‹ L'Échinococcose secondaire bronchogène de F. Dévé en pathologie humaineChapitre 10 sur 32 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

C'est en 1904 que l’existence d’une € échinococcose secondaire du poumon, d’origine bronchique » fut démontrée pour la première fois par M. Dévé, dans une communication faite à la Société de Biologie (1).

À cette époque, il avait paru intéressant à M. Dévé « de rechercher quel est l’avenir des scolex échinococeiques déposés dans l'arbre trachéo-bronchique ». Parmi les hypothèses que le problème ainsi posé soulevait a priori, la suivante lui avait semblé surtout digne de retenir l'attention : « Les scolex refoulés dans les ramifications bronchiques extrêmes ne subissent-ils pas, à ce niveau, la transformation vésiculaire qui donnera naissance à des kystes hydatiques du poumon ? »

Après avoir exposé ses expériences et indiqué qu'il avait, en fait, « réussi à obtenir constamment,

à la suite de cet ensemencement (intra-trachéal), la

1. F. Dévé, « Ensemencement intra-trachéal de sable échino- * coccique. Échinococcose secondaire du poumon, d’origine bronchique ». C. R, de la Société de Biologie, séance du 16 juillet

1904, t. LVII, p. 136.

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formation de kystes échinococciques du poumon », M. Dévé poursuivait sa communication par les commentaires que nous tenons à reproduire; car ils mettent parfaitement en valeur l'intérêt de l’expé- rience princeps relatée par lui :

« Cette donnée expérimentale intéresse la pathologie humaine. Il n’est pas exceptionnel, en effet, que des kystes hydatiques non suppurés du poumon se rompent dans les bronches, soit spontanément, soit à l’occasion d’une intervention et en particulier de la ponction. Bien que grave, du fait des accidents asphyxiques et toxiques suraigus qu'elle détermine fréquemment, la brusque vomique de liquide limpide qui se produit en pareil cas n’est cependant pas nécessairement suivie de mort. On conçoit, dès lors, que le sable échinococcique, répandu dans le système bronchique avec le liquide d’un tel kyste rompu en pleine vitalité, puisse, par inoculation broncho-pulimonaire rétrograde, donner naissance à de nouveaux kystes du poumon ».

Et M. Dévé terminait sa note par les lignes suivantes : « Aux divers modes pathogéniques d’échinococcose secondaire du poumon que nous avons. distingués dans notre thèse inaugurale, il convient de joindre désormaisce processus de l’échinococcose secondaire d’origine bronchique, processus jusqu'ici théorique, mais dont l’expérimentation permet de prévoir la réalisation éventuelle en clinique ».

En vérité, notre maître, ayant repris lui-même la bibliographie du sujet depuis la rédaction de son

ST à PME

mémoire des Annales d'Anatomie pathologique, à pu constater et a tenu à nous signaler que, un an avant la démonstration donnée par lui en 1904, Lemaire (d'Alger) avait explicitement indiqué l’éventualité théorique du processus en question (1). Sans doute, son hypothèse se basait sur une observation clinique de valeur discutable, comme on va voir. Mais il n’en avait pas moins écrit ceci : « L'inoculation secondaire (du poumon) peut encore se faire d'un poumon à l'autre, au moment de la vomique, par le système bronchique. Les kystes bilatéraux du poumon, d’inégal volume, les récidives du côté opposé nous en fournissent des exemples ».

‘En exemple concret, Lemaire avait invoqué et apporté une observation inédite de Cochez et Soulié, dans laquelle une malade de 15 ans, ayant eu un premier kyste hydatique du poumon droit, guéri à la suite d’une « vomique » survenue en mai 1900, avait présenté une « récidive du côté gauche » constatée dès septembre 1901 (c'est-à-dire à peine seize mois après la vomique). A cette époque, le second kyste se manifestait par une symptomatologie d'épanchement : « matité complète de la base gauche remontant jusqu’à la pointe de lomoplate ». Ce second kyste devait donner lieu, lui aussi, en mai 1902, à une vomique suivie, cette fois encore,

de guérison,

1. Gaston Lemaire, De la fréquence des kystes hydatiques du poumon et de la plèvre en Algérie. Leur diagnostic. Thèse de Paris, 1903.

| P. Hébert o

À cette observation on peut, semble t-il, objecter que la taille du second kyste (s'étant traduit par une symptomatologie d’épanchement) était bien volumtneuse pour répondre à une récidive datant de moins d'un an et demi (nous verrons, par la suite, que la taille maxima d’un kyste de 2 ans paraît correspondre à celle d’un œuf). D'autre part et surtout, aucune exploration radiologique n'avait été pratiquée, au départ, en mai 1900. Peut-être cet examen eût-il révélé, dès ce moment, la présence contemporaine et silencieuse du second kyste : car les kystes doubles primitifs sont loin d'être exception: nels, en matière d'échinococcose pulmonaire.

Quoi qu'il en soit, Lemaire, commentant son observation s'était exprimé ainsi (thèse, p.28 et 29): « Il n’est pas très rare de rencontrer des kystes hydatiques des deux poumons. Lorsqu'ils'ne sont pas dûs à une embolie métastatique, on peut supposer qu'ils sont dûs à une infection multiple. Leur développement peut être très inégal. Mais lorsqu'un kyste hydatique s’est rompu dans les bronches et qu'une récidive a lieu un an plus tard de l’autre côté, on peut invoquer une inoculation par le système bronchique ».….. |

Nous signalerons, d'autre part, également d’après M. Dévé, que cinq ans avant Lemaire, dès 1899, Levy Dorn et Zadeck,. à propos d’un kyste hydatique du poumon gauche associé à un kyste du poumon droit adhérent au diaphragme, « ce qui sem-

blait montrer son origine hépatique » (??), avaient

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