‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 35 sur 349 · RAT · texte numérisé non relu

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sant le savoir de leurs parents, dédaignent la censure de leur expérience. Accoutumé à suivre tous ses penchants, n’étant point façonné par la discipline à la contrariété, l’enfant, devenu homme, ne peut résister aux vicissitudes, aux revers dont la vie est agitée. À la moindre adversité, la folie éclate, notre faible raison étant privée de ses appuis, tandis que les passions sont sans frein, sans retenue. Que l’on rapproche de ces causes la manière de vivre des femmes en France, le goût effréné qu’elles ont pour les romans et pour la toilette, pour les frivolités, etc. On ne s’étonnera plus du désordre des mœurs publiques et privées ; on n’aura plus le droit de se plaindre si les maladies nerveuses et particulièrement la folie, se multiplient en France. Tant il est vrai que ce qui tient au bien moral de l’homme a toujours de grands rapports avec le bien-être physique et la conservation de sa santé ! » (1)

— Les observations d’'EsquIROL sont toujours valables à notre époque. Les désordres d’ordre moral, le relâchement des liens légitimes de famille, ont occasionné un nombre impressionnant de psychoses. La solidité de la Société française médiévale était basée sur la stabilité de la famille, sur l’indissolubilité du mariage chrétien (2). Les coups portés à ces conceptions par la philosophie du xvirr° et les révolutions qui l’on suivie, ont désorganisé les conditions de vie de trop nombreux individus.

L'extension du divorce, l’union libre, entraînent des séparations fréquentes. Chaque échec occasionne une profonde dépression psychique : tantôt dépression sans réaction qui conduit à l'asile, tantôt hyper excitation qui pousse au crime. Il est utile de rappeler que les pays dans lesquels le divorce a pris une extension considérable sont ceux qui accusent un plus grand nombre de cas d’aliénation mentale (Empire romain - U.S.A.). Sans parler de l’enfance malheureuse, issue de ménages instables, enfance qui peuple aujourd’hui les hôpitaux et les maisons de correction, qui peuplera demain les asiles d’aliénés et les prisons.

Enfin, l’affaiblissement des vertus morales, dont les historiens signalent déjà les effets à la fin du xvinr* siècle (3), n’a que continué, par la suite, à ébranler l’équilibre psychique des individus.

L’ambition, la soif de la richesse, cette « auri sacra fames » dont parlait déjà Horace, qui détourne d’un travail régulier et pousse à l'aventure, à la spéculation, entraîne, avec d’inévitables revers de fortune, de déplorables cas de folie.

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