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Dans l'observation sommaire de Lamas, on trouve seulement signalé que le malade « allant en voyage, fut pris d’une vomique (hémoptysie abondante, débris analogue à du blanc d'œuf et liquide sanguinolent) ».
À côté de ces cas typiques, d’une symptomatolo+ gie vraiment très caractéristique, il en est « où la rupture kystique est marquée par la brusque apparition d’une hémoptysie importante. Le rejet du liquide kystique se trouve dissimulé, masqué par celui du sang. Aussi demeure-t-il souvent méconnu ». C’est ce que M. Dévé appelle l’hydatoptysie masquée.
Nous ajouterons maintenant que si l’on prenait soin d'examiner au microscope le liquide expectoré — cet examen se trouve, en vérité, presque toujours négligé, — on y rencontrerait la présence de nombreux scolex intacts.
HYDATOPTYSIE PROVOQUÉE PAR UNE PoNGTIoN. — Nous reproduirons ici la description qui en a été donnée par M. Dévé, dans son étude du preumokyste hydatique du poumon : « Un malade présente tous les signes stéthoscopiques d'un gros épanchement .pleural. Le diagnostic paraît si évident au clinicien que souvent il se dispense de la ponction exploratrice et pratique d'emblée une ponction évacuatrice. À sa grande surprise, il s'écoule un liquide eau de roche ! À peine quelques dizaines où quelques cen- taines de grammes de ce liquide se sont-elles écou-
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lées, qu'éclatent les accidents dramatiques. Tout à
coup, le malade est pris d’une toux violente, irré-
sistible, avec dyspnée intense, angoisse et menace
d’asphyxie. Il se débat, se cyanose et se met à
rejeter, en abondance, par la bouche et parfois
jusque par le nez, au milieu d’une toux incessante,
un liquide clair ou rosé ou même franchement
sanguinolent ».
La gravité de la symptomatologie, en pareils cas,
tient à la taille habituellement importante (souvent
un litre, deux litres, et davantage) de ces kystes,
confondus avec un abondant épanchement pleural
nécessitant une ponction d'urgence.
HYDATOPTYSIE PROVOQUÉE PAR L'OPÉRATION. — Il ne manque pas, enfin, d'observations dans lesquelles on trouve mentionnée l’irruption d'une partie du liquide kystique dans les bronches, au cours même de l'opération, immédiatement à la suite de l’inci-
sion chirurgicale du kyste et avant que la poche ait
pu être complètement évacuée. Les accidents de suffocation peuvent être parfois importants. Ils peuvent, par contre, se borner, en apparence, à fort peu de choses, comme ce fut précisément le cas
chez le malade de M. Dévé dont nous rappelions .
plus haut l'observation médicale. Voici, en effet, la partie chirurgicale de cette observation :
« Opération, le 1€ février 1921, par le DT Jeanne.
Anesthésie locale. Lambeau cutanéo-musculaire à base supéro-interne. Résection de la 88 et 9e côtes.
ie
À travers la plèvre pariétale, on voit le poumon mobile. Pneumothorax opératoire bien supporté.
« Le poumon est saisi, amené dans la plaie et fixé. Le kyste, superficiel, est incisé au bistouri : le liquide kystique gicle. Moment d'angoisse, d'oppression et de cyanose du malade qui, sans avoir à proprement parler de vomique, déclare spontanément retrouver le même goût salé qu’il avait perçu déjà à deux reprises ».
Au sujet de ce malade, nous pouvons, d’ailleurs, ajouter un renseignement négatif ultérieur, que nous a donné M. Dévé : Un examen radioscopique pratiqué le 4 juillet 1924 n’a rien révélé d’anormal dans les poumons ; la clarté pulmonaire était semblable des deux côtés, sans traces de kystes. |
Phase silencieuse.
A la vomique initiale fait suite une période muette, durant laquelle les kystes ensemencés germent sans provoquer de réactions autour d’eux. Constatation au premier abord paradoxale, on peut même voir l’état des malades s'améliorer pendant cette période : par suite de l’évacuation de Îa collection que constituait leur kyste primitif.
Ce fut le cas pour le malade de Botreau-Roussel, atteint d’un kyste hydatique du sommet gauche ayant donné lieu à des douleurs scapulaires, à une extinction de voix et à un amaigrissement très mar-
qué. Après sa vomique, le malade, fonctionnaire
es
colonial, fut rapatrié avec le diagnostic « tuberculose pulmonaire ». Arrivé en France, déjà amélioré, cet homme devait se rétablir complètement durant son congé et reprendre son poids normal: « si bien qu’il obtint du Conseil supérieur de Santé des Colonies et malgré la suspicion de tuberculose, l'autorisation de repartir pour la Côte des Somalis ». C'est là que, quatre mois plus tard, dix-huit mois après sa vomique, devaient commencer à apparaître les hémoptysies… me
Avec elles, nous entrons dans la période d'état de l’affection.
Période d'état.
Si nous nous en fions à la seule de nos observations donnant des renseignements circonstanciés sur cetté période — celle de Botreau-Roussel, — la : maladie confirmée se traduit surtout par deux gros symptômes : les hémoptyÿsies et les vomiques à répétition. La chose était, à priori, bien à penser.
Reprenons, en effet, l'observation de Botreau: Nous venons de voir les hémoptysies apparaître 18 mois après l’hydatoptysie initiale. « D'abord discrètes, puis de plus en plus fréquentes et abon- dantes, elles aboutissent, en juillet 1929, à une hémoptysie extrêmement abondante qui met ses jours en danger ». — Rapatriement. Les crachements de sang cessént pendant quelque temps, puis reparaissent en octobre. — Nouvel arrêt des hémoptysies pendant un traitement par le stibyal : « sim-
ple coïncidence », déclare non sans raison Botreau- Roussel, Elles reparaissent au début de décembre : « elles sont minimes, sauf le 17 où M. B... en a une très importante ». Hospitalisation le 10 janvier : «Les hémoptysies, quoique minimes, ont tendance à devenir plus fréquentes ».
Dans la brève observation de Melendro nous relevons cette phrase : « Depuis le commencement, il . présentait un peu de toux sèche et, depuis cinq ou six mois, une expectoration abondante et constamment tachée de sang ».
Par ces exemples on voit l’importance que peut prendre, et par son abondance, et par sa répétition, le symptôme hémoptysie. Non moins caractéristiques dans leur répétition vont être les vomiques hydatiques. Vomiques classiques, cette fois, avec rejet de vésicules et de débris membraneux caractéristiques.
« Le 2 août, lisons-nous dans l'observation de Botreau, sans quinte de toux, sans effort, le malade sent un corps étranger dans son arrière-gorge et ramène une vésiculehydatique entière, transparente, de la grosseur d’un pois. Les jours suivants il continue à cracher ainsi, de temps en temps des vésicules ayant de 5 à 10 millimètres de diamètre. Le 8 août, il évacue une membrane kystique entière. Le 16 octobre, le malade a une nouvelle vomique ; le 94 octobre, il expulse des membranes kystiques... ».
Nous ne pouvons utiliser avec la même certitude
le cas de Da Passano-Di Barbazza ; mais dans ce
P. Hébert 6]
PO
cas les petites vomiques hydatiques se sont répétées périodiquement, et par moments presque quotidiennement, durant huit mois, jusqu'aux derniers jours, À ces signes fonctionnels capitaux s'ajoutent ou peuvent s'ajouter des « douleurs thoraciques erratiques », de la « pleurodynie », des « crises de dyspnée assez rapidement calmées »,de la « tachycardie », des «accès de palpitations avec dyspnée », voire une « toux coqueluchoïde », tous symptômes qui étaient particulièrement accentués chez la malade de Da Passano.
Les signes généraux consisteront surtout en amaigrissement et fièvre d’allure irrégulière. La malade de Da Passano présentait, en outre, de l’hippocratisme des doigts. 70 at Quant aux signes stéthacoustiques, on peut facilement prévoir qu'ils ne fourniront guère de rensei- gnements pouvant mettre sur la voie du diagnostic. Meersseman signale, « dans l’étendue des deux poumons, une respiration rude, couverte par de très nombreux râles de toute nature (son malade, il est vrai, était un indigène nord-africain, atteint sans doute de « bronchite des Arabes »). A cela se bornait la symptomatologie stéthoscopique. On ne. pouvait déceler « aucun signe de foyer ». — Chez la malade de Da Passano, dont les deux poumons étaient pourtant criblés de kystes, l'auscultation. donnait seulement de la rudesse respiratoire aux
sommets et des « frottements-râles » aux bases. Les
Sn
données de la percussion étaient normales. — Chez le malade de Calvo Melendro,on constatait de la diminution du murmure à la base du poumon droit et au sommet du poumon gauche; le reste du poumon était normal à l’auscultation et à la percussion.
Si les signes stéthoscopiques traditionnels sont vagues, en revanche les données apportées par la radiologie vont être précises, sinon tout à fait carac-
téristiques par elles-mêmes.
Données radiologiques.
Dans nos cinq observations comportant un examen radiologique, l'aspect des lésions se montrait, en vérité, un peu différent, mais il n’en était pas moins très particulier. A ce titre encore, l’observation de Botreau-Roussel est, des cinq, la plus complète, la plus typique et à tous égards la plus démonstrative. |
En effet, dans ce cas, le malade avait pu être examiné :
Une première fois, deux ans avant la vomique. On. avait constaté, alors, au sommet gauche, une ombre. solitaire qui avait été prise pour une « pleurésie. enkystée du sommet » (il s'agissait du kyste primitif encore intact).
Une seconde fois, six mois après la vomique. A ‘ce moment, il n'existait « aucune trace de kyste hydatique en évolution », mais seulement, « au-des-
sous du sommet gauche, une image claireà peu près
EM US sphérique, correspondant à la cavité du kyste vidé par la vomique ».
Une troisième fois, deux ans après a initiale. On avait pu, alors, poser le diagnostic de « kystes hydatiques multiples du poumon ». La radiographie montrait, au poumon droit, un seul kyste, de forme ovoïde, de 6 cent. sur 5, situé dans la région hilaire ; au poumon gauche, plusieurs kystes, de volume variable, ayant de 2 à 6 cent. de diamètre. « Il est difficile de les compter, car ils se superposent sur l’image radiologique, mais il semble qu’on puisse en compter six ».
Enfin une quatrième fois, deux ans et demi après la vomique inoculatrice. La nouvelle radiographie montrait une augmentation notable de la taille des kystes et permettait de mieux les délimiter : « Il y a;: en réalité, huit kystes du côté gauche : deux à la partie supérieure, deux dans la région hilaire, trois. dans la partie moyenne du poumon, enfin un situé au voisinage du médiastin, au contact du diaphragme. On ne voit qu’un seul kyste à droite. Leur: diamètre a augmenté de 1 à 2 centimètres en moyenne depuis la Le nee précédente (six mois) ».
Dans le cas de Meersseman, les constatations radiologiques avaient été infiniment moins précises et moins probantes. L'examen radiographique avait montré l’existence, à la base droite, de deux cavi- : tés paraissant de la grosseur d'une mandarine avec niveau liquide parfaitement visible. Par ailleurs, le
So
reste du champ pulmonaire montrait, par endroits, des ombres très légères, très floues, qu'on ne put interpréter avec certitude ».
Pour ce qui est du cas de Da Passano et Di Bar-. bazza, nous n’en ferons état qu'avec des réserves. Non pas que les données radiologiques n’y aient pas été d’une grande netteté. Mais on n’a malheureusement pu faire, dans ce cas, la preuve de la pathogénie bronchogène des kystes secondaires. Il ne serait pas impossible qu'il se fût agi de kystes ressortissant à l’échinococcose secondaire embolique. Toutefois, nous devons souligner qu'aucun argument ne plaidait plus particulièrement en faveur de cette dernière pathogénie (pas d’augmentation ni de déformation de l'ombre cardiaque ; pas d’hypertrophie du foie). Sous ces réserves, nous croyons intéressant de reproduire les constatations radiologiques très suggéstives faites dans ce cas :
« 10 Les deux plages phréno-clavicuiaires sont
- envahies par de multiples images arrondies ou ovalaires, à limites régulières. Leur volume est inégal, les plus petites offrant le volume d’une noisette, les plus grosses celui d’une mandarine.
«20 La distribution des ombres dans les plages phréno-claviculaires (les sommets sont normaux) présente les particularités suivantes : dans l’ensemble, la distribution topographique est à peu près symétrique. Les ombres plus volumineuses se trouvent aux bases et dans les parties moyennes ;
dans les régions sous-claviculaires, les ombres ne