila, elle

(1) Hexaplorum Origenis quue supersnnt, Parisiis, 1713, ad Eccl. vu, 23.

(2) Vorstudien zu der Septuaginta, Leipzig, 1841, p. 238, noie.

(4) Freudenthal, dans Ilellenistische Studien, Breslau, 1875, p. G5, a afTirmé sa priorité.

(5) Aquila a vécu au temps d'Hadrien (cf. Sghuerer, III, p. 436).

(6) Praef. in Eccl. [P. L. XXIII, 1011 s.).

(7) In Ez. III, 15 (P. L. XXV, 39).

(8) « Es liât aiso ohne Zweifel auch von Koheleth zweierlei Uebersetzungen des Aquila gegeben... Die Septuagintal-Uebersetzung von Koheleth, welche duv fur UN' wiedergibt, kann demnach die secunda editio sein... Die Uebersetzung dagegen welche den Namen Aquila's triigt, und von der wirnur hexaplarische Fragmente haben, kann aus dev prima oder secunda editio ausgezogen sein » (Gratz, p. 179). Cette opinion n'a pas toujours été exactement rapportée. C'est ainsi que Dillmann (p. 9-10), Me Neile (p. 115) et Tiarton (p. 9) prétendent que Grâtz reconnaît dans les Septante la première édition d'Aquila. Mais Wright (p. 50), Euringer (p. 6) et E. Klostermann (p. 45) aErment avec raison qu'il identifie les Septante à la seconde édition du traducteur juif.

(9) Th. SI. und Krit., 1885, p. 153 ss. D'après E. Klostermann (p. 46), Leimdorfer aurait également accepté les théories de Grâtz.

est au moins de son école et de sa manière » (1). Kônig (2) soutient aussi qu'elle est, sinon d'Aquila lui-même, au moins d'un précurseur d'Aquila, travaillant d'après la même méthode.

Me Neile (p. 115 ss.) a repris la question, et on peut dire qu'il l'a renouvelée. Pour lui, comme pour A. Klostermann, la version contenue dans les Septante est la première édition d'Aquila; les fragments hexaplaires représentent la seconde, laquelle n'était qu'une révision de la précédente. Comment Aquila a-t-il pu être amené à retoucher son premier travail, il n'est pas malaisé de le deviner. Aquila fut, on le sait, le disciple d'Aqiba (3). Le système d'interprétation littérale de celui-ci attribuait une signification à chaque particule et même à chaque lettre des livres saints, et exigeait par conséquent que le texte en fût fixé jusque dans les moindres détails. Ce fut donc sans doute par l'initiative et sous la direction d'Aqiba que fut entreprise et menée à bien la révision du texte hébreu qui ramena tous les manuscrits à l'unité. Néanmoins, Aqiba n'avait pas inventé le respect de la lettre. Il avait eu des précurseurs. La première traduction d'Aquila, exécutée sous l'influence de cette école littérale, était déjà servile, mais basée sur un texte non révisé. La seconde a été faite surle texte corrigé par Aqiba et sous son influence personnelle. Les manuscrits qui conservent le plus fidèlement la version grecque primitive (4) supposent en effet un texte hébreu différent, sur plusieurs points, du texte canonisé au second siècle et stéréotypé plus tard par les Massorètes. Ces vues, exposées par Me Neile, ont été adoptées par Barton (p. 7 ss.).

La théorie de Grâtz a été combattue par Wright (p. 50 ss.), Euringer (p. 6 ss.), A. Dillmann (5), E. Klostermann (6), Wildeboer (p. 119 s.) et Schiirer (7). Ces critiques expliquent les ressemblances entre les Septante et Aquila en supposant que les premiers ont été corrigés à l'aide du texte du second ou du moins d'après sa méthode. Fr. Buhl (8) et Siegfried (p. 24 s.) ne croient pas pouvoir se prononcer.

La question se pose d'abord de savoir si vraiment Aquila a fait deux éditions de son œuvre. Le témoignage de saint Jérôme est isolé, mais trop formel et trop répété pour qu'on puisse le révoquer en

(1) P. 54. Cf. p. 56: « Les deux versions, au moins, sont sûrement contemporaines. » Selon Dillmann (p. 3), A. Lods (L'Ecclésiasle et la philosophie grecque, Paris, 1890, p. 50) aurait adopté l'opinion de Renan.

(2) Ëinl. p. 108 et 427.

(3) Cf. JÉRÔME, In Is. VIII, 14 (P. L. XXIV, 119).

(4) Les mss. B et 68. "Voir ci-dessous, p. 207.

(5) Sitzungsberickte der k. preiissischen Akademie der Wissenschaften zii Berlin, Jahrgang 1892, erster Halbband, p. 3-16.

(6) De libri Cohelelh versione alexandrina, Kiel, 1892, p. 37 ss.

(7) III, p. 438 s.

(8) Kanon und Texl, p. 123; cf. p. 125 et 155.

doute(lK Cependant il ne mentionne les deux éditions qu'au sujet de Jérémie, d'Ezéchiel et de Daniel. Il est vrai qu'on trouve dans divers témoins des leçons divergentes attribuées pour le même texte à Aquila, leçons qui , sauf confusions toujours possibles, pourraient se référer à deux éditions différentes (2). Le cas ne se présente pas d'ailleurs pour l'Ecclésiaste. Nous ignorons donc si la seconde édition d'Aquila embrassait tous les livres bibliques, ou seulement quelques-uns, et si l'Ecclésiaste était du nombre de ceux-ci. Qu'on prenne garde en outre que saint Jérôme parle de deux éditions ou recensions d'un même texte, et non pas d'une traduction nouvelle. Il emploie régulièrement le terme editio pour désigner les deux formes d'Aquila. Bien plus, de ses façons de parler (3), il résulte que le nom d'Aquila servait essentiellement à désigner la première édition do ce traducteur, et que la seconde, adoptée de préférence parles Juifs, mais peu répandue hors de chez eux, était suffisamment désignée par l'appellation editio hebraeonim et la qualification xax' «xpiêeiav, sans l'adjonction du nom de l'auteur (4). Cette considération ne permet guère de croire qu'on ait incorporé aux Septante la première édition d'Aquila sans garder aucunement le souvenir de son origine, ni qu'on ait ensuite considéré simplement comme la version d'Aquila la traduction révisée xaV àxpi'éEiav. Il n'est pas vraisemblable que les notions et dénominations reçues aient été ainsi interverties, et c'est un fait assez significatif que, soit saint Jérôme, soit surtout Origène, qui n'est postérieur que d'un siècle à Aquila, désignent toujours la version contenue dans les Septante par les mots xaxà ToùçO'. L'un et l'autre étaient fort versés, on le sait, dans ces questions de traductions et de recensions.

Les traits de la version grecque qui présentent les caractéristiques d'Aquila et trahissent saliltéralité sont, il est vrai, remarquables. Le grec maintient très exactement l'ordre des mots de l'hébreu, « si bien qu'on pourrait imprimer le texte grec sous l'hébreu comme une traduction

(1) Saint Jérôme fait 27 fois mention des deux éditions d'Aquila, ou de l'une seulement des deux, mais comme étant la première ou la seconde; cf. In Jer. (P. L. XXIV, 719, 740, 765,804, 810. 818) ; In Ez. {P. L. XXV, 39, 42,47, 50, 53, 80, 86,130, 133, 134, 178, 187, 188, 209, 211, 252, 390, 394, 408, 436); In Dan. {P. L. XXV, 496).

(2) Cf. FlELD, I, p. xxvi-xxvii.

(3) Cf. In Jer. viii, 17 (P. L. XXIV, 740); In Ez. xlii, 1 et xliv, 17 (P. L. XXV, 408, 436) où, à Aquila nommé sans autre détermination et en premier lieu, est opposé ensuite secundo Aquilae editio ;ei surtout//! Dan.i, 3 (P. L. XXV, LXX496) : Pro çop9oii.5Atv, quod Theodotio posait, lx\ et Aquila electos transtulerunt, Symmachus Parthos, pro verbo nomen gentis intelligens, quod nos juxla edilionem Hebraeorum quae v.'xi'ày.piêzia.'v legitur, in tyrannos vertimus.

(4) Comme saint Jérôme est ici le seul témoin et qu'Origéne, qui vit un siècle seulement après Aquila, ignore sa seconde édition, on pourrait même se demander si cette révision a été faite par Aquila en personne et non par les Juifs, dont sa traduction était devenue le texte reçu. Cependant, les termes dont se sert ordinairement saint Jérôme ne favorisent pas cette hypothèse.

juxtalinéaire « (1). Une des particularités les plus singulières d'Aquila consistait à rendre chaque partie du discours, même les particules, par un mot grec correspondant, sans souci d'ailleurs des règles de la syntaxe grecque. L'exemple typique déjà cité par saint Jérôme (2) est celui de la particule HK, signe de l'accusatif, rendu, tout comme ns préposition, par oûv, le complément qui suit gardant le cas (ordinairement raccusatif) qui lui convient dans la proposition (3). Or, sur les 72 fois (4) où nx signe de l'accusatif se rencontre dans le texte hébreu de l'Ecclésiaste, le grec le rend 32 fois par cuv, y compris v, 3, 6; x, 20, au sujet desquels on peut voir le Commentaire, et les cas où on lit actuellement duixTiav, etc. ; car jamais crufxuav n'est employé dans le livre pour rendre Sd ou Sdh non précédé de nx : il n'est donc pas original, mais représente une corruption de ctÙv ttôcv. Restent 40 cas. Me Neile pense que pour 31 d'entre eux, où riiébreu n'a pas l'article, l'article grec, conformément à l'usage d'Aquila, représente riN. Dans 9 cas seulement l'absence de auv ne saurait être expliquée. Mais l'usage d'Aquila lui-même n'est pas invariable sur ce point. Enfin de compte, et bien que quelques manuscrits grecs de tels ou tels livres bibliques introduisent parfois aûv pour traduire rx dans leur texte, il n'est pas un seul livre des Septante qui présente au même degré et d'une façon si régulière cette particularité aquiléenne. L'Ecclésiaste en contient d'autres encore. Ainsi, wx et aai sont presque toujours traduits par xa( ys, qui n'est pas une caractéristique exclusive d'Aquila, mais marque la tendance de la version à la littéralité. Aé et yâ?, si fréquents ailleurs dans les Septante, sont absents de l'Ecclésiaste (et du Cantique): 1 est toujours traduit par xaî (5), et "ij ou ty causatifs par o-i (6). Le ^p de comparaison est rendu dans la plupart des cas par GTrép, quelquefois par Trapi ou -^j jamais par le génitif. L'infinitif construit précédé de S trouve son équivalent dans l'infinitif précédé de tou, dans des cas où les Septante n'auraient pas introduit l'article, par exemple après SûvaaOai (i, 8; vin, 17), Yvcôvai (iv, 13; X, 15), àYaOôv (m, 12; v, 17; vin, 15 ; xi, 7), xaipo'ç (m, 2-

(1) Dale, .1 C.oinmcnlurtj on Ecclesiasies, London aiid Cambridge. 187;i. (2)£'/J. LVII adPanim. 11 {P. L. XXII, 578).

(3) Aquila n'a pas dû considérer aûv, dans ce cas, comme une préposition, mais il lui aura donné le sens adverbial qui lui est en effet attribué aussi en grec; cf. E. Klostermann (p. 41 s.). Dillmann (p. 5] fait observer qu'un Grec ne pouvaitguère comprendre cvv autrement et signale que la version éthiopienne a essayé de le traduire en conséquence par des équivalents de conjunctim, una, omnis, lotus, simul. C'est ainsi que semble l'avoir compris aussi et voulu rendre la version sahidique dans ii, 7 (lolam) et m, 17 [simul).

(4) En omettant ix, 14 où la particule précède un suffixe.

(5) Excepté VII, 4 : xapSIa 5é dans G (V 252) et Sh.

(6) La conjonction yâp ne se lit que dans v, 15 où elle doit traduire "i^. D'après Me Neile (p. 160j, le membre de phrase où elle se trouve ï^eiait emprunté à la traduction de Symmaque.

8) etc. Ce mode de traduction n'est cependant pas régulier dans TEcclésiaste. Mais il faut signaler tw XÉyeiv, qui est bien aquilécn, pour traduire nasS, et l'article pour rendre S devant un nom (n, 16, 26; m, 1, 17; iv, 8,11, 16; VII, 27; IX, 4; x, 3 ; xi, 2). On jjcut enfin relever un certain nombre de termes familiers à Aquila, ou dont la liltéralité rappelle sa manière : xaôo'oouç pour DiQ^B (vi, 6 ; vu, 22), xa-cairovTÎÇEiv pour vSz (x, 12), (TuxocpQtvTeTv pour pr" (iv, 1 ; v, 7; vu, 7), axoûdiov pour njJU; (x, 5), crujjLtpwvwç pour navS (vu, 14), duvTpo/ddri pour yiJ (xii, 6), evTpiToç pour uSca (iv, 12), Trapà suivi du génitif pour iSy2 (v, 10 etc.), (XYaOoauvf, pour n2"l"C (iv, 8 etc.), iaiâ-zYi pournnnx (vu, 8; x, 13) (1).

Mais en revanche. Dillmann (2)énumère une cinquantaine de passages où la traduction des Septante diffère de celle d'Aquila. Tantôt elle manque de littéralité : v, 4, l'infinitif pour rendre "i^jn; v, 15, wŒKep; vi, 10, eiTi; vil, 1, Y^vvr^ffewç; vu, 0, twv àcppo'vwv ; viii, 8, èv •/^lU-épa TToXéaou; viii, 10, £X TO'j ayiou; ix, 11, tw aotpôi ; X, 1, eXaiov ■^o6a[L(xxo<i ; XI, 5, ÈttI to auTo; tantôt elle est plus littérale que les fragments d'Aquila : i. 8, G Iyxottoi, 'A xottiScriv; IV, 17, G Toù àxouEiv, 'A. wœte àxousiv; v, 7, G in aùtouç, 'A fjLex' aùrouç; v, 18, G xai'Ye, 'A aXXà xai ; vu, 10, G xî iyi'^iro, 'A 3ià Tt ; vu, 17, Gev ou xaipôi cou, 'A TrpoTOÙxaipoïï cou; viii, 6. G xpi'aiç, 'A xpoTroç; viii, 11, G STcXyipoipopr^Or) xapSt'a uîtov TOU (XvOpoWou, 'A £ToX[/.v]cav oî uîot Twv àvOpioTTOJV ; IX, 13, G Trpoi; [ae, 'A itap £1X01 ; IX, 18, G (jx£uriTroX£{Aou, 'A ax£ur, TCoXgfJitxâ; xii, 10, G xal ^B^pa^i^ii^o'^ tà^6- -crjToç, 'A xai (iuv£Ypaij;£v opôwç (3) . Il arrive aussi aux Septante de traduire fautivement : ii, 2, t( touto TcoteTç; ii, 12, xî-ç jîouXriç; ii, 16, at #,[A£pai au nominatif; II, 23, dXYr,iji.àxo)v xat ôufxoù au génitif; v, HZ»; vu, 25, (xceSouç àcppo<ïûvr,v; VIII, 11, àvx(p^r|(Tt(; ; x, 3b, etc. (4).

Si Ton recherche ce que pouvait être l'original hébreu des Septante, on parvient aux conclusions suivantes. Leur texte différait de celui de la Massore dans une quarantaine de cas : i, 18; ii, 3, 24 bis; m, 19; v, 5, 16 bis; VI, 12; vu, 12, 14, 22, 24, 26; viii, 2, 4, 6, 9, 10 bis, 11, 12 bis, 13, 16 ;ix, 1, 2 bis, 4, 9 bis, 10, 14; x, 1, 17; xi, 5; xii, 9 bis, 13 (5). Dans trois de ces passages (vu, 14, 22; xi, 5), Aquila est d'accord avec les Septante; dans six (i, 18; v, 5; viii, 9, 10; ix, 9; xii, 9), avec la Massore; pour les autres, il diffère de tous deux à la fois (cf. viii, 13; xii, 13), ou nous ignorons sa leçon. Les confusions de lettres, qu'elles soient dues au copiste hébreu ou à la mauvaise lecture du traducteur, sont assez nombreuses : 3 a été lu au lieu de :: dans ii, 3 ; ix, 10; 2 au lieu de d dans VI, 12; "I au lieu de i dans vu, 22; i au lieu de i dans vin, 6; "i a disparu

(1) Dillmann, p. 7.

(2) P. 8-9. Me Neile (p. 121-126) a démontré, il est vrai, qu'une vingtaine de mots employés dans ce cas par les Septante se trouvent ailleurs dans Aquila.

(3) Me Neile, p. 123 s.

(4) Pour le détail de ces textes et des suivants, se reporter au Commentaire.

(5) Cf. Dillmann, p. 10 s.

dans r, 10; etc. Les Septante ont lu d'autres voyelles dans une douzaine de cas : i, 10; m, 16, 19; iv, 11; v, 3, 11, 14; vi, 3, 9, 12; vu, 15; vm, 1, 12; dans m, 16, Aquila est avec la Massore. Enfin, le grec a ajouté un certain nombre de gloses : ii, 15; vu, 2, 21; x, 19, et d'autres sans importance, et quelques corrections qui paraissent s'inspirer d'un motif théologique : m, 16; iv, 17; xi, 9. Bien que l'original hébreu que le traducteur grec avait sous les yeux n'ait pas différé, pour le fond, du texte massorétique, il comportait donc un certain nombre de divergences. Dans le plus grand nombre de cas, la Massore a gardé la leçon primitive. Mais il arrive que celle-ci soit représentée par les Septante (1).

L'original hébreu qui servit de base à Aquila se rapprochait beaucoup plus du texte massorétique. Il en différait encore cependant : dans vu, 14, il avait riTl pour nir^ ; dans vu, 22, y-it pour 'JV ; dans viii, 12, nn pour nxa;dans xi, 5, iur»si pour iuJkd; et dans vm, 4, il lisait iiT pour 1n^. Mais toutes ces divergences, sauf vm, 12 qui est corrompu, ne supposent pas un autre texte que celui des Massorètes; elles proviennent seulement de confusions de lettres faciles à commettre, et vm, 4 ne présente même qu'une erreur de vocalisation. La vraie leçon est gardée dans tous les cas (excepté peut-être vm, 12) par le texte massorétique, et Aquila s'en écarte toujours, même dans vm, 12. Les divergences entre le grec et la Massore sont autrement considérables, et les Septante ont du moins l'avantage de garder de temps en temps contre elle la teneur primitive du texte, bien que par ailleurs leur original hébreu présente plus d'incorrections. Si donc leur méthode se rapproche d'Aquila, on peut dire que leur texte les en éloigne.

Faut-il en conclure que TEcclésiaste grec est une première édition d'Aquila, faite sur un texte divergent? Il ne semble pas. Dans ce cas en effet, la version des Septante devrait se trouver dans un rapport plus constant et plus étroit avec les fragments d'Aquila, puisque ceux-ci ne sauraient dès lors constituer qu'une révision de la traduction primitive. Me Neile lui-même (2) avoue qu'il reste dans l'Ecclésiaste grec un grand nombre de mots et de phrases qui ne sont point du style d'Aquila, tel qu'il nous est connu par les textes à lui attribués. La version des Septante n'a pas dû non plus être corrigée d'une façon systématique et à fond d'après le texte d'Aquila. Ce n'est pas à un travail de ce genre qu'est dû son littéralisme; car il lui arrive précisément d'être très littérale, là où les fragments d'Aquila le sont moins. Il eût fallu, si les Septante n'avaient déjà opéré d'après des principes très étroits, bouleverser tout l'ordre du texte, pour le conformer à l'ordre de l'hébreu. Une révision de ce genre

(1) Voir en particulier dans le Commentaire : ii, 24; m, 19; v, 16: vu. 12; ix, 1,2.

n'eût pas laissé subsister dans le grec tant de divergences avec Aquila et en particulier celles que présentent I, 18; m, 16; viii, 4,9; ix, 9; xii, 9. Enfin elle aurait ou pour résultat d'y introduire un certain nombre de traductions doubles; or l'EccIésiaste n'en contient pas plus relativement que les autres livres (1). Si les Septante avaient été corrigés d'après la méthode d' Aquila sans l'être d'après son texte, cette correction aurait dû avoir lieu de très bonne heure, soit parce qu'il ne reste aucune trace d'un état antérieur de la version, soit parce que le goût du littéralisme excessif passa assez vite. On peut même dire qu'il ne réussit guère à s'implanter en dehors des milieux juifs. D'autre part, si l'on considère qu'Aquila n'a pas dû être un initiateur, qu'il marque le point culminant d'une méthode plutôt que son point de départ, et si Ion admet que la traduction en grec de l'EccIésiaste est notablement moins ancienne que celle des autres livres de l'Ancien Testament, on aura une explication suffisante du littéralisme de son auteur. Il est difficile d'être plus précis, de marquer des dates, comme aussi de déterminer si la version avait, dès son origine, tous les caractères de littéralité que nous lui connaissons, ou si elle en devrait quelques-uns à une révision postérieure.

Aucun des manuscrits connus de l'EccIésiaste grec ne représente l'état primitif de la version. Tous, bien que dans une mesure variable, ont subi des modifications hexaplaires et ont été ainsi rendus plus conformes au texte hébreu canonisé au second siècle. Les manuscrits les moins contaminés, et qui reproduisent le plus souvent l'état du texte antérieur à Origène, sont le codex Vaticanus et le codex 68 de Holmes et Parsons. Ce dernier est, de tous, celui qui se rapproche le plus du Vaticanus. Il est d'accord avec B dans presque tous les cas où celui-ci s'oppose aux autres manuscrits onciaux; et quand il s'en écarte, il arrive qu'il représente un texte plus ancien. « 11 a, dit Me Neile (2), les qualités de B et n'a pas tous ses défauts. » Parmi les citations de l'EccIésiaste que présentent les écrits des Pères grecs, celles de saint Grégoire d'Agrigente sont particulièrement intéressantes en raison de leur divergence.

Le Commentaire présente et discute à l'occasion les différentes leçons. Les manuscrits onciaux sontcités d'après Swete (3), les minuscules d'après Holmes et Parsons (4). On a tenu compte de la collation qui a été faite du codex Venetus (23 de Holmes et Parsons) par E . Klostermann. Pour les fragments d' Aquila, de Symmaque et de Théodotion, on se réfère à Field (5).

(1) On a cité : ii, 15; vu, 22; x, 19.

(2) P. 136. E. Klostermann (p. 9 ss.) et Me Neile (p. 135 ss.) ont dans une certaine mesure caractérisé et classé les manuscrits.

(3) The Old Testament in Greek, II, Cambridge, 189G.

(4) Vêtus Testamentuni Graecumcum variis lectionibus, III, Oxonii, 1823, p. 231-243.

(5) Origenis Hexaplorum quae supersant, Oxonii, 1875, II, p. 380 ss. et Auctarium, p. 25-27.

§ 3. L'ancienne version latine.

L'ancienne version latine a été faite sur les Septante, sans doute vers la fin du second siècle. Si nous la possédions en entier et en bon état, elle serait d'une valeur inestimable, puisqu'elle nous permettrait de rétablir le texte préhexaplaire des Septante, P, Sabatier (1) a recueilli les citations des anciens Pères qui ont utilisé cette version. Mais ces citations auraient besoin d'être comparées avec les plus récentes éditions des Pères latins (2 1. En ce qui concerne l'Ecclésiaste en particulier, Sabatier a été trop porté à considérer la traduction donnée par saint Jérôme dans son commentaire comme un témoin de l'ancienne version latine.

Quelques fragments de cette version, conservés dans le manuscrit 11 de Saint-Gall (viii*^ siècle), ont été édités par S. Berger (3). Ils contiennent : I, 4-6, 9; III, 1-8; iv, 10-11; vu, 2-5, 9, 13, 28 b\ viii, 2; ix, 4; x, 16, 20; XI, 4. Deux divergences d'avec le grec sont surtout intéressantes : m, 3 a est traduit d'abord littéralement : tempus occidendi et tempus sanandi; puis on lit : tempus infirmari et tempus sanari; et enfin au milieu du V. 7 : tempus elidere et tempus saluandi. Ce dernier mot rencontre exactement la traduction de la Pecbitta. Dans iv, 10 : Ue illi qui solus est, si ceciderit non est qui eum eleuet, la seconde partie du texte est plus proche de la Pechitta : quia si ceciderit non est quispiam qui erigat eum, et aussi de saint Basile (4), que d'aucune autre traduction, sauf la Vulgate ; mais celle-ci peut en ce cas dépendre de l'ancienne latine elle-même.

f, 4. La version copte sahidique.

A. Ciasca (5) a publié d'après les manuscrits du musée Borgia le texte de la version copte (dialecte sahidique) de l'Ecclésiaste. 11 y manque seulement dix-sept versets, de ix, 4 à x, 2, G. Maspero (6) a donné un court fragment (xii, 12-14) de la même version. Plus récemment, Her-

(ï) Bibliorum sacroriim lalinae versiones antiquae, Reims, 1743. 1749, Paris, 1751.

(2) Cf. SwETE, Introduction ta Ihe OUI Testament in Grech, Cambridge, 1900, p. 92.

(3) Notice sur quelques textes latins inédits de l'Ancien Testament, dans \otices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale et autres bibliothèques, publiés par l'Institut national de France, tome XXXIV, 2'^ partie, Paris. 1895, p. 139-140. On trouve aussi quelques leçons marginales dans le ms. 11553 (Bible de Saint-Germain) de la Biblioliièque nationale : cf. S. Berger, Histoire de la Vulgate pendant lespremiers siècles du moyen âge, Paris. 1893, p. 121-122.

(4) Voir le Commentaire.

{b) Sacrorum Bibliorum fragmenta copto-sahidica, II, Romao, 1889, p. 195-214. (6) Dans Mémoires de la mission française archéologique au Caire, VI, Paris, 1892, p. 197.

bert Thompson (1) a édité un papyrus du Musée britannique contenant divers fragments des livres sapientiaux, et en particulier : Eccl, v, 6- 10; VII, 3-0, 29-30; viii, 1-5, 8-17; ix, 3-6, ajoutant ainsi à Ciasca seulement IX, 4-6.

La version copte, qui a été faite sur les Septante, pourrait être un excellent témoin du texte grec primitif, si elle était antérieure à Origène ou n'avait été retouchée daprès le texte hexaplaire. En réalité, telle qu'elle nous est parvenue, elle contient la plupart des modifications que le grec lui-même a subies. Mais elle est ordinairement avec les meilleurs elles plus anciens manuscrits de celui-ci. Elle s'écarte avec eux du texte massorétique dans les versets suivants : i, 10, 18; ii, 3, 24 bis; m, 19; V, 5, 10 his; vi, 12; vu, 12, 14 (bien que copte ait mal lu G), 22, 24, 26; viii, 2, 4 bis, 6,9, 10 bis, 11, 12, 13, 16; ix, 1, 2 bis, 4; x, 17; xi, 5; XII, 9 (xal o5ç xtX.), 13. Dans xii, 9 (tôv Àaov) seulement, C est avec M contre G. Le copte s'écarte encore de la Massore, avec le grec, pour la lecture des voyelles dans m, 16, 19; iv, 11; v, 3, 11, 14; vi, 9; viii, 1, 12. C a les mêmes omissions que G dans i, 17 ; ii, 6, 12, 15 bis ; m, 19 ; v, 12; VI, 8 ; vu, 1,6; viii, 4, 5 ; x, 13; et les mêmes additions dans : i, 13; II, 15; m, 11, 17, 19 bis, 21; iv, 17; vu, 21; viii, 9; x, 14, 19, 20; et aussi les gloses caractéristiques de m, 16; iv, 17; vu, 2; xi, 9. Il n"a pas la double traduction de vu, 22; mais il a celle de x, 19. Quelques gloses assez répandues dans les manuscrits de G manquent chez lui, par exemple : ii, 19 (eî devant EÇoucidÇeTai); v, 1 (avoj) ; vu, 3 (^tt après ^). D'après Dillmann (2), il aurait retenu quelques leçons préhexaplaires, comme dans ii, 8 : êxTy,aa(jLriv pour £ito(r,aa, et dans vi, 1 : utio tov oôpavo'v. Mais dans le premier cas, le traducteur a pu être influencé par £x-t7,aa{jiy,v qui commence le verset précédent; dans le second, sa leçon est une corruption de G. Il a quelques particules : yâp (v, 3; viii, 3); Bé (i, 4; iv, 10; v, 1 ; viii, 5, 13; xii, 9), là où les manuscrit des Septante ne les ont pas ou ne les ont plus (3).

Le copte présente quelques omissions accidentelles : par exemple, dans I, 6 in fine, to irveufjia; dans iv, 1, xai à-ro y^ipdç; dans iv, 8, xat ye uîôç xai fè àôsXcpbç oùx eotiv oôxS) ; dans vi, 11, ttoAXoi après Xo'yoi ; dans vu, 11, àyixb^ ffo<p(a (A£Tà xXr,fOvo|ji(aç ; dans A'iii, 3, oti irav 8 èàv 6£)v^ffy) 7roni;c£t ; dans VIII, 16, Toïï Yvwvai; quelques inversions : dans ix, 1, £v TouitSaiv est transporté de la fin du verset après (aTcoi;; dans ix, 2, xa\ tw xaôapw xal tw àxaôapTw est placé non après tw xoxw, mais après -rw àatëti; xii, 5 b devient : x«\ £xûxX(rt<r«v Iv «YopS oi xotctoiaevoi, oti ETtopEuQï] ô av6pt»)7ro; £iç oTxov aîtovoç aÔToo. Une répétition est à constater dans i, 16 où ènnzoioiv oU'yî'vovco

(1) The Coptic {Sahidic) Version of certain Books of the OUI Testament front a papyrus inthebriiisk Muséum, Oxford, 1908, p. 37-43,

(3) Cf. napà (I, 16; VII, 24).

xtX. se lit comme dans G à la fin du verset après ootpt'av, mais en outre après èjjLÊYa).ôv6y,v. Diverses gloses peuvent aussi bien être imputables au traducteur copte ou à ses copistes qu'à Toriginal grec.

S 5. La Pechitta.

La version syriaque Pechitta de l'Ecclésiaste a été étudiée par G. Janichs (1), puis d'une façon beaucoup plus complète et plus soignée par A. Kamenetzky (2). Cette version a été faite sur un texte hébreu peu différent du texte massorétique, plus rapproché de ce texte que ne l'était l'original de G. Elle s'éloigne cependant quelquefois encore de la Massore, tant pour les consonnes que pour la vocalisation. Elle a subi l'influence des Septante, soit que le traducteur s'en soit servi, comme dans I, 17; H, 8, 25; m, 15 (TovSiioxd[x£vov), 18{q-(i primo et SetÇai) ; v, 5 (touOeou), 12 (oppojcTi'a), 14 (TiopEoâîi), 15 (waTCsp Yo'p) ; vu, 2 (àyaSôv), 20 (aaeêeT;) ; viii, 1 ([xiarjÔY^ffêTai) ; IX, 1 (xoù xwpoi'a {jlou xtX.) ; x, 1 (ffxeuaaîav), 3 b, 10 (Trpodtoicov è-râpali), 19 (xa\ eXatov); xi, 10 (àvoia) ; xil, 13 (axoue) ; soit que la Pechitta ait été retouchée ensuite d'après G, comme dans ii, 16 (Sioti ô «cppiov xtX.) et dans divers cas de doubles traductions dont l'une répond à G : èv irévQei (v, 16); (j.aTaiOTy,ç (ix, 1); TaTTsivojcîi (x, 19); xai àw^r^ri to à(j.iJYoa)iOV . . . xal oiaox£§«a69i ^ xaTîTrapiç (xii, 5). P emploie neuf fois Ni pour rendre TN signe de l'accusatif : ii, 3; m, 11 (3), 17 bis; iv, 1 ; viii, 9, 15, 17 ; ix, 1 bis (4). Dans tous ces cas, sauf ii, 3, is- correspond à cuv de G, et a été introduit à l'imitation des Septante. Rien n'indique une influence directe d'Aquila surP, même dans xii, 9, 10, où il arrive à l'un et l'autre de traduire de façon semblable.

P est citée dans le Commentaire d'après la Polyglotte de Walton, mais en tenant compte, quand il y a lieu, des variantes signalées par Kamenetzky.

g 6. La version syro-hexaplaire.

La version syriaque faite en 616-617 par Paul de Telia traduit avec une littéralité servile le texte hexaplaire des Septante (5) ; elle reproduit avec soin les signes diacritiques d'Origène et ajoute fréquemment en marge les traductions divergentes des autres versions grecques, telles

(1) Animadversiones criticae in versionem syriacam peschitlhonianam librorum Koheleth et Riilh, Vratislaviae, 1871.

(2) Die P'silazu Koheletk, dans ZATIV, 1904, p. 181-239.

(3) Kamenetzky retranche le n-, de m, 11, conformément au codex Ambrosianus.

(4) La version syriaque ne présente le même emploi de cette particule que dans Gen. I, \bis\ Gant, ii, 7; m, 4, 5; viii, 4; I Chr. iv, 41.

(5) La cinquième colonne des Hexaples.

qu'elles étaient contenues dans les Hexaplcs. Le codex Ambrosianus, qui contient une partie de cette version, a été édité pour plusieurs livres, en particuli er pour lEcclésiaste, par H. Middeldorpf ^1), et reproduit en photolithographie par Ceriani (2).

Cette version nous renseigne donc souvent sur les leçons d'Aquila, de Symmaque et de Théodotion, et surtout elle nous transmet une traduction fidèle du texte hexaplaire des Septante, non pas, malheureusement,tel qu'il sortit des mains d'Origène et qu'il était contenu dans ses Hexaplcs, mais tel qu'il existait au commencement du vii^ siècle dans la recension d'Eusèbe. Elle a été pour l'Ecclésiaste la source principale que Field a pu utiliser.

;] 7. La traduction de saint Jérôme dans son commentaire.

La traduction donnée par saint Jérôme dans son commentaire (3) mérite une mention spéciale. Lui-même dans sa préface indique quelle fut sa méthode de travail : NuUiiis auctoritatem secutus sum, sed de hebraeo transferens magis me septuaginta interpretum consuetudini coaptaçi, in his dumtaxat quae non miillum ah hehraicis discrepabant. Interduni Aquilae quoque et Synimachi et Theodotionis recordatiis sum (4). Saint Jérôme suit donc généralement le texte hébreu tel qu'il existait vers la fin du iv^ siècle, mais en se rapprochant autant que possible des Septante, quand les divergences entre ceux-ci et l'hébreu lui paraissaient peu importantes. Cette version est donc éclectique. On ne peut la considérer comme un témoin du texte grec ni de l'ancienne Latine. Mais saint Jérôme note souvent dans les passages difficiles la traduction des Septante et parfois aussi celles d'Aquila, de Symmaque et de Théodotion.

g 8. La Vulgate.

La version contenue dans la Vulgate est aussi l'œuvre de saint Jérôme. Elle fut faite plus tard (5), uniquement d'après l'hébreu, mais rapidement et d'une façon assez libre (6). Saint Jérôme s'y inspire fréquemment de

(1) Codex sifriaco-hexaplaris,'QQTo\\n\, 1835.

(2) Monumenia sacra et profana, VII : Codex Syro-hexaplaris Ambrosianus photclithographice, Mediolani, 1874.

(3) Composé vers 386.

(4) P. L. XXIII, 1011 s.

(5) En 393 d'après Bardenhcwer (Pa/ro?og-«>, p. 399); en 394 d'après H. J. While (dans HDB, IV, 876).

(6) Il appelle lui-même sa traduction des livres de Salomon (Prov, Eccl. Gant.) triduL opus {Praef. in libros Salomonis ; P. L. XXVIII, 1241).

Symmaque et n'est pas très littéral. Son original hébreu s'éloigne d'ailleurs quelquefois du texte massorétique. En dehors de la Yulgate, cette version se trouve, avec un petit nombre de variantes, dans la Bibliotheca divina de saint Jérôme (1).

S 9. La version arabe.

La version arabe de l'Ecclésiaste contenue dans les polyglottes de Paris (1630) et de Londres (1656) dépend des Septante. Il est à remarquer qu'elle contient aussi quelques-unes des particularités du copte : dans I, 16, la répétition de ItcI TtSaiv ot h^viwzo £[XTrpo(y9év [jlou h 'hpouaaXn^ix après l(/eYaXuv9yiv ; dans y\. 1, la leçon ôtto xov oùpavo'v ; dans xii, 5 h l'inversion des deux dernières propositions telle quelle a été rapportée ci-dessus (2). Comme la version copte est seule à posséder ces leçons caractéristiques, il est clair qu'elle aura influencé de quelque manière la version arabe.

S 10. Le Targum.

Le Targum (x^-xie siècles) paraphrase ordinairement le texte hébreu, et même tourne souvent à l'interprétation midrachique. 11 peut néanmoins dans un certain nombre de cas fournir un témoignage intéressant. On le cite d'après la polyglotte de Wallon.

S. Euringer (3) a recueilli les citations talmudiques et rabbiniques de l'Ecclésiaste, duii'' siècle au commencement du vu". Elles ne présentent, relativement au texte massorétique, que des divergences insignifiantes

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