‹ L'Échinococcose secondaire bronchogène de F. Dévé en pathologie humaineChapitre 20 sur 32 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

KT HSE Nous envisagerons successivement et brièvement l’hydatoptysie spontanée et l’hydatoptysie provoquée par une ponction ou une opération.

Hyparorrysie sponranée. — Chez un individu ayant souvent présenté précédemment de la toux,quelques douleurs thoraciques, un peu de dyspnée et ayant eu, ou non, une ou plusieurs petites hémoptysies — ensemble symptomatique qui l’a souvent fait prendre pour un tuberculeux — survient subitement une violente crise de toux et d’étouffement, aussitôt accompagnée d’une ‘abondante expectoration de liquide

incolore ou légèrement teinté de sang, spumeux :

et de goût salé. Cette dernière particularité ne manque guère de frapper les malades. Parfois, au milieu de l’expectoration liquide, on remarquera quelque fragment de membrane, de couleur laiteuse et roulé « en oublie»: il s'agira, non d’une hydatide affaissée, mais d’un lambeau de la membrane-mère du kyste univésiculaire.

Après un premier moment d'angoisse, p expectoration spumeuse ne tardera pas à se ralentir. Elle ne sera plus suivie que du rejet de quelques crachats plus ou moins hémoptoïques, à moins qu’on ‘ n’assiste à l'installation d’une véritable hémoptysie. Quelques minutes, quelques heures plus tard, ou seulement le lendemain ou même le surlendemain, survient ordinairement, mais non constamment, une éruption d’urticaire.

Mais il faut bien savoir que, tout en restant suffi.

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samment nette et caractéristique pour un médecin averti, la symptomatologie de l’hydatoptysie spontanée pourra rester beaucoup plus fruste et plus discrête (cela dépendra beaucoup de la faille du kyste ouvert dans les bronches). Et l’on comprend qu’elle puisse ne laisser, dans ‘la mémoire du malade, qu'un souvenir assez vite effacé. |

Voici, par exemple, quels avaient été les accidents retrouvés dans les anamnestiques, par un interrogatoire serré, chez un des malades de

M. Dévé (1) :

IL s'agissait d’un homme de 46 ans qui, examiné radioscopiquement, en janvier 1921, à la suite d’une hé-

moptysie, fut trouvé porteur, dans son poumon gauche,

d’une ombre opaque, régulièrement arrondie, de la gros-

seur d’une orange, de nature bien probablement hydatique. |

« Un interrogätoire détaillé nous fait connaître un incident très important, que le malade n’avait pas signalé à son médecin : au début de septembre 1920, un soir, en se baissant pour se déchausser, il avait senti lui monter à la gorge un liquide de saveur salée, semblable à de l’eau, non bilieux, non mélangé d’aliments et qui venait de façon continue. Cela dura cinq minutes. Aucun malaise par la suite; pas d’urticaire.

« Le 30 novembre 1920, à 7 heures du matin, se rendant à son travail, il fut pris, dans la rue, d’une petite quinte de toux et, de nouveau, « de Peau » lui monta à

1. L'observation, recueillie par lui, a été publiée dans la thèse de son élève L. Bellard: Contribution à l'étude de la vomique

. hydatique curative. Thèse de Paris, 1924, obs. LH, p. 3.

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la gorge. C'était « de l’eau claire », ayant le même goût salé que la première fois. Se sentant mal à son aise, « les jambes lui fléchissant », il rentra chez lui et sa femme fut obligée de le déshabiller. Il ne perdit cependant pas connaissance, Ni dyspnée, ni urticaire, ni fièvre. Dès le lendemain il était remis ».. |

En réalité, comme la suite de l’observation devait le montrer, ce malade, à côté d’un kyste intact du poumon gauche (qui devait être opéré le 1” février 1921), portait un petit kyste affaissé situé au voisinage du hile du poumon droit. Celui-ci devait donner lieu, ultérieurement, à de petites vomiques de membranes hydatiques et il finit par guérir complètement.

C'est une symptomatologie de ce genre, mais plus dramatique, que. nous trouvons signalée dans: la seule de nos observations qui donne des renseignements précis à cet égard, celle de Botreau-Roussel.: « Ce jour-là, à 12 h. 1/2, le malade est surpris brusquement dans la rue par une vomique extrêmement abondante. Le liquide rejeté était d’abord clair comme de l’eau, puis un peu jaunâtre. On le transporte à l'hôpital, absolument suffocant, les voies aériennes encombrées par le liquide de la vomique. Le soir même, l’état s'était amélioré, la suffocation et l'angoisse avaient disparu et le malade pouvait dormir. Mais, à partir dé ce moment, une abondante expectoration s’installe. Les crachats jaune-verdâtres sont surtout nombreux le soir au coucher.Puis progressivement l’expectoration dimi-

nue ».

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