‹ L'Échinococcose secondaire bronchogène de F. Dévé en pathologie humaineChapitre 26 sur 32 · AC ; ARE · texte numérisé non relu

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région hilaire, car ceux-ci guériront par évacuation spontanée dans l'arbre bronchique.

Pour ce qui est des kystes corticaux, au préalable soigneusement répérés par la radioscopie (effectuée en présence du chirurgien lui-même, sous des incidences variées), ou mieux encore à l’aide de téléradiographies stéréoscopiques, ils seront abordés directement : par autant d’incisions pariétales qu’il sera nécessaire, et dans des interventions successives. Si l'opération montre un poumon dépourvu d’adhérences, on interviendra, de préférence, en deux temps, après création, correctement effectuée, d’une symphyse pleurale qui facilitera singulièrement l'opération etlimitera les complications immédiates ou conséeutives. Nous n’ignorons pas que cest là un point fort controversé de la chirurgie

du kyste hydatique du poumon. Mais nous croyons,

avec notre maître M. Dévé, qu’il y a grand intérèt

à éviter à ces malades le triple danger opératoire

du pneumothorax (parfois immédiatement grave,

quoiqu'’on dise : le cas de Botreau en fournit une nouvebe preuve), de l'infection pleurale et de l’ino-

culation hydatique de la séreuse.

Les kystes seront drainés. Ici encore, et bien que cette pratique ait été déconseillée par certains chirurgiens, c’est la conduite la plus prudente. D'autant plus que des kystes voisins, éventuellement infectés, pourraient s’ouvrir secondairement dans

la première cavité évacuée.

MS

ni.

Conformément à la contre-indication formelle spécifiée, d'emblée, par M. Dévé — elle semble pourtant encore ignorée de quelques opérateurs — oh ne pratiquera jamais de formolage préalable (à cause du risque d'inondation bronchique par la solution formolée irritante et fixatrice). On se bornera à un attouchement des parois de la poche évacuée avec un tampon modérément imbibé de solution formolée à 2 % ou imbibé d’éther (Dévé).

Chez ces malades sensibilisés au liquide échinococcique par la rupture kystique initiale et par les éventuelles ruptures bronchiques antérieures (plus “ou moins latentes) de kystes secondaires, on pour-

rait craindre, priort,le danger d’anaphylaxie hydatique opératoire, Cette crainte a été bien exprimée par Botreau. L'éventualité est d'autant plus plausible que les malades en question devront toujours être opérés à l’anesthésie locale. Or, on sait que l’anesthésie générale met, /usqu’à un certain point, les opérés à l’abri de l’anaphylaxie hydatique.

Dès lors, on pourrait être tenté d'utiliser, dans le but de désensibiliser le malade, l'injection souscutanée de liquide hydatique pratiquée la veille et de nouveau le matin de l'opération, selon la manière de faire proposée par Condoléon, Blanco Acevedo, : Bacigalupo et M: Dévé. Mais l'observation de Botreau est de nature à rendre circonspect à cet égard, dans la crainte de déclencher, par cette petite injection préalable, la crise qu’on voulait pré-

cisément éviter. En effet, dans son cas, qui montre

bienla sensibilisation parfois extrême de tels malades, la simple recherche de l'intradermo-réaction de Casoni fut suivie d’une poussée d'urticaire intense et généralisée, qui commença « dans les minutes ayant suivi l'inoculation » et qui devait durer 3 heures. En fait, lé même cas de Botreau montre qu'il ne faudra pas trop s'arrêter à la crainte que nous envisageons, puisqu’aucun accident anaphylactique ne fut observé à la suite des trois interventions

pratiquées chez le malade sensibilisé.

Ce sont ces directives générales qui ont été précisément suivies dans le seul cas de cet ordre traité chirurgicalement jusqu’à ce jour : celui de Botreau- Roussel. Et le chirurgien marseillais a réussi à gué-

ir son malade atteint de 9 kystes hydatiques

bronchogènes : 5 furent ouverts opératoirement, 4 s'évacuèrent spontanément et guérirent par vomiques.

C’est là un exemple encourageant. Il montre qu’on ne doit pas désespérer trop vite de la guérison de tels cas et qu'il y a lieu d’allier une intervention chirurgicale prudente et patiente aux ressources, parfois aveugles et maladroites mais finalement sou-

vent curatives, de la Natura mediatrix.

Une dernière question peut se poser : y a-t-il lieu de craindre, chez ces opérés, des récidives ultérieures ? |

Botreau a exprimé des réserves à cet égard. Il

s’est demandé si la constatation de vésicules dans l'expectoration de son malade «à un moment où on pouvait le croire débarrassé de tous ses kystes » ne montrait pas « la possibilité du développement, chez lui, d’une nouvelle échinococcose secondaire d'origine bronchique ».

Etant donné que les inoculations échinococciques répétées ne créent, chez le porteur de kystes, aucun état réfractaire et ne lui confèrent aucune immunité — le fait a été jadis établi expérimentalement par M. Dévé (4), — on conçoit, théoriquement, que la rupture intra-bronchique de kystes secondaires bronchogènes devenus à leur tour fertiles (sco: licifères) puisse réensemencer le poumon et donner finalement lieu à une échinococcose bronchogène terliaire.

Mais ce sera sans doute là une malchance bien exceptionnelle. En tout cas, nous ne craignons pas de le répéter, les petites hydatides rejetées par vomique ne pourront pas se grefter dans le poumon. Du reste, dans le cas de Botreau-Roussel, au lieu d’incriminer une « nouvelle échinococcose secondaire d'origine bronchique », on pourrait plus

Simplement soupconner la persistance de quelque petit kyste secondaire bronchogène demeuré méconnu, même sur les épreuves radiographiques, au milieu des ombres cicatricielles du poumon. |

1. F. Dévé, « Essai de sérothérapie anti-échinococcique ». C. R. de la Soc. de Biologie, 24 janvier 1903.

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