ENCYCLOPÉDIE CATHOLIQUE
On comprend avec quelle réserve la Revue catholiqac doit parler de V Encyclopédie catholique : conçues dans un même but, la propagation des principes religieux, et soumises à la même direction, ces deux œuvres s'adressent aux familles chrétiennes qui ne cherchent les livres que pour y trouver quelque chose d'utile. Nous nous bornerons donc à annoncer que la 4^ livraison a paru, que la 5* sera adressée aux souscripteurs vers le 20 de ce mois, et comme l'éloge dans notre bouche pourrait paraître empreint de quelque partialité, nous saisirons la première occasion de communiquer à nos lecteurs un article intéressant de cet important ouvrage dont nous leur ferons connaître le plan général et les moyens pris pour le continuer comme il a été commencé.
Philosophie de l'histoire, par Frédéric de Schelcgel^ ouvrage traduit de l'allemand en français par M. l'abbé Lechat (2).
L'Allemagne, ce foyer de l'instruction^ qui nous a donné Ilerder, Hegel, Gœrres, nous devait quelque chose de mieux encore, le catholicisme appliqué à l'histoire ; Frédéric Schclegel, à qui M. iMichelct emprunta de si belles idées sur l'art au moyen âge, s'est chaigé d'acquitter cette iioblc dette, et il a écrit \di Philosophie de r histoire. IMais cette œuvre monumentale, saluée par tous les enthousiasmes de l'Europe savante, n'avait pas encore acquis en France droit de cité, et n'était accessible chez nous qu'à de rares intelligences. Un de nos plus habiles professeurs, versé depuis long-temps dans les sciences ontologiques, M. l'abbé
(0 Voii- aux ylniionccs.
iV 2 vol. in-S".— Prix : 12 fp., cliez Parent Dcsbafrcs, î8, l'acde Seiac-Saiut-Germain.
Lechat, a vu d'un c$ï\ jaloux ce trésor d't^rudition étrangère, et il vient tont récemment d'ajouter cette précieuse conquête à nos richesses philosophiques. Nous le remercions dès aujourd'hui de son dévouement, de son zèle infatigable. Ce beau travail exige un examen qui ne peut trouver place dans un BuUeUn bi~ bliographique ; nous le réservons pour un de nos prochains numéros.
Précis d'histoire universelle, par MM. Schroeck et Schloetzer, Iradidt en français et mis à la hauteur des connaissances actuelles at^ec de nombreuses annotations, par M. HoRTUs, chef d'institution (1).
Au milieu des éditions nombreuses d'ouvrages élémentaires décorés du titre d'Histoire unii^erselle^ il était impossible de trouver un volume qui, donnant véritablement un précis des faits généraux ou particuliers qui caractérisent les diverses époques de l'histoire générale de l'univers, offrît cependant une lecture attachante, sans sortir du genre spécial des ouvrages strictement élémentaires. C'est donc une pensée à laquelle nous applaudissons, d'avoir reproduit en français l'excellent précis de MM. Schloetzer et Schroeck, et d'autant plus que l'habile traducteur ne s'est pas borné à le transporter dans notre langue, mais qu'il y a joint des notes, fruit de nombreuses recherches, pour établir un rapport plus direct entre les faits historiques et les découvertes soit plus récentes soit exclusivement nationales, dont nous devons surtout nous glorifier; elles montrent constamment le traducteur occupé du désir d'ajouter à l'intérêt qu'offre déjà par lui-même son travail. Les notes, en général fort courtes , pleines de concision et de clarté, et dictées par un fort bon esprit, sont un heureux augure de la manière dont doivent être dirigées les études des jeunes enfans confiés à un maître dont les loisirs mêmes sont si utilement consacrés à leur instruction : c'est peu, ce nous semble, de prédire longue vie à la traduction de M. Hortus ; nous croyons pouvoir aussi prédire à son institution de bons et brillans succès.
La lyre de Marie, par l'abbé Le Guillou.
Parmi les hommes qui ont voué leur plume aux choses saintes, nous n'en connaissons pas de plus actif, de plus constant à son culte que M. l'abbé Le Guillou, aumônier de l'hospice de la Charité. Quand ce consolateur a rempli ses pieux devoirs auprès de ceux qui souffrent, pour se délasser, il chante les grandeurs de la patronne des affligés ; c'est ainsi qu'il a déjà public plusieurs recueils de cantiques et un petit volume, sous le titre de Mois de Marie. Il y a quelques mois, il a fait paraître La Lyre de Marie. Pour ce dernier ouvrage, il a déployé un grand luxe d'impression, de papier et de gravures, et dans le corps du livre il a placé des/ac-simile de l'écriture de MM. Ed. Turquéty, Charles Nodier, Sou-
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(1) Paris, cliez Taulçur, rue du Bac, 88. ^Un volume in-S*», prix : 7 fr. 5e c.
met. Chateaubriand, elc. ; c'est avec plaisir qu'on lit les pensées de ces écrivains sur le culte de la Vierge. Chrétiens et poètes, ils ont trouvé que parmi les êtres placés entre Dieu et les hommes, nul n'était plus digne d'hommages et n'inspirait jnieux les poètes que t Etoile du malin, que la Reine des Anges. La Lyre de Marie contient des hymnes, des prières et des méditations ; un parfum d'élégance est répandu sur toutes ces choses saintes, et nous connaissons peu de livres de piété qui aillent mieux dans la chapelle d'un château que celui que nous annonçons aujourd'hui.
Il faut au moins placer sur la même ligne, et mettre sur le même prie-dieu, Y Imitation de Jésus-Christ^ traduite par l'abbé Dassance. En jetant les yeux sur ce bel ouvrage, on se réjouit de voir revenir les beaux-arts a la religion. Ceux qui les cultivent sont bien inspirés quand ils agissent ainsi; en se plaçant sous ses divins rayons, ils brilleront davantage, et leur génie s'échauffera de ce feu sacré... Les auteurs de la Biographie catholique (dont nous parlerons plus tard l'ont ainsi pensé, et ils viennent d'intercaler dans le corps de leur ouvrage de charmantes gravures en taille-douce.
Ainsi, de plus d'un coté, ce qui embellit la vie, vient se joindre à ce qui aide le mieux à en supporter les ennuis. C'est un grand bien, et la Revue catholique ne manquera jamais de signaler cette alliance des arts et de la religion, quand elle se révélera quelque part.
Il y a mouvement dans les esprits et mouvement vers le bien. Jamais la plume n'a couru autant et si vite; jamais la prière n'a été si active ; parmi tous les ouvrages qui sont au moment de paraître, nous en savons un, la Bibliothèque unif^erselle de la Jeunesse, dont M. d'Exauvillez, connu par de bons et solides livres de piété, a conçu le plan, — La première livraison sera publiée dans le courant de septembre prochain ; on assure que cette première livraison contiendra une histoire de Paris, par jM. Théodore Muret, écrivain aimé du public et qui a fait ses preuves. — Une histoire de Jérusalem, par M. Poujoulat, qui est allé s'inspirer sur les lieux mêmes. — Des3Iéditalions,parM. d'Exauvillez. — Et des réflexions sur les Ruines, par M. ]Setten}ent. — Il y a là des noms qui tenteront le public. —L'ouvrage peut donc paraître. On l'attend. -
Le Rédacteur en chef, Vicomte ^^ALSH.
L'abondance des matières nous obîifjc à remettre au prochain numéro le compte-rendu de la séance académique dans laquelle ont été décernés Its prix fondés par M. Monlhyon.
Nûus sommes charges d'annoncer à MM. les Actionnaires de /Echo de la Jeune iFrance - Revue catholique, qu'une assemble'e générale aura lieu le lundiy 12 septembre prochain, ii une heure après-midi, rue de Mc'nars., 5.