PAR ALAIN CHARTIER
Alain Chartier fut l'écrivain le plus complet de son époque ; soit qu'on l'envisage comme orateur ou comme poète, comme moraliste ou comme théologien, tout le mouvement intellectuel du quinzième siècle se résume dans ses ouvrages; d'une main il a soutenu les colonnes ébranlées de l'édifice social, et de l'autre il a ouvert la carrière que la renaissance devait bientôt élargir. Une immense transition s'accomplissait sous ses yeux ; elle était à la fois politique, religieuse, artistique et littéraire ; son génie dut nécessairement en ressentir l'influence; il en eut la variété sans en avoir le désordre ; il marcha dans le bruit et dans les ruines sans être ni étourdi ni entraîné; les dernières ténèbres du moyen-age glissèrent sur ce phare de l'avenir sans le voiler d'aucune ombre ; sa lumière tour à tour douce et vive, fut moins celle d'un jour qui va s'éteindre que d'un jour qui va naître.
Nous ne parlerons ici que d'un de ses ouvrages : le Li\'re des trois ^'ertus, et quelque succincte que soit notre analyse, elle prouvera, nous l'espérons, qu'au milieu de ces temps de prétendue barbarie dont nos jeunes érudits n'aperçoivent que la superstition et l'ignorance, il y avait des esprits dégagés de toute erreur dont la haute raison n'a rien à nous envier.
Le Lhrt des trois vertus n'est pas seulement une œuvre dé foi, nïais de patriotisme ; il est empreint d'un caractère de nationalité qui doit en doubler le prix à nos yeux ; lorsque Alain Chartîer l'a composé, la royauté errait dans les camps avec le faible Charles VII ; l'étranger occupait Paris, la Normandie et la Guienne ; les factions des ducs d'Orléans et de Bourgogne, complices de l'usurpation anglaise, opposaient la révolte h la révolte , et l'assassinat à l'assassinat ; le schisme de Bohême enfin gagnait déjà la France, et achevait de porter la confusion dans les têtes ; foi religieuse, foi politique, foi nationale, tout était menacé en même temps. Alain Cliarticr osa tout défendre, et son premier soin fut de courir se placer sur la brèche de l'Église, justement convaincu qu'on ne pouvait sauver la société qu'en sauvant la religion.
La forme du dialogue peu usitée aujourd'hui était alors la plus vive et la plus naturelle qui fût connue ; elle préludait au drame qui n'avait pas encore été retrouvé, et si l'on y mêlait quelque poésie, c'est parce que le poète, unique instrument de publicité, exerçait, comme au temps des troubadours, la principale influence sur les esprits ; les vers appris et récités, passaient rapidement de mémoire en mémoire, tandis que la prose, plus difficile à retenir, et privée d'ailleurs du secours de l'imprimerie, restait stationnaire dans le cercle étroit des écoles.
Le Lwre des trois vertus remplit ces conditions nécessaires de formes sans nuire à la gravité du sujet qu'il traite.
D'abord, c'est un tableau pathétique des misères et des désordres de la France : la chevalerie est morte; les études sont perdues ; le clergé est dispersé; point de vie possible dans les villes, et la campagne est aussi agitée que la mer. Partout on se bat, on s'égorge, on se pille; chacun tire et emporte sa pièce, chacun fait son fardeau pour s'en aller. Alain Chartier se met un moment en scène et lutte contre le désespoir qui lui conseille de se tuer; il est exilé et misérable, il a déjà parcouru les deux tiers de sa carrière ; pourquoi vivre encore ? veut-il souffrir ensemble pauvreté et vieillesse ? « Pauvreténepeult vieillesse nourrir^ et vieillesse ne veult pauvreté endurer. » La nature, indignée de ce langage, envoie la raison éclairer le proscrit; celle-ci chasse le désespoir et ramène l'espérance avec la foi.
La foi porte en sa main l'ancien et le nouveau Testament; elle lit la loi de grâce de Moïse, et rappelle la dignité de Tame : « De quoi s'ef- » frayer lorsqu'on est avec Dieu ? l'empire de Rome dont les armes fai-
» saient trembler le monde, est tombé devant quelques pauvres prédi- » cateursj où fut le palais de Néron s'élève l'église de saint Pierre. » Avec la religion, le plus faible peut donc triompher du plus fort? mais on ne couronne que les vainqueurs, et pour vaincre il faut combattre. Patience et respect, soit que le ciel se montre favorable ou contraire, l'homme n'a jamais le droit de lui demander compte de ses décrets. Qui pourrait, en effet, reprendre l'ouvrier à qui personne n'apprit rien? a Le potier fait d'une masse d'argile divers vases, l'un pour servir en honneur, l'autre à vilté, et casse ceulx qu'il a faits, quand son gré y est; nul ne peult lui dire : Pourquoi le fais-tu? Créature ambitieuse qui veut tout pénétrer, monte donc au firmament ou plonge dans l'abîme; rappelle donc ce qui fut, dévoile ce qui sera ; débrouille tous les fils de tant de destinés, embrasse l'ordre des causes, le nombre des effets, la mesure des temps et l'enchaînement de leurs fins; alors tu pourras disputer avec le Créateur, mais maintenant tu sais à peine le connaître et gouverner un seul corps terrestre qui n'est par comparaison qu'un ver de terre.
« La sagesse divine embrasse tous les temps, tous les lieux, toutes les choses, et Tinfirmité de notre nature est de ne voir jamais que l'heure qui s'écoule, la place que nous occupons, l'intérêt qui nous touche ; apprenons à respecter le mystère d'une pensée infinie; tel homme qui ne semble qu'un fléau remplit une mission providentielle ; un fer lime l'autre, le mal châtie le mal, mais la lime elle-même s'use, et on la jette ; le fer limé est repris et on s'en sert. »
Que les rois et les peuples soient frappés ensemble ou séparément ; qu'importe !... C'est la même main qui les frappe; ils doivent s'humilier sous ses coups et puiser dans une expiation commune de nouvelles forces pour l'accomplissement de leurs devoirs mutuels.
Les obligations des rois sont grandes : si un prince vertueux est la lumière de ses sujets , un prince perverti est pour eux comme une source empoisonnée. Le roi est le livre du ])cuplc; c'est en lui qu'on prend enseignement de vie et amendement de mœurs. Quand une maladie est dans la tête, tous les membres s'en ressentent ; que ce soit un avertissement pour les têtes couronnées , qu'elles tremblent en pensant aux suites inévitables de leurs fautes , mais aussi que l'on ne s'étonne pas s'il y a communauté de peine , quand il y a communauté de torts; si les peuples sont moins coupables, il le sont cependant à un
degré qui ne permet que de les frapper moins fort, et c'est ce que Dieu fait, car il est écrit : Les petits auront peine adoucie de miséricorde, mais il sera fait dur jugement à ceux qui se tiennent en haultz sièges. »
Maintenant demandera-t-on pourquoi Dieu en punissant, soit les rois, soit les peuples, ne sépare pas les bons des méchans? La question ne serait embarrassante que si le terme de tout était dans ce monde, si c'était sur la terre que se rendît le jugement dernier; mais il n'en est pas ainsi ; ces inégalités même qui nous frappent prouvent qu'il est une autre vie , que l'âme est immortelle et que nous comparaîtrons devant un tribunal vengeur ; cependant il est rare que la justice céleste ne se manifeste pas sur la scène même du mal ; l'histoire est remplie de ces arrêts éclatans que l'impiété ou le fanatisme attribuent aux caprices de l'aveugle destinée.
Après avoir établi que ceux qui encouragent le mal qu'ils pourraient empêcher en sont les nourrisseurs et méritent d'être enveloppés dans le châtiment de ceux qui le causent, la foi fait allusion aux deux partis qui déchirent la patrie : « O Français! s'écrie-t-elle , ô vous tous qui avez rendu honneur aux estats usurpés et aux richesses rapinées, pourquoi laissez-vous ployer la gravité de vos courages à préconiser ceux qui ne doivent ce qu'ils sont qu'à votre faiblesse ? N'est-ce pas un culte criminel? Qui de vous, après cela, se croira digne d'être excepté de la punition générale ? A peine quelques hommes vertueux ont-ils échappé à la contagion , et Dieu les enlève du monde comme des cygnes sans tache, ou fait tomber des afflictions sur eux, pour qu'ils sentent toujours son pouvoir et ne songent pas à s'associer aux erreurs ou aux crimes de leurs temps. Les fléaux qui désolent la France durent depuis vingt années, et l'on s'étonne d'un si long châtiment, comme si depuis vingt années seulement, les princes et les peuples avaient lâché leurs cœurs à vilté et à polution d'honneur et de vie. Quand Dieu a si longtemps supporté vos outrages, ne pouvez-vous à votre tour supporter ses rigueurs? S'il a eu tant de patience, de quel droit seriez-vous si impatiens? La justice est-elle donc plus difficile à supporter que l'insulte!.,.
Loin de tenter une révolte insensée, craignez, en excitant l'indignation de celui devant qui tout genou doit fléchir, de redoubler sa colère ; le bœuf qui résiste à l'aiguillon au lieu d'un coup en reçoit deux. Recueillez-vous : examinez comment vous avez vécu depuis Charles V
qui laissa le royaume si riche, si puissant, si paisible ; avez-vous bien usé de tant de prospérité? Ce que les pères avaient conquis par leurs vertus, les fils l'ont dissipé par leurs désordres. La guerre civile est née de leurs débordemens, et que de maux n'a-t-elle pas engendrés!
Tous les châteaux sont habités par des veuves ou des femmes de prisonniers ; on ne voit partout qu'une multitude éperdue et tremblante comme un troupeau sans pasteur; il semble que la terrible prédiction du prophète s'accomplisse : Vous parlerez beaucoup , et il n'en sera rien ; vous conseillerez souvent , et vos conseils ne seront pas écoutés; vous marcherez comme l'aveugle qui s'en va tâtonnant le long des murs sans savoir ni où il est, ni de quel côté il se dirige. Français, vous êtes comme ces gens maudits qui ne pouvaient se faire grâce les uns aux autres ; vous vous détruisez par vos propres mains plus que par les glaives de vos ennemis; jusque dans les couches et au milieu des tables, la discorde éclate ; vous implorez Dieu en maudissant vos frères ; vous demandez miséricorde l'épée au poing.
Silence au clergé, s'il n'a pas échappé au courroux céleste! Le
clergé est coupable Voilà le schisme de Bohème qui s'avance, ce
schisme dont la racine est loin, mais dont les branches nous touchent, et qui l'a fait venir? La dissolution des petits prêtres, la négligence des hauts prélats; les uns ont fui les églises, les autres les conciles, comme les mauvais enfans fuient l'école. Qui honorera leur mission, s'ils ne savent pas l'honorer? Qui respectera le sacerdoce, s'ils en dédaignent jusqu'aux habits? Ce ne sont plus, après tout, des prêtres que Dieu punit; ce ne sont que des hommes qui en ont usurpé le nom sacré. Mais l'Église qui n'a rien fait est atteinte aussi ; on viole l'autel, on le brise ?... C'est pour apprendre au prêtre qu'il n'est ni le Seigneur ni le maître de cette église dont il tire vanité et qu'il exploite comme son bien ?... il n'y a pas de souillure possible pour l'autel , les mains seules qui le profanent sont souillées. Anathème, analhème éternel sur les furieux qui détruisent ou qui flétrissent le seul asile qu'ils aient au monde, le seul lieu où l'on se réconcilie, où l'on console , où l'on espère, et qui viennent ainsi avec leur faiblesse d'hommes provoquer la colère du Dieu puissant et fort !
En abattant par la main de la foi tous les ordres de l'état aux pieds de Dieu, Alain Chartier s'est ménagé une sublime péripétie ;
l'espérance relève tout ce qui se prosterne. Croire, c'est espérer. Les patriarches ne se lassèrent ni de souffrir ni d'attendre.
La foi ressemble à l'oiseau d'Orient qui ne fait qu'effleurer la terre ; elle plane dans les régions spirituelles; c'est sur ses ailes que l'espérance vole et s'élève.
Le paganisme ne plaçait l'espérance que dans les plaisirs de celte vie si fragile et si courte, dans la fortune bien éphémère, dans la gloire bruit d'un jour; le christianisme a tout élargi, tout agrandi; l'espérance rampait sur la terre, elle touche le ciel; que la foi secondée par la charité ne soit pas inerte; que l'espérance appuyée sur ses deux sœurs s'exprime par la prière, et la colère de Dieu s'apaisera.
Alain Chartier s'empare avec vigueur des exemples de l'histoire universelle ; il montre le néant de toutes les religions établies sur de fausses espérances, et faisant retomber ensuite toute cette masse d'enseignemens sur le schisme qu'il a dénoncé, il s'efforce de l'écraser.
Deux routes s'ouvrent à ses yeux : d'un côté, le salut du pays par la foi; de l'autre, sa ruine par l'erreur; il va jusqu'à prédire au clergé d'horribles tempêtes, s'il ne vient pas en aide à la patrie qui souffre, et à ses foudroyantes prophéties on croit entendre se mêler la voix encore lointaine du prédicateur de la réforme.
Ainsi, princes ou peuples, nobles ou prêtres, l'orateur évangélique n'a rien épargné ; il ne veut être le courtisan ni des uns ni des autres, il les a chassés pêle-mêle vers l'Église, et pour réaliser toutes les espérances sociales fondées sur la religion chrétienne, il a osé dire à ses ministres que l'avenir était dans leurs mains et qu'ils en répondaient devant Dieu et devant les hommes.
Terminons par une remarque que nous recommandons à ceux qui croient que la pensée de l'écrivain était esclave avant l'ère de la liberté moderne ; c'est que \e Livre des trois vertus fut composé sous les yeux même de Charles VII ; Alain Chartier était le secrétaire de ce roi, et son indépendance aussi ferme que sage n'eut pas plus de faiblesses pour la cour que pour les partis. A. de P.
LZTTÉnATTTES OHISU^ALS.
LE PENTATEUQUE , traduit par M. l'abbé Glaihx (1).
II fut une époque , et cette époque n'est pas encore bien loin de nous, où des hommes qui se disaient philosophes croyaient faire acte de philosophie en déversant du ridicule sur ce code admirable de croyance et de morale que l'humanité presque entière appelle le livre par excellence , la Bible,
Ce fut là un grand crime. Honneur au dix-neuvième siècle d'avoir repoussé la solidarité des stupides et impies dédains du siècle qui l'a précédé ! Il a fait preuve de goût en reconnaissant que dans ce livre se trouvent les modèles les plus parfaits de toutes les beautés littéraires et poétiques , la source la plus épurée de toute certitude historique , les préceptes moraux les plus capables de perfectionner l'homme , la philosophie la plus élevée et la plus appropriée à tous les besoins de l'intelligence.
On ferait un beau volume en réunissant les hommages rendus aux livres saints par les génies les plus éminens du dix-neuvième siècle. Qu'on nous permette de citer seulement les solennelles paroles prononcées par le célèbre orientaliste, le chevalier William Jones, en présence de la société asiatique de Calcutta dont il avait été le fondateur, et qui comptait parmi ses membres toutes les sommités scientifiques de l'univers.
(( Les discussions théologiques ne font pas partie du sujet que je )) traite ; pourtant je ne saurais m'empécher d'ajouter que la collection )) des traités, que nous nommons pour leur excellence les Écritures ^ )) renferme , indépendamment de sa divine origine , plus de vraie )) sublimité , plus d'exquises beautés, une morale plus pure^ des do-
(I) Le premier volume du Peniateuque^ contenant la Genèse, a paru. L'exécution typographique est admirable ; le caractère hébreu est d'une netteté rare. Le texte est en général très-correct ; la traduction française marche parallèlement avec le texte, et renferme à la fin de chaque chapitre les notes philologiques qui s'y rapportent. A l'aide de cette traduction il sera facile de se familiariser, soi-même et en peu de temps, avec la langue hébraïque, et avec d'autant plus de facilité que la traduction est plus religieusement littérale. — Le second volume paraîtra sous peu. Le prix de chaque volume est de 7 fr. 50 c, et par la poste, 8 fr. 75 c. — Chez Biaise, rue Férou-Saint-Sulpice, 24, à Paris,
» cumcns historiques plus certains , et de plus parfaits modèles d'élo- )) quence et de poésie qu'on n'en pourrait réunir dans le même cadre )) en mettant à contribution tous les livres , à quelque époque et dans » quelque langue qu'ils aient été composés. Les deux parties dont se » composent les Écritures ont entre elles une connexion qui n'offre » aucune ressemblance dans la forme et dans le stvle avec aucune des » productions dues au génie des Grecs, des Indiens 5 des Persans et )) même des Arabes.
)) L'antiquité de ces monumens est incontestable et leur évidente )) application à des événemens bien postérieurs à leur publication sont )) Une preuve évidente de leur vérité et de leur inspiration. »
(^Discours prononcé le 2^ février 1791 à r occasion du liuiticnie anniversaire de la fondation de la société asiatique établie au Bengale. )
Il serait impossible de rien ajouter à ce témoignage rendu par un homme aussi cminent et aussi profondément versé dans toutes les littératures, surtout dans les littératures orientales. Plusieurs fois dans le courant de ses ouvrages , ^Y. Jones revient sur le caractère propre de la littérature hébraïque en établissant des comparaisons entre la littérature des Hébreux et la littérature indienne dont il retrouvait les monumens. W. Jones était un homme religieux et sincèrement chrétien; il admirait la Bible comme littérateur et s'attachait à ses prescriptions comme croyant, ainsi il possédait le sens complet des Écritures. Mais combien peu de personnes sont dans le cas d'acquérir cette double connaissance! Les uns, hommes d'art et de littérature, mais n'étant que cela , payent un stérile tribut d'admiration aux beautés poétiques de la Bible , mais ils s'en tiennent là sans pénétrer au fond ; d'autres ne voient dans la Bible que l'expression de la pensée et de la volonté de Dieu, des dogmes et des préceptes, sans se douter des magnificences de la parole qui exprime cette pensée de Dieu. Les uns et les autres sont dans l'erreur et il est urgent de les en retirer. M. Tabbc Glaire, en publiant une traduction du F entateuque , faite sur le texte hébreu, accomplit avec un zèle et un savoir dignes de toute sorte d'éloges celte double mission.
M. l'abbé Glaire , dans plusieurs endroits de son travail, s'est éloigné du sens assigne par le commun des traducteurs de la Bible : il l'avoue lui-même dans sa préface, mais il observe que ce n'a été que lorsqu'il y
a été comme forcé par l'évidence des lois philologiques dont personne ne lui conteste la connaissance approfondie. Considéré du point de vue philologique, le Pentateuqiœ de M. Glaire est un travail aussi neuf que consciencieux , et d'autant plus important que la plupart des tradccl;eurs qui l'ont précédé entendaient peu ou même point du tout la langue sainte et se trouvaient réduits à donner la traduction de la traduction latine de S. Jérôme connue sous le nom de Vul^ate ^ traduction dont l'orthodoxie est incontestable , mais qui laisse beaucoup à désirer sous le rapport grammatical et littéraire.
Le système de traduction adopté par M. Fabbc Glaire a donc été d'abord une scrupuleuse fidélité avec le texte en ce qui tient au sens. Mais il ne s'en est pas tenu là ; il ne s'est pas contenté de traduire la pensée, il a voulu traduire le génie de la langue et le rendre en quelque sorte sensible à travers les expressions françaises. C'est là mie tentative hardie; car s'il est deux langues essentiellement aux antipodes l'une de l'autre, ce sont la langue hébraïque et la langue française : l'une , concise , audacieuse 5 procédant par masses et dédaignant les détails et les nuances ; Tautre , abondante^ timide dans ses plus grandes hardiesses, sinueuse, claire jusqu'à la mollesse et méticuleuse dans ses formes. Un mot suffit à l'hébreu pour rendre une pensée ; le français au contraire a souvent besoin de plusieurs phrases.
M. l'abbé Glaire a donc eu besoin d'avoir recours quelquefois au barbarisme, à la tournure insolite, pour nous faire deviner l'expression hébraïque. Ce système est-il bon ? Nous ne nous hasardons pas à le décider; nous nous contentons de dire qu'il a maintenant pour lui l'autorité de l'exemple d'un écrivain à qui on s'accorde à reconnaître quelque intelligence du génie de sa langue, M. de Chateaubriand qui l'a adopté dans sa traduction du Paradis perdu de Milton.
L'ouvrage delNL l'abbé Glaire convient surtout aux prêtres des campagnes. Au milieu des solitudes du presbytère, quelle plus louable distraction que d'étudier dans le Pentateuquc, sous la conduite du savant professeur de la Sorbonne , la langue qui a reçu le dépôt de la parole de Dieu et qui la conserve intacte depuis tant de siècles! C'est dans cette étude que leur ame acquerra celte force et cette richesse de pensées et d'expressions qui conviennent si bien au ministre de la parole. Pour cela, nous ne pouvons leur conseiller ni un meilleur livre, ni un meilleur maître. Molttet.
CHRONIQUE RELIGIEUSE
Mort de M. le cardinal de Cheverus, — Préconisation des évêqiies de Seez et de Bayeiix. — Sièges vacans en France. — Mort de MM. les abbés Petit-Radel , Dubois , Mariani , de Monseigneur Bramston , de M. l'abbc Richenet. — Retraites pastorales: Bordeaux, Limoges, Rodez, Belley, Périgueux, Nantes, Saint-Claude, Arras, le Puy, Tulle, Saint- Flour, Bourges, JNevers et la Rochelle. — Plantations de croix : Habarcq, Gouy, Barvin, Plainval, Ouville. — Fête de saint Pierre célébrée à Paris par les serruriers. — Renvoi des sœurs de la Charité des hôpitaux maritimes et de l'hospice de la Charité. — Mandement de M. l'évêque de Chartres pour la réparation de la cathédrale. — Statistique du clergé protestant en France.
Depuis quelques mois à peine le Souverain Pontife avait revêtu de la pourpre romaine un prélat que sa haute piété distinguait plus encore que son éminente dignité ; l'Eglise de France, fidèles et pontifes, avaient hautement applaudi à ce choix, dont celui-là seul qui en était l'objet avait témoigné quelque étonnement; et au milieu des hommages empressés de son troupeau , quand , touché des honneurs qui lui étaient rendus , le nouveau cardinal exprimait naïvement la crainte de recevoir toute sa récompense ici-bas , et disait à ses intimes amis : H Priez Dieu que cette robe rouge ne me brûle point , » la main de Dieu qui l'avait élevé l'a rappelé à lui, le 19 juillet. Ses diocésains ont eu à regretter leur père, le clergé de France un de ses membres les plus illustres, le sacré collège un de ses frères les plus vénérés.
Curé de Mayenne, chassé de son presbytère par la tourmente de 89, puis missionnaire en Amérique, évêque de Boston en 1810, de Montauban en 1822 , archevêque de Bordeaux en 1826, M. de Cheverus sut allier toujours à la piété la plus sincère, à la foi la plus vive, à la charité la plus désintéressée, cet amour du prochain qui fait pardonner toutes ses fautes, et que nous appellerions tolérance^ si nous ne craignions qu'on attachât à ce mot le sens dans lequel on l'emploie généralement aujourd'hui. Simple dans ses manières , plein d'onction dans ses discours , où il parlait en missionnaire plutôt qu'en orateur qui vise à l'effet d'une phrase sur Tesprit , au lieu de chercher des paroles pour le cœur, il sut toujours attirer à lui , et souvent à la religion, ceux-mêmes qui paraissaient le moins disposés à céder à son influence. Au reste, le plus éloquent éloge du pontife est dans les regrets unanimes de son troupeau, dans les larmes des pauvres si nombreux que ses aumônes savaient découvrir pour les soulager, dans le concours immense qui s'est porté à ses obsèques célébrées le 26 par MM. les é vêques de Périgueux et de la Rochelle, et dans le touchant empressement avec lequel on se fait porter, à Bordeaux, au nombre des souscripteurs pour le monument qu'on doit élever à la mémoire du digue successeur de M. d'Avian , souscription dont les listes, répandues dans les autres diocèses, comptent déjà les pins illustres noms. — M. de Cheverus, né le 28 janvier 1768, n'avait que soixante-huit ans et demi. Sa mort fait dans les rangs de l'éniscopat un vide nouveau, que sans doute on se hâtera de remplir. Il est vrai que dans le consistoire du 11 juillet, M. Jolly, curé de la cathédrale de Meaux, et M. Robin, curé du Havre, ont été préconisés, le premier pour Séez et le second pour Bayeux; mais le gouvernement doit encore
pourvoir au remplacement de IMonseigneur de Gap, mort déjà depuis plus de quatre mois, de Monseigneur de Saint-Flour, depuis trois mois et demi , de Monseigneur de Verdun, démissionnaire, et enfin de Monseigneur de Bordeaux. Espérons que la sagesse de ces choix justifiera le long retard qu'on met à les faire connaître, et que l'épiscopat comptera bientôt parmi ses membres quatre pontifes qui en seront la gloire par leur science autant que par leurs vertus.
Les rangs du clergé ont encore éprouvé d'autres pertes : M. Petit-Radel, docteur de Sorbonne, ancien vicaire-général de Conserans, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres , et bibliothécaire-administrateur de la bibliothèque Mazarine, est mort le 27 juillet, à l'âge de soixante-dix-neuf ans ; M. Dubois, curé de Saint-Nectaire, diocèse de Clermont, assassiné par un misérable, le 21 juin, au moment où il sortait de Téglisc, a succombé peu de jours après à ses blessures : on ignore les motifs de cet attentat sacrilège ; M. Mariani , vicaire-général d'Ajaccio, a été enlevé pendant le cours d'une visite pastorale où il accompagnait son évêque : jeune encore, il semblait promettre au diocèse d'Ajaccio de longs services; la mort a également frappé M. Jacques-York Bramston, évêque d'Lsula in partibus, et vicaire apostolique de Londres , décédé à l'âge de soixante-douze ans à peu près, à IVorthampton , et M. Richenet , directeurgénéral des sœurs de la Charité , un des plus anciens prêtres de Saint-Lazare , mort à Paris, le 19 juillet ; cet ancien missionnaire de la Chine était âgé de soixante-seize ans.
Qu'il nous soit permis de faire suivre cette triste nomenclature de quelques mots plus consolans sur les cérémonies édifiantes qui, pendant quelques mois, vont frapper tour à tour les fidèles de tous les diocèses : déjà les retraites pastorales ont commencé : M. l'abbé Dufêtre, dont la vie toute apostolique est consacrée en partie à ce sublime ministère, a déjà prêché celles de Bordeaux, de Limoges, de Rodez et doit être en ce moment à Belley ; I\L Boyer, directeur de Saint-Sulpice, se rendant d'abord aux vœux du clergé de Périgueux, a donné deux retraites à Sarlat, puis une à Nantes, une quatrième à Saint-Claude, et doit arriver le 30 à Arras, pour y prêcher les trois retraites que le pieux évêque offre à son clergé en dédommagement de la longue privation qu'il a dû s'imposer jusqu'à ce jour ; au Puy, à Tulle et à Saint-Flour, les exercices ont été dirigés par M. l'abbé de Bussi ; à Bourges, par IM. l'abbé Bénoin; et à Nevers, par M. l'abbé Maillard ; j>L l'évêque de la Rochelle a voulu se charger lui-même de ce pieux devoir. Nous rendrons compte successivement et des travaux des prédicateurs et de l'empressement du clergé à aller se retremper dans le silence et dans la prière, pour revenir ensuite au milieu du troupeau , et travailler avec plus d'ardeur à défricher la vigne, souvent ingrate, confiée à sa vigilance. De quels prodiges n'est pas capable le zèle actif d'un curé quand la prudence le dirige et quand la piété l'éclairé I
Déjà nous avons à signaler quelques retours inespérés à d'anciennes coutumes trop oubliées. On a vu naguère les croix abattues dans les champs , sacrilégement mutilées dans les villes ; on a gémi sur des profanations dont les traces visibles affligent encore nos regards. Eh bien I cette cro-x, à laquelle tôt ou tard on est obligé d'adresser ses prières, et qu'on retrouve avec bonheur quand le poids de l'adversité se fait sentir; cette croix dont on a voulu méconnaître la salutaire
influence sur les mœurs du peuple comme des grands, et qu'on a cru pouvoir proscrire, reparaît aujourd'hui d'autant plus vénérée qu'on doit faire à ses pieds une plus éclatante réparation. A Habarcq et à Gouy, diocèse d'Arras, deux calvaires ont été solennellement bénis; à Bauvin, diocèse de Cambrai, une cérémonie pareille avait attiré un immense concours ; à Plainval, diocèse de Beauvais , une croix a été érigée à l'entrée du village par la piété d'un honnête et pauvre laboureur; enfin, à Ouville, diocèse d'Amiens, la même inauguration a été signalée par le religieux empressement de la jeunesse qui , malgré le commandant de la garde nationale , a voulu former une garde d'honneur, servir de cortège à la croix et saluer son érection. Ce sont là de consolans exemples de foi qui peuvent faire espérer encore pour l'avenir. Quand le peuple aura compris ce qu'il a perdu à renier le culte de ses pères ; quand nos campagnes, si souvent visitées par les missionnaires de l'impiété , se seront réconciliées avec leurs anciennes pratiques ; quand on sera bien venu à faire entendre au milieu de ses paisibles habitans quelques paroles de religion , la société n'aura-t-elle pas plus de confiance en elle-même, et verra-t-on aussi fréquemment des crimes inouis ensanglanter les pages de nos journaux? Et puisque nous parlons des consolations que font éprouver ces trop rares circonstances, n'oublions pas qu'à Paris aussi, à Paris, la ville où tant de vices sont mêlés à tant de vertus, on a tenté de faire renaître d'antiques usages. Le jour de saint Pierre, les serruriers ont fait célébrer à Saint-Roch une messe en l'honneur du grand apôtre, leur patron. Le curé de cette paroisse ne s'est pas borné à les recevoir et à satisfaire à leur pieuse demande ; il a voulu donner à cette solennité toute la pompe qui distingue habituellement ses offices ; il a voulu leur parler, et il l'a fait avec cette onction , cet entraînement et ce tact parfait qu'on ne peut lui contester. L'auditoire, fort nombreux, composé de maîtres et d'ouvriers, a été remarquable par sa tenue grave et modeste ; si cette coutume se répand et qu'on se garde des abus qui accompagnaient trop souvent ces fêtes plus profanes que religieuses , sans nul doute, et dans les grandes villes surtout , oii le pasteur est à peine connu de la plus grande partie de son troupeau, les fruits en seront abondans.
Maispuisqu'on reconnaît enfin, quoique trop rarement, de quelle efficacité peut être la douce autorité de la religion, puisque son empire est tel que tôt ou tard les esprits les plus prévenus finissent par s'y soumettre, cioirait-on que l'institution qui par son but devrait être le plus à l'abri de toute contrariété, comme par son esprit elle est au-dessus de toutes les petites passions qui agitent les hommes, trouve à peine grâces à leurs yeux? croirait-on qu'on se refuse encore à rendre justice aux saintes filles de la Charité, ou plutôt qu'on ne récompense leurs anciens services que par une mesure que nous pouvons hardiment taxer d'ingratitude? Déjà depuis quelque temps on parle de la suppression prochaine des sœurs hospitalières qui desservent les hôpitaux de la Marine, pour y introduire des infirmiers. Sans réfléchir que préposer au soin des malades des gens qui n'ont ni la pieuse compassion, ni le désintéressement des sœurs, c'est ouvrir la porte à mille désordres, on prétend les renvoyer au lieu de leur adjoindre des aides pour la régularité du service. On pourrait se refuser à croire à ce bruit , si déjà l'hospice de la Charité de Paris n'avait fait choix d'un économe qui, depuis plus de quinze jours, a remplacé les boimes sœurs. Nous le demandons maintenant sans détour ; les malades seront-iU
mieux soignés? lesprescriptions des médecins exécutées avec une plus scrupuleuse fidélité ? ti ouvera-t-on dans des gens à gages cette abnégation de soi-même qui ne redoute ni les fatigues des veilles ni la contagion du mal ? Sous le rapport administratif, la vigilance d'un économe pourra-t-elle suppléer avantageusement la surveillance habituelle des pieuses filles de saint Vincent de Paul qui ne trouvaient que dans leur conscience la récompense de leurs pénibles travaux? De grâce, qu'on laisse au moins à la Charité la seule place qu'elle réclame comme sienne, les hôpitaux ; qu'on ne lui dispute pas les misères de ceux qui soufiVent ; et si c'est par économie qu'on a fait une si déplorable réforme, qu'on cesse de spéculer sur tant de douleurs : quelques mots de Dieu dits à voix basse au chevet d'un mourant ne valent-ils pas mille fois mieux que de froids calculs et de prétendues économies, qui ne sont après tout qu'un prétexte. L'administration des hospices peut consulter les malades, les domestiques, les médecins même (nous ne parlons pas des aumôniers) ; une seule voix s'élèvera pour exprimer un regret unanime ; n'y aurait-il pas quelque grandeur, quelque noblesse à revenir au plus tôt sur une fausse démarche ?
M. l'abbé Cœur est en ce moment en Italie ; il vient d'être chargé par madame la princesse de Beljoyoso de conduire au caveau de famille , dans la cathédrale de Milan, les restes de madame la princesse douairière.
Une nouvelle, grâces au ciel exagérée, avait fait croire un moment à la des* truction d'un des plus beaux édifices gothiques que possède la France î l'incendie qui, en quelques heures, a dévoré la toiture de la cathédrale de Chartres, a fort heureusement laissé intact le corps même de cette admirable basihque. L'état actuel de ce monument appelle de promptes et habiles réparations : le gouvernement s'est hâté, il est vrai, de faire voter des fonds ; mais quand les sommes accordées auront été employées pour mettre cette église à l'abri d'une prochaine destruction, bien des dépenses resteront encore à faire. Quelques momens ont suffi, au désastre ; des années et des sommes énormes seront insuffisantes poui- en réparer les efïets. Dans un mandement récent, le digne prélat du diocèse fait un appel à ses ouailles et à tous les chrétiens : il les invite à s'unir pour renouveler les touclians exemples qui furent donnés dans d'autres circonstances, et montre combien les arts eux-mêmes sont intéressés à la conservation de cet édifice. Cet appel sera entendu sans nul doute. Et comment l'espérance de monseigneur serait-elle trompée quand, malgré les charges qui pèsent sur le chef du troupeau, il fait suivre son nom d'une souscription de 10,000 francs, quand les membres du chapitre souscrivent pour 25,000 francs, et la fabrique pour 10,000 francs? Aussi déjà les ofi'randes ont-elles été abondantes : il suffit, quand on fait entendre de telles paroles et qu'on les appuie d'une telle démarche, de désigner le but et le motif pour être aussitôt compris.
On vient de publier une statistique fort détaillée de l'état du clergé protestant en France ; il possède quatre-vingt-dix éghses consistoriales, disséminées dans cinquante-cinq départemens : elles sont desservies par trois cent cinquante neuf pasteurs et seize suffVagans ; huit places sont vacantes. Le Gard, qui compte le plus grand nombre de réformés, a dix-sept consistoires : quelques consistoires ont deux ou trois pasteurs seulement ; le plus grand nombre en a de quatre à sept»; Strasbourg sçul eu 9, ueuf.— l»e$ luthériens out trente et une églises coosistoria i
les dont Strasbourg, qui compte vingt-quatre pasteurs, est le centre et le cheU lieu : le nombie des pasteurs est de deux cent vingt-cinq. — Sept collèges royaux ont des aumôniers protestans. — ^La faculté de théologie de Montauban a cinq professeurs : celle de Strasbourg quatre seulement. — A ces chiffres, il est essentiel d'ajouter celui des méthodistes qui, constitués de leur côté, sont cependant encore peu connus, mais qui bientôt rivaliseront avec leurs frères dont ils se sont séparés. Il résulte de ce tableau que depuis 1807 les protestans, qui n'avaient alors que quatre-ving-dix-sept ministres, en ont aujourd'hui trois cent cinquanteneuf, et seize sufïragans : qu'ils ont obtenu l'érection de beaucoup d'églises nouvelles et la forjnation de consistoires pour lesquels toutes les faciUtés leur ont été accordées. Néanmoins, on peut le dire sans présomption, le nombre des adeptes n'a pas augmenté dans la même proportion que celui des pasteurs : ils forment encore, à peu près partout, et même dans les villes du midi, une minorité presqu'imperceptible. Et cependant , que d'efforts ne font - ils pas pour propager leurs erreurs ? Animés d'un zèle qui pourrait être souvent offert aux catholiques comme un modèle, on les voit prodiguer les distributions de livres, de Traités, de Bibles, chercher par tous les moyens à insinuer leurs principes. Nous donnerons, dans un de nos prochains numéros, quelques aperçus sur les dépenses de propagandes faites par les sociétés protestantes : puissent ces calculs et ces rapprochemens opérer quelque bien parmi nous !
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
HISTOIRE DU PEUPLE DE DIEU, depuis la création du monde jusqu'à ta prise de Jérusalem par Titus en 70 de J.-C, par h P. Berruyer, de la Compagnie de Jésus ; revue, corrigée et accompagnée de notes historiques et critiques, par un comité d'ecclésiastiques, sous la direction de M. l'abbé Glaire , professeur d'hébreu à la Sorbonne; magnifique édition, illustrée par plus de 400
GRAVURES,VIGNETTES, CULS DE lampes, LETTRES ORNEES, CARTES GEOGRAPHIQUES, CtC. ,
dessinés et gravés par les meilleurs artistes et imprimés dans le texte. — 5 vol. grand in-S"* de 40 feuilles (640 pages) chacun, imprimés à grandes lignes (1).
Nous appelons spécialement Fattention de nos lecteurs sur le prospectus de cette belle publication, prospectus que nous joignons à ce numéro. Nous savons que le projet de réimprimer, en la purgeant de tout ce qui l'avait fait mettre à l'index, le bel ouvrage du P. Berruyer, a reçu déjà de hautes approbations : que de vénérables directeurs de séminaire en ont loué la pensée et Tout regardée comme ime œuvre digne de Tencouragement du clergé. Le nom de M. Fabbé
(1) Chçz M. Desmç et 0% 30, rue d\\ Dragon, à Pari^.
Glaire répond cFailleurs des soins qui seront donnés à la révision du texte : c'est la meilleure garantie que puissent offrir les éditeurs. Nous sommes heureux d'être choisis des premiers pour annoncer aux familles chrétiennes un ouvrage qui ne pouvait entrer jusqu'à ce moment dans leur bihliothèque, et que désormais elles se feront un plaisir d'y admettre ; car la Bible , qu'on a répandue depuis quelques années avec une si grande profusion, ne convient ni à tous les âges ni à toutes les conditions; et cependant les faits racontés dans ce livre divin ne sauraient être trop connus. Nous recommandons avec confiance à nos lecteurs cet ouvrage tout à la fois élégant et utile, bien convaincus que c'est favoriser une bonne et une belle œuvre à la fois, et que le succès, que tout annonce depuis qu'il est en question, en fera de plus lui placement de fonds avantageux, puisque les éditeurs, voulant donner à leur entreprise toutes les garanties désirables, appelent les souscripteurs à s'en partager les avantages.