‹ L'EcclésiasteChapitre 98 sur 120 · VI. IMPUISSANCE DE l'eFFORT ET DU TALENT · texte numérisé non relu

VI. IMPUISSANCE DE l'eFFORT ET DU TALENT

A ASSURER LE SUCCÈS, IX, 11-lG ; X, 5-9, 14 b; XI, 5.

Les réflexions de Qohéleth sur ce sujet sont trois fois interrompues par des sentences du hakliam. Le mérite, en aucun ordre, ne suflit à assurer le succès, IX, 11, car tout dépend des circonstances, et tous sont sujets aux accidents, 12. Exemple d'un acte remarquable de sagesse, 13-15 a, qui n'obtint à son auteur ni la récompense ni la considération qu'il méritait, 15 b-1%. Voir la suite de ce développement à x, 5 ss.

11. L'inf. absolu TMiTi succède à un verbe au mode défini et le continue (GK 113 z) ; le premier verbe exprime en réalité une modalité de l'action signifiée par le second : « j'ai vu encore » (GK 120 d; Kox. 389 /•). — Sous le soleil est anticipé dans la proposition principale et serait plus logiquement placé dans la subordonnée. — yiia est un hapax au lieu de la forme féminine nïlin, usuelle en hébreu biblique et en néohébreu. Tous les noms désignant des personnes dans ce v. ont l'art., comme repi-ésentant une classe tout entière. — La mention de la course invite à se demander si les jeux grecs existaient déjà à Jérusalem au temps de l'auteur. Ils ont été introduits sous Antiochus Épiphane (174-164) : cf. I Mac. i, 14-15; II Mac. iv, 9-14. Mais II Sam. xviii, 19-32 montre que les coureurs ont existé fort anciennement chez les Hébreux, ce qui peut suffire à légitimer notre texte. — Le combat appartient à celui qui remporte la victoire, et celle-ci n'est pas toujours donnée aux plus vaillants (cf. Ps. xxxiii, 16-17). — DnS et les deux l'ecclésiaste. 27

418 l'ecclésiaste, ix, 12.

les atteignent tous. •- Car l'homme ne connaît même pas son heure : comme les poissons qui sont pris dans le filet fatal et comme les oiseaux pris au piège, comme eux les fils de l'homme sont saisis au temps du malheur, quand il tombe sur eux tout à coup.

noms de choses qui suivent n'ont pas l'art, comme les précédents : le sens des propositions en est légèrement modifié. D'après Qoh. (cf. iv. 13; vi, 8; IX, 15) le sage est généralement pauvre. — 5?53 « ce qui arrive, accident » (cf. I R. v, 18, seul passage de la Bible où le mot se retrouve; mais le verbe est fréquent) prend ici un sens nettement défavorable et qui doit réagir sur l'interprétation de ni? : « tous les hommes dépendent des circonstances et sont sujets aux accidents ». Le talent n'est certes pas inutile pour réussir; mais il est d'autres éléments de succès, extérieurs à l'homme, qui échappent à son pouvoir. Un jour ou l'autre le sort devient contraire et les événements tournent contre nous.

Sieg. attribue ce v. à Q^ (glossateurs divers). Mais des pensées si pessimistes sont bien de Qoh. et la dernière proposition est particulièrement en harmonie avec une de ses théories les plus caractéristiques (cf. m, 1-11). Il est même possible que l'auteur ait annoncé dans ix, 1 le sujet qu'il traite maintenant. Ce v. affirmait que ni la justice ni la sagesse ne suffisent à assurer le succès : la première partie du chapitre (2-10) a conté les déconvenues de l'homme de bien, la seconde |11 ss.i expose les mésaventures du sage.

12. misa, au lieu de "iïD (vu, 26) ou mijf72, se trouve ici seulement et dans B. S. ix, 3 au sens de « filet ». — D''U^ptl est pris généralement pour un part. pou. dont la préformante aura été omise (GK 52 s; Kôn. I, 408), et on cite, en exemples de formes pareilles. Ex. m, 2; Jug. xiii, 8, etc. En outre, le redoublement de la seconde radicale aurait été supprimé et compensé par l'allongement de la voyelle précédente (cf. GK 20 n). Schwally [ZATW, 1890, p. 176) pense qu'on devrait lire le mode personnel Itt^pi''. Mais le part, convient mieux, car il s'agit d'un fait qui se répète ou se renouvelle, et les deux verbes précédents sont à ce mode. Il se pourrait que le D initial ait disparu par haplographie, la dernière lettre du mot qui précède étant un D, et qu'on dût lire D'^UJpIla. Driv.-K. propose le part. nipJi. D''Urpi3. Il n'y a d'ailleurs pas d'autre exemple certain de l'emploi du pou., car upli dans B. S. XXXI, 7 peut aussi bien être le niph. — nV est à l'état construit et régit nyi qui est un substantif : cf. nvi DTi dans vu, 14. — Sieg. Haupt, Zapl. Driv.- Kitt. veulent retrancher n"1 primo comme une dittographie de n^l secundo. En outre, Haupt rejette i3 et DXnS; Zapl., lD et Di"t3. KaXôi pour xaxS» dans G (B) ne peut être qu'un lapsus.

En raison des comparaisons employées dans ce v., la plupart des com., à la suite de s. Jérôme, entendent « le temps de l'homme » de l'heure de sa mort (cf. vu, 17). Cependant, si l'on tient compte du v. 11, il apparaît que l'auteur a en vue le temps de l'insuccès et de l'adversité : la mort n'est pas

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^^ (En) ceci encore j'ai vu (un acte de sagesse sous le soleil, et celleci m'a paru grande : ^'' (il était) une ville petite et là un petit nombre d'hommes, et un grand roi marcha contre elle et l'investit, et bâtit

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