‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 19 sur 349 · ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉ

Il est question de folie chez tous les peuples dont nous avons pu retracer l’histoire, chez les Egyptiens et chez les Juifs, chez les Chaldéens et chez les Arabes. Il semble que l’homme primitif ait été incapable de séparer sa personnalité de la nature environnante. II attribuait les maladies psychiques à l'influence des forces surnaturelles. On a retrouvé chez les peuplades sauvages récemment explorées les mêmes conceptions que l’on notait dans les civilisations anciennes. Cette croyance à l’intervention de puissances surnaturelles a exercé une influence considérable sur les phénomènes intellectuels. Chez tous les peuples orientaux l’aliéné était un être possédé par les esprits. Tantôt il devenait un objet de vénération (Egypte), tantôt on cherchait à chasser ces esprits, considérés alors comme malfaisants, et dans ce but on s’adressait aux prêtres et aux sorciers.

Cette remarque est d'autant plus intéressante que ces croyances métaphysiques subsistent encore de nos jours. Nous avons signalé plus haut qu’en 1914 le Dr TouLousE constatait combien, dans la Mayenne, les idées de sorcellerie étaient encore très populaires « nombre de malades interprètent leurs troubles par l'emprise de quelque sorcier adonné à des lectures sataniques ; ils sont, dit-il, « ensabattés « (1). À Rome pour guérir la folie on avait recours à des cérémonies religieuses.

9 - (1) Dr Toulouse A.M.P. 1914.644 cf. supra n° 7. (2) Dr Coutagne op. cité p. 23, les théories platoniciennes sur la folie.

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On peut d’ailleurs subdiviser l’histoire de l’aliénation mentale dans le monde antique en trois périodes :

1°) Epoque primitive : la folie est considérée comme la possession de l'individu par quelque divinité bienfaisante ou vengeresse. Platon distinguait deux sortes de délires : d’abord ceux d’origine céleste (délires des prophètes inspirés par Apollon, délires des poètes inspirés par les Muses, délires des amants inspirés par Eros) ; mais déjà il reconnaissait avec la dernière catégorie l’existence de troubles d’origine physiologique. Par la suite les Grecs distinguèrent les feoxnnsor qui étaient inspirés par les dieux et les daruovroanmrot inspirés des démons. L’historien Polybe désigne sous le nom de Oaruovto8ha6erz la démence envoyée par les dieux infernaux. Le terme evepyouuevos aurait désigné l'individu influencé par un mauvais esprit. |

2° période : période hippocratique : Hippocrate semble avoir eu des connaissances précises des troubles psychiques dont il a relevé des symptômes. Il préconisait des méthodes physiologiques de traitement : exercices hygiéniques, diète, saignée et l’usage d’une plante, l’ellébore. L’île d’Anticyre qui en produisait devint célèbre (3).

3° période : les progrès de la science médicale consistèrent à distinguer l’aliénation aiguë de l’aliénation chronique. Arrete de Cappadoce (20 ap. J.-C.) décrit très exactement différentes formes de folie. Coelius Aurelianus, qui parachève l’œuvre du précédent, indique des procédés humains pour remplacer la brutalité dans la contention des aliénés. À cette époque des moyens de contrainte étaient donc employés. Il ne semble pas qu’antérieurement la question de la liberté du malade ait été discutée. :

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