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sifs était relativement faible. Aujourd’hui, elle a augmenté dans des. proportions considérables. Il est possible, actuellement, d'établir quelques statistiques, tout au moins sur le plan local, grâce à la création, d’ailleurs toute récente, de Centres d’observation et de dépistage dans certaines prisons importantes (p. ex. : Fresnes, Toulouse) : il y aurait, en 1952, 33 Centres d'observation (2).
Les premiers résultats de dépistage psychiatrique à la prison de Toulouse ont été les suivants : sur 430 délinquants adultes, 7 ont été reconnus absolument en état d’aliénation mentale et 253 (58 %) mentalement anormaux (3).
Un examen des prévenus à la prison de Loos a révélé que, sur 2.632 individus examinés en 1 ans, il y avait 168 aliénés dont 30 à interner d’urgence (4).
34 - L’ÉTAT MENTAL DES DÉLINQUANTS ; LA DÉLINQUANCE, MANIFESTA- TION PREMIÈRE DE L’ALIÉNATION MENTALE.
L'examen de cas concrets nous conduit nécessairement à cette conclusion que la délinquance est due, pour une bonne part au moins, au déséquilibre psychique des individus.
Ceux qui ont la pratique des tribunaux correctionnels importants et des Cours d’Assises comprennent combien est difficile à tracer la ligne de démarcation entre la pleine responsabilité, qui rend l'individu passible d’une répression sévère, et la maladie, qui le fait bénéficier de l’art. 64 du Code Pénal. Dans les délits les plus courants, tels que le vol, il est parfois très difficile de distinguer le vice de la kleptomanie (1). Les attentats aux mœurs sont généralement commis par des individus dont les tares mentales sont indéniables. Depuis quelques années, les incendies volontaires se sont multipliés à tel point que le législateur a dû intervenir pour aggraver la répression (art. 434 C. Pénal, modifié par loi 30 Mai 1950) ; or, on constate que, dans un bon nombre de cas, les coupables sont des débiles mentaux, dégénérés éthyliques, dont l’internement aurait dû être prononcé depuis longtemps. Dans des Parquets importants, les magistrats nous ont affirmé que le nombre des délinquants dont l’état mental est incontestablement à la base de leurs méfaits, augmentait d’année en année.
Concluant leur premier rapport sur le rôle de l’Annexe psychiatrique des prisons de Fresnes, les docteurs BACHET, FLEURY et Weiss écrivent :
« D'une façon exagérément schématique, mais très proche de la réalité, tout se passe comme si la masse des délinquants était formée :
1° - d’un noyau permanent, caractérisé par les anomalies psy-
(2) ER En « Psychiatrie et délinquance » (thèse méd. Paris » P- 16.
(3) Prof. Planques, « Premiers résultats de dépistage psychiatrique à la prison de Toulouse » (Annales de Médecine légale 1949, p. 11). (4). Cf. Georges Becker, « Contribution de psychiatrie sociale, les anormaux psychiques délinquants », (thèse méd. Toulouse 1951), p. 41.