‹ L'EcclésiasteChapitre 99 sur 120 · D11î!j:î2 GSPV;M □m'ï'Z · texte numérisé non relu

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exclue, mais il ne s'agit pas de la mort seulement. La dernière proposition : « quand le malheur tombe sur eux ». confirme cette interprétation. Le v. 12 motive la dernière proposition du v. précédent : les hommes les plus sages et les plus habiles n'évitent pas les catastrophes, parce que celles-ci ne peuvent être prévues. Comme l'oiseau attiré par l'appât, l'homme croit aller au succès au moment même où il donne tête baissée dans un piège. Sieg. attribue le v. 12 à Q^ (le glossateur épicurien).

13. Les verbes qui expriment la perception prennent volontiers deux compléments directs, le second ayant pour but de déterminer le point de vue spécial sous lequel le premier est perçu (cf. GK 117 h; Ko.\. III, 327 f). C'est bien ici le cas ; l'ordre des mots ne permet pas de considérer "7 comme adjectif démonstratif de HQ^n- G traduit très exactement : zaï'ys touto loov aoaiav. ht est vocalisé au fém. par attraction du substantif; cf. v, 15, etc. D'après KôN. III, 45, la forme féminine n'aurait peut-être pas été dans l'intention de l'auteur. De fait, 5 mss. de R. écrivent n~, qui a été lu aussi par T; cf. ix, 1 où m désigne aussi le neutre. — n?33n a un sens concret « un acte de sagesse »; nous dirions bien en ce sens « une habileté ». — iSx est au lieu de "ijeS, comme S dans Jon. m, 13; Esth. x, 3; cf. Qoh. ii, 17.

Sieg. attribue ix, 13-x, 3 à Q^ (le hakham), toute cette section étant consacrée à l'éloge de la sagesse. Mais Qoh. n'a jamais prétendu que la sagesse fût complètement inutile. Il lui reconnaît même formellement des avantages (dans n, 13-14, que Sieg. lui enlève naturellement, mais aussi dans ii, 21 et IV, 13 qu'il lui laisse i. Il nie seulement que le sage en retire le bénéfice qui conviendrait (cf. ii, 14 è-16i. Or, l'histoire racontée dans 13-16 démontre que si la sagesse peut avoir des résultats heureux, le sage lui-même n'en a point de profit : elle ne fait qu'illustrer la doctrine de Qoh., bien loin de la contredire.

14. Une petite ville et en elle (en laquelle était) un petit nombre d'Iionunes est mis en tète de la phrase, sans copule, comme une sorte de casus pendus repris ensuite par h'^Sn. L'auteur dit « hommes » (de garnison) et non pas « habitants » ; la garnison eût pu être considérable, même dans une petite ville. — Un grand roi rappelle la phraséologie employée chez les Grecs en parlant des rois de Perse (BaatXEu; 6 hiéy*?, h^^Y*? ^aa-.Xsu;), mais le terme a pu désigner un autre monarque (cf. Is. xxxvi, 4). — On remarquera dans ce v. et le suivant l'usage du parfait, là où dans l'ancienne langue on aurait eu l'imparfait consécutif (GK 112 pp, note 1). — □''"lï^Z au sens de « retranchements, circonvallations » est un hapax; mais 2 mss. de R. G yasa^ca; S! P Vont lu D"'112fa qui désigne en effet des travaux d'investissement (cf. Deut. xx, 20;

420 LECCLÉSIASTE, IX, 15-10.

contre elle de grands 'retranchements', i' Et il s'y trouva un pauvre homme sage, et celui-ci sauva la ville par sa sagesse. Et personne ne se souvint de ce pauvre homme. "'Et j'ai dit : « La sagesse

Ez. IV, 2; Mich. iv, 14, etc.). Cette leçon est reçue par Winckl. {Ahor. Foi-sch. IV, 353), Me X. BDB, Driv.-Kitt.. et paraît vraisemblable.

15. On reconnaît communément que dans nïd la troisième personne exprime le sujet indéfini (voir GK 144rf et cf. i, 10). GependantEw. Del. Wright, Kon. (III, 323e) pensent que « le roi >' est sujet de ce verbe comme des précédents. — G (A) V ont lu le 1 devant D3n, et 114 mss. K. de R. l'ont en effet. Le pi. prend fréquemment le pat/iah dans la seconde syllabe, en particulier devant le maqqeph (voir GK 52 l et cf. xii, 9) : c'est la raison de la vocalisation de "iibî^l. — La plupart des com., à la suite de Grég. Thaum. .Jér. Olymp. et du Targum, traduisent "12"» comme on l'a fait ci-dessus et l'entendent d'un souvenir reconnaissant. Au contraire Vaih. Zôckl. Gratz, Mot. Ginsb. traduisent par le plus-que-parfait « personne n'avait pensé à lui i auparavant) », en raison de la réflexion contenue dans le v. suivant. Mais pour que l'exemple soit démonstratif et confirme le principe émis au v. 11, il est nécessaire que le sage ne trouve auprès de ceux qu'il a sauvés que de l'ingratitude. On verra que le v. 16 s'accorde fort bien avec cette interprétation. Me N. traduit « ... un homme pauvre et sage qui aurait sauvé la ville (cf. Ex. ix, 15; I Sam. XIII, 13), mais on ne pensa pas à lui ». Mais Qoh. a annoncé un trait de sagesse, et si l'on adopte une pareille traduction, aucun trait de ce genre n'est réalisé.

Zapl., à la suite de V deinceps, ajoute lûNO) au début do la dernière proposition pour faire le mètre.

Plusieurs com. ont cherché à déterminer la ville et le siège auxquels il est fait allusion dans 14-15. Ew. a pensé à Athènes sauvée par Thémistocle, Hitz. à Dora assiégée par Antiochus III le Grand en 218 avant J.-C. (I Mac. XV, 11). Plump. mentionne le siège de la même ville par Antiochus VII Sidetes (JosÈPHE, Ant. Jud. XIII, vu, 2). Wright se prononce pour Abel beth Maaca investie par les troupes de David (II Sam. xx, 15-22) et Haupt estime enfin qu'il s'agit du siège de Bethsur par Antiochus V Eupator, en 163 avant J.-G. (I Mac. VI, 31; II Mac. xiii, 19). Mais quand les détails ne manquent pas sur les faits de guerre qu'on nous signale, ils sont en désaccord formel avec les circonstances caractéristiques marquées par Qoh. ; voir Vlntrod. p. 110 ss. Abel beth Maaca en particulier ne fut pas assiégée par David en personne, mais par .loab; il est vrai qu'elle fut délivrée par un acte de sagesse, mais cet acte fut le fait d'une femme, et qui n'a pas été oubliée, puisque la Bible nous a transmis non pas sans doute son nom, mais au moins le récit de son habile entremise. Wright suppose que Qoh. a modifié les données de ce récit pour l'adapter à son but. Mais alors quelles garanties d'historicité présente sa relation et pourquoi supposer qu'il relate tel incident plutôt que tel autre?

16. L'emploi du part, dans ce v. et le suivant s'explique par le caractère de

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vaut mieux que la force, mais la sagesse du pauvre est dédaignée et ses paroles ne sont pas écoutées. »

constance des vérités ('noncéos icf. (Wv IIG n). — La première sentence est la conclusion naturelle de 15 a, et les deux autres tirent la moralité de 15 b. Il n'y a donc pas contradiction entre ce v. et le précédent. On objecte : « Si ce pauvre a sauvé la ville, c'est donc qu'on l'a écouté et que sa sagesse n'a pas été dédaig-née ». Cette objection, si elle était valable, atteindrait toutes les interprétations du v. 15, celle de Vailh. etc., aussi bien que la plus commune. Me N. serait seul à y échapper parce qu'il suppose, bien à tort, que le sage n'a rien sauvé du tout. Mais si tant est qu'on ait écouté le sage dans cette circonstance, il n'y aurait là qu'une exception apportée, sous le coup de la nécessité, à la loi commune, qui est le dédain des paroles du pauvre. Personne n'avait pris garde à lui auparavant, et on ne lui donna pas davantage ensuite dans la ville un(; situation en rapport avec son mérite, ni le service rendu ne fut récompensé. Mais au fait, l'a-t-on écouté, même un instant? Nous n'en savons rien, car nous ignorons par quel moyen il délivra les assiégés, et s'il fut nécessaire pour obtenir ce résultat de persuader la plupart ou même un petit nombre d'entre eux.

La pensée contenue dans 16 a a beaucoup d'analogie avec vu, 19. Sur celle de 16^, cf. B. S. XIII, 22. — Bick. rejette de ce v. la dernière proposition; Haupt fait de même pour les deux dernières et retranche encore de la première nzTiZ iJX. Zapl. au contraire ajoute "T1'2nS après ijx.

Si.riènie groupe de sentences :

Eloge de la sagesse et des sages, ix, 17-x, 't.

IX, 17-x, 4 constitue un nouveau groupe de sentences. Le développement précédent de Qoh. n'est cependant pas terminé; il reprendra dans x, 5-9 et se continuera dans 14 b, pour s'achever dans xi, 5. Le reste du contenu de ix, i7-xi, 6 se compose de sentences des sages, lesquelles s'intercalent à travers les réilexions de Qoh.. parfois à titre de gloses ou de correctifs, ix, 17-x, 4 fait l'éloge du sage et de la sagesse, sauf le dernier v. qui donne un conseil sur la conduite à tenir envers le prince. Les premières sentences au moins ont été suggérées par la rétlexion de Qoh. au v. 16. On a déjà dit que Sieg. attribue ix, 13-x, 3 au hakham. Pour Me N. et Bart., ix, 17-x, 3 seulement sont l'oeuvre des sages.

Il n'est pas toujours aisé de diMermiiier avec certitude quels versets, parmi ceux qu'on attribue aux sages, réalisent la forme métrique. Dans la présente coupure (ix, 16-x, 4), Bick. reconnaît cette forme à tous les vv., sauf le dernier; mais si l'on excepte x, 2, il n'en est pas auquel il ne fasse subir quelque mutilation pour y trouver le compte de syllabes qu'il désire. Il faut en dire autant de Haupt sur le point des corrections ; celui-ci réussit en outre à donner une allure poétique à \, 4, en lui ajoutant au contraire un stique. Zapl. réalise sa théorie sans additions ni retranchements, excepté pour x, 1 où il n'est pas blâmable de supprimer un mot. De même Driv.-Kitt., mais qui

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1^ Les paroles des sages (proférées) avec calme sont écoutées mieux que les cris d'un chef au milieu des insensés.

laisse x, 3-4 à la prose. Bart. ne dispose en vers que x, 1-2. En réalité, x, 2 seul présente une forme métrique incontestable, tandis que 3-4 sont sans doute prosaïques. Le style sentencieux et parallélique de i\, 17-x, 1 donne à penser cependant que ces vv. appartiennent à la poésie, bien qu'il y eût à redire au point de vue métrique.

17. Comme il arrive que le qualificatif ne soit pas exprimé devant le "jp du comparatif (cf. GK 133 e; Kôn. III, 308 c), la plupart des com. traduisent : « Les paroles des sages écoutées dans le calme valent mieux que etc. » (Zirk. Ew. Elst. Del. Sieg. Rûet. Me N. Bart.). Mais Wright, à la suite de G Jér. VT, fait tomber la comparaison sur D'iyGUJJ : « Les paroles des sages... sont mieux écoutées que etc. >>. La masse des interprètes a dû être déterminée dans le choix de sa traduction par le souci de ne pas introduire une opposition entre ce v. et le précédent qui porte : « Les paroles des sages ne sont pas écoutées ». Mais ce souci est-il légitime si, tandis que Qoh. parle dans 16, c'est le hakham qui se fait entendre dans 17? N'y a-t-il pas des chances pour que la pensée de celui-ci diffère de la pensée de celui-là? La traduction de Wright est la meilleure. Le qualificatif ne peut être omis lorsqu'il y aurait amphibologie, et les versions anciennes ne se sont pas trompées en estimant qu'il ne devait pas être suppléé. Quelques interprètes (Knob. Herz. Gratz, Zapl.) essaient de tout concilier en traduisant D''"DU7J par « dignes d'être écoutées ». Ce serait le seul exemple d'un pareil sens pour ce mot; cf. cependant "îOnJ « désirable », Ps. xix, 11; SSuD « digne d'être loué » (?), Ps. xviii, 4, etc. (GK 116 e). — Le parallélisme de np^TD indique nettement que 7\T\yz doit être rattaché à D''D:3n ''121 et non pas à D'iyDîZJJ : « les paroles des sages (proférées) dans le calme » (Knob. Herz. Gratz, Del. Zapl.; cf. T). L'accentuation massorétique, qui place un accent disjonctif [tiphha) sous nnJl, favorise cette interprétation. — Plusieurs com. (Zirk. Del. Wright, Xow. Haupt, Bart.) entendent QiSiDDn Sujin du « premier des fous », c'est-à-dire du plus fou qui soit (cf. II Sam. xxiii, 3; Prov. XXX, 30); d'autres, d'un chef qui fait partie de la classe des fous, périphrase pour dire « un chef insensé » (Knob. Ginsb.); Gratz traduit « un maître en folies », en s'appuyant sur G èÇouataÇdvTtov èv àippoTJvatç (le pluriel de èÇouataÇovxtov peut être primitif ou résulter d'une dittographie dans l'hébreu; cf. vu, 8). L'accentuation massorétique, en mettant encore un accent disjonctif [tiphha) sous Su^lD, se prononce contre ces façons de comprendre le texte. Une intelligence un peu étroite du parallélisme paraît les recommander. Mais au point de vue du sens, est-il vraisemblable que l'auteur, voulant exalter les sages, soit allé chercher comme terme de comparaison le pire des insensés? L'éloge qu'il fait d'eux est assez mince, si celui au-dessus duquel il les élève n'est que le dernier des sots. Il s'agit bien plutôt d'un chef, d'un de ceux qui exercent l'autorité sur les hommes. Le hakham, qui est peut-être un peu dédaigneux du vulgaire (cf. Eccli. xxxviii, 24 ss.), qualifie volontiers d'in-

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''^ La sagesse vaut mieux que des instruments de guerre, mais une seule 'faute' détruira beaucoup de bien.

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