‹ L'Écho de la jeune France (volume 2)Chapitre 32 sur 82 · LA NEIGE · texte numérisé non relu

LA NEIGE

C'était un jour d'hiver, il tombait de la neige ;

Marie et moi, nous étions seuls Et la fenêtre ouverte : Oh ! regarde, disais-je,

Notre chemin sous les tilleuls.

Vois, tout est déjà blanc, et le sentier s'efface,

A peine on le reconnaîtrait, Dis-moi, qu'un lourd passant vienne y marquer sa trace

IN 'aurais-tu pas quelque regret !

Hélas ! le moindre pas s'imprime sur la nei^S jH'^' ^

Et soudain ternit sa beauté :

C'est ainsi qu'il en est, ô Marie ! ajoatai-je,

De vous et de la pureté.

Il y a là, ce nous semble, comme deux sœurs qu'oh aime à rencontrer ensemble, rêverie et harmonie. Le morceau qui suit est encore de la même écriture.-'^ "'

A U:< JEUNE UOMME.

O loi qui sous ces bois lentement te pi-omènes , Jeune homme! en te Voyaht j'ai devine tes pçtoes,

Et ion mal \içht du cœur."'""^^*^ ' *^" '

Je sais ce qui le fait soupirer cl te plaindre, C'est de toujours poursuivre et de ne pas allciiidre

Ton rêve de bonheur. ^

Pauvre enfant! qu'y peux-tu? la vie est ainsi faite. Désirer, c'est souffrir; et ce que l'on souhaite

On l'obtient rarement.

Alors on cherche l'ombre et les longues allées, Et comme toi, l'on vient aux échos des vallées

Confier son tourment.

Ah ! que j'ai bien compris tes lentes promena'.lcs ! A ton âge, crois-moi, tous sont ainsi maladies ;

C'est le destin commun.

La fleur à son matin, etl'ame en sa jeunesse, Exhalent toutes deux, celle-ci sa tristesse

Et l'autre son parfum.

LA CHASSE d'hiver.

Un de nos lecteurs qui habite Pontacq, nous écrit : (( Ma retraite est bien éloignée des bords privilégiés où règne Thar- )) monie ; mais en revanche , j'entends le torrent et la cascade des » montagnes ; ma cabane est aux pieds des Pyrénées ; les lieux qui )) m'ont vu naître débordent de poésie. »

Je le déclare , ce commencement de lettre m'a tout de suite séduit, un poète qui ne fait pas de la nature h Paris; je l'ai fait passer avant bien d'autres, c'est M, F'incent Bataille que j'ai traité ainsi. Écoutez ses chants du Béarn ;

Tout brille dans la plaine, et tout sur la colline Éblouit le regard; le pic qui les domine

Nous frappe encor par sa blancheur.

La neige donne à tout des teintes uniformes ; Et les objets, réduits à de douteuses formes,

Se confondent par la couleur.

Les flancs de la montagne ont leur blanche ceinture ; Un feuillage argenté remplace la parure

Dont les bois s'ornaient aux beaux jours ; ' El Ics'lléurs, dontriiiver a desséché les tètes, Sont semblables aux fleurs que, dans ses nobles fêtes,

Isaure offre à ses troubadours.

Vos trumeaux élégans, aux surfaces polies, Dites, valent-ils.micux que les glaces unies

Qu'on admire sur nos canaux?

Et ces lustres, pendans aux saules de la rive, Bercés par l'aquilon sur cette onde captive,

Brillent-ils moins que vos cristaux?

Dans son enthousiasme de chasseur, M. Vincent Bataille crie" aux Parisiens :

Gardez donc le foyer.... Moi, je suis dans la plaine Ces groupes de chasseurs que le plaisir entraine

Et dont le froid n'ose approcher :

Le vrai chasseur ressemble au soldat intrépide ; ]\i le vent glacial, ni le sec, ni l'humide,

Rien ne l'empêche de marcher.

CRI d'amour.

Du chasseur intrépide passons à l'avocat amoureux, M. Gustave Biers^ à Villeneuve-sur-Lot.

L^^mour, si c'est l'amour qui a vraiment fait jeter ce cri à M. Gustave Biers; l'amour, qui rend aveugle et fou, n'a dérangé en rien la sagesse du jeune avocat. Voici ce qu'il a soin d'adjoindre aux deux fragmens qu'il nous adresse :

(( Après avoir donné une idée du fond de l'ouvrage , il feut en faire )) connaître la forme matérielle , afin que ceux qui seraient tentés de » souscrire ne pussent pas se plaindre d'avoir été trompés.

» Le poème est composé d'environ trois cents vers ; il y aura en » tête une préface ; le tout formera en tout une feuille et demie d'im- )) pression ; on souscrit aux bureaux des journaux des départemens , » ou en correspondant directement avec l'auteur^ demeurant à Ville- )) neuve-sur-Lot. »

Les deux échantillons de style que nous avons sous les yeux et que l'auteur a intitulés : Morceau passionné et Morceau mélancolique ne manquent ni de chaleur ni de style , mais ne sont guère de nature a être cités par nous. Nous ne voulons pas brûler le papier de VÉcho 5 et le Morceau passionné est trop plein de feu , trop brûlant de désirs. INIêmc le Morceau mélancolique est encore bien chaud pour nous, et nous ne pourrons en citer que très-peu de lignes; à qui la faute?

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