‹ L'EcclésiasteChapitre 91 sur 120 · nSnpn idn G; M nSnp moN · texte numérisé non relu

nSnpn idn G; M nSnp moN

nom relatif ou comme conjonction. — nm tient lieu de copule (Ko\. III, 338 e) et sa pré.sence montre que 3iTiïD est attribut de nUJNn, et non pas, avec D''mni, de nz"^. Driv.-Kitt. propose a'^llDNl qui est très vraisemblable; ce substantif se rencontre exclusivement dans .Jug. xv, 14; Jér. xxxvii, 15 et ici.

Que la mort soit chose amère, c'est une vérité souvent répétée (I Sam. XV, 32; Prov. v, 4; B. S. xli, 1; cf. Eccli. xxviii, 21). — La mention de la femme est amenée par celle de la débauche, dont elle est trop souvent un malheureux instrument. Ce v. se présente donc comme un développement et une confirmation du précédent : l'immoralité est funeste, la femme agent d'immoralité ne l'est pas moins. L'auteur met énergiquement en relief le caractère décevant de l'attirance féminine. L'homme s'imagine aisément qu'il trouvera le bonheur dans la femme; mais celle-ci lui prépare les plus amères déceptions. Elle mérite d'être appelée un piège, car ses attraits ne cachent qu'un avenir de soutTrances. Non seulement l'homme ne trouvera pas en elle la félicité rêvée; mais il lui sera impossible, une fois pris, de se dégager et de reconquérir sa liberté : il reste enchaîné, pour son supplice. Qoh. a d'abord en vue, comme les sages ses ancêtres (Prov. v, 4, 22, 23; vu, 22, 23; xxii, 14), le dérèglement des mœurs, et fidèle à la tradition juive, il en rejette la responsabilité sur la femme. Mais il ne restreint pas les méfaits de celle-ci à un seul domaine. Il songe à toute l'influence qu'elle peut exercer sur l'homme, en quelque sens que ce soit, à sa puissance d'intrigue, à l'esprit de domination, de jalousie et de méchanceté dont elle peut être animée, en un mot à la part qui lui revient dans tous les maux et toutes les dépravations de l'humanité.

La fin du v. crée la même difliculté que ii, 26 a et les solutions sont analogues. McN. Bart. font de cette sentence une glose du hasid, et avec raison, semble-t-il, puisqu'elle énonce le principe de la rétribution. Sieg., pour la laisser à Qoh., tandis qu'il lui ôte ii, 26 a, traduit N12in par « celui qui se méprend ». Wild. Zapl. : « le pécheur que Dieu traite comme tel ».

Le texte hébreu supposé par G o£a[j.ô; d; •/.sî'pa? aùrr]; Sh C, n'iT'2 "llDN, résulte d'une corruption de M probablement écrit nlli DIIDN. L'addition xat ÈpSide G (Bn 68) C, xa\ slr.oL de G (H"-'), y-oà £T;:ovde G (V 253 254) s'explique par l'introduction de "IDXI, grâce à une dittographie et à une corruption de "in IJN (Me N.). — Prov. xviii, 22, qui commence par nc\S' ^'J12, exprime une pensée toute différente de 26 a : "1^1 Nïio. Aussi le Talmud de Babylone {lebamoth, 63 b; Berakoth, 8a) raconte-t-il qu'il était d'usage chez les Juifs de poser au sujet d'un fiancé la question : NïlQ 1N N'ÏD « a-t-il trouvé (le bonheur, Prov. xviii, 22), ou a-t-il trouvé (l'amertume, Qoh. vu, 26)? »

27. n" est le complément de iriNïD, qui n'en a pas d'autre, et désigne, non ce qui précède, mais ce qui suivra au v. 28. — riSnp niîZN de M et T doit être

lV.cclésiaste, VII. 28. 387

Qohéleth, un (cas ajouté; à un autre pour découvrir la science -^ que mon âme a continuellement cherchée sans que je l'aie trouvée : j'ai trouvé un homme sur mille, mais je n'ai pas trouvé une femme parmi toutes celles-ci.

corrigé en nSnpn IQK avec la plupart des critiques (GK 122/*; Ko.x. III, 251 d) et conformément à G £^.r.t^ 6 'E/.xXri^txa-cïîs et à xii, 8. Il est vrai que G met aussi l'art, dans i, 2 où M ne l'a pas, ce qui paraît infirmer ici son témoignage. Mais il est assez probable que G aura lu l'art, dans son texte hébreu do i, 2, car partout ailleurs il s'accorde avec M pour attester la présence du n (vu, 27; XII, 8) ou son absence (i, 1, 12; xii, 9, 10). Il n'y a d'exception que pour G (A) qui ajoute l'art, dans xii, 9 et pour G (N"^-"") qui l'ajoute dans xn, 10. Voir Ylntrod. p. 128. — nnx est un accusatif de manière, et le fém. est employé pour marquer le neutre. Quant à la locution entière nnxS nnx, elle a un sens différent de inx "IInS qui se lit dans Is. xxvii, 12. Dans cette dernière expression, les deux pronoms sont au même cas; leur répétition n'a pour but que de mieux exprimer le sens distributif (cf. w^'iX U?VSS Ex. xxxvi, 4) et ils doivent être traduits xaià =va, « individuellement ». Mais dans Qoh., la préposition sépare les deux mots et les oppose dans le sens de « l'un » et « l'autre ». La même différence de sens s'observe en syriaque pour le même terme, suivant la place occupée par la préposition avant les deux mots répétés ou entre les deux (cf. R. Duval, Grain, syr. p. 302). La préposition S forme d'ailleurs une construction prégnante (cf. notre expression « l'un dans l'autre ») et indique l'addition : « une chose (un cas) ajoutée à une autre ». Donc : « J'ai trouvé ceci en ajoutant observation à observation dans le dessein de trouver la science ». NifoS ne peut en effet signifier « en trouvant la science », car le v. suivant ajoute, et nous le savons déjà, que Qoh. ne l'a pas découverte. Le S indique donc le but qu'on se proposait, et qui d'ailleurs n'a pu être réalisé. On voit que Qoh. a employé la méthode d'induction, basée sur l'observation des cas particuliers. "rinïJn est traduit par « compte » (Wright, Now. Me N.) ou par « résultat » (Del. Bick. Sieg. Haupt). Ce mot a bien dans la Michna le sens de « compte, bilan », mais il a aussi celui de « pensée, sagesse » (cf. B. S. vi, 22). Si l'on rapproche le présent v. de 25 (cf. V. 23), on admettra aisément qu'ici encore il s'agit de la sagesse et de la science que Qoh. a poursuivies sans les atteindre. "I12^n est toujours chez lui un équivalent de « sagesse » (cf. ix, 10), ou du moins reçoit une signification peu différente. Ce point de vue est admis par Zirk. Knob. E\v. Elst. Wild.

Sur la traduction de "IDN et sur l'origine de 27-28, Xd-fiov de Qoh. inséré dans le livre par un disciple, voir le com. de i, 2 et Ylntrod. p. 159. Il est naturel que le v. 26 ait rappelé au disciple la parole familière du maître qu'il nous a conservée : les deux pensées sont voisines.

28. Le p de nt?p2, en perdant sa voyelle, perd le dagech, comme dans v. 29; Esth. ii, 15, etc. (cf. B.ver, p. 65). — GSh CL (dans Berg.) ont lu le 1 copulatif devant mx. Ce nom s'oppose à iTiZJN' comme dans Gen. ii, 22-25; III, 8, 12, 17, 20-21. — ï^Sn est employé, comme souvent (Ex. xx, 6; Deul. i,

388 L'ECCl.KSrASTE, VII. 29.

-•'Vois, j'ai trouvé seulement ceci : que Dieu a lait l'homme droit ; mais eux ont cherché de nombreuses perversions.

11, etc.), pour désigner un très g-rand nombre. On prétend ordinairement que l'auteur a choisi ce nombre par allusion à I R. xi, 3, où sont mentionnées les mille femmes ou concubines de Salomon. Mais l'hypothèse n'est faisable que si l'on interprète hS^-Sj;! par « dans le môme nombre de femmes », en faisant représenter par le pronom n^x le nom de nombre siSx seul, sans tenir compte de DIX, ce qui n'est pas naturel. I^a plupart des com. reçoivent cependant cette interprétation. Hitz. de Jong-, Wild. prennent une autre voie : « J'ai trouvé un être humain (digne de ce nom) sur mille, mais parmi eux tous, pas une femme ». Mais pourquoi, avec Zirk., ne pas faire rapporter le pronom à na*X, substantif le plus proche : « Parmi toutes les femmes, je n'en ai pas trouvé une seule »? Le fait probable que la sentence, en raison de son origine susmentionnée, n'a aucun rapport avec la fiction du chapitre ii exclut aussi toute allusion à I R. xi.

Le relatif qui ouvre le v. est diversement interprété. Communément (Ew. Herz. Elst. Del. Bick. Sieg. Riiet.) on lui fait représenter le même objet que HT du v. 27, c'est-à-dire tout 28 i : « j'ai trouvé un homme, etc. ». INIais il faut supposer une ellipse : « ce que mon âme a toujours cherché sans le trouver, c'est ceci : j'ai trouvé un homme sur mille, etc. », et admettre que l'objet principal et constant des recherches de Qoh., c'est « une femme digne de ce nom » (Perles, Analecten, p. 33, veut même écrire nU?N à la place de *1U?N). On obtient en outre cette construction singulière, contournée et embrouillée : « J'ai trouvé ceci..., ce que j'ai toujours cherché et que je n'ai pas trouvé, c'est ceci : j'ai trouvé un homme..., mais je n'ai pas trouvé une femme. » Et que serait-ce si l'on ajoutait encore avec 29 : « Seulement j'ai trouvé ceci, que etc. »? Si, au contraire, avec G XoykjuÔv 8v Jér. nwnerum quem V radonem quant Zirk. Klein. Wild., on fait de pa^Jn l'antécédent de TCX, on obtient une suite cohérente et une pensée qui s'harmonise avec 23 et 25, où Qoh. a déclaré qu'il n'avait pu découvrir la sagesse et la science, objet constant de ses recherches, mais qu'il avait, au cours de son enquête perpétuelle, trouvé certaines vérités, obtenu certains résultats. L'absence de l'art, devant p2*kl*n ne s'oppose pas à cette interprétation ; Qoh. écrit toujours pSiTn, comme HD^n, sans art. ; cf. le com. de vu, 12.

D'après Qoh. la femme est moralement inférieure à l'homme. L'homme, tel qu'il devrait être, est rarement réalisé; la femme, jamais (cf. B. S. xxv, 18-33). Il est clair d'ailleurs que Qoh. parle de la femme en général, ce qui confirme l'extension donnée à nu^NH dans 26. Ces vv. 26-28 ne sont pas en contradiction avec IX, 9, qui recommande de jouir de la vie dans le mariage, mais non pas précisément de donner sa confiance à la femme ni de s'abandonner à elle.

29. laS est employé absolument (cf. Is. xxvi, 13), et la restriction que ce mot implique tombe sur n* complément de 'TlNïa, ilNl étant intercalé comme n^n dans i, 16. — DINH est un collectif, comme le prouve 7])2n qui le représente, et ne désigne pas l'homme par opposition à la femme comme dans 28, mais toute l'espèce humaine. — Sur niry construit avec deux accu-

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