‹ L'Ecclésiastique accompliChapitre 20 sur 42 · V. 38.) Non habet amaritudinem con · texte numérisé non relu

V. 38.) Non habet amaritudinem con

versatio illius, nec lœdium convictus illius. » {Scfp.8f P. r6. )Eh, mon Dieu! qui autant que vos prêtres et vos lévites, doit sentir l'obligation de régler les entretiens d'une manière si sainte, qu'ils servent d'exemple aux chrétiens? « In omni conversatione sancti sitis. ( i Peir, i, p. i5.) Exempluin esto fidelium in verbo, in conversatione.» ( 1 Tim. 4 , i^. 12.) Dans les miens, je pratiquerai l'humilité, m'estimant indigne de converser avec les hommes, après avoir mérité de ne converser qu'avec les démons; je traiterai mes frères avec respect : c^ Honore invicem prsevenientes» (iRo/57. 12, v. 10.) je supporterai leurs infirmités, Icursdéfauts, et, de la part de quelques-uns, la rudesse la plus rebutante.

Parlant avec cordialité , je rendrai toute

sorte de bons offices , prendrai part à tout ce qui touchera mes frères, consolerai celui-ci dans sa tristesse , encouragerai celui-là dans ses dégoûts, fortifierai les uns dans leurs faiblesses, soutiendrai les autres dans leurs tentations, donnerai de bons avis, inspirerai de saintes maximes, et ferai goûter la dévotion : je paraîtrai avec un visage serein , un air affable , une manière de parler simple , un extérieur complaisant et doux, avec le désir de contenter tout le monde : « In mansuetudine sapientise. » {Jacob. 3 , p. i3.) Que la société reconnaisse, dans chacune de mes conversations, que je vous appartiens : ô bon Maître ! « Digne Evangelio Christi conversamini {Philipp.i, p. 27. ) ut qui vident, stupeant, admirentur, et dicant : hi homines sunt Dei, quorum talis est conversatio. » Que , plein de vous, dans mon esprit et dans mon cœur, mes lèvres respirent l'abondance de ce doux sentiment : o Nunquàm in corde , nisi Christus ; nunquàm in ore, nisi pax, nisi castitas, nisi pietas , nisi charitas. » ( S. Hi/ar. Arelat.) Que je converse, comme les anges et les Saints s'entretiennent dans vos délicieux tabernacles : « Nostra conversatio in cœlis est. » (P/iilipp. 3, p. 20.) Que l'onction du saint amour découle , comme un fleuve , de ma bouche : « Omnes... mirabantur in verbis gratiae quœ procedebant de ore ijisms.^ (Luc,

4, V. 22.) Je ne parlerai ni trop ni peu : " Tempus tacendi, et tempus loqiiendi » {Eccle. 3 , f». 7.) évitant d'imiter et les grands discoureurs , et les hommes taciturnes : «Discrète quippè vicissitudinum pensanda sunt tempora , ne aut , cùm restringi lingua débet, per verba inulilia defluat, aut, cùm loqui utiliter potest, semetipsum pigrè restringat. • («S. Greg. Pas t. part. 3.)

Loin d'interrompre personne , je ne me permettrai pas de prévenir ceux qui m'interrogeraient, par une réponse précipitée:

• Loquente alio , nunquàm loquantur, aut verba loquentium , quovis modo , interrumpereprœsumant. 55(5. /îo/z<zt^.iS/;ec./?. 1, c.20.) Le ton de ma voix ne sera ni trop haut , ni trop bas, ni rude , ni languissant : « Ipsum vocis sonum librat modeslia. [S. Amh. i. Offic. 18.) Ut melliculum et infractum vocis sonum non probo, ità neque agreslem nec rusticum. » {Ibid. c. 19.) J'aurai horreur d'un ton impérieux , colère ou méprisant :

• Non jactanter, impetuosè, clamosè, despectiiis, nimis rigide. » {S. Bonau. Spec.) Jamais de paroles de mensonge, de raillerie, de vanité : « Si de omni verbo otioso, Dec reddituri sunt rationem; quantô districliùs de verbo raendaci, mordaci, injurioso, adulatorio. » {S. Bern.) Les affaires du monde, les succès ou les revers de nos

armes , ne seront plus la matière de mes entretiens : « Ipsi de mundo sunt j ideô de mundo loquuntur, et mundus eos audit :

nos ex Deo sumus. » ( i Joan. cap. 4, i^. 5, 6.)

Je ne m'empresserai point de dire mon avis sur le sujet de la conversation : je l'énoncerai avec simplicité , jamais d'un air tranchant : a Sint ad responsionem tardi : non facile de auditis sententient : licet veritatem sentire se pulent , loquentes de dubiis aut futuris nunquàm absolutè loquantur. (iS. Bon. Specpart. c/iap. 20.) Au lieu de contester, je me laisserai vaincre, cédant avec douceur : « Eligens potiùs honeslè vinci , quàm periculosè vincere. Si resistentise incidant verba , cedendum renitenli. » ( S. Greg. de Naz. ) Exact à m'observer dans toutes mes paroles , je me conformerai. Seigneur , à la règle du grand Augustin : « Omnia verba priùs veniant ad limam , quàm ad linguam. » Mais qui peut, sinon vous seul, arrêter la précipitation et les dérèglements de ma langue? « Pone, Domine, custodiam ori meo, et ostium circumslantiœ labiis meis. » [Ps. 140, i>. 3.)

Pour pratiquer ces salutaires observances et éviter les défauts que je viens de relever , il serait bien intéressant que, la mémoire ornée des plus beaux morceaux de l'Ecriture et des Pères, je pusse les citer à propos, non d'un Ion léger et badin qui doit

faire horreur , mais avec la gravité d'un disciple de Jésus-Christ, afin de nourrir d'un pain ineffable l'ame de mes frères.

J'aurai , selon leurs besoins , un recueil d'élévations vers votre trône. Job, David et saint Paul m'offrent de si heureuses pensées pour le temps de l'adversité! L'Ecclésiaste , les Proverbes , les Prophètes , Vous , Seigneur, dans votre Evangile, me présentez de si excellents préservatifs contre les dangers de la prospérité ! Les Psaumes du saint Roi pénitent sont un arsenal plein d'armes si puissantes contre les tentations !

Je puiserai les plus nobles pensées sur ce point, dans la célèbre Epîtreaux Hébreux, dans la sublime Epître aux Romains , dans la première Epître de saint Pierre.

Les mouvements d'une tendre et filiale confiance, dans les Psaumes 16, 21, 26, 39, 64, 61; dans Isaïe, chap. 30; dans Job ^ chap. 13; dans Jérémie, chapitre 17 ; dans le plus aimant et le plus aimé de vos apôtres, chap. 16.

Les élans et les divines paroles du saint amour, dans les Psaumes 17, 34 , 72, 83, 118 ; dans le Cantique des Cantiques , chap. 1, 2, 8; dans la première Epître de saint Jean ,• je dirais mieux , à chacune des pages, à chacune des lignes , à chacun des mots de votre Evangile qui étincelle de ce beau feu d'une charité sans bornes.

Les sentences sur l'humililé , je les trouverai présentées avec une effusion toute céleste , dans les Psaumes 8 , 21 , 24 , 38 , 43 , 83 , 11 3 , et dans l'Ecclésiaste , chapitre 10 j dans la première Epître de saint Pierre, chapitre 5.

Les sentiments de pénitence , dans les Psaumes 37, 39, 40, 41, 50, 55, 68, 116, 142; dans Job, chap. 9, 13; dans le prophète Michée, chap. i.

Enfin, les épanchemenls d'une humble et tendre piété, dans les Psaumes 5, 9, il, 12, 15, 16, 18, 22, 35, 39, 48 j dans le Cantique des Cantiques, chap. 1; dans Habacuc, chap. 3; dansEsther, chap. 13 j dans la première Epitre de saint Jean , chap. il.

Voilà, Seigneur, avec mille autres endroits de vos oracles , les sources où je dois puiser pour mettre par écrit , avec ordre , et pour conserver dans ma mémoire, un nombre de pensées, de sentiments, de maximes, qui puissent être comme l'ame de mes entretiens.

Après vos saintes Ecritures , les Pères me fourniront dans leurs pensées, dans leurs expressions énergiques, dans leurs sentiments si touchants ou si sublimes , le sujet de conversations salutaires aux autres et à moi-même. Mais, le moyen d'avoir toujours sous les yeux ces excellents amis, partisans si zélés de votre loi '

Mon Dieu , je vais , pour mon bien spirituel et pour celui de mes frères, placer ici plusieurs des maximes des Pères qui m'ont le plus frappé, et qui, citées au moment convenable, pourraient produire d'heureux effets sur le cœur juste, pénitent ou irrésolu.

Maximes tirées des saints Pères.

Nous devrions pensera Dieu aussi souvent que nous respirons. S. Jérôme.

Comme la malignité produit le vieil homme, la charité forme l'homme nouveau. iS. Augustin.

La bonne vie n'est jamais sans joie : la conscience coupable n'est jamais sans peine. S. Bernard,

Tout est petit sans la charité j tout est grand avec elle. S. Augustin.

Celui qui a tout donné, redemandera tout. S. Augustin.

Faites bien ce que vous faites, et vous avez loué Dieu. S. Augustin,

L'inutilité de la vie suffit seule pour nous damner. S, Bernard.

La vie parle plus fortement que la langue. S. Augustin.

Le vrai chrétien vit dans la douleur , et meurt dans la joie. iS. Augustin.

Les œuvres ont une éloquence à laquelle on se rend , lors môme que la langue se lait. S. Cjprien.

J'ai plus trouvé de vrais innocents , que de véritables pénitents. iS. Ambroise.

Celui qui passe le temps de sa vie sans pleurer, employera l'éternité à pleurer sans fin. S. Bernard.

L'état d'une mauvaise conscience est la plus rude des pénitences. 5. Bernard.

Rien n'est plus doux qu'une bonne conscience. S. Bernard.

Il faut toujours se juger et se corriger soi-même , avant que d'entreprendre de réformer les autres. S. Bernard.

Votre trésor sera un jour où est aujourd'hui votre amour : votre amour est où sont vos pensées. S. Augustin.

Qu'il y a de plaisir à ouvrir les yeux pour le Ciel, et à les fermer au monde ! S. Cyprien.

Plus vous avancez , plus la vanité est à craindre : les autres vices se nourrissent de péchés ; les vertus deviennent l'aliment de la vanité. *5^. Eucher.

Tout homme de bien est la peinture de sa propre vie : ses vertus sont les couleurs du tableau ; sa volonté, l'auteur de l'ouvrage ; et Jésus-Christ, le modèle qu'il s'efforce de copier. S. Grégoire de Nysse.

Tout, jusqu'aux péchés, contribue au bien de ceux qui aiment Dieu , parce qu'ils en deviennent plus humbles , plus vigilants et plus fervents. S. Augustin.

La conscience coupable accuse, condamne

et tourmente. Celui qui a vaincu ses désirs est enlrc pour toujours en possession de son repos. S. Cyprien.

On n'ôte point 5 l'homme converti les délices, maison les change. -S. Augustin.

La croix de Jésus-Christ est la clef du Paradis. S. Chrysos/ôme,

C'est quelque chose de grand que d'être chrétien , et non pas de le paraître. S. Jérôme.

Parlez , si vous avez quelque chose de meilleur à dire qu'à garder le silence. S, Grégoire de Naziaiize.

Tous les hommes aiment leurs amis : les chrétiens seuls aiment leurs ennemis. Tertullien.

Etre pauvre en désirs , c'est être riche en vertus. S, Jérôme.

Nous devons penser, à chaque heure, au bonheur vers lequel nous avançons à chaque moment. S. Bernard.

L'homme sensé profite également dans Pécole du sage et du fou : le sage lui apprend ce qu'il doit pratiquer ; le fou lui découvre ce qu'il doit éviter. S. Eucher.

La fidélité à la grâce est la multiplication de la grâce. Origène.

La plus belle de toutes les sciences est de se connaître : celui qui se connaît, connaît aussi Dicu.iS. Bernard.

Dieu vous fera miséricorde, autant que

VOUS aurez pitié de vous-même. Tertullien.

Le chrétien ne connaît point de lendemain. Tertullien,

L'humilité est la source de la plus sublime philosophie. S. Chrysostôme.

Il faut opter. Le monde crie : j'abandonne ceux qui m'aiment. La chair crie : j'empoisonne ceux qui me flattent. Le démon crie : je trompe ceux qui m'écoutent. Le Sauveur crie : je console ceux qui me suivent. Quel sera votre choix ? S. Bernard,

Vous souffrez par l'intrigue d'un méchant homme : pardonnez-lui , afin que vous ne soyez pas deux méchants. S. Augustin.

On ne loue pas le commencement de la vie dans les chrétiens ; mais la manière dont ils l'ont finie. «S. Jérôme,

Considérez qu'on doit compter pour rien tout ce qui finit avec le temps. S. Grégoire,

La mort qui frappe à la porte des vieillards, tend des pièges pour surprendre les jeunes gens. V Ahbé Guerric,

Dieu nous cache le dernier jour de la vie , pour nous rendre tous les autres suspects. S, Augustin.

Pour ne point se plaindre de ce que l'on souffre , il n'y a qu'à faire attention à ce qu'on mérite. S. Cyprien.

Aimez Dieu , et faites ce qu'il vous plaira. S. Augustin.

Voulez-vous élre absous? aimez, s. Pierre Chrysologue.

Toute la vie d'un bon chrétien n*est qu'un saint désir du paradis. S. Jugustin,

C'est assez à un juste d'avoir une seule fois péché , pour se condamner à pleurer toujours. 5. Eucher.

C'est être sage , que d'attendre toujours la mort qui nous attend partout. S. Eucher.

Ceux qui me louent, m'accablent. S. Gré^ goire.

Jb viens de tracer, Seigneur, le plan de ma vie privée : c'est avec un serrement de cœur inexprimable, que je vois tant d'écueils que je n'ai pas évités, tant d'obstacles que je n'ai pas surmontés, tant d'importants devoirs que j'ai négligé d'accomplir. Appuyé sur votre bras tout-puissant , je ne saurais me décourager encore. Je relirai souvent ce règlement : quand j'aurai eu le malheur de manquer à quelqu'un de ses points essentiels, je me relèverai avec promptitude , et m'animerai à une fidélité nouvelle. C'est avec ce sentiment , que je me livrerai aux diverses parties de mon saint ministère.

Les fonctions secrètes seraient plus conformes à mon goût, l'amour-propre n'y trouvant pas autant d'aliment : mais, sans me refuser aux fonctions publiques, j'y

rejetterai avec horreur le poison de la louange : jamais de présents, pour avoir distribué le pain de la Parole.

En chaire, je m'armerai de zèle et d'humilité: mon Dieu , je méditerai, aux pieds de vos images , dans une prière onctueuse , chacune de mes instructions, que je multiplierai dans la mesure et dans l'ordre fixés par le Concile de Trente.

Assidu au tribunal de la pénitence, j'y serai plein d'une charité douce: j'y pleurerai et ferai pénitence avec les pécheurs que je collerai sur mon cœur , comme autant d'autres moi-même.

Agréez, mon adorable Maître, les résolutions que je viens déposer à vos pieds, comme mes volontés dernières : je vous en conjure , à chacun des jours qui me restent : donnez-moi d'accomplir ces importantes promesses- Je ne puis me dissimuler ce secret de mon ame : oui , je brûle du désir de me rendre un saint prêtre : j'ai à cœur de jne sauver, et de sauver mes frères bienaimés : hélas! j'ai tant à pleurer sur eux et sur moi-même ! Unique et divin objet de toutes les affections, de tous les transports démon cœur, Jésus, mon amour et mes délices, oh! que j'aie le bonheur de vous aimer, de ne respirer plus que pour vous faire aimer sur la terre ! Ange de Clairvaux , vous m'avez parlé : « Rogo te , frater , sla in

Domino, solliciliis sempcr circa custodiam hujus ordinis, ut ordo ille te custodiat. » Saint Bernard, le modèle des prêtres, tous serez obéi. Pères \énérables , mes docteurs et mes maîtres dans la foi , je lis aussi votre décret si sage , et je le crois placé à la suite des engagements nouveaux que je viens de contracter avec ma conscience, avec mon Dieu, avec tous mes frères : « Qui divinis se mancipârunt officiis , studeant hsec Collecta sedulâ medilatione perlegere , et mémorise commendare, et, divinâ adjuvante gratiâ, juxtà vires adimplere. Vocatione ergô quâ vocati sunt, nec ad dexteram , nec ad sinistram déclinantes , ambulent ; qua tenus, divinis jussionibus obtempérantes, adChristum , de cujus sorte esse noscuntur, qui via, veritas et vila est , eo opitulante, pervenire mereantur. (Co«c. Aquis^r. an. 867, /. 1. L. l,c. 11.)

« Moriatur anima mea morte justorum , et fiant novissima mea horura similia. )>iV«///. 23, f^. 10.

Le tableau des qualités et des obligations du Sacerdoce , est bien digne , à tous égards, de piquer notre émulation et de nous animer à courir dans la voie des commandements, ainsi que dans celle des conseils de l'Evangile. Le plan de vie que nous venons de

nous tracer, est celui qu'ont fidèlement pratiqué les plus vénérables de nos prédécesseurs dans le Sanctuaire ; qui pourrait donc ralentir notre marche? Peut-être que , pour faciliter le travail de l'entendement, et aplanir celui de la mémoire , il serait utile de rassembler ces beaux traits épars , d'en former le portrait accompli d'un bon prêtre, d'un vertueux pasteur. Aidez-nous dans cette nouvelle tâche, modèle des pontifes, illustre Grégoire , et vous , célèbre solitaire de Clairvaux , prêtez-nous vos pinceaux , laisseznous puiser dans le trésor de vos écrits ce beau miroir qui vous réfléchisse vous-même, en nous dépeignant vos vertus et vos œuvres : placé sous nos yeux, qu'il fasse en nous des impressions salutaires; qu'en lisant souvent les expressions énergiques de ces grands hommes, la gloire du Sanctuaire, nous nous rendions à nous-mêmes les principales idées qu'elles énoncent.

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