Le cas de Meersseman avait été primitivement interprété
comme un Cas d’abcès putride du poumon (cf. Jean Escoubès.
« Les abcès pulmonaires fétides el chroniques d'emblée ». Thèse de Lyon, 1930, p.57).
: 2. Mme M. Boppe, L’échinococcose pulmonaire MOMIE Thèse de Paris, décembre 1916.
ETIOLOGIE
- QUELLE EST LA FRÉQUENCE DE L'AFFECTION ? — Au premier abord, il semblerait que cette question fût tranchée par la seule constatation du nombre insignifiant de faits de cet ordre ayant pu être relevés dans la littérature : quatre ou cinq observations.
Cependant il n’est pas impossible que le processus en question soit, en réalité, beaucoup moins exceptionnel qu'il a pu le sembler jusqu'ici. Car, ainsi que l’a indiqué M. Dévé, à côté des formes en quelque sorte 7nassives, auxquelles appartenaient les observations dont nous parlons, il existe très probablement des formes discrètes qui, jusqu’à ce jour, ont été méconnues des observateurs quant à
leur pathogénie.
ORIGINE DU PROGESSUS : LE KYSTE UNI-VÉSICULAIRE LIMPIDE FERTILE. — Il nous faut insister de nouveau ici sur cette remarque que toutes les vomiques hydatiques et tous les kystes hydatiques du poumon né sont pas indifféremment en cause. En eftet, pourront seuls devenir l’origine d’une échinococcose secondaire bronchogène les kystes uni-vésicu-
M et ES
laires limpides et déjà fertiles(c’est-à-direrenfermant du sable hydatique). Les kystes primitifs ne restent stériles, acéphalocystes, que durant une période initiale assez courte, qui n’excède sans doute guère dix-huit mois ou deux ans (Dévé). On peut donc poser en règle que tout kyste pulmonaire ayant donné lieu à des symptômes cliniques (dyspnée, toux, hémoptysies) a toutes chances d’avoir dépassé la phase « acéphalocyste ». Bien que la fertilité d'un kyste ne soit pas nécessairement en relation avec sa taille, nous admettrons, avec M. Dévé, qu'un kyste donnant une ombre radiologique égale ou supérieure à la taille d’un abricot ou d’un œuf de poule est très probablement fertile (1). |
CAUSES DE L'HYDATOPTYSIE INOCULATRICE. — La TUp-
ture intra-bronchique des kystes uni-vésiculaires
1. M. Dévé nous a fait remarquer que « les kystes de la moitié supérieure du poumon et surtout ceux du sommet devraient être, toutes choses égales d’ailleurs, plus dangereux que ceux de ‘la base, au point de vue du risque d’ensemencement bronchique. « En effet, chez eux, la rupture kystique se produira au niveau de l'hémisphère inférieur de la poche, c'est-à-dire à la partie déclive de la vésicule-mère où se ramasse le sable hydatique. Dès lors, ce sable impalpable se trouvera facilement entraîné, d’emblée, par l’irruption, en pareil cas presque toujours totale, du liquide kystique dans les bronches. Au contraire, en cas de kystes hydatiques des lobes inférieurs du poumon, l’ouverture bronchique siègera le plus souvent au niveau de leur hémis- phère supérieur. D’une part, ces kystes auront moins de tendance à s’évacuer brusquement et intégralement. Et d'autre part, le sable hydatique aura des chances de demeurer, en majeure partie, dans la déclivité de la poche, sans être entraîné par le liquide d'inondation. Il s'y transformera en vésicules secondaires intra-kystiques, à moins que n’intervienne la suppuration ». :
limpides survient le plus souvent spontanément. Mais nous tenons à rappeler ici que la rupture kystique entraînant l’inondation des bronches par le liquide spécifique tenant en suspension son « limon parasitaire » (Dévé) peut être provoquée par la ponction du kyste. Non seulement par la ponction évacuatrice, aujourd'hui complètement abandonnée des médecins, mais aussi par la simple ponction
exploratrice. Celle-ci est ordinairement pratiquée à la suite d’une erreur de diagnostic, le médecin ayant soupçonné un épanchement pleural. Cependant quelques médecins, à l'étranger — notamment en Uruguay — restent encore partisans de la ponction diagnostique des kystes hydatiques du poumon qui, disent-ils, n'aurait, en dehors d’une poussée d’urticaire, guère d’inconvénients.
- A l'encontre de cette opinion, on pourrait citer maintes observations dans lesquelles on a vu la « simple » ponction capillaire provoquer presque instantanément la vomique limpide, suivie ou non de signes d’anaphylaxie hydatique et, d’autre part, de signes d’hydropneumatose kystique. M. Dévé en avait réuni une trentaine d'exemples, il y a quelques années (1).
L'éventualité d'une échinococcose bronchogène ultérieure, même si elle reste exceptionnelle, constitue un nouvel argument, qui, ajouté à bien d’autres, doit engager les cliniciens à rejeter cette explora-
1. F. Dévé, «Le pneumokyste hydatique du poumon ». Revue de Chirurgie, n° 4, avril 1995, p. 266 et suiv.
EG
tion, d'ailleurs condamnée aujourd’hui par presque tous les auteurs.
Nous rappellerons enfin que la brusque irruption du liquide kystique dans la canalisation bronchique, avec accidents de suffocation plus ou moins inquiétants, est loin d’être inconnue au cours de l’évacuation chirurgicale des kystes uniloculaires du poumon, Maccas le rappelait encore récemment. Au surplus, on sait que l'éventualité en question est une des raisons pour lesquelles il est recommandé de toujours opérer de tels malades en position assise et sans anesthésie générale (qui supprime les réflexes tussigènes de défense), Aussi est-ce certainement une erreur de soutenir, comme l'ont fait Delaye et Gabrielle, que l’échinococcose secondaire bronchogène est une complication des vomiques spontanées, « médicales », et qu’elle ne s’observe pas lorsque les kystes pulmonaires sont traités « de bonne heure » chirurgicalement.
En face d’une récidive hydatique post-opératoire, localisée dans le même poumon eu dans le poumon opposé — Maccas en a observé 4 exemples sur 80 opérés : soit une proportion, nullement négligeable, de 5 %, — le chirurgien devra songer à la pathogénie que nous eénvisageons et rechercher, dans l’ancien protocole opératoire, la mention d’une éventuelle kydatoptysie survenue au cours de l’acte chirurgical. |
Ye.
SYMPTOMATOLOGIE
Avant de se manifester cliniquement, l'échinôcoccose secondaire bronchogène du poumon est passée par une phase plus ou moins longue d'évolution silencieuse qui fait suite à la vomique hydatique inoculatrice. Bien que celle-ci ne rentre pas, à proprement parler, dans la symptomatologie de l’échinococcose bronchogène, nous croyons devoir rappeler brièvement ses caractères particuliers, inté-
ressants à connaître, ne sérait-ce que pour savoir les retrouver dans l’histoire des malades.
L'hydatoptysie initiale.
La forme de vomique hydatique qui s’observera ici ne comportera ni le rejet classique d’hydatides « en grains de raisin », ni, encore moins, un rejet de liquide purulent contenant des lambeaux de membranes. Elle se présentera uniquement sous la forme que M. Dévé a appelé l’hydatoptysie, caractérisée par un brusque crachement de liquide hydatique clair, salé, accompagné ou non de membranes.