‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 136 sur 349 · CONSÉQUENCES DE LA SÉQUESTRATION · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE LA SÉQUESTRATION

Au point de vue physique, des malades qui ont été maltraités sont décharnés, leurs membres recroquevillés, ils sont couverts de plaies. Au point de vue psychique : il est certain que la guérison parfois possible avant la séquestration devient irréalisable après, par suite de l’aggravation tant de l’état général que de l’état mental. Ce dernier est caractérisé par une indifférence complète de l'individu pour tout ce qui appartient au monde extérieur : l’être humain est réduit au niveau de l'animal.

Malheureusement, l’existence de ces mauvais traitements comme celle de la séquestration elle-même n’a été révélée au public que dans des cas exceptionnels. De nombreux aliénés sont morts dans les conditions misérables qui sont restées secrètes. Et même dans le cas où un médecin est appelé à délivrer un permis d’inhumer, ce dernier préfère souvent fermer les yeux. Sur ce point, DUBIEF (qui était médecin avant d’être ministre) approuve entièrement les affirmations de HUBERT dans la thèse que ce dernier a soutenu en 1902 devant la Faculté de Droit de Paris : « si le corps présente des ecchymoses, elles sont mises sur le compte d’un dernier accès de délire furieux ; s’il est affreusement émacié et sordide, on dira que le pauvre fou refusait la nourriture ou qu’il n’en profitait pas et qu’on ne pouvait l’empêcher de croupir dans l’ordure. Pourquoi le médecin protégerait-il, une fois mort, celui que la loi a abandonné de son vivant ? Tel est le cas, qui dans l’état actuel de notre législation, peut se produire » (1).

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