‹ L'EcclésiasteChapitre 93 sur 120 · is-dk; m 1D "'IN · texte numérisé non relu

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2. Un très grand nombre de corn. (Knob. Heil. Ginsb. Klein. Del. Wright, Plump. Now. Sieg. Haupt), pour expliquer la présence de "'Jx, estiment qu'un copiste aura par mégarde omis "irTinN au début du v., et ils renvoient à ii, 1, 15; III, 17, 18. Cependant, dans les passages auxquels on se réfère, la locution est toujours suivie do "isSs et annonce les réflexions que Qoh. se fait à luimême. Ici, au contraire, elle introduirait un conseil donné à autrui. On peut donc dire que cet emploi de la formule n'est pas dans le style de Qoh. D'ailleurs les vv. 1-4 ont tous les caractères d'une insertion du hakham. La présence du pronom iJM est attestée par M G (253) S (Field, Auct.) Jér. ego os régis custodio, V ego os régis ohservo (ces deux derniers ont donc lu "ICÏJ). Mais il manque dans G Sh G L (Berger) P T (qui a n*!) et pourrait bien être dans M une corruption de TIN (Houb. Michaelis, Eur. Bart.). Wild. Zapl. corrigent "ijN en 1J2 (cf. xii, 12; Prov. i-ix). Ilitz. suit V et Bick. n'hésite pas à écrire IDÏUJ DDilH. — Sur ns au sens de « commandement », cf. Gen. xlv, 21 ; Ex. XVII, 1; Lév. xxiv, 12; Nomb. m, 16; xiv, 41; Job, xxxix, 27; et sur l'absence de l'art, devant "h'û, voir Kôn. (III, 394 d). — « Le serment de Dieu » est le serment prête devant Dieu : il n'indique pas une promesse faite à Dieu lui-même, mais à un homme, en invoquant Dieu comme témoin du serment. On trouve encore en ce sens mm nyilU dans Ex. xxii, 10; II Sam. XXI, 7; voir surtout I R. ii, 42-43, et cf. Kôn. III, 336 t [3. Il s'agit sans aucun doute du serment de fidélité prêté à un roi (cf. II Sam. v, 8; II R. xi, 17 b; I Chr. XI, 3, et voir Vlntrod. p. 110 s.).

On suppose généralement (Zirk. Ew. Knob. Ginsb. Del. Wright, Now. Riiet. Kôn. [III, 375 d], Ilaupt, Bart.) que l'auteur a rejeté la mention du serment en dehors de la prop. pour lui donner plus de relief : « et (cela) à cause du serment » {ivaw explicatif; cf. GK 154, note 1 b). On peut aussi bien essayer avec GCL (Berger) PST de rattacher 2 ô à la prop. qui suit, et c'est ce que font Sieg. JNIc N. Zapl. Mais le résultat est peu satisfaisant, car 3 a è est longuement motivé dans 3 c-4 et d'une tout autre façon qu'il ne l'est dans 2 b. Cette incidente dérange le contexte et porte la marque d'une addition du hasid. Que celui-ci ait trouvé à redire aux idées émises dans 2-4 par ■le hakham, c'est ce que prouve son insertion 5-8, laquelle se greffe évidemment sur les conseils du sage. Le point de vue des deux écrivains dilTére en effet notablement. Le hakliam parle en habile homme; le hasid, en homme religieux. Le premier donne des conseils de prudence; le second inculque un précepte moral. Il est dès lors évident que 2 b détonne dans son contexte : il ressemble plus à 5-8 qu'à 2-4. 2 b, 5-8 est écrit dans l'esprit d'Ez. xvii, 15 (cf. II Chr. xxxvi, 13) et Rom. xiii, 1-5: mais 2 a, 3-4, dans celui de x, 4, 20. Certes, il n'y aurait en soi rien d'impossible à ce qu'un

392 LECCLÉSIASTE, VIII, 3.

3 ne te hâte pas de t'éloigner de sa face. Ne te mets pas dans un mauvais cas,

car tout ce qu'il voudra il le fera,

juif inculquant l'obéissance fît appel d'abord à la crainte, puis à la conscience. Mais tout 5-8 trahit le hasid (voir ci-dessous); 2-4 a les caractéristiques ordinaires des additions sapientielles : on a expliqué dans Vlntrod. p. 168, la raison d'être, dans le milieu des sages, des conseils relatifs à la conduite à tenir envers les rois. Enfin, 5-8 est en prose, et assez mauvaise; 2-4 est métrique, et, si l'on retranche 2 b, d'un parallélisme très satisfaisant ; avec 2 ^ on a un membre de trop. Bick. a fort bien discerné la forme versifiée de 2-4, qui est méconnue par Driv.-Kitt. Bart., et la présence d'un membre superflu qui trouble le rythme ; mais au lieu de sacrifier 2 &, il a retranché le premier stique du v. 3, qui pourtant est bien dans l'esprit et dans la lettre de son contexte.

Jér. Hengst. Gietm. croient que, dès le v. 2, c'est l'obéissance à Dieu qui est inculquée. Mais leur opinion est insoutenable ; "jSn ne désigne jamais Dieu dans le livre. Cette explication paraît cependant avoir été traditionnelle chez les Juifs; car T entend aussi 2-4 de la soumission à Dieu tout-puissant. L'insertion de 2 è a pu favoriser la méprise, bien qu'elle n'ait certainement pas eu l'intention de la créer, mais surtout le contenu de 5 ss. a dû réagir sur l'interprétation des vv. précédents. Sieg. attribue tout 2-4, comme 5-8, au hasid (Q''); Me N. Bart. lui adjugent 2 b-d a. Mais 3 a n'exclut pas le hakham, au contraire (cf. x, 4), et on ne peut retrancher ce stique, en plus de 2 b, sans détriment pour le mètre. Haupt enlève les vv. 2-4, comme déjà le v. 1, à Qoh. Zapl. elTace DM'^N dans le présent v. pour des raisons métriques.

3. Le niplt. '^T\1T\ signifie à la fois « se hâter » (cf. Prov. xxviii, 22) et « être effrayé ». Wild. s'arrête à ce second sens, sous prétexte que l'expression du premier serait dans l'Eccl. réservée au pi. Il traduit donc après de Jong : « Ne t'effraie pas devant lui ». Mais -jSr, qui reste seul, ne peut plus signifier que « va-t'en », conseil qu'il est peu naturel d'adresser à quelqu'un à qui on vient de dire « n'aie pas peur ». Sieg. : « Ne te hâte pas au sujet du serment de Dieu, éloigne-toi de lui (du roi)», et Me N. : « Ne t'effraie pas au sujet de ton serment à Dieu, éloigne-toi de sa présence (du roi) », n'obtiennent pas un sens meilleur. L'un et l'autre supposent que l'obéissance exigée par le roi entraîne la violation d'obligations contractées par serment envers Dieu : en pareil cas « ne pas prendre peur et fuir 1 » Mais rien dans le texte n'éveille l'idée d'un conflit entre la soumission due au roi et les devoirs assumés envers Dieu. L'interprétation commune, qu'on a adoptée dans ce com., est encore la meilleure : "iSn forme une prop. subordonnée dépendant de ^nnn~7X (cf. GK 120 g, et Kox. III, 369 r). Le sens qui en résulte est en parfaite harmonie avec X, 4, qui est aussi du hakham : s'éloigner du roi, qui vient d'imposer un ordre désagréable, serait manifester du mécontentement, du dépit, voire un refus d'obéissance; ce serait aussi s'exposer aux pires conséquences. Qu'on n'oublie pas (voir ïlntrod. p. 168) que le conseil est adressé aux

LECCLÉSIASTE. VIII, 4-5. 3P3

* Parce que la parole du roi est souveraine, et qui lui dira : « Que fais-tu? »

'^ Celui qui observe le précepte n'éprouvera rien de mal , et le

ambassadeurs juifs auprès des monarques suzerains, et que la soumission, la patience, leur étaient fort nécessaires, soit dans leur intérêt propre, soit pour le bien de leur petite patrie. — "i^'J signifie « se placer, se tenir » (Ex. Nxii, 2i, 26; Ps. I, 1; cvi, 23; Jér. xvii, 19; xxni, 18, etc.) et prend un sens qui ne diffère guère de celui d' « entrer » dans II R. xxiii, 3 in fine; Os. XIII, 13. Le contexte, en motivant par la crainte du roi le conseil donné dans 3 c-4, n'invite pas à entendre yi "12"7 d'un « acte coupable » mais bien d'une « chose nuisible », d'une « affaire dangereuse ». Il n'est pas nécessaire de supposer une entreprise positive contre le roi, une conjuration par exemple, comme font Knob. Del. Wright, Now. Zapl. Bart. La « mauvaise affaire > peut représenter uniquement les conséquences du fait de désobéir au monarque et de s'éloigner de lui. On mentionnera encore, pour l'écarter aussi, l'interprétation de Ew. Elst. de Jong, Wild. : « ne reste pas, mais fuis au plus vite, si le roi t'a adressé une parole de colère » ; notre sage comprend autrement l'adresse diplomatique : cf. x, 4.

Il est singulier que le dernier stiquc de ce v. soit répété deux fois, en termes identiques, dans Sh et omis dans C (Ciasca); mais il est présent dans C (Thompson). Bick. retranche le premier stique du v., comme formé de deux gloses explicatives du stique suivant. Zapl. tient -oT\ pour une addition.

4. G xaOoi; Sh CP Jér. et 17 mss. de K. de R. ont lu -iunj, au lieu de It'NZ que l'on rencontre aussi dans vu, 2 (le mot n'est donc pas réfractaire à la métrique, tout lourd et peu poétique qu'il paraisse; cf. Job, xxxix, 30); cf. UJn dans ii, 16. — "JTlsSc ne se trouve en hébreu biblique que dans l'Eccl. viii, 4, 8, mais le mot existe dans la langue de B. S., iv, 7, et en araméen biblique (cf. Dan. III, 2, 3); sauf dans l'Eccl., il est toujours substantif. Sur son caractère d'aramaïsme, voir le coin, de ii, 19. — « Que fais-tu » est une parole de reproche et de blâme. La même formule est employée dans Is. XLV, 9 (cf. Dan. iv, 32 et Sag. xii, 12 1, et le stique tout entier se retrouve à peu prés littéralement dans Job, ix, 12, où il est question de Dieu, comme d'ailleurs dans Dan. et Sag. Personne n'osera faire une remontrance au roi et l'arrêter.'— "IZT manque dans G (B N* 68 147 157 159 248i Sh in marg. C, et d'autre part XaXîT. qui le traduit, est placé avant lîaatXîj; dans G (V 2ô3 254) Sh P Jér. et après tÇouatdrwv dans G (AC N*^'» 106 2611 : il est donc évident que l'auteur de G n'a pas lu 12" dans son original hébreu. Mais 'A IXilt^oi e XaXeï l'avaient et l'ont traduit par un verbe, S \6^q^ et V sernio par un nom.

5. nilTD, « ordre du roi » d'après Knob. Ginsb. Del. Wright, Wild. Zapl. Bart., « ordre de Dieu » d'après Now. Sieg. Me N., paraîtrait en effet, en raison de ce qui précède, l'équivalent de ^^D~^2; mais la suite montre que l'auteur se place à un point de vue nouveau et plus général, et que le terme désigne tout précepte moral (voir ci-dessous . — yii primo a le sens d' « éprouver )) (cf. Ez. XXV, 14; Os. ix, 7j. yi 121 au sens d' « acte coupable » iKnob.

394 l'ecclésiaste, viii, 5.

Zôckl. Xow. Zapl. ; cf. Ps. ci, 4) ne fournirait guère qu'un truisme : « celui qui observe le précepte ne commettra aucune faute », à moins qu'on n'entende 'J^ 12" d'un acte mauvais déterminé, commandé par le roi (Sieg. Me N.), ou d'une conjuration contre le monarque (Now. Zapl.)- Mais tout le contexte, soit précédent : « le roi châtiera celui qui n'obéit pas » (2-4), soit subséquent : « la vengeance de Dieu atteindra le méchant » (6-8), aussi bien que le parallélisme de 5 b, indique le sens : « celui qui observe le précepte n'éprouvera aucun dommage ». C'est l'interprétation de S (dans Jér.), de V non experietur quidquam mali, de Del. Wright, Wild. Haupt., et elle s'accorde avec celle qui a été donnée de la même expression dans v. 3. — D2n iS est « le cœur d'un sage » ; cf. x, 2. — y"*! secundo ne doit pas être traduit, comme l'ont fait Del. Wild., par « éprouver », mais par « connaître » : le cœur est ici, comme souvent, le siège de l'intelligence. Dans cette interprétation, î;~i ne devrait pas être à l'imparfait. Or il arrive précisément que la vocalisation massorétique i*Ti est contredite par les versions, qui toutes sans exception ont lu le parfait (G Ytvwaxst Sh P Jér. VT ; C traduit par le premier futur, mais qui s'emploie aussi pour exprimer le présent : cf. Stern, Kopt. Gramm., Leipzig, 1880, § 367). — G rend "CSw'Dl TO*I par xa\ xatpbv xotaew?, qui est suivi par Sh C; de même 14 mss. K. de R. ont 'C^'C'2 T\'J^. Le sage sait qu'il y a pour tout un terme fatal, et qu'à ce terme le jugement trouve place (voir le com. du v. suivant). Cette affirmation de l'existence du jugement a une portée générale; rien n'indique qu'elle ait pour but de maintenir les sujets malheureux d'un monarque tyrannique dans une expectative patiente de l'intervention divine, comme l'ont pensé Ginsb. Del. Wright, Now. Wild. La première partie du v. annonce, sinon la récompense, du moins l'absence de souffrances pour le juste, et la seconde, telle que 6-8 la précise, le châtiment pour le coupable.

Un pareil contenu ne peut provenir que du hasid : on reconnaît aisément les pensées (ii, 26; m, 17; vin, 11-13; xi, 9 c; xii, 13-14) et même dans 5-6 les formules (cf. ni, 17) qui lui sont habituelles. Ses réflexions se greffent sur les sentences du hakhain : 5 a est une allusion évidente à 3-4, et l'insertion ci-dessus mentionnée de 2 è confirme absolument cette manière de voir. Il est d'ailleurs à remarquer que toutes les additions du hasid sont en rapport étroit avec leur contexte. Il n'y a d'exception que pour xii, 13-14, mais qui a sa raison d'être à cet endroit à titre de conclusion. On pourrait se demander si le hasid, comme s. Jérôme et T, n'a pas entendu 2-4 de l'obéissance à Dieu. La teneur du v. 5. en particulier l'emploi absolu de niï'Z, le ferait croire. Mais l'addition que le même hasid a faite de 2 b exclut de sa part une pareille méprise, si du moins on laisse à ce demi-verset le sens adopté ci-dessus et qui paraît le plus conforme à l'usage de la langue. D'ailleurs, le pieux auteur aurait sans doute pu juger à propos d'intervenir pour confirmer 2-4 s'il avait cru lire dans ces vv. une exhortation à la crainte de Dieu, mais son intervention s'explique mieux encore, et surtout elle est plus conforme à ses habitudes, s'il a eu une intention de correction, s'il a voulu introduire le point de vue religieux et moral dans une recommandation de prudence humaine, trop exclusivement pratique et utilitaire.

Sieg., on le rappelle, reconnaît dans 5-8 la main du hasid; Me N. et Bart.

l'ecclésiaste, VIII, 6. 395

cœur d'un sage connaît' le temps et le jugement. '' Car pour toute chose il y a un temps et un jugement; car le mal de l'homme est

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