DANS TOUS LES TEMPS
1." Mes protecteurs particuliers seront Marie, la tendre Mère du clergé, saint Joseph, saint Basile deCésarée, saint Mélèce d'Antioche , saint Arnbroise de Milan, saint François de Sales , parmi les pontifes; saint Bernard , saint François-Xavier, saint Ignace, saint François Régis, saint Vincent de Paul , parmi les prêtres; sainte Thérèse et sainte Magdeleine de Pazzi parmi les vierges î mon Patron et mon Ange gardien. Bénissant tous vos élus, mon Dieu! après leur auguste Souveraine, j'aurai pour ceux que je viens de nommer, une vénération
spéciale; je connaîtrai mieux leur vie, méditerai plus habituellement leurs œuvres, et me revêtirai de leurs vertus.
2.° Tous les jours, je vous aurai, mon Dieu , dans mon esprit, dans mon cœur, sur mes lèvres: « Omnibus diebus vitœ tuae in mente habeto Deum. » [Tvb. c. 4, p. 6.) Je ne veux pas perdre de vue, un seul instant, votre ineffable présence. 0 pratique salutaire 1 « Ambula coram me, et esto perfectus » ( Gen. i7. f'. i.) 0 mon ame! bénis en tout temps ton divin Auteur : « Omni tempore benedic Deum ; et pete ab eo ut vias tuas dirigat, et omnia consllia tua in ipsopermaneant» ( Tub. 4, v. 20.) Quel bonheur pour moi , si , à la fin de la journée , après avoir saisi toute occasion de m'élever en esprit vers le trône de l'Agneau, mon cœur, dans un sincère retour sur lui-môme, pouvait se rendre ce doux témoignage :
« Providebam Dominum in conspectu mec semper» {Ps. i5, p. è.)
6." Je m'engage à n'oublier ni la grâce ni les devoirs de ma vocation. Je vous demanderai souvent, mon Dieu , par quel endroit j'aurais pu mériter de si aimables regards démon souverain Maître, et surtout dans sa maison, un poste si honorable et si éminent : « Quid est liomo, quôd memor es ejus? » [Ps. 8,^. 6.) Saint Charles Borromée, qui appréciâtes avec tant de justesse
ladignilé de prêtre et de pontife , je m'appliquerai à moi-même, ce salutaire avis que vos écrits rappellent :
« Memor sis semper vocalionistuœ, eoque nomine scepè Dec gratias agas •' conerisque maxime vitam , ut ministrum Christi decet , instituere; cùm tàm mullas utilitates ex boni , lot detrimenta ex mali vitâ sacerdotis proficiscantur. »
Pour parvenir à la perfection de mon état, toutes les vertus , sans doute, seront l'objet de mes vœux, de mon étude : mais il est une série des qualités du chrétien qui doivent faire l'apanage d'un bon ecclésiastique; je me la proposerai dans l'ordre suivant.
Charité.
Doux précepte du divin amour, « Diliges Dominum Deum tuum » {Deut. 6, i^. 5.) — tu seras l'objet de mon admiration, comme de mon obéissance : en aimant, je m'étonnerai de la loi : « Quid tibi sum ipse , ut amari tejubeas à me, et, nisi faciam , irascaris mihi. » [S. Aug. Conf. L 2.) Si jusqu'à ce moment environné de votre amour, j'ai été assez malheureux pour ignorer le bonheur d'aimer, ah! Seigneur, il n'en sera plus ainsi >« Undiquè circumdeditmeamor, et nescio quid sit amor. » (5. Bonau. Siim. amoris. ) Désormais , je ne veux pas qu'il s'écoule un moment où je ne vous conjure
de brûler mon cœur de vos divines flammes : a 0 ignisqui semper ardes et nunquàm extirigueris 1 0 amor qui semper ferves et nunquàm tepescis ! accende me, accendar totus à te, ut totus dili^am te. »(*S. yîug. Conf. lib. 10, c. 29, et Solil. c. 29.) Tendre époux de mon ame, je reconnais que le moyen sùrde vous plaire , est de se plaire uniquement en vous : « Ille placeL Deo, cui placet Deus, » («S. Aug. in Spal. 32.)
Je ne respirerai que pour vous; je sacrifierai le reste de mes jours à votre service ; et , comme une hostie d'amour , je veux me consumer entièrement à votre g!oire :
« Amati amabimus, ut amantes, ampliùs amari mereamur. w ( S. Bern.)
Dansées sentiments, qu'ai-je à redouter des événements les plus désolants en apparence? Je sais que tout vient de la main d'un père qui m'aime et que je dois aimer uniquement : « Bona etmala, vita et mors, pauperlas et honestas à Deo sxxnX. » {Eccli. ii, V. i4. ) Plein de vous, Dieu si aimable, mon cœur saura tout braver et tout vaincre : « Paratum cor meum, Deus, paratum cor meum , paratum ad adversa, paratum ad prospéra. » {S. Au g. in Psalm. )
Mais quelle règle mettre à mon amour envers vous, adorable Sauveur? Je m'efforcerai de vous aimer comme votre Père vous aime : « Ut dileclio quû dilexisli me, in ipsis
sit. » [Joan. 17, t^. 26.) Je vous aimerai comme père, comme maître, comme chef , comme ami , comme mon tout : « Amemus, redamemus, amplectamur, in quantiim possumiis. « Seul occupant mon cœur, vous en épuiserez toutes les affections : « Qui se nobis totum dédit, à nobiscor nostrumtotum petit. • {S. Dern.)
En vous aimant , Seigneur, j'aurai le bonheur d'aimer en vous, pour vous, par rapport à vous, tous mes frères : que mon cœur soit collé aux leurs, et que je les aime comme mon ame : telle sera désormais l'étendue de ma charité :« Anima Jonathae conglutinala est animœ David, et dilexit eum Jonalhas quasi animam suam. » ( i Reg. 18, t^. 1.) Modèles biens touchants pour moi, que ces deux amis incomparables David et Jonathas ! Je chérirai mes frères d'un amour pur : a Mandatum novum do vobis : ut diligalis invicem sicut dilexi vos yy {Joan. i3, V. 34.) d'un amour tendre :« Unusquisque vestrùm pro?(imo suo placeat in bonum.
{Rom. i5, p. 2.) Omnibus omnia factussum, ut omnes facerem salvos. ( i Cor. o, ^. 22.) Induite vos,... sicut electi Dci, sancti et dilecti, viscera misericordiœ, benignitalem, humilitatem , modestiam , patientiam. »
( Coloss. 3, V. 12.) d'un amour fort : « Aquœ mullce non potuerunt extinguere charitalem. ( Cant. 8, f^. 7. ) Corde magno et animo
volenli. {iMacabs i , t^. 3. ) Si sic Dcus dilexit nos, et nos debemus allerutrum diligere » (i Joa/2. 4, 1^. 11.) d'un amour généreux:» Aller alterius onera portate, et sic adimplebitis legem Christi. {Gai. a, v, 2.) Supportantes invicem in charitate » {Ephes, 4,i^. 2.) d'un amour patient :« Debemus imbecillilates infii morum sustinere ; et non nobis placere » (iRo/7z. i5. P' i. )ei^fin, d'un amour assez grand , pour qu'il n'y ait , entre mes frères et moi , qu'un cœur et qu'une ame : « Erat cor unum et anima una. » ( yicr. 4, ^. 32.)
Si les simples chrétiens doivent s'aimer ainsi, combien, Seigneur, suis-je obligé déporter ma charité pour eux, à un degré plus éminent ! C'est à moi de donner la plénitude démon amour, pour établir ou consolider dans la société chrétienne les fruits de cette mutuelle tendresse : avec un cœur de mère pour chacun des membres de votre Eglise, il faut que ce cœur dise sans cesse : « Idem sapiatis , eamdem charitatem habentes, unanimes, idij'Sum sentienles :nihil, per contentionem , neque per inanem gloriam ; sed in humilitate superiores sibi invicem arbitrantes, non quie sua sunt singuli considérantes, sed ea quœ aliorum. » {Phillpp. ^. 2, 3.) La société qui se conformerait à ces règles admirables, nous offrirait l'idée du paradis sur la terre : « Mulli unum corpus
sumiis in Chrislo ; singuli autem aller alteriusmembra. » {Rom. 12, ^. 6.) Alors Jésus- Christ vit en nous ; nous respirons son esprit. Pénétré le premier de ces sentiments délicieux, qu'inspire un amour chrétien, je dirai sans cesse aux âmes que vous m'avez confiées, et bien plus par mes œuvres que par mes discours : « Diligile inimicos vestros, benefacile his qui oderunt vos, benedicile maledicenlibus vobis , et orate pro calumniantibus vos. ^){Luc. 6, u. 27, 28. )
Mon Dieu , tel est le vœu le plus ardent de mon cœur ! Le zèle de voire gloire , celui du salut de mes frères , me consumera ; j'aimerai à m'occuper de votre maison mystique, des moyens d'y multiplier vos fidèles adorateurs. Ah ! si je pouvais ouvrir le ciel , fermer l'enfer à un cœur coupable , ramené dans voire sein par mes efforts et par mon zèle; si je pouvais faire des heureux, non pour le temps, qui n'est qu'une ombre , mais pour l'élernité, qui est tout! Du moins, Seigneur, je consacrerai jusqu'à mon dernier soupir à celte fin si noble ; « Zelo zelatus sum pro Domino exercituum. {ZRegum 19, p. 10.) Zelus domùs tuse comedit me. {Ps. 68, i^. 10. ) Domine, dilexi decorem domùs tuse, et locum habitationis gloriae. » (Pi. 25, u, 18.)
Bicn-aimés, quelque part que vous ayez reçu la naissance , membres précieux de
noire auguste Chef, objets continuels de ses complaisances, troupeau fidèle, où je retrouve parents, amis, patrie, ce que j'eus de plus cher au monde ! ah! mon cœur ne battra plus, que pour vous faire aimer la vertu : confondant les rangs, les conditions, sans acception humaine des personnes, néanmoins ce sera surtout aux petits, aux derniers citoyens, aux plus pauvres, aux plus jeunes, que je donnerai avec effusion d'amour , mes soins , mes fatigues et mes peines.
En consacrant mes veilles, ma santé, ma vie au salut de mes frères , j'aurai une bien vive compassion de leurs besoins corporels. Pauvres, les amis de mon Dieu, vous allez devenir à jamais les bien-aimés de mon cœur j rien que je ne tente pour adoucir vos maux : dans votre sein, dans vos tristes chaumières, essuyant vos larmes, pleurant avec vous, je passerai les plus doux moments de ma vie. C'est surtout aux prêtres de la nouvelle alliance, aux disciples d'un Dieu , le sauveur des pauvres , et leur consolateur si onctueux, si admirable; oui , je crois que c'est surtout à moi que l'Esprit Saint s'adresse, dans la personne du jeune Tobie (4, V. 9.) • Quomodô potueris, ità esto misericors : si mullum tibi fuerit, abundanter tribue ; si exiguum tibi fuerit, etiam exiguum libt'iiler impertiri slude
quoni'^m eleemosyna ab omni peccalo et à morte libérât. »
PauiTeté évangéliquc.
Pour être plus utile aux indigents, je dois, en quelque sorte, le devenir moi-même.
La pauvreté évangélique a tant de prix pour le ministre d'un Dieu qui n'avait pas sur la terre où reposer la tête ! Dans le désir d'acquérir celte vertu , je ne m'arrêterai point à peser ses avantages pour le simple laïque ; « Beali pauperes spiritu, quoniàm ipsorum est regnum cœlorum » {Matih. 5, p. 3;) mais je considérerai le dénuement où doit vivre et mourir le disciple deTHomme-Dieu : « Omnis.... qui non renuntiat omnibus quse possidet, non potest meus esse discipulus. ( Luc. i4, f. 33.) Non salis est verè clericus, quem non dilat tilulus paupertatis. » {Phil. ahb, de Inst'u. Cleric, c. 41. ) Que je sois donc désormais , ô mon Dieu ! dans un état plus saint que vos premiers fidèles , aussi mort qu'ils le furent à toutes les jouissances de la terre : «.Tanquàm nihil habentes. »(2 Cor, 6, V. 10.) — Qu'aucune position dans la suile , quelque riante qu'elle soit au premier coup-d'œil , ne m'ôle jamais la pauvreté du cœur : « Sunt qui rébus abundant ; sunt tamen pauperes spirilu , quià, licet affluant diviliis, corda tamen nolunl appo-
nere. » {Hug. a S. Vict. i, 2, de Chustro inimœ , c. 9. )
Si je suis assez heureux pour ne sentir en mon ame qu'un généreux détachement, rougirais-je de manifester ces goùls saints [lans ce qui m'appartiendra ou m'entourera sur la terre ? « Qui pauper venit , et discipulos divites aspernatur. » ( .S. Cypr. de Nat. Christi. ) La pauvreté du cœur annonce celle du corps : celui-là se flatterait en vain de posséder cette qualité, qui ne se refuserait aucune des commodités de la vie : « Qui pauperes esse volnnt, eo tamen pacto ut nihil eis desit , et sic diligunt paupertatem, ut nullam inopiam patiantur. » {Id. Serm. 4, in. adi'cr. ) Que je serais heureux , mon Dieu , de conserver ce parfait dépouillement qui faisait dire li l'un de vos plus saints amis : « Quasi sacerdos et levita , nudus nudam crucem sequar! » ( Hier. Epist. ad Nepot. )
D'ailleurs, en franchissant le seuil du Sanctuaire, j'ai foulé, comme un grain de poussière , tous les hiens d'ici-bas. o Dominus pars hœreditalis mese et calicis mei. » {Ps. i5, t^. 3.) Quel objet pourrait faire soupirer mon cœur, quand Dieu devient son partage? «Homo, cujus est Deus, quid ampliùs quœrit?» {S. Cypr. de Jscens. Dom,) Illustre Paul, modèle des bons prêtres, vous avez tracé le cercle de nos jouissances dans .celui de nos besoins: « Habenles.... alimenta
et quibus tegamur, his contenti simûs. » ( 1 Tlm. Q, u. 8. ) Rien en propre ici-bas pour vos clercs, parce qu'ils ont tout dans le Ciel , ô mon Dieu ! quand ils vous possèdent : « Qui niliil suum nôrunt, quia Sanctis omnia Deus. » {S. Amb.)
L'Eglise, en veillant à ma subsistance , ne voudrait pas flatter ma délicatesse et ma sensualité : tout ce qui , dans les dons qu'elle me fait, excède mon nécessaire, devient comme un dépôt sacré dont je suis comptable aux malheureux : o Si, teslimonio veritatis , in ignem selernum mittilur qui sua pauperibus non dédit, ubi, quœso, millendus est, qui bona pauperum vel ccclesiœ rapuit aul fraudavil?» ( Peir. Blés. Ep, ad Aurub. épis. ) VoiU quel serait mon crime, en m'accordant un honteux superflu sur les biens que l'Eglise me confie. A cet égard, mon devoir se trouve fidèlement, énergiquement exposé dans saint Prosper : « Non nobis , sed aliis possidere , nec habendi cupidilate, Ecclesiœ facultates ambire, sed cas pietate subveniendi , suscepisse. » {IJb» 2 , de vit. conl. c. 9.)
Ainsi je m'interdirai tout ameublement riche, tout vêtement éclatant, inutile; je m'efforcerai de retrancher sur les goûts les plus innocents. Pourrais-je me souffrir un appartement recherché, ou mille petites commodités? hélas! les murailles sont in-
sensibles j et, à tous les moments de leur languissante et douloureuse existence, les membres de Jésus-Christ, glacés par le froid , sont comme sans mouvement et sans vie! Si, dans ce siècle de deuil pour l'Eglise, il m'était permis de reprendre habituellement l'habit de ma profession , je n'en porterais jamais d'autre : mais , quelle qu'en soit la forme, je prendrai l'étoffe la plus commune et la plus sombre.
Chasteté sacerdotale.
Inestimable avantage de cette pauvreté toute sainte ! elle sera dans moi la compagne et la conservatrice de cette autre vertu que nous portons dans des corps de boue , et qui nous rend semblables aux anges. Je n'aurai jamais une assez grande idée de la chasteté. € Qui castitatem servavit , angélus est j qui perdidit, diabolus. » Je frémis, ma main tremble, en écrivant ces mois qui seront à jamais présents à ma mémoire et à mon cœur : « Soli , qui puram agunt vitam , verè sunt Dei sacerdotes. » Je n'oublierai point que cette fleur du ciel fait la gloire et le plus bel ornement des clercs : « Proprium ac praecipuum clericorumornamentum » (6. Clem.
lib. 4, Stroni.) Je la placerai dans mon estime, dans mon respect, au-dessus de
tous les avantages : • Omnis ponderalio
non est digna conlinentis animœ. » {Eccll.
26, <^. 20.) Mon Dieu, vous ne voulez pour bien-aimés , pour apôtres et pour disciples, que des serviteurs parés d'une extrême pureté : " Qui nuUo carnis coulagio conlaminati , plenâ mentis et corporis castitate pracfulgeant. » ( Font. Bib, Apoc. )
D'un autre côté , je veux tout faire , pour ne l'altérer jamais dans mon cœur, celte vertu précieuse , conservée dans un vase si fragile. Le passé ne me rassurera pas : « Neque in praeterità castitate confidas» ( S. Hier, ep. ad. Nepoi. ) Veillant sévèrement sur mes sens, évitant avec un soin extraordinaire les liaisons trop intimes avec les femmes, quelque saintes et spirituelles qu'elles puissent être, ne me trouvant que rarement avec elles , jamais seul à seul que dans une nécessité absolue, et encore n'y demeurant que le moins de temps possible, j'y conserverai le souvenir de cette maxime effrayante et trop juste :«Amor spiritualis générât alfecluosum, affectuosusobsequiosum, obsequiosus familiarem, familiaris carnalem. [S. Jug.)
Je m'appliquerai, comme donnés à moi, les sages conseils de Jérôme à son cher Népotien : malheur à qui les jugerait minutieux, quand il ne faut que sonder son propre cœar , pour apprécier le mérite des détails où descend le célèbre solitaire de Bethléem ! D'après lui , ce ne sont pas seulement mes sens, que je dois surveiller;
c'est mon appartement , où je ne dois admettre aucune de ces personnes propres à blesser la pureté de mon ame : « Hospitoliumtuum, aut rarô aut nunquàm , mulierum pedes terant. Omnes puellas et virgines Christi , aut œqualiter ignora, aut œqualiter dilige, nec sub eodem teclo mansi tes. .'..... mémento semper quôd Paradisi colonum de possessione suâ mulier ejecerit. »
Le temps de la maladie n'est pas un temps exempt de tant de précautions indispensables : au contraire, elles doivent alors redoubler : « yEgrotanti libi , quilibet sanctus fraler assistât, et germana, vel mater, aut probalae quœlibet apud omnes fidei : quôd si hujusmodi non fueritconsanguinitatis caslimoniœque persona , multas anus nulrit Ecclesia, quœ et officium prœbeant, etbeneficium accipiant ministrando, ut infirmitas quoque tua fructum liabeat eleemosynae.
Scioquosdam convaluisse corpore, et animo œgrotari cœpisse. Periculosè libi ministrat , cujus vultum fréquenter attendis. » Si mon ministère m'appelle auprès d'une personne du sexe , le saint docteur vient éclairer mes pas: «Si, propter officium clericalùs, aut vidua à te visitatur, autvirgo, nunquàm
domum solus introeas solus cum solû ,
absque arbitro vel teste, non sedeas
cavelo omnes suspiciones, et; quidquid
probabililer fîngi potest, ne fingalur, anlè devita. »
Avec quelle juste rigueur l'homme de Dieu proscrit ces honteuses complaisances, ces petits dons, ces billets affectueux, toutes ces attentions, toutes ces misérables bagatelles dont le terme est trop souvent d'aveugler l'esprit et d'amollir le cœur! « Crebra munuscula , et sudariola, et fasciolas et vestes ori applicatas, ac deguslalos cibos, blandasque et dulces litterulas sanctus amor non habet : rael meum, lumen meum, meum desiderium : omnes delicias et lepores, et risu dignasurbanitatcs , et caeteras ineptias amalorum in comediis erubescimus, in saeculi hominibus delestamur : quantô magis in raonachis et in clericis, quorum et Sacerdotium praepositio, etpraepositum ornalur Sacerdolio, »
Si je ne puis conserver l'angélique vertu de la pureté , sans un combat violent, sans une réserve continuelle, j'éviterai d'abord de ménager la chair , toujours prête à porter
l'esprit à la révolte : « Incrassatus est et
recalcitravit. » {Veut. 32, v. 1 5. ) J'éviterai les festins ennemis de la chasteté : « Difficile, inter epulas , servatur castitas, dapibus et epulis inimica. » (5. Ep/uem de Casi.) — Je m'interdirai l'abondance et la délicatesse des viandes : « Abundantia ciborum, fomenta "vitiorura. {S. Bonav.) Damna galsc,carnis
luxuria : ubi satuiitas, ibi libido dominatur. » {S. Hier.) — Je fuirai une ^ie efféminée , oisive : « Luxuria citô decipit homincm otiosum» » {S. Bern. de modo benè vwendi,) — Je serai fidèle à l'oraison , pour me remplir l'esprit de bonnes pensées et le cœur de saintes affections : « Pudicitiœ praesidium atque lulamen est oralio. » {S. Greg. Nyss. de Oral, i.) Je ferai, dans les courts moments de mon loisir, mes délices de la solitude: je fuirai ces assemblées profanes, capables de corrompre les personnes les plus simples : « Inter lanlas illecebras voluptatum , etiam ferreas mentes libido domat. >• {S. Hier. Epist. 13.) — Je m'assujettirai à un genre de vie pénible et dur : « Pertimescit Satanas piorum vigilias, jejunia, voluntariam paupertatem. » ( in viid S. Antonii. )
Reine des anges , Vierge d'une incomparable pureté, vous daignerez protéger et garantir mon ame : « Hanc enim pulcherrimam pretiosissimam et incorruptibilem possessionem patrocinio suo conservât, » Pain des anges, manne des vierges, froment des élus, vous alimenterez et sanctifierez mon cœur : « Frumentum eleclorum , et vinum germinans virgines. » — Amour sacré, vous serez mon égide : et Sine charitate , nec pretium habetcastitas, nec meritum. » (-S. Bern. Ep. 12.) ^-Eglise, ma tendre mère, vous me suggérerez un moyen précieux , en
plaçant sur mes lèvres cette touchante prière ! « Ure , igné Sancti Spiritùs renés nostros et cor nostrum, Domine, ut tibi casto corpore serviamus , et mundo corde placeamus. ( Orat, Eccte, )
Mortification.
La Mortification chrétienne sera, pour moi , comme la sauvegarde et la proteclrice de la plus difficile des vertus. Apôtre des nations, c'est surtout aux prêtres de l'Agneau
que vous avez voulu dire : « Si secundiim
carnem vixeritis, moriemini ; si autem spiritu facta carnis mortificaveritis, vivetis. » {Rom. 8, p. i3.) Je travaillerai à assujettir ma chair par les privations et par les souffrances, et à réprimer ses mouventents.
Dans la personne d'un prêtre, quelle hostie agréable à Dieu que l'immolation de soimême ! a Sacrificate Deo sacrificium justitise : quid enimjustius, quàm unusquisque seipsum puniens mactet. ( S. Jug. in Ps. 4. )
En estimant la pénitence , je rechercherai soigneusement les moyens de la pratiquer : j'étudierai ses motifs , ravi de trouver les occasions de me faire violence : « Tantùm proficies , quantum tibi ipsi vim intuleris. » {Irnit. Chiist. lib. \.c. 23. ) Je me garantirai contre l'exemple des hommes immortifiés : «Sapientia non invenitur in terra suaviler •vivenliimi. » 0 Sauveur, mon sublime mo-
dèle ! je reste inséparablement allacUé , près de vous , à la croix : « Christo confixus sum cvnci.n{Gal. 2, i^. 19.)
Là, dans le recueillement le plus profond, je me retracerai tout ce qui , dans nos livres saints, devient pour moi un puissant encouragement à mourir à moi-même.
a Miserere meî, Domine, quoniàm infirmus sum : sana me, Domine , quoniàm conturbata sunt ossa mea. » Ps. 6, i^. 3.
(c Tu es patientia mea. Domine : Domine, spes mea à juventute meâ. » Ps. 70, t^, 5.
ccPeccavi, et verè deliqui; et, ut eram dignus , non recepi. » Job 33, p. 27.
ce Tu laborem et dolorem considéras. »
« Si possibile est, transeat à me calix iste : verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. » 3Ja//i, 26 , p. 33.
a Placeo mihi in infirmitatibus meis. » 2 Cor, 12, P. 10.
« Cùm defecerit virtus mea, ne derelinquas me. y) Ps. 70, p. 9.
(( Anima mea turbata est valdè, sed tu , Domine , usquequô'? » Ps. 6, p. 4.
« Non est sanitas in carne meâ à facie iras tuae. » Ps. 37, p. 4.
« Oblivioni datus sum , lanquàm mortuus à corde. » Ps. 30 , p* IS.
« Ego sum pauper et dolens. » Ps. 68, p. 30. « Adjutor meus csto, ne derelinquas me,
neque despicias me, Deus salutaris meus. »
Ps. 26, i^.Q.
« Usquequô, Domine , avertis in finem : exardescit, sicut ignis, ira tua. » Ps. 88, i'. 47.
« Sana animam meam , quià peecavi tibi. » Ps. 40, p. 5.
Eclairé par ces divins oracles , j'entrerai dans une juste indignation contre cet esclave sensuel , ce serviteur incommode auquel mon ame est unie. Quelquefois, je lui retrancherai de son nécessaire , pour l'affaiblir et le tenir dans une profonde dépendance. « Qui délicate nutrit servum suum , posteà sentiet eum contumacem. » Prou. 29, i'. 21.
Mortification intérieure»
De la mortification du corps, je m'élèverai à celle de mon humeur et de mes inclinations: « Hoc enim sentite in vobis, quod et in Christo Jesu. Philipp. 2,*^. 6.) Spiritu ambulate.... Non qusecumque vultis illa faciatis » ( GaA 5 , i^. 16, 17.) Cette humeur et ces penchants sont la source de tous les dérèglements du cœur; je n'écouterai jamais ces ennemis domestiques : « Debitores sumus, non carni , ut secundùm carnem vivamus. [Rom. 8, p. 12.) Qui. ... sunt Christi , carnem suam crucifixerunt cum vitiis et concupisceuliis. ^){GaL 5, p. 24.) Oui, mon
Dieu , j*affaiblirai la chair : « Nisi carnem...; atlriverilis , morlificare passiones non poteritis. »(«S. Epiphan. ) — Je retrancherai tous les plaisirs sensuels : « Quod enim deleclal exleriùs, hoc maxime hominis interiora corrumpit. » {S. Lee, Serm. i, de je/un, Pentecost.) — J'étoufferai , dès leur naissance, mes cruels adversaires : « Dura parvus est hostis, interface, ut nequitia elidatur in semine, allide parvulos ad petram. « («S. Hier.) Jamais ni paix , ni trêve avec aucun d'eux : « Nisi enim calcati fuerint, calcabunt nos j nisi premantur , oppriment nos. » (*S. Bern. Serm. de Ascensione. ) A leur égard , je m'armerai de la plus grande défiance : « Ut formidini subjaceant etiam substraclae. » {S, Greg. pas/, p. 2, c. 6.)
J'attaquerai plus opiniâtrement , entre mes passions, celle qui est la source et le soutien des autres : « Validioribus enim superatis, celerem de residuis habebit facilemque victoriam. • {Cass. Col. 6, c. ii.) Dussent-elles, ces passions funestes, me sembler absolument éteintes, je ne me reposerai point; elles renaissent toujours dans cette déplorable vie : « Peccata enim repullulant , et effugata redeunt et reaccenduntur , extincta et sopita denuô excita ntur. » (S. Bern. Serm. 66, in cant.) Ce pénible travail me procurera les fruits précieux de la victoire : « Renitendo passionibus, invenilur
pax cordis. » {Imit. Christ. /. 2 , c. 6.) L'esprit elle cœur dans le Ciel, jamais, mon Dieu, je ne combattrai seul : a Dominare in medio inimicorum tuorum. » {Ps. i09, p. 2.) Fortifié de votre grâce , je deviendrai invincible. r< Persequar inimicos nieos et comprehendam illos, et non convertar; donec deficiant. » [Ps, il , p. 38.) Je me dégagerai toujours davantage de l'esprit propre , pour me revêtir du vôtre : a Nemo receplaculum Spiritùs Sancli efficitur , nisi spiritu suo primitùs evacuetur. »(»S. Greg.) Je frémirai du danger pressant qu'encourrait mon salut, si je ne renonçais à mon propre jugement: « Perniciem seternam evadereimpossibile est quemquam judicio proprio confidentem. »
( Cass. Cuil. lO , c. I. )
Après avoir soumis mon jugement, il me restera d'enchaîner ma volonté. Je ne réglerai jamais que d'après les avis de l'ange conducteur de mon ame, mes emplois, mes études, mes délassements : « Nec sibi ipsi quid expedit , eligit, qui gubernationem suî alteri tradit. « {S. J5a5. ) J'anéantirai mon vouloir :« Sepulchrum volunlatis obedientia. » {S.Joan. C/im. Grad. 4.) Vropre volonté, si féconde en maux terribles, je t'abjure pour jamais : ah ! que de victimes et de dupes tu multiplies tous les jours! « Facit ut bona nostra, bona non sint. : ( S. Bonau.) ipsa bona in pcccalum convertit. {S.Bem.
de Ordin, viiœ.) Sola deinceps damnare polest animas nostras. » ( Ibid. de Dupl. Bap. ) Je me déplairai à moi-même , pour parvenir , Seigneur, à la gloire si douce de vous être agréable : « Tolus displiceas libi , ut tolus possis Deo placere : nemo enim illi placet, nisi qui sibimet ipsi displicet. » {S. hem. Serm. de Miser. Human.)
Je mortifierai mon imagination , par le retranchement de toute idée vaine, inutile : « ISe dederis in illis ( phantasiis) cor tuum. » {Eccli. 34, P. 6. ) Je mortifierai ma mémoire, par l'oubli du peu de bien que j'aurai pu faire : « Quse quidem retrô sunt obliviscens. » [Philipp. 2, V. i3.)
Mortification des Sens.
Je fermerai mes yeux à tous les objets défendus, souvent même aux objets sans danger : • Quaquà versum nullâ curiositate, quin potiùs necessitate aspicit. {S. Bem. lion. Vit. c. 9.) Noli circumspicere in vicis civitatis, nec observaveris in plateis illius. » {Ihid. ) Je ne fixerai la vue que sur les objets propres à m'élever vers vous : « Ne forte videat undè tentelurpostmodum. »(»S. Bonav. Instit. Nouit. p. i, c. j4.) Que jamais le regard d'aucune créature ne profane des yeux qui doivent vous contempler un jour, adorable beauté, mon Dieu, mon Sauveur et mon rémunérateur s'^irOme : « Ocuiis Christum
speclaluris, nihil dignalus est aspicere. w {S. Hier. Ep. 4.)
Je morlifierai le sens de l'ouïe , en ne prêtant jamais l'oreille à des paroles inutiles : «Cave tibi, et attende diligenler auditui tuo. » {Eccli. i3 , t^, i6.) J'éviterai tout entrelien qui pourrait m'inspirer de l'estime pour moi-même ; je serai indifférent aux nouvelles du siècle; » Sit tibiamarus sapor, mundanarum fabularum narratio. [S. Ephre.) Ssecularia loquentes déclina. » {S. Nil.) Je n'entendrai parler qu'avec peine de tout ouvrage romancier, de toute aventure fabuleuse, inventée pour insinuer plus sûrement le poison dans le cœur: « Aures diligenter sœpiamus , ne vanas fabulas audiamus.
(S. C/irys. Hotn. 5 , in Gen. ) Quid enim nobis cum fabulis? » aS. Jmbr, in Offic c. 20.) Je m'interdirai ce qui ne peut servir qu'à satisfaire l'oreille : i> Ab omnibus oculorum atque aurium illecebris se abstineant. » {Concil. CabilL svb Carolo /;z<7^/zo. ) Augustin, vous me donnez ici une leçon si frappante! « Voluplates aurium tenaciùs me implicaverant et subjugaverant : sed resolvisti et liberâsti me. » ( Confess. lib. 10 , c. i. ) Mon Dieu, j'espère, aidé de votre grâce, que tout ce que je pourrais entendre de plus agréable à mes sens, me deviendra comme insupportable , s'il ne contribue à me rendre un plus vertueux prêtre: «Nil audiam suave,
nisi quod alit aniraam , melioremque reddit. » ( Lad. lib. 4 , Inst. c. 2. )
Vous attendez de moi plus de sacrifices, pour vous plaire , pour me punir et pour m'éprouver. Je renonce d'avance à tout plaisir que je pourrais prendre dans les parfums : ils amolliraient mon ame, et seraient les amorces de la volupté : « Ad libidines et voluplates impellunt , ac generosos mores effeminant. »{S. Clem. Alex.)]Q m'occuperai souvent à méditer celle maxime de mes pères dans la foi : «Sudariola, chiroihecse, vestes, aut alia odoribus delibuta clericali modeslise non conveniunt. Has igitur vanilates vitando, odorem illum habere studeant, de quo Paulus scribit : Christi bonus odor sumus in omni loco. {Synod.
Auxirnarai y i593.)
Ainsi mortifié dans mes sens, quel esprit porterai-je à la table, sinon celui d'une sévère réserve sur mesgoùls? «Ad alimenta tanquàm ad medicamenla, ad cœnam tanquàm ad tormentum. (A'. Bern. Scrm. Hon, viiœ. ) Hoc me docuisli , ut quemadmodùm medicamenla, sic alimenta sumpiurus accéda m. »(S. Au g. Confess.)
Humilité.
Seigneur, celte mortification universelle, ce crucifiement de tout moi-même concourra, sans doute, et bien efficacement,
à me conserver pur et chaste à vos yeux^ Mais oublierais-je que la gloire d'un bon prêtre, la fidèle gardienne de la chasteté, est celte humilité dont vous fûtes ici-bas, pour vos disciples , un si admirable modèle? « Evanuerunt in cogitationibussuis.... proptereà tradidit illos Deus in passiones ignominise {Rom. i, v. 2i, 26.) Per humilitatis custodiam servanda est munditia castitatis. » Plein d'ardeur pour une vertu que vous avez tant aimée, il faut que j'aime les abjections, que je me plaise dans mes infirmités, jusqu'à pouvoir dire avec un de vos plus
grands serviteurs : « Libenter gloriabor
in iufirmitatibus meis, ut inhabilet in me virtus Christi, (2 Cor. i2, t^. 9.) Humilité, je t'inspirerai à tous mes frères, et leur ferai admirer tout ce qui te rend aimable : « Omnes autem invicem humilitatem insinuate. » (i Fetr. 5, p. 5.) Considérant comme une grâce singulière, les occasions de m'humilier, je les embrasserai avec joie, j'en ferai un édifiant usage : « Per omnia senliens humiliter, humilibusque consenliens. »{Pc/. Dles. de Instit. Episc.) Je m'estimerai comme un néant devant votre Majesté redoutable. € Substanlia mea, tanquàm nihilùm, ante te. {Ps. 98, p. 6.) Je reconnaîtrai que de moi-même je n'ai rien, je ne suis rien, je ne puis rien, pas même avoir une bonne pensée ; -^ Non quod sufficientes simus cogi-
lar« aliquid à nobis , quasi ex nobis. (2 Cor, 3, p. 5. ) Nemo habet de suo, nisi mcndacium et peccalum.» {Conc. Arausic. 2 , 22. )
Je m'abaisserai toujours davantage , en raison des misères de mon ame, et comme l'opprobre de l'univers ; « Opprobrium hominum et abjectio plebis. • (Ps. 21, p. 7.) Comme un ver de terre qu'on doit fouler aux pieds : • Ego autem sum vermis et non bomo. » [IbùL) Loin de me laisser éblouir par l'éclat des louanges , mon Dieu, je dirai toujours de cœur, avec vos Saints : « Qui me laudant, me flagellant. » {S. Tgn. ad Trallken. ) Détrompé de ces puériles idées qui me donnaient de l'estime pour ma personne , je répéterai souvent avec un des écrivains les plus humbles : f Omnis propria reputatio, omnis sestimatio, quantulacumque minima , in valle nihilitatis meae submergatur, et pereat in aeternum. » ( Imit. Chrisl. lïh. 3 , c. 8. )
Pour enraciner l'humilité dans mon cœur, je prendrai un plaisir secret à tout ce qui paraîtrait en moi de plus humiliant : « Pro me autem , nihil gloriabor, nisi in infirmitalibus meis. »(2 Cor. 12, v. 5.) Je m'estimerai très-heureux de connaître de quoi m'anéantir à mes propres yeux : « Bonum mihi, quià humiliâsti me. » {Ps. lis, v. 71.) Selon les règles de la prudence évangélique et de l'honneur dû à mon caractère , j'ira
L'E(cItsi;is»iqiie accompli. iq
jusqu'à me rendre méprisable à mes frères pour votre amour, ô mon Dieu! « Vilior liam plus quàm faclus snm , et ero humilis in oculis meis. » {2Reg. 6 , p. 22. ) Je ne me traiterai qu^avec un juste dédain, toujours les yeux fixés sur mon divin modèle : « Sic abbreviavit se ? sic humiliavit se , sic exinanivit se Deus majestatis, ut et vos similiter faciatis. » {S. Bern. Serm. in Nal. Dom.) Que je serai heureux, lorsque la pratique des actions les plus humiliantes m'aura procuré cette divine science , le mépris de moimême ! « Ha?c est altissima et ulilissima lectio, vera suî ipsius despectio. » {Imit. Christ, lib. 2, c.2.)
Je dois encore davantage m'humilier, en qualité de disciple d'un Dieu qui ne voulut être connu, pendant sa vie, que sous un extérieur humilié , que sous des qualités abjectes ? « Formam servi accipiens. [Philipp,
2, P' 7.) Vidimus eum. despectum et
novissimum virorum. » {Isa. 63, v. 2, 3. ) Je me réjouirai dans l'humiliation , au lieu de ressembler à ces insensés, dont saint Augustin nous parle : « Qui non erubuerunt de iniquitate, et erubescunt de humilitate. » {S. Aug. 1. 50, Hom. 40. c. 4.) Loin de m'excuser jamais, je serai toujours le premier à m'accuser : « Qui non excusalionem ruinosâ elatione inquirunt; sed, salubri humilitate, suscipiunt aecusatîonera sui. » Je
m serai ravi, Seigneur , que mon humiliation paraisse, et non mon humilité. « Verus humilis vilis vult reputari , non humilis pra3dicari. » {S. Bern. Serm. 16 in Cant.) Loin, de ressentir de la peine des mépris dont on m'accablerait, je les souffrirai en paix et avec joie : Ama , dirai-je souvent à mon ame , « ama nesciri et pro nihilo reputari. » ( Imit, Christ, /ib. i, c. 2.)
Modestie sacerdotale,
La modestie est l'inséparable compagne de l'humilité ; le Sauveur fut de ces deux vertus le plus parfait modèle : « Obsecro vos per mansuetudinem et modesliam €hristi. » (2 Cor. 10, ^. I.) Quelle obligation j'ai, comme ecclésiastique, de devenir véritablement modeste? Mais où trouver une règle plus détaillée sur la manière de pratiquer cette aimable qualité de Jésus-Christ, que celle de saint Augustin 1 « In incessu , statu , habitu , et omnibus motibus vestris nihil fiât, quod cujusquam offendat aspectum, sed quod vestram deceat sanctilatem. »
J'aurai un maintien composé, sans affectalion : « Modestia vestra nota sit omnibus hominibus; Dominus propè est. {Plii/ipp.4, p. 6. ) Sit purus ac simplex : studium desit atqueaffectatio; nihil enim fucatum placet.» {S. Amb.) Enfant de Marie, la mère des prêtres , j'oserai devenir l'émule de la plus
modeste des vierges. « Obsecro , si Mariani diligitis,si contenditis ei placere , aemulamiiii modestiam ejus. » [S. Bem. Serm. in Assump. de Verb. Âpost. 12.) Je me pénétrerai d'estime, pour une vertu, le partage des chrétiens parfaits: « In viris perfectis est, consummatœque virtutis » — pour une vertu , l'ornement de toutes les autres : • Reliquas animi dotes illustrât et exornat. n (5. Ii,id. Pelus. lib. 2 , Epist. 28. ) — pour une vertu, l'un des principaux fruits de l'Esprit
saint : « Fructus autem Spiritûs modes-
tia {Gai. 5, *^. 23.) — pour une vertu, la source de mille trésors : « Dives est apud Deum modestia, apud quem nemo dives est » < S. Amb. 1 , Off. 18. ) — pour une vertu , dont les fins sont si belles : « Finis modestise timor Domini , divitiae, et gloria , et vita » {Pruu. 22, ^. 4. ) — pour une vertu, l'objet continuel des sollicitudes d'un bon prêtre : a Solîicitudo prima ad hoc tendere débet , ut exteriorem hominem componat sacerdos. »
( Conc. Hilde» c, 19 )
Mais comment composer en moi l'homme extérieur, l'ecclésiastique modeste? Ce serait un grand tort d'oser traiter de minuties cette série de sages précautions que vos serviteurs les plus remplis de vos divines • lumières, n'ont pas dédaigné de me tracer? « Caput teneatur rectum, ad neutrum latus defî«clendo. » S. Ignat.
Ii3
• Ne manu mentum sustentent : si os loquitur , caput non agitetur. » S. Clem, Alex. Pœdog,
« Oculi ne vagentur. » S. Bonav. de Profect.
a Videre, sine defixione oculorum. » Idem. Specut,
« Labia nec minus compressa, nec nimiiîm deducta. » S. i§naf,
« Sibili et digitis expressi soni vitandi sunt. • S. Clem. Alex.
« Oscitationes sunt instabilia animse fastidia. » Idem,
a Stultus in risu extollit vocem suam, sapiens autem vix tacite ridebit. » Idem.
« Vultus serenus. » S Bem. de Confid.
« Quamdam in facie hilaritatem praîtendens. »/rf. Serm. de Honest. vit. c, 6.
« Ne pedes ssepè permutes aut ssepè raovearisi hoc enim signum est levitatis. » S. Clem. Alex. Pœdag.lib. 2, cap. 1.
« A notabilibus corporis seu membrorum extensionibus , quae non sine quâdam inhonestate fieri soient, omninô abslineant. » S, Bonap. Specul. 1, cap. 24.
Déjà, Seigneur, je me suis retracé, pour me l'approprier le reste de ma vie, tout le mérite de la pauvreté évangélique . indépendamment de cette vertu , que ne prescrit point , dans mes habits, Taimable modestie! «Ex visu cognoscitur vir amictus corporis et risus enunliant de iilo. '{Eccli.
19, t^. 26, 27.) Vêtements, qui respirez une molle délicatesse , vous m'êtes interdits pour jamais : « Clericos qui se splendiJis vestibus exornant, corrigereoportet. {Conc.Nicœn. 2, ^rt. 8, i6.) Non sint magnificae aut pretiosî» clericorum vestes : à sericis vestibus abstineant. » {Syn. Placenlia y an. 1570, et Concilia Florent, Mogunt. Mediol. Biiuiic. Burdigalf etc. ) J'éviterai , avec le plus grand soin, ce qui, dans mon extérieur, pourrait ressentir la singularité, et tenir de la mode du siècle : a Per immoderatura cultum caveant dehonestare Religionis dignitalem. » ( Conc. Aquisgr. cap. 129.)
En proscrivant tout excès dans la propreté, je m'éloignerai d'une affectation repoussante , à porter des habits sales ou déchirés : « Ne, aut studiosiùs exquisita cultùs elegantia , aut nimis abjecta negligentia et affectatae sordes appareant. » {Conc. Mediol.) Règles précieuses , que les Saints m'ont données, jamais vous ne cesserez d'être présentes à ma mémoire : « Totus clericalis vestitus ostentationera , luxiim, etquidquid novum, inane, exquisitum, sumptuosum est, nesciat. {Synod. Nucerin. an. 1606.) Non minus ex honeslo habitu , quàm ex honestis moribus modestia ostenditur. » ( Synod.
Veron. ) Saint évêque de Genève , si la modestie donna tant de grâce à tous vos pas , s'il vous suffisait de marcher dans les rues
d'Annecy, pour porter vos enfants spirituels à la vertu , regarderais-je, comme de peu d'importance, les conseils des amis du Seigneur , pour faire briller , jusque dans le marcher, la vertu de la modestie?
« Nec cursim ambulare honestura arbitrer, nisi cùm causa exigent alicujus periculi, vel justa nécessitas. » S. Amb, i. Offlc. 18.
« In incessu, sive domi , sive foris , gravitatem et modestiam prse se ferant ; non contentiùs ambulent. » Jeta Eccles. Mediol. de In&tit. Semin. part. 3, cap. 5.
« Honeslas requirit ut non impetuosis gressibus ambulent. m S. Bonau. Specul. part. l, cap, i3.
a Ne plantas humidior via spargat , vix terrae exprimunt vestigia : hos magis spon- SOS existimo, quàm clericos. » S. Hieron, Epist. ad Eustach.
« Non factis gressibus ambulent j sine modulatione gressum incedantj studiumdesit atque affectatio. » S. Bonav.
« Sine ventilatione brachiorum , sine gesticulatione scapularum ; non rectâ cervice, non prominente pectore , non inclinato capite. » S. Bern.
« Sit in incessu honestas : nihil petulanliae, nihil arrogantise in incessu appareat. » S. Isid. Hispat. de Contemp. mundi.
Vierge sainte, quand le Seigneur semble
lia compter vos pas avec complaisance, n'est-ce pas vous qui devez me servir de modèle ? « Quàm pulchri sunt gressus tui.... filia principis. » {Canl. 7, t^. 1.) Oui, votre exemple doit m'ani mer à m'écarter de ceux dont parle le prophète? « Non est judicium in gressibus eorum. » ( Isa. 59 , *'. 8. )
J e viens , Seigneur , d'esquisser le tableau des vertus sacerdotales : mais , dans la réforme de moi-même , je dois régler toute ma conduite extérieure, miroir fidèle de mes pensées et de mes sentiments.
Liaisons particulières.
CuLTivERAi-JE ccttc bienfaisante amitié, qui répand tant de charmes sur la vie l Je dois d'abord éviter ces liaisons trop vives, ces affections trop ardentes , qui, troublant la paix du cœur, distrayant du sentiment habituel de la présence de Dieu, nuisent d'ailleurs à la charité commune que nous nous devons les uns aux autres : « Qui, majori charilatis babitu est affectus erga fratrem , injuriam facit charitati publicae et communilati. » {S. Basil. ) Combien d'imperfections et de vues tout humaines, décèlent souvent ces amitiés particulières ! Vos amis, ô mon Dieu ! les avaient en vue ces inconvénients d'une union trop sensible, quand ils nous ont dit: « Lex dilectionis partiales amicitias non admitlit. {S.Basil.) Familia-
ritates ejusmodi haud exiguum detrimentum pariunt aniinse. «(iS. Ep/ire m. ) Exeinpis de ces taches honteuses, ils furent agréables à vos yeux, ces nœuds aussi tendres qu'innocents, qui, unissant Paul à Timothée, Basile à Grégoire, Augustin à Alype, Sixte à Laurent, François de Sales à l'évêque de Bellay, nous ont montré, aux différentes époques de l'Eglise, les modèles d'une amitié sacerdotale.
N'aimant après eux , que selon l'ordre , la mesure , le sentiment avec lesquels ils aimèrent, j'aurai un petit nombre d'amis dans ma profession : ce seront les prêtres les plus fervents. Nos entretiens nous seront mutuellement salutaires : je tâcherai de ne parler avec eux que de l'amabilité de la vertu , des qualités et du bonheur d'un saint prêtre , de l'obligation où nous sommes , dans le Sanctuaire , de vivre comme des anges , en hommes de prières. Ces épanchements innocents seront pour moi autant d'exhortations éloquentes, pour atteindre à la perfection de mon état. Je n'écouterai point, avec indifférence, les paroles d'un ami consumé du saint amour : je ne laisserai point tomber, sans fruit, cette semence précieuse; je me dirai pour elle, comme pour la parole de Dieu même : « Non minus reus erit , qui verbum Dei negligenter îiudierit , quàm qui corpus Christi in
lerram caderet negligenliâ suâ permiserit. » «S. Au g.
Dans ces conversations édifiantes, mon ame se nourrira du pain de la grâce : « Si panis noster est verbum Dei, sudamus in audiendo, ne raoriamur in jejunando. w (5. Aug, in Ps.) Vertueux amis, quelle viv« reconnaissance je vous devrai, si, sortant d'auprès de vous, je puis demander à mon cœur : « Nonne cor noslrum ardens erat in nobis, dùni loqueretur? » (Z<i^c. 24,*^. 32.) Je puis me rendre le secret témoignage qu'en vous donnant ma confiance intime, j'ai suivi le conseil du saint abbé de Clairvaux : « lUos suscipe, illos dilige, et illis te associa, quos videris contemplores sseculi, secta tores virtutis , amatores disciplina. » (iS. Bern. )
Quant aux laïques de mon sexe , je ne les fréquenterai , que pour les porter à la vertu ; mais nul motif, quelque pieux qu'il soit, ne me déterminera à devenir l'ami d'une femme pieuse : vos Saints , mon Dieu , me peignent trop vivement les dangers d'une liaison pareille : « Cum illis sermo rarus , brevis et austerus.... mulieribus enim adhibenda est accessio quodam modo fugitiva. {S. Bonav.) Tua cum mulieribus colloquia vel nulla sint, vel rarissima, vel brevissima. { S. Basil. Const, c. 4. )
Visites.
Comme VOUS m'avez placé dans voire Sanctuaire , pour y traiter de votre gloire et des intérêts éternels de vos enfants bien-aimés, ce serait un crime de retrancher ces communications extérieures, dans la crainte de m'y perdre. Une bienséance indispensable, lin devoir sacré m'imposera l'obligation de visiter mes frères : mais il y a, Seigneur, des règles admirables que vos amis m'ont tracées, soit pour les visites, soit pour les conversations que la Providence me prescrit.
Des visites! mais vous semblez en avoir si peu fait , dans le cours de votre vie mortelle, qu'elle nous prêche plutôt leuréloignement : « Cavete ab hominibus. » Qu'apprendrais-je dans la fréquentation du monde? « Qui conversationibus gaudet mundanis, sœculum nondum odisse se ostendit. » {S. Ephrem.)(lwe d'inconvénients dans ces désirs et ces mouvements inquiets , qui nous entraînent à la dissipation ! ce Quantum in te est, magis diligas domi latere, quàm domo exire. » {S, Bonav. Jnstit. Nouit.) Je compromettrais l'auguste gravité de mon caractère : « Non aliundè , dii un Concile , clericalis ordinis dignitas graviùs fuit offensa, quàm à nimiâ laicorum familiaritate. »
Aimable retraite, quel air salubre et déli-
cieux lu nous fais respirer ! ^ Aer purior , cœlum apertum , familier Deus. » f 5. Bern. ) Je me fournirais l'occasion de renouveler en moi les idées du monde , les motifs séduisants de relâchement : « Figurée eorura quae videntur etaudiuntur , manent ad perniciem et interitum. » (6. Bas. Reg. Inst. 6. ) Je redouterai un amusement inutile : « Quidquid devotionis in domo coUigis , hoc foris egrediens spargis. {S. Bonau. Instit, Nouii. p. 1.) Admirable serviteur de mon Dieu, que ne m'as-lu pas fait connaître de l'éloignement qu'ont marqué les Saints pour les visites ! « Maximi Sanclorum humana consortia quantum poterant, vitabant , et Deo in secrelo servire cupiebant. Dixit quidam : Quoties inter homines fui , minor homo redii. » {Imit. Christ . lih. i, c. 50.)
Combien est alarmante , effrayante sur ce point, ô mon Dieu! l'expérience qu'ont faite , ou dans eux ou dans les autres , ceux-là même que vous aviez long-temps comptés parmi vos plus fidèles amis! aQuot enim fuerunt, etsunt, qui, tanquàm ardentes lampades et mundi luminaria lucebant ! pauïalim ac frequenti sœcularium conversatione et consolatione tepefacti , ad prima opéra saecularis vitae mirabiliter redierunt. {B. Laurent. Justin.) Sa-îpè experli sumus, tàm in nobis, quàm in aliis, quôd freq tiens conversalio cum sseculo devotio-
nem mentis extinguit, sludium profitendi débilitât, delicias docet amare, oraliones negligere. [S. Bonap. Instit. NopU. p. i^)
J'éviterai de trop fréquentes visites, même à mes parents, aux amis de mes proches. Après que mon cœur a dû mourir au monde, elles l'y feraient malheureusement revivre : « Harum occasione mundus qui in ipsis aruerat, denuô revirescit. {Pe/. Bless. Epist. ii.) Multùm quippè deorsùm trahimur , dùm locutione continua ssecularibus admiscemur, (5. Greg.)
Je ne dois pas. Seigneur, conclure de ces réflexions que le plus sur moyen de sanctification, serait de retrancher absolument toute visite: « Urbis conversationes reliqui , velut infînitorum malorum occasiones. » {S. Basil. ) Il en est d'inséparables de mon ministère : mais elles seront rares, et je les abrégerai le plus qu'il me sera possible, n'appréhendant rien plus que de vous y déplaire : « Non enim inter serpentes et scorpiones securiùs ingreditur. « ( S. Hier. Ep, 22, ad Eustoch.)
Je n'y aurai jamais en vue mes propres intérêts ; je n'y rechercherai point les applaudissements du monde ; je ne m'y laisserai point dominer par le respect humain, par une vaine complaisance. Vos intentions sublimes, ô mon Dieu ! quand vous nous visitâtes dans le cours de votre vie , seront
les règles des miennes : « BencJiclus Dominus Deus Israël, quià \isilavit et fecit redemptionem plebis sux. {Luc. i , p. 68. ) J'y aurai en vue votre gloire , le désir de vous faire régner dans tous les cœurs : je ne m'occuperai que des moyens d'affermir dans la grâce les chrétiens que je visiterai, de les consoler de leurs disgrâces, par le bonheur d'appartenir à Jésus-Christ ; d'inspirer l'horreur du monde, de condamner la fausseté de ses maximes , de faire estimer les vérités chrétiennes , de faire aimer et pratiquer les maximes de l'Evangile. Ainsi , marchant sur vos pas , je pourrai dire après vous, aimable modèle : ^- Ego autem non quaero gloriam meam.{Joan 8, <^. 50.) Veni ut vitam habeant et abundantiùs habeant. » {Id. lo, p. 10. )
En commençant ces édifiantes visites, je m'armerai du bouclier des Saints : « Egredientes de hospitio armet oratio. » {S. Hier. Episi. 22 , ad Eusioch. ) En les terminant , je ne déposerai point ce bouclier mystérieux, sans me donner une nouvelle défense : » Regredientibusdeplateâoccurrat oratio priusquàm cessio. »(/V/. ibid. ) Je m'imposerai de taire au logis l'honorable motif de ma sortie , mon occupation extérieure , et ces vaines bagatelles qui auraient pu frapper mes sens dans la ville :« Nemo quod foris gesserit, viderit, vel audiverit,in domo
narrare prsesumal. » {S. Benedic. in Regul. S. Paciani. )
Conversations.'
J'essaierais inutilement d'atteindre à la fin que je me suis proposée dans mes visites, si je ne formais un plan de la manière dont je dois converser avec mes frères. Adorable Sauveur, sur vos conversations avec les hommes, je me propose de régler désormais les miennes : « In terris visus est , et cum hominibus conversatus est. (^Baruclu 3,