‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 174 sur 349 · DÉFAUT DE SÉLECTION A L’ADMISSION · texte numérisé non relu

DÉFAUT DE SÉLECTION A L’ADMISSION

L’isolement systématique du malade, considéré au siècle dernier comme condition sine qua non du traitement de l’aliénation mentale, n'est relatif qu’au monde extérieur. A l’intérieur de l’asile, le régime communautaire est la règle (sauf pour quelques rares agités et violents). Malgré un effort de sélection, qui dépend à la fois du médecin et de la conformation des locaux dont il dispose, des malades très différents se trouvent mélangés. Cette promiscuité est un danger. Ce danger est particulièrement grave dans les pavillons dit « d’observation ». Il est d’usage, en effet, d’enfermer tous les nouveaux venus dans une sorte de « centre de triage ». L’idée est excellente, maïs sa réalisation présente de sérieux inconvénients. L’intellectuel, atteint de dépression nerveuse à la suite d’un excès de travail, se trouve mélangé à l’ouvrier alcoolique en crise de delirium, à l’épileptique qui a des crises en sa présence, aux délirants qui troublent son sommeil, aux idiots dont l'attitude est déconcertante. Des individus peu atteints qui auraient pu être guéris en quelques jours, ont vu leur cas s’aggraver du seul fait qu’on les a jetés brusquement au milieu des « fous ». Car, pour le malade qui a encore une bonne part de raison (et ce sont les plus nombreux) qui voit avec effroi qu’on le conduit à l’asile, la première réaction est généralement décisive. S'il se trouve dans un milieu accueillant, véritablement « hospitalier », l’amélioration de son état est rapide. S’il se voit plongé brusquement dans le milieu des « aliénés », il est perdu ! Loin de se reposer, ül s’agite, se révolte contre ceux qu’il l’on placé là, contre le milieu ambiant, contre le médecin ; il aggrave son cas et sa guérison deviendra longue et difficile. Le triage des malades devrait être effectué avant et non après l’admission dans les services. Il faudrait qu’à défaut du médecin-chef, il y ait toujours un interne de service pour orienter les nouveaux venus vers le pavillon qui leur convient le mieux. L'expérience révèle que dans la plupart des hôpitaux psy-

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