TRAITEMENT
Dans son principe, dans ses indications, dans sa technique, le traitement de l’échinococcose pulmonaire bronchogène ne doit pas différer de celui qui convient aux kystes hydatiques du poumon en général, C’est dire que, conformément à la règle posée par M. Dévé dans de multiples publications (1) et qui paraît aujourd'hui généralement acceptée, ce traitement devra être éclectique : chirurgical, à l'égard de certains kystes, abstentionniste à l'égard de certains autres. Nous allons y revenir.
Comme il est facile dele prévoir, la difficulté par: ticulière du traitement et sa particulière gravité tiendront à la multiplicité des kystes. Les intérventions réitérées qu'ils nécessiteront multiplieront les occasions d’incidents ou de complications opéra-
toires ; car, malgré ses perfectionnements, la chi-
. Cf., en particulier : F. Dévé, « Une discussion médico-chi- UC Doit-on opérer tous les kystes hydatiques du poumon?» La Normandie médicale, 15 juillet 1911, et « Les indications de l’abstention opératoire dans le traitement des kystes
hydatiques du poumon ». Arch. méd. chir. de l'App. pulmonaire, t. I, 1926.
rurgie des kystes hydatiques du poumon comporte encore des aléas. Et en face de cas tels que celui de Da Passano et Di Barbazza, où les kystes criblent littéralement le poumon, on peut être enclin à désespérer à l’avance d'obtenir une issue heureuse, Toutefois, il faut ne pas oublier que, même en pareils cas, de par leur siège péribronchique initial, beaucoup de ces kystes auront tendance à guérir par le processus naturel de la vomique.
Mais, tout d’abord, est-il vrai qu’on n'ait le choix qu'entre l'intervention sanglante et une quasi abstention thérapeutique ? Entre les deux alternatives, n’y a-t-il pas place pour une médication hydaticide générale ou pour quelque traitement physique parasiticide ? |
La réponse à cette question est fort nette : à
l’heure actuelle, on ne possède aucune thérapeu- ; tique générale efficace à l'égard du kyste hydatique. Les multiples expériences de contrôle effectuées par M, Dévé, soit seul, soit avec ses collaborateurs rouennais, les D Payenneville, Billiard, Decoularé- Delafontaine et Lessertisseur, ont prouvé que ni lParsénothérapie, ni le traitement par l'extrait de fougère mâle ou par la vieille teinture de kamala, ni la trypaflavine en injections intra-veineuses, ni le lipiodol, ni la sérothérapie spécifique, ni la « vaccination » par le liquide hydatique, ni la vaccinothérapie par le sable hydatique tyndallisé, ni la radiothérapie pénétrante, ni la diathermie, n'ont la moindre action parasiticide sur les kystes hydatiques.
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Ne pourrait-on, dans le cas particulier surtout, imaginer un trailement médicamenteux par la vote bronchique ? En réalité, si des injections antiseptiques trachéo-bronchiques (huile eucalyptolée ou goménolée, par exemple) sont a priori susceptibles d’avoir une utilité pour lutter contre l'infection bronchique et la suppuration, souvent plus ou moins fétide, des kystes ouverts dans la canalisation aérienne (1), il est extrêmement douteux qu'aucune médication intra-bronchique — à supposer qu’elle ne soit pas toxique ni nuisible pour le poumon — puisse exercer une action parasiticide sur les lésions hydatiques intactes enkystées dans le poumon, même au voisinage étroit des bronches.
Indications générales du traitement opératoire. — M. Dévé a divisé les kystes hydatiques pulmonaires en kystes centraux et kystes corticaux. Cette division fondamentale, du point de vue clinique comme du point du vue chirurgical, est aujourd’hui universellement adoptée, Or, la règle de conduite édictée par M. Dévé est la suivante :
Ouvrir et drainer tous les kystes périphériques, ainsi que les kystes centraux ayant atteint une taille qui les rende facilement abordables.
Au contraire, s'abstenir à l'égard des kystes de petite taille profondément situés au voisinage de la
1. À ce titre, une vaccinothérapie pourrait se montrer utile.
CG 4 Castagno et S. Mazza auraient employé avec avantage un auto-vaccin (La Semana Médica, 13 déc. 1923, p. 1295).