L’ALCOOLISME, SOURCE D’ALIÉNATION MENTALE, SES EFFETS
Nous plaçant au strict point de vue des maladies mentales, nous constatons facilement les ravages que cause ce fléau. « Quelles que soient les théories que l’on accepte sur l’hérédité — écrit le professeur HEUYER —— tous les médecins sont d’accord pour admettre que l’alcoolisme est, avec la syphilis, le grand facteur de dégénérescence physique ou mentale. L’alcool crée un terrain favorable au développement des maladies mentales. L’alcool crée la folie. Tous les psychiatres : MAGNEN, LEGRAIN, ROUBINOVITCH, CLAUDE, ont montré les rapports entre les progrès de la consommation d’alcool et les cas de folie, de suicide, de meurtre, de morts accidentelles qui ont l’alcool pour cause. En outre, une psychose banale, manie ou délire de persécution, s'aggrave dans ses réactions par l’appoint d’un alcoolisme, même léger. La manie arrosée fait du malade normalement jovial un agité violent et brutal ; un persécuté halluciné ou interprétant devient agressif, méchant et quelquefois meurtrier. L’alcoolisme peut donner toutes les formes de l’épilepsie motrice ou psychique » (1).
Lors du 24 Congrès International de lutte contre l’alcoolisme, qui s’est ouvert à Paris le 8 septembre 1952, un important rapport du professeur PERRIN sur les causes et les conséquences psychiques de l'alcoolisme, concluait « que l'effet spécifique de l’alcool sur les fonctions mentales est un obscurcissement du jugement, un affaiblissement de la maitrise de soi, finalement un déchaînement des instincts (2).
Les procédés d'investigation mis à la disposition de la médecine par la technique moderne, et notamment l’électro-encéphalographie, ont permis de distinguer les buveurs non psychiatriques, dont l’encephalogramme est normal, et les buveurs psychiatriques, dont le tracé est altéré dans 70 % des cas, « l’alcoolisme ne traduisant chez eux qu’un déséquilibre profond et l’impossibilité de trouver une solution valable pour leur vie » (3). Ce même procédé a permis de distin-