nv4l G Sh P Jér. VT; M nm
culative. Au lieu de ^\'J1^, V semble avoir lu 'inyt'il : mens mea contemplata est mulla sapienter et clidici.
Où faut-il arrêter le discours que Qohéleth s'adresse à lui-même? Il semble d'abord qu'il faille l'étendre jusqu'à rnS^iL*"! du v. 17, comme paraît y inviter le ^ devant i^S et devant njn.X. Qohéleth constaterait dans 16-17 a qu'il a acquis une sagesse qui dépasse tout ce qu'on a jamais vu, et tout aussitôt (17 b] il reconnaîtrait la vanité de cette sagesse. Ainsi s'expliquerait la façon un peu brusque dont cette dernière réflexion « j'ai reconnu, etc. «, est introduite. Il est néanmoins préférable d'arrêter le discours après dSuIT'"^!?. Il se réduit à une constatation satisfaite dont ce qui suit (16 b-ll a) présente la justification : « car mon cœur, etc. ». Cette interprétation est plus naturelle, les dernières réflexions de Qohéleth (16 b-ll à) étant plus à l'adresse du lecteur qu'à celle de son propre cœur. Le sens de « car ». qu'elle attribue au 1 qui précède "12S (16 ô), peut s'autoriser d'exemples dans lesquels le «-a»' copulafif, à la suite d'une déclaration, d'une affirmation, etc., introduit une proposition causale : Gen. vi, 17; xxii, 12; Ex.xxni, 9; Ps. lx, 13, etc.; cf. Qoh. m, 15 Z»; v, 13 initio, et .voir GK 158 a.
Il est difficile de faire des vers avec cette prose. Aussi les métriciens se donnent carrière. Bick. (p. 10 et 59) considère 16 a comme une interpolation pseudo-salomonienne : comment, dit-il, le fait de posséder beaucoup de sagesse (16 a) peut-il motiver la résolution de poursuivre la recherche de la sagesse (17 a)? Il suffit de répondre que 17 a n'énonce pas une résolution. En outre Bickell intercale 16 b entre 17 a et 17 b, pour se conformer, dit-il, à l'ordre des Septante. Mais ce qu'il appelle l'ordre des Septante est seulement l'ordre de l'édition romaine du codex Vaticanus (édition sixtine de 1587) ou encore de l'édition de Tischendorf du même codex, qui toutes deux .sont fautives sur ce point (voir le com. du v. suivant). Zapl. admet la même transposition et de plus supprime HDDn dans 16 a, de façon à obtenir le même sens et à peu près le même texte que dans 11, 9; il retranche encore nini à la fin de 16 b, pour le mètre. Siev. tient 'inSDin ."IJn pour une glose écrite d'abord en suichai'gc, et dont les deux éléments ont été introduits séparément dans le texte après adjonction du *i devant le .second; il propose ensuite 'd au lieu de "mJN, et l'ejette dWiT^SîT, qui est de trop pour la mesure et convient mal à Salomon, puisqu'il n'a eu qu'un prédécesseur sur le Irùne à Jérusalem. Haupt ne garde que le milieu du v. : le commencement jusqu'à njH et la fin depuis Dbiyni~Sv seraient des additions prosaïques postérieures.
17. njriKl est un des rares exemples d'imparfait consécutif dans l'Ecclésiaste; cf. iv, 1, 7 et voir Vlntrod., p. 47 s. Le n du cohorlatif, qui a pour but de marquer l'intensité de la volonté, souvent ne modifie pas en fait de façon appréciable la signification de l'imparfait, mais lui donne seulement
l'ecclésiaste. I, 17. 255
une certaine emphase; c'est ainsi qu'il se rencontre dans le simple récit de faits passés, comme dans Gen. xli, 11 (cf. Driv. H. T. 72i. Il est volontiers employé concurremment avec le 1 consécutif; niriNl en particulier est assez usité, le n n'étant sans doute qu'une compensation pour la chute du 3 (GK 49 e). KÔN. III, 200 a-d, explique la présence plus fréquente de ces formes dans les livres récents, par la préférence donnée dans les derniers temps aux formes les plus expressives. — La Massore a considéré ^"^1 comme un infinitif qui devrait régulièrement être précédé du '"^^ mais le parallélisme de la pensée est mieux observé par GSh P Jér. VT qui en font un substantif comme dans 16. On doit donc lire n"Tl. Cette correction est reçue par Vaih. Wang. Ginsb. Bick. Me N. Driv.-Kitt. Bart. — mS'7~ ne se lit que dans l'Ecclésiaste, sous les formes m'S\h (i, 17); niSSin (n, 12; vu, 25; ix, 3); ni'^Sin (x, 13). BDB, Driv.-Kitt. Bart. inclinent à lire partout l'afTormante ni des noms abstraits, ainsi que font plusieurs mss., dont 5 de H. Le fait que G traduit ii, 12; vu, 25; ix, 3 par un singulier indiquerait bien qu'il n'a pas eu sous les yeux la désinence du pluriel. niST? pourrait être en etTet un pluriel abstrait (Del.), à moins qu'on ne considère la désinence ni comme une afformante peu commune iGK 86 h. Il est certain qu'il s'est produit dans le développement de la langue et dans la tradition une certaine confusion entre ni et ni (Kô\. III, 262 d). G TtapaSoXaç est suivi par C (mais au sing. ) Sh et P. Dans les cinq passages où se lit mSS", P a traduit par quatre termes différents; elle manquait évidemment de données traditionnelles sur le sens du mot; ici elle suit G (Kam. ZATW, 1904, p. 209). Au contraire, 'A ;:Àdvaç 6 Tiapasopdç ou -îpiçopa; Jér. et V errores suivent évidemment M; de même T, mais en intervertissant l'ordre des mots. Seul G et les versions qui l'ont suivi font donc difficulté. Grâtz croit devoir corriger l'hébreu en niSu^D. Il est peu vraisemblable (contre Gietm.) que G ait écrit d'abord rapaçopa comme dans n, 12 : il serait difficile, bien que possible, que cette première leçon ait disparu sans laisser aucune trace. Mais Eur. a justement fait observer que 7:apaSoXr;, au sens de Tisptoopa, « écart, égarement, erreur », a dû traduire primitivement nT!?"?!! (et peut-être au sing. : cf. G supra), sauf à être ensuite mal entendu en raison du contexte. G serait donc d'accord avec M et les versions plus récentes sur le mot et sur le sens. TSl'^î'i « folie » se rencontre dans le Midrach Qohéleth (Levv, yHW, I, 473 b). La racine verbale, dont le sens dans la Bible hébraïque (cf. Eccl. n. 2; vn. 7| n'est pas douteux, a des origines obscures : ':?*7,"i « crier » d'après Del. BDB. Bart.; cf. d'autre part le syr. "^©i aph. « tourner en dérision, traiter comme insensé ». — La plupart des exégèfes n'hésitent pas à identifier mS-il* avec m^DD. qui se lit dans II, 3, 12. 13; VII. 25; x, 1. 13. et que 107 mss. K. de R. écrivent ici. Il n'y a qu'une différence d'orthographe : cf. au v. suivant dVj écrit dans Job, v, 2 etc. irVj, et dans Eccl. xii, 11. micil'a qui ordinairement s'écrit niIDDC. Le mot en question ne se rencontre pas dans la Bible en dehors de l'Ecclésiaste. mais il est dans B. S. xi, 14. Jér. V ont bien traduit slultUiain ; mais G £7:taTT;ar,v. suivi encore par G Sh P, et T ont été induits en erreur par l'écriture et ont rattaché le terme à SDii* « être prudent ». Les noms qui, sans dériver d'une racine i:>, sont formés à l'aide de l'afTormante m se rencontrent en
256 l'ecci.ésiaste, i, 17.
plus grand nombre dans les livres les plus récents de la Bible (GK 86 k). Ils sont encore plus fréquents en néohébreu (Kon. II, p. 204) et en araméen. « Sottise » et « folie » sont du même ordre, comme « sagesse » et « science » ; il n'y a qu'une différence de degré; cf. Is. xliv, 25. — 1T\'J~^ annonce une conclusion. On s'attendrait pour ce motif à le voir précédé d'un T comme dans H, 14. De fait, V donne et agnoi'i; mais ce n'est pas un témoin suffisant, et d'ailleurs dans m, 12 le même mot, introduisant de même une conc^lusion, est sans particule ni conjonction. — Sur DiU?, cf. ii, 15; viii, 14 et dans Gen, vi. 3 D5w*2. n~ d; devient dans 'A : 7:00; touto. — Nin peut être considéré comme
tenant lieu de la copule (Ko-\. I, p. 136; cf. GK 141 g). Nin "7 ne se rencontre ailleurs dans la Bible héb. que dans I Chr. xxii. 1, mais est fréquent en néohébreu où il se contracte souvent en !in7; voir ci-dessus le com. de i, 10.
Driv. IJ.7\ 201, 3, veut que les mots soient rangés dans l'ordre suivant : prédicat m, pronom anticipant le sujet Nin, sujet mi p''y"l. Mais il vaut mieux dire avec Kôn. : sujet m, pronom reprenant le sujet Nin, et enfin attribut. — •[T)in en araméen {vx)h' le com. de i, 14) est plutôt en rapport avec l'intelligence : « pensée «, et niyn en rapport avec la volonté : « désir, recherche ».
Aussi Now. veut traduire ici « vaine pensée » (cf. Job, xv, 2). Mais dans 11, 22 et plus évidemment encore dans iv, 16, ptyi n'a pas une signification différente de nV>"l. Ginsb. fait observer que niG" et liinT ne diffèrent aussi que par la forme. V a labor et afflictio spiritus; d'autre part, 4 mss. K. de R. ont nn p'iyn bin m et 3 mss. k. de r. insèrent Szn après Nin.
Ce V. présente une difficulté textuelle. 17a est omis par plusieurs témoins de G : 68 106 161 248 253 261 269 298, par copte. Clément d'Al. Olympiodore. G(V) et Sh le marquent de l'astérisque. Il est présent, mais placé immédiatement après 16 a, dans les témoins suivants de G : 147 157 159, dans l'édition romaine et celle de Tischendorf (fautivesi du codex V^aticanus. Enfin s'accordent avec M les témoins suivants de G : BkA, codex V et Sh sous l'astérisque, 252 254 et enfin P Jér. VT. Il est donc certain que 17 a manquait primitivement dans le grec et qu'il a été ajouté plus tard d'après les Hexaples. Plusieurs manuscrits ont échappé à la correction et dans quelques autres elle a été placée ailleurs qu'au bon endroit (Euu. p. 38; Dillmajjn, p. 11 ; E. Klostermaan, p. 58, 62; Me N. p. 156y. Me N. tient pour plus probable que ce membre de phrase n'existait pas non plus à l'origine dans le texte hébreu. Mais il est bien dilficile dans ce cas d'en expliquer l'introduction dans ce texte. Il faut recourir à une glose qui n'a même pas le mérite d'être explicative, car 16 b est assez clair. Au contraire, l'omission de 17a dans G s'explique facilement : le regard d'un des premiers copistes aura passé par mégarde de aoçfxv xa'i yviLa:'/ pi-imo (16 b) à aoçfav -/.al yv^aiv secundo (17 a), laissant de côté le texte intermédiaire. La méprise a aussi bien pu être commise dans l'hébreu que le traducteur grec avait sous les yeux. Il est vrai que dans les deux versets ainsi constitués, la même affirmation est reprise jusqu'à trois fois, mais Qohéleth n'en est pas à une répétition près, bien que celte manière manque d'élégance (cf. 11, 10, 14^-16, 18-21; iv, 1; v, 1, etc.), et l'interprétation donnée du v. précédent fournit une explication acceptable de cette suite de propositions semblables.
l'ecclésiaste, I, 18. 257
suite de vent. '^ Car en beaucoup de sagesse il y a beaucoup de chagrin, et qui ajoute à sa science ajoute à sa douleur.
Haupt et Zapl. retranchent pour des raisons métriques nib-Ù.*"! niSSn nVT'. Ginsb. considérait déjà les deux derniers mois comme une addition qui ne s'accorde point avec le contoxtr. Mais la pensée est au contraire nette et cohérente. S. Jérôme explique avec raison : Contrariis contraria intelliguntur. Sottise et folie sont l'opposé de sagesse et science, et on ne connaît bien ce qui est sage et bon pour l'homme que quand on sait le discerner immédiatement de ce qui est insensé et funeste. Et voici que Qohéleth déclare irréalisable la prétention d'arriver à ce discernement : l'elTort de l'homme pour acquérir la sagesse est vain. La suite du livre expliquera pourquoi et comment la sagesse, pour l'essentiel (voir le com. du v. 13), est inaccessible (m, 1-15; vi, 12; vu, 23-24; MU, 16-17; xi, 5), et, pour le reste, peu profitable (ii, 14-17; ix, 11- 16, etc.).
18. D!73 n'exprime pas la souffrance physique, mais la peine morale, irritation, dépit, chagrin (cf. ii, 23; vu, 9; \i, 10). La racine verbale et le substantif se retrouvent en néohébreu et en judéo-araméen au même sens qu'en hébreu biblique. — =]''Di'', d'après la vocalisation massorétique, est un imparfait /«"p//. (GK 78 c), et les deux propositions parallèles sont juxtaposées comme les deux membres d'une comparaison (Del. Now. Me N. Bart.). selon un procédé assez spécial employé aussi dans Prov. xii, 17; xviii. 22. D'autres interprètes (Knob. Hitz. Wright, Kôn. [L p. 404; III, 344 o] Sieg.) veulent lire le participe qal, qu'il ait été seulement mal orthographié (GK 50 e), ou que, formé de Vhiph., « il revienne au qal y) (Ew. Lehrb. 169 a). Kon. fait observer que si on lit l'imparfait, l'ellipse de ICN serait trop dure. Mais il n'y a pas à suppléer le relatif; les deux propositions sont seulement juxtaposées et la première pourrait se traduire par une proposition hypothétique. Ne disonsnous pas par exemple : « L'insulteur croit faire tort aux autres, il se fait tort à lui-même ». — 2XDa d'après le parallélisme est dit ici des peines morales (cf. Lam. I, 12, 18).
Au lieu de d"- dont témoignent M 'ASS P Jér. V T, on lit yvwjEoj; dans G suivi par G Sh A et peut-être L (S. Jérôme, Contra Pelagianos, lib. IL P. L. XXIII, 541 : midtitudo scientiae). On peut voir là avec Eur. le lapsus d'un copiste grec, lapsus occasionné par la répétition et la réunion dans le v. précédent des mots jo-^-'a et yvôicTts. Une faute d'ouïe (nîT") dans l'hébreu sur lequel G a travaillé est également possible en raison de la prononciation chuintante du n, et facilitée elle aussi par les mêmes répétitions. Elle expliquerait le fait qu'aucun ms. grec n'a retenu la vraie leçon. "Voir une faute analogue dans viii, 12, où G a lu "xa pour nxD-
Dans ce v., l'auteur ne fait pas allusion seulement, comme dans xii, 12, à la fatigue qui résulte pour le corps des travaux de l'intelligence. La pensée est plus générale. Il s'agit sans doute des peines inhérentes à l'étude de la sagesse (cf. i, 13), mais aussi et surtout des déceptions de tout genre que cette étude comporte. Ces déceptions seront notées au cours de l'ouvrage : II, 14 ss.; III, 11; vu, 23-24; viii, 16-17; ix, 11-16, etc. La principale est cerl'ecclésiaste. 17
258 l'ecclésiaste, ii, 1-2.
II. ' J'ai dit dans mon cœur : « Viens donc, que j'essaie sur toi de la joie, et que tu goûtes le plaisir! » Et voici : cela aussi est vanité. - Du rire j'ai dit : « Insensé! » et de la joie : « Que pro-
tainement de ne pouvoir jamais parvenir à posséder l'essentiel de la sagesse et d'en être réduit à constater l'impuissance de l'homme en face des événements. Voir ci-dessus les vv. 14-15 et le com. du v. 13.
Les membres de ce v. présentent un parallélisme frappant. Mais on n'y retrouve pas le mètre (3 + 3 accents) des sentences ou proverbes qu'on peut croire cités par Qohéleth (cf. i, 7 a, 15; ii, 14).
II, 1. ''JX est purement pléonastique. Parler en soi-même est aussi parler à soi-même, ce qui explique que Qohéleth interpelle son propre cœur : cf. P « à mon cœur ». — Au lieu de riDDJN, T et le Midrach ont lu n^DJX, imparfait pi. de nD3 « tenter, éprouver », avec le pronom suffixe féminin de la 3« personne précédé du 2 énergique. Cette leçon est adoptée par Bick. et Haupt : « ichAvill es mit der Freude versuchen ». V se contente de modifier la vocalisation massorétique en faisant du mot le niph. de "iDJ « répandre » : njD3X, qu'elle traduit affluam deliciis; elle est suivie par Gietm. : effundar in laetitiam. Ces interprétations sont contraires à l'usage de la langue. G neipa^was est suivi par C Sh Jér. lentabo te; de même P. La plupart des com. modernes interprètent de cette façon, en conformité d'ailleurs avec M. Ils reconnaissent ici le pi. de nOJ, mais avec le pronom suffixe de la 2"= pers. masc. sing. sous la forme ."13, qui n'est pas inouïe (cf. I R. xviii, 44; Prov. ii, 11, etc.; et voir GK 58 g). L'impératif HNI qui suit s'accorde bien avec cette interprétation, car le suffixe, venant surtout après l'interjection niS, indique que Qohéleth interpelle son propre cœur. La seconde personne de l'impératif se présente ensuite naturellement; si l'on ne peut dire qu'elle soit positivement attendue, du moins elle n'étonne pas. Au contraire, l'impératif convient peu dans les autres hypothèses : c'est probablement parce qu'ils l'ont senti que T et V (fruar bonis) introduisent la première personne (cf. Jér. : K'idebo, sans doute aussi pour accorder les personnes), et que Bick. corrige par riNI. — 1 avec les verbes de perception et surtout avec nx"l indique un intérêt spécial pris à un objet. On peut souvent traduire 1 HNI par « expérimenter, éprouver », que l'expérience soit agréable ou pénible : cf. Ps. xvi, 10; Job, ix, 25; Jean, m, 36; viii, 51; Act. ii, 27, etc.
Qohéleth veut éprouver son cœur par la joie, c'est-à-dire s'assurer par une expérience si vraiment le plaisir est capable de satisfaire les aspirations de .son cœur. Ici encore la déception ne se fait pas attendre.
2. Les deux S peuvent se traduire « à », comme ont fait G C Sh P Jér. "V, et parmi les modernes Zirk. Ginsb. Klein. Ew. Del. Ren. ^^'right, Ruet. Bick. Wild. Zapl. Mais dans ce cas le discours adressé à la joie devrait être formulé à la 2e personne : « A quoi sers-tu? » Car il n'est pas naturel de supposer le discours indirect. Et c'est bien ainsi qu'ont logiquement traduit les anciennes versions citées. Mais comme SOT gardent néanmoins la 3* personne, il n'y a pas lieu de croire que le texte hébreu ait différé sur ce point
LECCLÉSIASTE, II, 3. 259
duit-elle? » ^ Je m'ingéniai dans mon cœur à flatter ma chair par le vin, tandis que mon cœur poursuivait la sagesse, et à rechercher
de ce qu'il est aujourd'hui. Or, tel qu'il est, il ne peut se traduire que par la 3" pers. On peut sans doute avec Herz, ne pas voir dans nf un pronom représentant nriDU? et, soit le joindre à ni2 pour en faire le complément direct de niry, comme c'est le cas dans I Sam. x, 11; Néliém. ii, 4, soit encore le considérer comme un adverbe (HT; cf. GK 136 c; Kôn. III, 42j. Mais dans cette hypothèse nous devrions, pour être en droit d'introduire la 2^ pers., lire à côté de rriijy le pronom T\ii, car les cas où le pronom de la 2« pers., sujet d'une proposition participe, est omis, sont rares et peu sûrs (GK116 s). L'emploi de la 3» pers. indique donc que S doit être traduit « de » avec T Herz. Knob. Hitz. Vaih. Sieg. Me N. Bart., comme dans Gen. xx, 13; Jug. IX, 54; Ps. m, 3, etc. — A l'exception de P, qui manquant de donnée traditionnelle sur SSina (cf. I, 17 et vu, 8), a traduit d'après le parallélisme : « quelle utilité? », ce part. po. de SSn (cf. Ps. cii, 9) a été pris par toutes les versions anciennes pour un substantif. Jér. amendam a serré de plus près que les autres le sens de la racine. — riT représente nriDi^. Dans l'Ecclésiaste, n? est souvent employé pour le neutre : n, 15, 19, 23; vu, 10, 18, 29; VIII, 9; IX, 1 ; xi, 6, et même, dans Jos. ii, 17; Jug. xvi, 28, mis à la place du féminin, ce qui permet à Kôn. (III, 45) de suggérer que la vocalisation riT dans II, 2, 24; v, 15, 18; vu, 23; ix, 13 (cf. II R. vi, 19; Ez. xl, 46; Jug. xviii, 4; II Sam. xi, 25; I R. xiv, 5) pourrait bien n'être pas intentionnelle de la part de l'auteur, mais le résultat d'un scrupule de massorètes. Néanmoins il est bon d'observer que It est, dans la Michna, le féminin régulier de ni et que DKT ne se rencontre pas une seule fois dans l'Ecclésiaste. Ce fait, étant donné le caractère de la langue de notre livre, constitue une présomption en faveur de la présence de [ri?, bien que dans certains cas l'auteur emploie indifféremment l'un ou l'autre genre. Plusieurs mss. K. de R. écrivent r\NT, d'autres IT, un dernier riT : ce sont évidemment des corrections. — nÙTî; est employé dans des sens assez divers : cf. ii, 3; m, 14. La présente formule équivaut à "|"nnl~na (i, 3) : quel avantage la joie procure-t-elle? L'interrogation est également de pure forme : la joie ne produit rien, ne sert à rien. V quid frustra deciperis, si divergente qu'elle paraisse, n'a pas eu un texte différent; seulement, après avoir traduit SSiriQ par erroreni, elle a considéré le pronom m comme représentant ce substantif, ce qui lui a permis de formuler la question : « pourquoi produis-tu l'erreur? »
La pensée de Qohéleth est claire. La vie est si mauvaise que le rire ne peut être qu'une folie : seuls les fous peuvent encore rire; quant au plaisir, il passe sans rien laisser après lui. Les deux premiers vv. de ce chapitre proposent brièvement l'expérience tentée et ses résultats. Expérience et résultats vont être repris et développés dans le reste du chapitre.
3. nn renferme l'idée de recherche et d'investigation, qui dans Qohéleth s'est développée au sens d'examen et d'observation quasi scientifique. On peut donc traduire : « je cherchai dans mon cœur à flatter ma chair par le
260 L ECCLESIASTE, II, o.
la folie, jusqu'à ce que je visse ce qu'il est bon pour les fils de l'homme de faire sous les cieux durant les jours de leur vie.
vin », c'est-à-dire, suivant l'interprétation qu'il faut donner à la mention du vin (voir ci-dessous) : « je m'ingéniai à me procurer la plus grande somme possible de plaisirs ». Cette traduction est en accord avec la suite où Qohéleth raconte les efforts qu'il a faits pour se procurer tous les éléments de bien-être et de jouissance. « Je choisis ou je résolus de flatter etc. » est moins fidèle au sens du verbe (cf. cependant Nomb. x, 33; Deut. i, 33; Ex. XX, 6) et ne s'harmonise pas aussi bien avec ce qui suit. — "]\ya a le sens de « tirer » et dans le Talmud {Uagiga, 14 a) peut-être celui d'« attirer » ; cf. G IXxûasi. P n'a pas lu un autre verbe. — "i;i "ilSl est une proposition circonstancielle : « tandis que » etc. (cf. Gen. xix, 1; xxv, 26 etc.; et voir GK 116 o), et de plus forme une sorte de parenthèse, car "HnS continue "i'iUJab et dépend comme lui de "imn. — anj est en hébreu bibl. « conduire », mais en néohébreu (Levy, NHW, III, p. 347 a) et en judéo-araméen avec l'ace. : « s'occuper de, pratiquer, exercer », par ex. observer un usage, et de même avec 2 dans B. S. m, 24 (mais cf. G) versari in. — Rechercher, litt. « saisir ». — nN'IN. L'imparfait s'emploie parfois après l^JK IV de préférence au parfait pour exprimer un passé. Driv. [H. T. 27 P) pense que l'indétermination de la conjonction a pu influer sur l'adoption de l'imparfait. Mais en réalité l'auteur considère l'acte de voir comme naissant, et dès lors l'imparfait est à sa place. — n~-"'N comme dans xi, 6 introduit l'interrogation indirecte et est ici sûrement pronom (cf. Kôn. III, 70). — liuy'' a pour sujet « les fils de l'homme ». Embarrassés sans doute à ce propos, 2 mss. K. de R. écrivent niî?"3 et 1 ms. de R rWT, niph. dans les deux cas. — ISCa est un accusatif de temps : cf. v, 17; vi, 12, et voir GK 118 k et Kôx. III, 331. Knob. veut traduire par « petit nombre » en se référant à Nomb. ix, 20; Job, xvi, 22; Is. X, 19. Mais ce sens n'est pas spécialement indiqué ici. Sauf quelques passages comme vi, 12; ix, 9; xi, 8, 10, dont le sens n'est pas toujours net, Qohéleth ne se plaint pas précisément que la vie soit courte : serait-elle très longue, il ne serait pas pour cela satisfait (vi, 3, 6; xi, 8).
Quant au sens général du v., le terme « folie », évidemment appliqué aux plaisirs (cf. les vv. 1 et 2) et mis en parallélisme avec l'usage du vin, puis tout le développement qui suit jusqu'au v. 10, montrent que le vin n'est pas pris exclusivement au sens propre, mais comme symbole de toutes les jouissances sensibles, parce que parmi elles les plaisirs de la table occupent la grande place. Ce qui est le maximum dans un ordre de choses est employé pour désigner cet ordre tout entier (cf. x, 17, 19). La suite fait connaître qu'au bien-être matériel s'ajoute une vie de grand luxe et d'art, une administration habile, et, pour le temps, de merveilleuses créations. Qohéleth ne trace point le portrait d'un vulgaire viveur, mais le tableau de l'existence d'un grand roi ([ui sut s'entourer de magnificence autant que de plaisirs. Qohéleth est donc censé se livrer à la jouissance (qu'on n'oublie pas en effet qu'il emprunte cette expérience à Salomon!), mais tout en ayant pour objet la poursuite de la sagesse : « taudis que mon cœur etc. ». Comme la sagesse consiste essen-
l'ecclésiaste, II, 4. 261
4 J'entrepris de grandes œuvres. Je me bâtis des maisons; je me
tiellement à discerner le but réel de la vie (cf. le corn, de i, 13, 17 et les formules par lesquelles débutent ii, 24; m, 12, 22 ; v, 17; vi, 12), à savoir ce que l'homme doit faire pour tirer le meilleur parti possible de l'existence, la proposition « s'appliquer à la sagesse » est pour le sens en parallélisme très clair avec « voir ce qu'il est bon pour les fils de l'homme de faire pendant leur vie ». De même, on l'a dit, « rechercher la folie » est parallèle à « flatter ma chair par le vin ». Il n'est donc pas question pour Qohéleth, quoi qu'en pensent plusieurs commentateurs, de chercher le bonheur dans un mélange ou un dosage plus ou moins habile de sagesse et de plaisirs. 11 s'agit pour lui de se dédoubler en quelque sorte, pour s'observer, au temps même où il usera des plaisirs, afin de voir si c'est là en fait le moyen d'être heureux. Notre v. ne mentionne donc pas une expérience nouvelle, distincte de celle qui fut annoncée dans les vv. 1-2, et caractérisée par une recherche modérée du plaisir, tandis que la première l'aurait été par une jouissance sans frein. Les vv. 3-10 reprennent simplement les précédents pour les expliquer. Qohéleth ne craint pas les répétitions; il aime à énoncer d'abord les thèmes qu'il développera ensuite : cf. ii, 4 ss. ; m, 1 ss.; iv, 9 ss., etc. D'ailleurs la teneur du v. 1 montrait déjà qu'il s'agissait d'instituer une expérience.
Les versions connaissent plusieurs variantes du texte. Ont xaî au début du v. GSh 'ASe, tandis que CP Jér. VT sont avec M. — G suivi par GSh donne : tl tj xapcifa [xou IXzuaei. Le fait qu'aucun témoin de G ne retient une autre leçon favorise l'hypothèse de ^Ic N., suivant laquelle l'hébreu traduit par les Septante aurait été libellé -jiu;ai "ilS DN Tnnl. DS* serait une corruption de ijx (même confusion de D et tj dans I Sam. xvii, 32); 2 serait tombé devant in^ dont le "i final aurait on outre subi une dittographie. Néanmoins l'erreur est plutôt attribuable à une corruption ancienne du grec : un copiste aura écrit sî t) pour h -fi. Le ms. 161, dérivé probablement d'un ms. oncial, présente à ii, 6 une variante qui provient d'une erreur analogue : ro'^aat au lieu de zozh-x:. — G w? oTvov, suivi par G Sh, et 0 ont lu 3 au lieu de 2, confusion facile et relativement fréquente dans le livre. — A i>o-^-^r,(jv/ G(j^c.a V) ajoute [lé; de même copte et Jér. : deduxit me, pour compléter le sens. — niS^D devient eù^ppoTjvr, dans G C Sh, et ce n'est pas une traduction de mSsiy (cf. 1, 17), mais une corruption de içpocrjvyi avec lequel les scribes ont plus d'une fois échangé eùçp. : cf. £Ù?p. pour àçp. ii, 12, ms. V; vu, 25, ms. 147, 159 ; et àsp. pour eùçp. ii, 2, ms. 253 ; vu, 5, ms. 106 (Me N.). P a dû lire rnS^iî? qu'elle a traduit comme dans i, 17 par « prudence ». — D^DUJn (M et T) devient ^D^n dans G G Sh P Jér. V et 2 mss. K. de R. ; voir à i, 13.
Siev. réussit à trouver le mètre dans ce v. en remplaçant seulement les deux fois Tjjx par m. Haupt rejette comme gloses "jii2 et TVQzm anj laSl.
4. Au lieu de lirya, G -oiri^'x et CSh ont le sing. — Sur DTQ, voir GK 96 et 16/"; Kô.\. II, p. 56. L'Ancien Testament nous renseigne sur les divers palais construits par Salomon : son propre palais à Jérusalem avec les divers portiques, le palais de la fille de Pharaon, la maison de la forêt du Liban (I R. VII, 1-9), et sur les villes, remparts, forteresses, casernes, magasins
262 l'ecclésiaste, h, 5-7.
plantai des vignes; '^ je me fis des jardins et des vergers, et j'y plantai des arbres fruitiers de toute sorte; ^ je me fis des réservoirs d'eau pour irriguer par eux une plantation où poussaient des arbres. ' J'achetai des esclaves et des servantes, et j'en eus de
qu'il fil aussi bâtir (I R. ix, 15-19; II Chr. viii, 4-6). Le Cantique (vin, 11) mentionne une vigne de Salomon et I Chr. xxvii, 27, les vignes de David. Il est tout naturel que le temple ne soit pas nommé. Zapl. omet le premier stique parce qu'il est trop court et sans parallèle.
5. D~1S, qui se rencontre dans la Bible exclusivement ici et Cant. iv, 13; Néh. II, 8, est un mot d'origine persane, du zend pairi-daêza, « enceinte, lieu clos », passé dans l'hébreu tardif au sens de jardin planté d'arbres; on le trouve de même dans l'assyrien idivA\[ pardisu, en néohébreu (pi. nlDTIB), en aram., syr., arabe et arménien; G napaoEidou;. — Le pronom masc. Dm représente aussi bien ni3a fém. que 0*10112 masc. : cf. n, 6; x, 10; xii, 1, et voir Kon. III, 14.
La Bible ne dit rien des jardins de Salomon, mais nomme à plusieurs reprises le jardin du roi (II R. xxv, 4 ; Jér. lu, 7; Néh. m, 15; cf. Cant. iv, IS- IS; VI, 2). D'après I R. iv, 33, Salomon disserta sur les arbres et les plantes.
Siev. considère D^onST comme une glose explicative.
6. m^ll n'est qu'une autre fois suivi de D*ia (Nah. ii, 9). Assez employé dans la Bible, on le lit aussi dans l'inscription de Siloé, 1. 5. — On rapporte généralement DHQ à niSIl qui est cependant féminin. On sait la préférence marquée de l'hébreu pour les formes masc. plus usuelles : voir le v. précédent. — riDlï est le seul cas où le qal de ce verbe soit construit avec un ace. Partout ailleurs, au sens transitif, on emploie Vhiph. On peut dire que le qal est traité ici comme un transitif (GK 117 y), ou bien considérer Di3fy comme un accusatif de relation ou de spécification (Kôn. III, 328 a, b) : cf. Is. V, 6; xxxiv, 13; Prov. xxiv, 31. G (B) et C omettent ÇûXa, addition hexaplaire dans G.
Plusieurs fois dans la Bible (Nah. ii, 9; Néh. m, 16; Cant. vu, 5; cf. Stèle de Mésa, 1. 9 et 23), il est fait mention de réservoirs : la longueur et la sécheresse de l'été les rendaient nécessaires pour l'irrigation des jardins (Is. i, 30; Lviii, 11). JosÈPHE, Bell. jud. V, iv, 2 appelle la piscine du roi (Néh. ii, 14) 2oXo[j.iôvoç xoXu;jL6rî6pa. Plump. veut que dans la fin du v. il soit question d'une pépinière; c'est assez vraisemblable.
Haupt omet DiD et Dna; Zapl. nna seulement. Siev. estime qu'il est impossible de mettre les vers sur pied si l'on conserve U^HV, inutile d'ailleurs après nS'bs yy du v. précédent.
7. P a lu "17 après in^Jp comme après tous les autres verbes de cette énuméralion (4-8) ; cette addition existe aussi dans 24 mss. K. de R. La présence du pronom dans le copte ne peut rien prouver, le verbe dont le traducteur s'est servi exigeant régulièrement le pronom à sa suite. ib a pu être ajouté par P en analogie avec les autres verbes qui précèdent et suivent. Mais il est aussi bien possible qu'il ait existé dans l'hébreu à l'origine et qu'il ait été omis par la négligence d'un copiste. — ninsu; désigne les esclaves du
l'ecclésiaste, II, 8. 263
nés dans la maison; j'eus aussi du bétail, bœufs et brebis, en abondance, plus que tous ceux qui furent avant moi dans Jérusalem. ^ Je m'amassai aussi de l'argent et de l'or, et les trésors des rois et
sexe féminin, et nu~lJ3 les esclaves nés dans la maison (cf. Gen. xv, 3 et n"i3 "iT'S"' dans Gen. xiv, 14; xvii, 12, etc.); on connaît oîxoyevtî? et cerna. — Le singulier de n\"l s'expliquerait d'après Kon. (III, 349 g) par une sorte d'attraction exercée par n'^2 (cf. x, 1); il est plus naturel de penser avec GK 145 u que le verbe est un impersonnel; le sujet précède seulement parce qu'on a voulu le mettre en relief. — njpQ est « bétail » et aussi « possession » ; cf. xTTJvoç, pecuUum. On lit njpn, état construit, dans les éditions de Buxtorf, Michaelis, Driv.-Kitt. Cette lecture est favorisée par la comparaison de Gen. xxvi, 14; xlvii, 17-18; II Chr. xxii, 29, et reçue en particulier par Wild, Les versions anciennes, et notamment G Sh 0 P Jér. ont mis au génitif les deux substantifs qui suivent. Au contraire l'état absolu njpQ est écrit dans les éditions de Jacob ben Ghayim (Venise, 1525-1526), Hahn, Baer (p. 61), et reçu par Del. Wright, Now. Kon. (III, 333 o). Me N. Dans ce cas, les deux noms qui suivent sont en apposition (cf. GK 127 // et 131 b). — 1MU? devient nMUJ dans 87 mss. K. de R. (cf. i, 10, 16; ii, 9) et n\T l^H. dans 10 autres.
La Bible mentionne les esclaves de Salomon (I R. ix, 21-23) et sa domesticité [ibid. X, 5). Elle nous renseigne indirectement sur ses troupeaux en indiquant quel était le service quotidien de sa table (I R. iv, 22-23; cf. viii, 63, qui énumère les victimes ofTertes lors de la consécration du temple). Qohéleth ne parle pas des chevaux de Salomon, qui constituaient un objet de luxe au temps du grand roi (I R. iv, 26-28; x, 25-29) plus encore qu'à l'époque où l'Ecclésiaste fut écrit (cf. Qoh. x, 7).
Bick. supprime à partir de h'2t'0 toute la fin du v. comme insérée par l'interpolateur pseudo-salomonien. Zapl. le suit pour des raisons métriques. Siev. se contente de retrancher dS^ZJIT':! qui est de trop pour le vers et fait difficulté pour le sens comme dans i, 16. Haupt ne retient que la première moitié du verset :lb{k partir de Di) serait un tissu de gloses.
8. ai"»'! =1DD ni (M G [x lOG 147 157 159] PT) se présente encore sous deux autres formes : IH" Di =]D3 D^ dans G (B A et les autres cursifs), et ï^DD 1T^'i^ dans G (V) Sh G. Cette dernière leçon ne serait-elle pas préhexaplaire? — nbao « propriété », mais I Chr. xxix, 3 et ici « trésor, objet précieux ». Les deux sens se retrouvent en néohébreu. Il peut être question des tributs que versaient à Salomon les rois vassaux et les provinces soumises à son empire (1 R. IV, 21; X, 15; II Chr. ix, 26) aussi bien que de l'or qu'il faisait venir d'Ophir (l R. ix, 28; II Chr. viii, 18; cf. I R. ix, 14; x, 10, 14, 25, 27; II Chr. IX, 20, 21). — mjiian peut dépendre, ainsi que DI^Sd, de l'état construit qui précède, les deux noms régis pouvant être considérés comme suffisamment unis (cf. KôN. III, 276 b), mais il est bien singulier que le second ait l'article tandis que le premier ne l'a pas. Serait-ce que le premier est employé dans un sens indéfini et le second dans un sens bien déterminé,
264 l'ecclésiaste, ïi, 8.
des provinces. Je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les délices I des fils de l'homme : 'une princesse, voire des prin-