‹ L'Écho de la jeune France (volume 2)Chapitre 9 sur 82 · APERÇUS SUR LA LANGUE ET LA LITTÉR^VTURE SANSCRITES · texte numérisé non relu

APERÇUS SUR LA LANGUE ET LA LITTÉR^VTURE SANSCRITES

Qu'un grand mouvement intellectuel s'opère en Europe depuis le commencement de ce siècle, c'est un fait que les plus obstinés ennemis du progrès sont forcés d'avouer. Les peuples las de doutes et de négations se sont enfin résolus à examiner si ces doutes et ces négalions, dont une philosophie menteuse leur avait faille funeste don, étaient réellement le fond de toute la raison humaine. Alors les croyances populaires ont été l'objet d'un examen sérieux et impartial, les antiques traditions ont été explorées au flambeau de la science. L'on a demandé aux sociétés humaines le lien sacré qui les a fixées dans l'unité, aux religions le secret de leur puissance et de leur mis sion civilisatrice. En un mot, on a voulu savoir la raison des choses, et on l'a demandée aux croyances, aux mœurs, aux lois, aux arts.

Et les croyances, les mœurs, les lois, les arts ont répondu à l'appel de la science, et il est demeuré démontré pour tous que c'est à la foi que toute pensée humaine emprunte sa stabilité et qu'une chaîne mystérieuse rattache la terre au ciel.

Mais parmi les travaux entrepris sur les traditions du genre humain ceux qui promettent le plus de résultats et qui ont déjà fait jaillir le plus de lumière sur les grandes questions religieuses et sociales, ce sont les travaux sur l'Orient. Cet antique berceau de la sagesse de rhumanité semble destiné à lui révéler encore tous les secrets, à lui donner le mot de toutes les énigmes que l'homme pendant toute sa laborieuse carrière, cherche vainement à expliquer. Ejc Oriente lujc. Adage profond que le prince de nos poètes a traduit par ce vers admirable :

La vérité viendra d'où nous vient la lumière.

Honneur donc aux savans laborieux qui consacrent leurs veilles à ces utiles investigations. Oh! un savant! un savant, comme l'entendait cet énergique moyen-âge, comme l'entend encore la patiente

Allemagne, quelle admirable chose ! Mais sait-on bien de nos jours ce que c'est qu'un savant! Connaît-on les difficultés rebutantes dont cette modeste carrière du savoir est environnée, les épines dont ces sentiers sont hérissés, surtout quand le terrain qu'il s'agit d'explorer est entièrement vierge et que partout les pas ne rencontrent que d'immenses solitudes dont aucune voix humaine n'a encore fait ré^ sonner les échos? D'abord il faut étudier la langue. Chose facile, quand il s'agit du grec et du latin de la moitié d'un peuple qui l'enseigne à l'autre, pour laquelle il existe des grammaires où tout le génie de la langue se trouve résumé et réduit à des règles positives, des dictionnaires qui sont l'arsenal de tous les mots, ce musée de toutes les richesses intellectuelles, où l'on a enfin pour le diriger les travaux de plusieurs générations d'érudits. Avec tous ces moyens, une langue serait-elle aussi difficile que le latin et le grec le sont peu, ne pourrait résister plus de six mois à une étude persévérante. Mais il n'en est pas ainsi pour les langues orientales en général. D'abord il n'existe pas où il existe peu de dictionnaires et de grammaires, ces ouvrages faits par des hommes étrangers aux peuples qui parlent ces langues, (la difficulté est bien plus grande quand il s'agit de langues tout-à-fait mortes) de combien de fautes ne doivent-ils pas fourmiller, dans combien de grossières erreurs ne doivent-elles pas induire nécessairement l'étudiant ? Nous le répétons, honneur à l'homme patient et énergique que ces difficultés ne rebutent pas et qui marche à travers tous les obstacles et tous les dégoûts, nouveau Colomb, à la découverte de ces mondes de la pensée !

Au sud de l'Asie est une vaste contrée, soumise en grande partie aux Anglais, et qui compte plus de cent trente millions d'habitans. Ce pays, c'est l'Inde. Que n'a-t-on pas dit sur ce merveilleux pays ! Son climat délicieux, ses productions qui font la richesse des commerçans qui les exploitent. Mais dans cette contrée favorisée du ciel et pour laquelle la nature semble avoir été prodigue de ses dons habite une nation abrutie, ignorante et frappée d'une sorte d'engourdissement intellectuel : on le croirait ainsi du moins sur la foi des premiers Européens qui avaient visité ce pays. Et pourtant à travers les brillans échos de la littérature et de la philosophie grecque retentit souvent avec majesté le souvenir de la sagesse brahmanique. Les plus renommées écoles philosophiques se vantaient d'avoir puisé à la source de

la sagesse indienne. Et le plus grand philosophe grec, celui dont le nom, l'autorité et la doctrine se sont conservés si long-temps sans aucun monument écrit, Pythagore établissait le dogme indien de la métempsycose comme base de la philosophie.

îNIais un voile épais couvrait aux yeux des Européens l'antique culte de Brahma. L'Inde leur jetait dédaigneusement son or et ses tissus précieux, mais elle les tenait sévèrement éloignés de son sanctuaire.

Cependant il était impossible que ces secrets restassent long-temps soustraits aux investigations de la science occidentale. C'était à deux savans anglais, Jones et Wilkins, qu'était réservé l'honneur de pénétrer les premiers dans les secrets de la langue et de la sngesse des Indous. Les premiers ils ont fait connaître à TEurope cette langue sanscrite dont on ignorait même le véritable nom, et une littérature plus féconde que la littérature grecque, une littérature qui possède plusieurs grandes épopées dont une, le Maliahharata^ contient cent vingt-cinq mille distiques; qui compte les drames par trentaines, qui a ses Dante et ses Shakspeare.

Le sanscrit est Tancieune langue djs Indous ; son nom signifie parfait. C'est dans cette langue que sont écrits les Védas q\ leurs nombreux commentaires , les Pouranas et les divers poèmes épiques, héroïques, dramatiques et erotiques de la littérature indienne. Cette langue a cessé depuis nombre de siècles d'être vulgaire dans l'Inde, si tant est qu'elle y ait jamais éti parlée telle que nous la trouvons dans les ouvrages qui nous restent. Cette langue, admirable par la richesse et la prodigieuse variété de ses formes, par la logique sévère qui semble avoir présidé à sa syntaxe, offre des rapports remarquables avec le grec, le latin et les langues germaniques. En ce moment, elle n'est comprise dans l'Inde que par les savans qui portent le nom de Pandits. Elle est pour les Indous ce qu'est pour nous le latin. Les langues vulgaires de l'Inde sont l'indoustani , le bengali, le tamoul et le telinga, qui paraissent dériver à peu près toutes du sanscrit.

Le sanscrit s'écrit de gauche à droite, comme nos langues occidentales, tandis que la plupart des aulies langues de l'Asie et en particulier les idiomes sémitiques, tels que l'hébreu, l'arabe, le p-rsan, le turc s'écrivent de droite à gauche.

Deux sortes de caractères servent à écrire le sanscrit : le caractère dévdnagajû et le caractère bengali. — Le sanscrit a cinquante lettres qui peuvent se réduire à la moitié, chaque lettre ayant sa longue ou son aspirée qui prennent un caractère différent.

Les Védas sont les livres sacrés des Indous. Ils offrent plus d'un trait de ressemblance avec la Bible. Comme dans la Bible il y a des parties lithurgiques, des parties morales, des parties cosmogoniques. Les Védas sont divisés en quatre parties, \q Rig-Véda^ le Yadjour- Véday le Sama-Véda et le Atharva-Véda, Chaque Yédas se compose généralement de trois parties : i° les Mantras qui sont des hymnes et des prières, les Brahmanas qui sont des préceptes et des maximes, et les Oupajiichats qui sont l'explication des dogmes; cette dernière partie est la vraie théologie des Védas , la partie la plus impoitante; c'est par elle que ^L Poley a commencé la publication des Védas qu'il poursuit avec tant de travaux, de science et de désintéressement.

Les Védas forment une collection très-considérable ; l'exemplaire le plus complet qu'il y ait en Europe et qui a été apporté par le colonel anglais Polier, au Musée britannique à Londres, ne forme pas moins de onze volumes in-folio.

Il n'a été encore rien publié jusqu'à ce jour de ces iniportans monumens de la sagesse indienne. Tout ce qu'on en savait en Europe se bornait à l'excellente analyse insérée par M. Colebrooke dans le tome VIIÏ des Recherches asiatiques. Ce travail de M. Colebrooke se bornait néanmoins à une sorte de table analytique des m.ilières traitées dans les Védas.

Les Brahmanes assignent aux Védas une haute antiquité ; mais cette antiquité a été très-justement contestée, et leur réunion en un corps d'ouvrage n'a été faite qu'environ treize ou quatorze siècles avant Jésus-Christ par Vyasa.

A la suite des Védas et de leurs innombrables commentaires se présentent dans l'ordre logique les Pouranas^ au nombre de dixhuit, qui font la partie légendaire du brahmanisme. On pourrait leur trouver pour l'objet une sorte de ressemblance avec les légendes chrétiennes insérées dans les ^ci^ Sanctorwn. La mvtholooie et l'iiistoire mystique (car on n'a pas encore découvert de monument pu-

^ 118 ^ remeiit historique) occupent aussi une place considérable dans les Pouranas,

L'Inde compte nn nombre considérable de jurisconsultes. La plus importante collection de lois indiennes est le Manava-Dharmasastra ou Codt des lois de Manou^ ouvrage qui a été traduit en anglais par le chevalier William Jones, et en français par M. Loyseleur- Deslongchamps.

Nous arrivons aux ouvj'ages d'imagination. Ici nous serions infinis si nous voulions donner même la simple énumération des poèmes écrits en langue sanscrite. Les plus importans sont : i° le Mahabharata^ l'iliade indienne, "dont le sujet est la guerre des Conrous et des Pandous. Deux épisodes de cette épopée, le Nalus et la Bagavat- Gita, ont été publiés le premier par M. Bopp, le second par M. W. de Schelegel. Le Mahabharata est attribué à Vyasa qui a tout l'air d'être un personnage fabuleux ; 2° le Ramajana qui contient la vie et les aventures de Rama ; ses expéditions à Ceylan contre Ra^>ana qui lui avait ravi sa bien-aimée Sita. L'auteur de ce poème est Valmiki. Une partie du Ramajana a été publiée et traduite en anglais par MM. Carey et Marschman. M. de Chery en a publié et traduit en français un épisode, la mort de Yadjanadata ; 3° le drame de Sacountala^ dont l'auteur Kalidasa vivait un demi-siècle avant l'ère chrétienne, à la cour de Vicramaditya^ dont il fut le favori. Ce drame a été traduit en anglais par William Jones, et en français par M. de Chery. Le Théâtre indien de M. Wilson, traduit en français par M. Langlois, peut servir à en donner une idée des richesses dramatiques de la littérature indienne. Le Meghadoula ou h Nuage messager^ poème lyrique. Le sujet est un exilé qui prie les nuages de porter h sa bien-aimée ses soupirs et son amour. Nous pourrions en citer une foule d'autres, si nous ne craignions de fatiguer nos lecteurs, pour la plupart complètement étrangers à ces études. Notre but se trouvera pleinement rempli, si nous avons réussi à leur donner une idée de cette littérature si riche, et le désir de ne pas rester étrangers aux travaux consciencieux qui ont pour objet de la populariser en Europe. Nous ne pouvons mieux finir qu'en donnant deux pnssages extraits l'un du Mahabharata ^Vimire du Katalika-Oupajiichat. Nos lecteurs admireront, ainsi que nous, comment en dehors du christianisme, des idées aussi pure^ et auçsi élevées ont pu se produire \ qu'on

se souvienne que le plus récent de ces deux ouvrages remonte à treize siècles avant l'ère vulgaire.

Voici d'abord le morceau du Mahabharata qui a rapport à la femme :

(( Écoute la voix de nos anciens sages, rappelle-toi ce que, dans leurs chants immortels, ils ont dit de la femme, cette compagne modeste de l'homme : c'est elle qui dans le fils qu'elle lui donne, prolonge son existence en le faisant revivre dans cet autre lui-même, c'est à ce fils qu'il doit la délivrance de l'ame de ses ancêtres. La femme est la moitié de l'homme, elle est son ami le plus tendre : par sa voix douce et caressante, elle sait diriger les ennuis de la solitude ; elle est son consolateur dans les peines inséparables des sentiers de la vie; et à la mort de son époux avec quel dévouement ne se précipite-t-elle pas sur le bûcher funèbre, résolue à ne pas s'en séparer et à partager à jamais son sort, quel qu'il soit? Plus religieuse que lui, souvent elle rallume dans son cœur une faible étincelle de vertu qui allait s'éteindre, le sauve ainsi à son insu, et attire ainsi sur sa tête les faveurs de Brahma : Non, il n'est point de spectacle plus touchant que celui d'un père respectable, entouré de sa femme et de ses nombreux enfans. De quel transport n'est-il pas lui-même saisi, lorsqu'il reconnaît dans ces innocentes créatures sa vivante image Quand un enfant accourt vers son père, et qu'il se précipite dans son sein pour l'embrasser, quoique tout couvert de la poussière qu'il vient de soulever dans ses jeux, quelles délices sont comparables à celles que lui procure ce baiser. »

Le second passage que nous voulons citer est tiré du chant cinquième du Katliaka-Oupanichat. Nous empruntons la traduction de M. Poley. Le travail de ce célèbre orientaliste est remarquable par la rigoureuse exactitude avec laquelle il s'est attaché à rendre le texte sanscrit presque mot à mot. Il s'agit dans ce morceau de l'essence divine.

« Ecoute, je vais te développer maintenant ce Brahma mvstérieux et éternel ; je vais te dire, 6 Gantama, tout ce qui arrive à l'homme quand il a touché au moment suprême de la mort.

)) Les hommes ignares rentrent dans le sein maternel pour revêtir un nouveau corps; d'autres renaissent dans les végétaux immobiles, chacun selon son œuvre, ainsi qu'il a été révélé.

» Cet esprit incorporel qui veille quand autour de lui les sens sont profondément assoupis et qui crée alors les objets des sens, selon son bon plaisir, est celui qui s'appelle la brillante énergie virile, est celui qui s'appelle Brahma, est celui qui est appelé l'immortel 5 en celui-là reposent tous les mondes.

^) De même que le soleil, cet œil de l'univers, n'est pas souillé par les défauts extérieurs, propres à l'œil vulgaire ; de même l'esprit miique, qui est renfermé dans tous les êtres, n'est pas souillé extérieurement par la douleur de l'univers.

)) Lui l'unique, le dominateur, l'esprit de tous les êtres qui rend variée sa figure unique ; les sages qui le contemplent debout, dans Fesprit, fixé au centre du cœur, à ceux-là est la félicité éternelle, et non pas aux autres.

)) En ce Brahma le soleil ne brille pas, ni la lune, ni les étoiles; ces éclairs n'y lancent pas leur éclat : d'où vient donc ce feu visible ? Il brille, et l'univers rayonne sa splendeur ; par sa lumière ce tout brille et rayonne.

» Ce figuier éternel (i) élance ses racines vers les cieux, plonge ses branches dans l'abîme. Son fondement s'appelle la pureté, il porte le nom de Brahma, on le désigne comme l'immortel ; en ce souverain Dieu reposent tous les mondes. Personne, en aucune manière, ne saurait aller au-delà de cet esprit.

)) L'univers entier se meut dans le souflle de vie du suprême Brahma : il est issu de son souffle. Brahma est la grande terreur de tous les êtres, il est la foudre lancée. Ceux qui savent cela deviennent

immortels.

)) Par peur de lui le feu brûle ; par peur de lui le soleil chauiïe j par peur de lui le Dieu du ciel et le Dieu du vent et la mort fuient : elle la cinquième —

» Le cœur est plus haut placé que les sens ; Tintellect ou la vérité suprême est placé plus haut que le cœur : la grande ame est placée au-dessus de l'intellect; la nature invisible, immatérielle, non développée, est placée au-dessus de la grande ame.

» L'esprit suprême est plus haut placé que la nature invisible; il est

(1) Le monde.

celui qui pénètre en toute chose; il n'a pas de signe, l'homme qui Ta reconnu est libre et entre dans l'immortalité.

» Sa figure ne s'offre pas à la contemplation, personne ne le voit de l'œil. Ceux qui l'atteignent, l'atteignent par le cœur, par la compréhension et par le sentiment raisonné ; immortels sont les hommes qui ne l'ignorent pas. »

Certes on ne saurait contester qu'il n'y ait dans ces deux fragmens de grandes et nobles idées. Un peuple dont les croyances primitives reposaient sur un fondement si pur ne pourrait sans injustice être taxé d'ignorance et de barbarie.

Il est temps que nous reconnaissions avec franchise que la vérité n'est pas un lot qui soit exclusivement échu à une famille du genre humain. Dieu est le père de tous les hommes, et il a voulu que sa vérité fût l'héritage commun de tous ses enfans. Mouttet.

Raconter la mort des martyrs, faire rayonner leur gloire sur leur tombe, ce n'est pas faire de la politique ; c'est simplement être justes. Nous le sommes aujourd'hui en annonçant que la belle apothéose de Louis X\I a maintenant une autre apothéose que Ton peut placer en regard dans les demeures chrétiennes et monarchistes.

VEchç de la Jeune France qui aime à perpétuer dans le pavs lés nobles et saints souvenirs, a répandu plus de trois mille gravures de Louis XVI, d'après le groupe du célèbre Bosio. Le fils de saint Louis montant au ciel soutenu par un séraphin est l'image d'un bienheureux donné en exemple à nos familles ; riches et pauvres ont voulu l'avoir.

Cette gravure, dont nous n^avons plus que quelques exemplaires, était restée jusqu'à ce jour sans pendant; VÈcho de la Jeune France vient d'en faire faire un. iNIarie-Antoinelte, à laquelle le manteau royal échappe: Marie-Antoinette, belle encore sur l'échafaud, çst consolée par un i^nge qui lui montre le ciel. — Le sceptre brisé

est à ses pieds; la couronne est tombée de son Front, et cependant elle a encore comme un sourire sur les lèvres, comme de l'espérance dans le regard ; c'est que l'ange que Dieu lui a envoyé à ses derniers momens, lui montre dans le ciel une couronne que les médians ne peuvent atteindre , un trône que les révolutions ne peuvent ébranler. . . Il y a dans cette noble et touchante figure de la reine une ravissante expression: soutenue par le messager de Dieu, la fille de Marie-Thérèse , l'épouse de Louis XVI, lève les yeux vers le ciel. Ah! sans doute, elle y aperçoit et son saint époux et sa glorieuse mère ; et son ame si éprouvée de chagrins, soupire après sa délivrance des liens terrestres.

Le peintre, M. Boisselat, et le graveur, M. Sixdeniers ont merveilleusement bien rendu tout ce qui a du se passer dans le cœur de cette grande reine.

Dans la sublime expression de sa physionomie, on chercherait vainement un ressouvenir de haine ou de vengeance ; si proche du ciel, la chrétienne fille des Césars a pardonné à tous les révolutionnaires, même à ce monstre qui, pour se venger du mépris qu'elle avait opposé à son dégoûtant amour, a voté sa mort...

C'est donc plus qu'une reine sur l'échafaud, c'est une martyre priant Dieu et pardonnant à ses ennemis que VEcho de la Jeune, France offre aujourd'hui à ses lecteurs. — Tous ceux qui ont l'image du saint voudront avoir l'image de sa compagne sur la terre et dans le ciel.

Nos amis ne rougissent d'aucune de leurs affections, et ils placeront dans leurs demeures les apothéoses des martyrs auprès de l'admirable Christ de Tony Johannot.

UEcho de la Jeune France a publié Jésus-CJtrist docteur et Jésus- Christ sau^^eur, W.

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