PRÉFACE XXI
ouverte l'ère des révolutions, dans laquelle s'agite et s'épuise la patrie, à mesure qu'elle s'écarte davantage de la voie où elle fut pendant de longs siècles engagée, sous l'égide de Dieu et de son Église!
De Makcère.
LETTRE DE S. ÉM. LE CARDINAL COULLIÉ (i)
Archevêché de Lyon (1, place de Fourvière).
Lyon, iQ janvier 1909.
Cher Monsieur,
La lecture du manuscrit que vous m'avez confié m'a réveillé de douloureux souvenirs, mais ces pages appartiennent à l'histoire et c'est accomplir un devoir sacré que de faire connaître la vérité tout entière. Et comme, dans la circonstance, il s'agit de défendre l'honneur de votre oncle cher et vénéré, je n'hé-
(1) Cette lettre et les deux suivantes sont adressées à M. Henri Lagarde.
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site pas à encourager cette publication.
Je vous remercie, cher Monsieur, du témoignage de confiance que vous m avez donné et je suis heureux de vous dire l'a/fpction la plus fraternelle que je garde à mon ancien archidiacre.
Ses souffrances, si admirablement supportées, ont dû mériter à toute sa famille les plus abondantes bénédictions de Dieu. Ces bénédictions, je les appelle avec un respectueux et paternel dévouement.
PIERRE, Cardinal COULLIÉ
Archevêqtte de Lyon et de Vienne.
LETTRE DE Mgr DE CABRIÉRES
Évêcjue de Montpellier
L'Évêché (rue Pradel), Le 30 décembre 1908.
Monsieur,
Le travail que Mgr Schœpfer m'avait annoncé, et que vous avez eu l'obligeance de JH envoyer, est un hommage mérité à la mémoire de Monsieur votre onclcy dont j'ai été, à Saint-Sulpice, et jusqu'à la fin de sa vie, l'ami sincère et dévoué. Je vous félicite donc de n'avoir pas hésité à en appeler du public mal informé au public pouvant juger d'après des documents inédits et certains.
Au moment même de la mort violente
des otages et en particulier de celle de Mgr Darboy^ le mouvement d' horreur fut si grand parmi les catholiques et même parmi les indifférents, que l'on accueillit sans discernement et presque sans examen tous les renseignements que les journaux crurent pouvoir donner sur ces sinistres événements : c'est alors que se répandirent les insinuations dont Monsieur votre oncle a tant souffert et qui ont si iîijustement pesé sur sa mémoire.
L'œuvre de M. Gautherot va faire en sa faveur jaillir une lumière inattendue et vengeresse.
Et ceux dont les livres ont porté la trace des téméraires accusations lancées contre M. le vicaire général Lagarde, seront les premiers à enregistrer, dans leurs futures éditions, les démentis autorisés que vous allez faire entendre.
Laissez à Dieu de juger tous ceux qui, dans ces drames affreux, ont été ou de véritables martyrs ou des victimes innocentes, ou, au contraire, des bourreaux odieux, des assassins.
Mon amitié fidèle se réjouit de l'hommage mérité que vous allez rendre à votre si vertueux parent et à l'un de mes plus chers confrères, au temps lointain de ma jeunesse.
Fr. Marie- Anatole de CABRIÈRES Évêque de Montpellier.
LETTRE DE Mgr SCHCEPFER
Évêque de Tartes.
JSotre-Dame-de-Lourdes^ 27 décembre 1908.
Mon cher Henri,
Vous nen pouvez douter, j'approuve et je bénis C œuvre que vous avez entreprise.
Je ne puis vous dire à quel point est précieuse, chère et honorée à mes yeux, la mémoire de votre tant regretté oncle. J'ai partagé dans toute l'étendue de mon affection pour lui les angoisses de son cœur et de sa conscience pendant la Commune et l'amertume de son inconso-
lable tristesse devant l'injustice inouïe de l'opinion publique à son égard.
Je connais peu d'âmes qui eussent été capables comme lui de se taire et de souffrir si longtemps, sans murmure, sans colère. Son admirable héroïsme, son martyre a duré de longues années.
« Si scis tacere et pati... », après ces paroles, l'Imitation ajoute : « Videbis procul dubio auxilium Dei. »
Ce secours de Dieu, c'est la lumière de la vérité qui va se répandre sur les actes et les intentions, sur les sentiments les plus intimes qui révéleront à tous l'âme de votre oncle. Pour être tardive, la justice n'en sera que plus complète.
F. Xavier,
Evêque de Tarbes.