‹ L'EcclésiasteChapitre 92 sur 120 · VIII. ' Qui est comme le sage · texte numérisé non relu

VIII. ' Qui est comme le sage

et qui connaît la solution d'une affaire ? La sagesse d'un homme éclaire son visage et la dureté de son visage est changée.

satifs, cf. Kôn. lIII, .'i27 ii. — 'n\L''i ne peut signifier que « moralement bon, honnête ». S'autorisant de ce que la distinction des genres n'est pas toujours gardée en hébreu, en particulier pour les pronoms (cf. Zach, v, 10; Gant, vi, 8; Ruth. I, 22), Grâtz, Zapl. veulent que r\'^r] représente ici les femmes par opposition à aiN « les hommes ». Si l'auteur avait voulu émettre l'idée qu'on lui prête, il l'aurait exprimée autrement. D'ailleurs 29 est-il donc un écho fidèle, une répétition de 28 b? — r"i:2Cn ne se rencontre qu'au plur.. ici et II Chr. x.wi, 15, dans Chr. au sens d'« engins de guerre » (cf. le latin tavàii ingénia, d'où « ingénieur «), et ici dans un sens moral par opposition à 1*w''i, par conséquent « inventions, machinations » pour s'écarter du bien.

L'auteur de ce v. croit donc à la droiture originelle de l'homme : Dieu lui a donné le sens moral (cf. Gen. i, 26-27; m, 11), la notion et l'amour du bien. Par conséquent la malice de l'homme ne vient pas de Dieu : c'est l'homme qui a cherché toute sorte de chemins tortueux en dehors de la voie droite. Sieg. Me X. Bart. attribuent cette réflexion au hasid. De fait, elle vient en surcharge de la phrase précédente, et bien que l'idée en elle-même ne soit pas de celles que Qoh. aurait rejetées, il n'avait cependant, étant donné son but, aucune raison spéciale de l'introduire. Le hasid, défenseur attitré de la Providence, en avait une.

Cinquième groupe de sentences : Eloge de la sagesse; conseils de soumission au roi; affirmation de la rétribution, viii, 1-8.

Les vv. 1-4 appartiennent au hakham : éloge du sage et de la sagesse, conseil de rester soumis au roi, 2 a, en raison du serment prêté, 2 b, en raison des châtiments qu'un monarque tout-puissant peut infliger, 3-4. Au contraire, les vv. 5-8 reproduisent les pensées habituelles du hasid : l'homme fidèle au précepte n'aura pas à soufl"rir, 5 a; mais il y a un jugement, 5 b,6 a, et le méchant n'échappera pas au malheur, 6 ^-8.

VIII, 1. La consonne de l'art, n'a pas subi la syncope dans DSnnD : cf. Gen. xxxix, 11 ; Deut. vi, 24 ; I Sam. ix, 13 ; Is. xliv, 22, etc. (GK 25 n ; Ko.\. II, p. 286). G t;'s oTô£v joçoûç suivi par Sh G est probablement une corruption de x-'? loSs joço'ç que 'A a rétabli. La corruption était facilitée par l'écriture ancienne, 0 pour îî (yloyTrwcoy, Palaeograp/iia graeca, p. 131 s. ; cf. EiR. p. 93), et par xf? oToev qui suit. G 'A et S (celui-ci t(; ojtw; aoçô;) ont donc lu 02" riD la. Mais P Jér. VT sont avec M. Kam. [ZATW, 1904, p. 239) suppose que HD est une dittographie et une corruption des deux premières lettres de D^n. Il est beaucoup plus probable qu'un copiste aura laissé tomber quelques lettres : voir ci-dessous. — "iw'2, qui suit pour la forme la règle donnée dans GK 93 k,

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est hapax en hébreu biblique ; mais la racine verbale se trouve en araméen biblique dans Dan., et le substantif lui-même sous la forme N'IUrs y est fréquent (il, 4-7 etc.). C'est un aramaïsme (Kautzsch, Aram. p. 74). Le sens du mot est « signification, interprétation, solution » (cf. Levy, NHW, IV, p. 151 s.), et comme in est « parole, chose ou affaire », les traductions peuvent varier; mais traduire par « l'explication des choses », comme le font plusieurs com., est donner au v. une portée générale et philosophique qui dépasse le sens exact des termes et qui d'ailleurs conviendrait mieux à une parole de Qoh. qu'à une sentence du hakham. — Un visage qui s'éclaire exprime toujours dans le langage biblique une intention et des dispositions favorables (Nomb. VI, 25; Ps. VI, 7; Job, xxix, 24). On doit donc interpréter : « la sagesse donne au visage de l'homme une expression de bienveillance », et non pas : « la sagesse donne un regard clair et sûr ». Del. invoque ii, 14; Ps. xix, 9; cxix, 130 en faveur de cette seconde interprétation; mais dans les textes qu'il cite, il est fait mention de la personne en général ou des yeux, jamais comme ici du visage, ce qui donne un sens différent. — VJ signifie ordinairement « force, puissance », et nulle part ailleurs qu'ici « sévérité » ou « rudesse »; mais l'adjectif 7V « fort » prend, suivi de D'IIS, le sens de « farouche d'aspect » (Deut. xxviii, 50), « effronté » (Prov. vu, 13), « dur » (Dan. viii, 23). L'adjonction de ItJS peut modifier de même le sens du substantif. Toutes les versions ont lu l'adjectif, qui est reçu par Sieg. Me N. — Ny*ri « est changé », imparf. pou. de njtl% verbe n^, suit ici, II R. xxv, 29 et Lam. iv, 1, l'analogie des nS (GK 75 rr; Kôx. I, p. 532); de fait, 15 mss. K. écrivent n^^lfv Driv.-Kitt. propose de lire le qal nJU^i « se change », comme dans Lam. iv, 1; Jér. fortis faciein suam commutabit, Y potendssimus faciein ilUus commutabit ont lu \epi. N2ll?\ qui est suivi par Zirk. Hitz. Winckl. (Âltor. Forsch. IV, p. 352) : « la rudesse défigure son visage ». G ;i.!<r7)6rîa£Tat Sh C P ont lu xy>i"*i « est » ou

« sera haï », de Kjil*, et de même Sieg. : « l'effronté de visage sera détesté ». Le Talmud [Chabbath, 30 b; Ta'anith, 7 b, qui indiquent la même lecture) prouve que cette interprétation avait des partisans parmi les rabbins. Néanmoins la grande majorité des com. reste fidèle à M que l'on peut en effet conserver; mais il serait téméraire de prétendre que le texte de ce v. n'a pas souffert. B. S. xiii, 25 porte : « Le cœur de l'homme modifie son visage, soit en bien, soit en mal », avec ayà^ aussi. Cf. dans Prov. xv, 13, une pensée analogue.

Sieg. Me N. Haupt, Bart. tiennent avec raison ce v. pour une glose du hakham. On pourrait essayer de le rattacher à ce qui suit : dans une situation difficile, le sage, diplomate à l'occasion, saura faire traduire à son visage des dispositions accommodantes et se pliera aux exigences d'un monarque toutpuissant. Mais mieux vaut reconnaître que nous sommes en présence d'une pensée détachée dont le but, comme celui de beaucoup d'autres, est de vanter la sagesse par opposition à Qoh. qui croit peu en elle. Haupt, qui retranche seulement YiJS, Zapl. Driv.-Kitt. Bart. disposent tout le v. métriquement; Bick., 1 b seulement. Le premier stique de 1 a est trop court; mais il doit avoir subi quelque mutilation accidentelle, car le sens qu'il présente n'est pas très satisfaisant.

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^ Observe ' ' l'ordre du roi, et à cause du serment de Dieu

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