‹ L'échange des otages: Thiers et Mgr DarboyChapitre 2 sur 25 · PRÉFACE XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIX

d'énergie patriotique pour le relèvement, il me semble encore aujourd'hui qu'il serait téméraire et injuste de dire, comme l'a fait M. Emile Ollivier, que M. Thiers fît preuve, dans cette circonstance, d'une dureté de cœur inqualifiable. Il faudrait, pour le juger, se replacer dans les circonstances terribles où se trouvait cet homme d'État, chargé de responsabilités si lourdes, faisant face à l'ennemi encore sous nos yeux, tenant tète à la révolte ouverte contre la souveraineté nationale dont il était l'organe et le représentant. Ajoutez qu'à ce moment précis M. Thiers devait être sous l'impression de nouvelles peu rassurantes sur les dispositions des plus grandes villes de France. Entre la bonté et le devoir, qui se fera juge?

Mais cette préface n'a pas et elle ne doit pas avoir le caractère d'un plaidoyer, encore moins d'une apologie. Je ne pou-

vais avoir d'autre but que de reconstituer en quelque sorte le milieu moral dans lequel se produisit l'événement qui fait le sujet de cet ouvrage. Encore l'image que je reproduis de ce milieu doit-elle rester en quelque sorte personnelle.

Le lecteur du livre si attachant de M . Gustave Gautherot saura faire la part des circonstances tragiques qui entouraient les hommes dont la responsabilité morale a pu être engagée à un degré quelconque dans l'événement fatal terminé par l'assassinat des otages.

Qu'il me soit permis, en terminant, d'exprimer un vœu que m'inspire le retour que je viens de faire vers un passé dans lequel j'ai vu tant de choses et tant d'hommes, et reçu tant de leçons :

puissent donc les Français trouver et comprendre le sens des leçons que la Providence leur donne depuis que s'est

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