I. K(.Hl» mù LA JEUNE FRANCE. Ji
» efforts inouis , à se débarrasser des épines qui le retenaient. Il étendait )) les bras, écartait les jambes, se meurtrissait les mains, les retirait, » puis les approchait plus doucement , se dressait sur un pied , s'aiïer- » missait , retombait , l'uisselait , et, tout au milieu de son travail, faisait » tout l)as mille monologues qui se terminaient tous ])ar : ne m'ôte pas » mon bandeau! Et cependant Williams le regardant se débattre, et, ne » riant qu'à moitié' , lui offrait à chaque instant son aide, que l'autre re- » poussait toujours avec indignation, et se creusait la cervelle à chercher » le mot de cette énigme.
» Enfin il se releva , laissant aux buissons le pan gauche de son habit; » et alors debout , et se retournant vers Williams , toujours le bandcati » sur les yeux , il lui dit :
» — Je parie que tu ne comprends pas ?
» — Ah I cela , c'est vrai , lui répondit Williams , en éclatant de rire.
» — Eh bien I je vais te l'expliquer, mais d'abord sortons de ces n broussailles.... et surtout ne m'aide pas. Après quelques minutes de tà- » tonnoment , il parvint à se remettre sur la bonne route, et dit alors à » Williams :
» — Ah I nous voici arrivés à une esplanade.
)) — Tu V vois donc , à travers ton bandeau ?
« — Du tout , mais l'air étant venu me frapper le visage par trois cô- » tés à la fois , et avec plus de force , j'ai fait le raisonnement tout simple » que j'avais devant moi un espace vide.
» — Mais comment as-tu appris à faire ce raisonnement ?
» — Ahl j'ai appris bien d'autres choses »
Enfin vous saurez que Max ne s'est mis im foulard rouge sur les yenx, que pour être ai'tiste comme Homère.
Nous sommes comme Williams , nous avons le bonheur de n'j rien comprendre du tout.
Et alors, ]\Iax , qui a bien ses raisons pour cela , s'emporte contre les gens qui y voient clair. « Vous autres, s'écrie-il , gens qui y voyez clair, » vous vivez toujours au dehors ', la vue des beautés extérieures vous » arrache à tous les admirables spectacles que vous portez dans votre » pensée ; de plus , la jouissance continuelle de ces beautés vous amène » la satiété , et vous ne les sentez plus parce que vous les voyez tou-
» jours Mais nous autres aveugles , tout s'unit pour doubler nos plai •
» sirs! Il faut quitter les choses ou les gens pour les apprécier!... Si )) vous saviez comme le monde est beau et éclatant quand on ne le voit » plus ! comme le soleil luit étincelant dans le souvenir ! comme le ciel » qu'on se rappelle, les fleurs qu'on devine, les arbres qu'on recompose » sont plus purs, plus verts, plus embaumés! Ajoutez à cela que la réa- » lité n'est jamais parfaite. Vous qui avez le malheur d'avoir des yeux,
» VOUS voyez la vase au fond du ruisseau qui coule, le nuage dans le ciel » qui brille , le ver dans la fleur qui e'clot; mais, pour nous, pas de dë- » fauts I Et puis l'imagination ! l'imagination!... est artiste. » Crevezvous les yeux , s'il vous plaît.
Alors Max invite des filles de joie à souper, et il fait une véritable orgie, orgie d'artiste, c'est tout dire.
En sortant de l'orgie , il s'en va entendre la Darini qui chante au théâtre de la Scala. Après avoir entendu chanter la Darini , Max s'en va la demander à son hôtel. — Madame est partie en chaise de poste , cette nuit.
Max veut donc suivre la Darini à Paris. Mais, avant de partir, Max s'en va chez son amie Annunciata , il arrache à la pauvre Italienne sa petite fille, la petite fille pleure , l'Italienne se jette par la fenêtre , Max a parlé ainsi à Annunciata :
« Je vous ai aime'e , parce que vous e'iiez belle d'une autre beauté' que » les autres femmes; parce que vous êtes romaine , et que je ne connaisn sais p s les Romaines ; parce que vous me serabliez quelque chose d'e'- » trange et de nouveau pour moi , et que je voulais vous e'tudier; parce » que vous aviez une ame qui ne ressemble pas à l'amede tout le monde, » et une voix triste qui me touchait j parce que vous chantiez des can- » sonnettes graves et mélancoliques (jue je n'avais jamais entendues j >' mais maintenant y*? vous sais, vous, votre ame et vos chansons, et j'ai » assez de vous ; laissez-moi. »
Max est artiste.
Annunciata se jette par la fenêtre.
Quand Max aura appris la mort d' Annunciata , il aura eu bien du chagrin, de n'être pas revenu sur ses pas pour la voir mourir , la pauvre enfant.
Max s'en va donc à Paris, à la suite de la Darini.
L'auteur aime beaucoup cette Darini.
Il nous fait assister très-longuement à sa toilette, à ses amours, à ses billets doux et ses caprices ; cette Darini est aimée beaucoup trop (le M. son père ; c'est elle-même , la Darini , que Max a rencontrée dans les pozzt; l'homme qui la suivait et quia tire ce même petit couteau qui a fait tant de peur à Max, était son père. Max est donc à la suite de la Darini , uniquement pour faire un drame.
On ne saurait croire toutes les horreurs et toutes les bêtises que fait Max pour arriver à son drame. Max est bien le plus grand coquin et le plus grand imliécile , ou, si vous aimez mieux, le plus stupidc artiste qui se rencontre sous les cieux. C'est toujours le même imbécile toujours occupé à écrire tout ce qu'il voit et à mettic en note les moindres pensées de ceux qu'il ciilcud ou (|u'il regarde. Max ne fait (|u'unc bonne
L ÉCHO DK LA. JEUNK FRANCE. 'J'J
action dans toiilc sa vie d'arlistc, il donne tin c'en à nn p.invrc, et il se cache derrière un arbre pour voir ce que va faire le pauvre de ce petit c'cu. C'est un espionnage continuel. Max va se ])attrc en duel, et il écrit ce qui se passe dans son cœur. Son duel s'arrange, et il c'crit ce qui se j)assedans les trails de son rival. Et si vous croyez que toutes ces études portent leur fruit; si vous vous imaginez, après tous ces crimes et toute cette bêtise et toute cette longue observation, (pie Max est devenu un bon poète, vous avez grand tort de le croire. Max, au contraire, est le plus détestable poète qui soit en France à l'heure ((u'il est , c'est un véritable poète lauréat d'académie. L'auteur a pris soin, sans doute poiu- nous dégoûter de l'artisteric de Max, de nous donner une longue pièce de vers de Max :
Non , je ne connais rien de si beau sur la terre
Qu'une tête de dix-huit ans , Un front pâle et souffrant , ai^ec grâce et mystère
Pose sur des oreillers blancs.
Dans le fond d'une barque , aiusi la jeune Alplii'e ,
Aux jeux noirs , au col frêle et pur , Gisait languissaniment , belle comme la fée
Qu'on rêve à la grotte d'azur.
Un mouchoir blanc couvrait sa figure sans taeiie:
Car cette vierge avait jnuleur Du désordre et des cris que la souffrance arrache ,
Et voulait voiler sa douleur ; Mais ses pleurs débordaient en trop larges rose'cs ,■
Et, tout humide et transparent , Son linge laissait voir quelques places rosées ,•
C'était ta joue , o belle enfant' Cet être plein de vie et caclié comme une ombre
Sous les voiles blancs du tombeau ,• Ce drame de douleur, mystérieux et sombre ,
Se jouant derrière un rideau , Cette voix incertaine , étouffée et stridente.
Ces cris si lointains et si doux ; Toute cette souffrance , invisible et présente ,
Qui se remuait là-dessous , vivaient je ne sais quoi dont tout le sang se glace...
Elle était si belle à jeter Sur son front tout tendu ses deux mains palpitantes. Et, pauvre fdle , à sangloter!
Jenfarrètc là. Max est un bien méchant poète, et vous avouerez , .selon son expression, que c'est bien là de la poésie belle à jeter.
Cependant, voici encore de très-beaux vers du même Max :
C'est que notre vil corps cherche toujours pàliire
A sa faim de satyre en rut , Kf même , pour hajiper son morceau de luxure ,
Près de la mort est à V affût ^ C'est que nous sommes tous des pendus J'rc'ne'tiques ,
Des pendus pdinés de désir, Qui font danser leur corde aux mouvemens lubriques
De leur effroyable plaisir!
Je n'ai que cela à vous dire : Max est artiste! que voulez-vous?
Après une pareille lecture on ne sait ce qu'on doit admirer le'plus, de la présomption de l'auteur ou de sa bonhomie. C'est trop de faire à la fois de pareils vers et d'imaginer une pareille action. Entre ces deux e'cueils littéraires un lioinme devrait opter, d'autant plus que ce n'est pas là l'ouvrage d'un homme sans esprit; mais le mauvais goût , le non-sens, le bizarre et les fautes de français ont tout gâte'.
Ce que devient Max et comment il finit , c'est ce que je vais vous raconter. Max, après avoir fait e'gorger par son père la maîtresse de son ami, Max, qui a trouvé cela sublime , finit par faire jouer cette sublime tra- {^e'die à laquelle il a consacre toutes les émotions douces et tous les sentin;ens honnêtes. Cette fameuse tragédie est siffle'e en plein théâtre Français, oa, Dieu merci, on n'en siffle guères. Max au désespoir se marie : voilà comment l'auteur nous décrit l'homme-drarae marié.
Il faut vous dire qu'avant de se marier Max s'est battu en duel avec so;i ami Williams. Ils se sont rais chacun un pistolet dans la bouche, et la cervelle de Williams a sauté aux yeux de Max, ce qui n'a sen'i à rien à ce pauvre Max; et à présent que sa tragédie est faite et sifflée, Max n'étudie plus ses sensations comme il faisait autrefois ; Max n'est plus artiste, ni poète; mais cet incorrigible Max fait encore des vers; en voici quelques-uns de sa façon , qui ne sont pas excellens :
Une fille! une (ille!... O/iIqncj'aie une fille !
Moi qui r<"\e toujours dVnfaus ri de fumille,
J'ai passé bien des soirs à clicrciicr de quel nom
J'appellerais ma fille'... Oh! pas dejils!... oh! non!...
Avec plus de honheur noire espril se repose
Sur re doux mot de lillc!... Oui , oui, c'est quelque chose
De plus suave a l'ame, à l'ame ainsi qu'aux yeux!
C'est plus tendre , plus doux , cela vons aime mieux ;
Kt ce que je demande au ciel , quand Je le prie,
Cest que mon enjunl m'aime avec idolâtrie...
L ECHO DL LA Ji:U>E IIIANCK. 7»)
Il ne demande que cela, le pauvre Max, à présent qu'il ne l'ait plus de tragédie : car vous saurez que l'enfant de l'italienne Annunciata , la fille de Max, est morte de la petite vérole. Voilà pourquoi Max a fini par se marier avec Euge'nie , qui n'est pas une femme nulle , mais bien une femme sotte. Eugénie chante et danse , mais sans poésie et sans exaltation (peut-être elle chante des vers de Max ) • elle chante comme on fait une crème ou une feston. Cette matérialité est un des attraits d'Eugénie aux yeux de Max. Voici quelques lignes qui compléteront Ibrl bien le portrait d'Eugénie :
« Eugénie n'avait dans sa beauté ni race, ni distinction-^ c'était une grande et forte fille, saine, bien portante , les joues colorées, les yeux à fleur de tête et brillans , les hanches marquées , ayant des sens et du sang dans les veines, une femme enfin comme Bonaparte les voulait!... Et Max, qui , ainsi que tous les hommes d'intelligence , était pâle, usé et nerveux, trouvait un grand plaisir de contraste à approcher ses lèvres décolorées de cette chair si ferme, de cette peau si élastique et si tendue, de ce corps si bien établi.... Mais était-ce de même pour Eugénie ? »
A qui se fier, grand Dieu 1 cette femme si bien établie , qui a tant de sang dans les veines, elle plaît à un ami de Max, le beau Lagny, corrompu comme un viveur.
Un jour que Max est plongé dans un de ses accès de mélancolie (car vous jugez bien qu'avec les vers qu'il fait et la vie qu^il mène, Max n'est pas toujours dans son bon sens), Lagny trouve Eugénie dans une chambre voisine , suffoquée de sanglots et à moitié folle aussi :
A ce sujet, je vous prie de remarquer et de compter, si vous pouvez, les barbarismes du passage suivant :
« Lagny ne savait que faire. D'un côté, Max étendu sur un lit, sans » mouvement et peut-être sans vie : de l'antre , Eugénie poussant des cris » plaintifs etrauques , et appelant au secours. Pas un domestique , pas une » servante; ils étaient tous sortis pour aller chercher le médecin, et cepen- » dant Lagny entendait la voix d'Eugénie , qui devenait à chaque instant )) plus strangulée et plus sourde j enfin il se décide, il court à elle I... Il » était temps , la malheureuse étouffait ! Saisie d'une affreuse attaque de » nerfs...— De l'air! de l'air! criait-elle; j'étouffe ! de l'air ! Et se tordant » dans des convulsions horribles , elle portait sa main au corsage de sa robe » pour le déchirer; mais la force lui manquait !... Lagny prend un couteau, » il coupe lacets, robe, collerettes ! . . . Elle respire, elle revit ! ... Ses lèvres, » pâles et flétries -, se recolorent, le sang commence à remonter à son vi- » sage , son cœur bat avec moins de violence ;... ses membres crispés se » détendent; elle lâche peu à peu la main de Lagny, qu'elle avait saisie » dans la crise y et qu'elle étreignait avec rage ;... puis elle commence à
8o l'écho de la jeune FRANCE.
» frotter ses lèvres sèclies l'une contre l'autre , pour tâcher de les humi- » difier.
» Cependant Max, étendu sur son lit de douleur, commençait à reve- M nir à lui ; son liorrible accès de délire fut suivi d'une abondante sueur ; 11 cette sueur le soulagea, et sa tête se de'gagea peu à peu. Mais, en re- » prenant sa raison , il sentit bientôt que son gosier était tout en feu , et » qu'une soif ardente le dévorait; il étend la main sur ime table placée 11 près de lui, pas de verre ; il appelle faiblement sa femme; pas de ré- 11 ponsc ; sa soif augmente , il appelle plus fort, pas de réponse ; sa soif » augmente encore , il crie : Lagny ! Eugénie!... personne. Ses cris des- 11 séchant encore sa gorge , sa soif devient atroce ; ce n'est plus une 11 souffrance, c'est une torture: il se dresse sur son séant, et cric d'une 11 voix déchirante : — A boire!... à boire!... à boire!,.. Personne ne ré- )) pond. Alors , ne pouvant plus supporter ce supplice , il se glisse à bas » de son lit , et presque nu, tout trempé de sueur, grelotant de fièvre et 11 de froid , s' accrochant aux chaises , aux meubles , marchant presque » sur ses mains , il se traîne dans cette chambre , au milieu de l'obscu- » rite, cherchant une goutte d'eau, et criant : A boire!... Personne : » toujours personne ! Enfin il aperçoit sous une porte un sillon de lu- » mière, il pousscla porte, il entre...
» Eugénie et Lagny étaient dans les bras l'un de Vautre !. . .
» A la vue de ce moribond qui apparut tout à coup , pâle et livide , à » l'entrée , ils poussèrent tout deux un grand cri , et tombèrent pétri- 11 fiés .'. . . Et lui ! . . . lui ! . . . appuyé sur le mur, immobile, les yeux grands » ouverts , la bouche béante , il les regardait ! »
C'était là un bien beau moment pour Max , s'il eût eu une plume et un encrier. Mais pas d'encrier! pas de vers ! et l'homme-drame est mort sous le coup de cette vision , avant d'avoir pu se rendre compte à luimême de ses propres sensations.
Laissons en paix ses cendres.
Je m'arrête ici. J'étais bien aise de vous faire bien toucher au doigt un des premiers, le premier peut-être, la nauséabonde , médiocre et mauvaise littérature qui a fait tant de progrès chez nous depuis tantôt trois ans. Il est impossible de pousser plus loin le dévergondage des idées et l'ignorance du style. Il est impossible d'abuser d'avantage de quelques dons naturels. Le ridicule de cette prose n'est égalé que par le ridicule de ces vers. Sous ce rapport, le hasard nous a bien servi, Max est le chef-d'œuvre du genre, et on fera encore long-temps des livres, des romans et des nouvelles , avant de le surpasser.
Voilà comment nous entendons la crilnpic littéraire. La faire en toute
l'écho de la jeune FRANCE. 8t
vei'itc et toute justice, c'est, selon nous, la seule manière de la faire amusante et utile à tous. C'est une règle de conduite à laquelle nous ne manquerons jamais. M. F. ^ •
VARIETES
Modes. — Les gros de Naples iraprime's, les chalis, les mousselines de laine, les soieries brochées, forment la majorité' des toilettes. On voit beaucoup de costumes composes d'une robe en foulard, mantille de dentelle noire , capote en crêpe ornc'e d'un bouquet de fleurs : force pèlerines pareilles à la robe, garnies autour d'une dentelle noire , ainsi que nous l'avons déjà dit.
Pour toilette de dîner ou de petites soirées, rien de plus gracieux qu'une robe en mousseline de soie, mousseline cachemire et autres étoffes du jour, ayant des manches courtes à double sabot descendant jusqu'au coude, et corsage demi-montant. Sur le cou , une petite écharpe en blonde ou dentelle noire, nouée en guise de sautoir, et dont les bouts ne dépassent pas la ceinture; des mitaines en filet noir, dont quelques-unes ont le haut garni d'un petit plein de ruban qui forme ruche autour du coude ; une natte de cheveux, placée en couronne sur la tête , et le front traversé par une petite chaîne ou filet en or bruni, ornement très-simple, et qui, en demi -toilette, remplace les féronnières.
Les mantelets en mousseline ou tulle brodé, doublés en couleur, deviennent nombreux : lorsqu'ils sont ainsi doublés et ornés de nœuds de rubans sur le devant, on ne les passe pas sous la ceinture. Beaucoup de ces mantelets sont garnies d'auciennes dentelles.
Les jeunes personnes portent beaucoup de capotes en paille cousue et à tresses larges ; non point de la paille lisse ctbrillante comme les chaises, mais presque blanche et d'une teinte mate. Des rubans de gaze disposés en aigrettes ou en rosettes, placées bout à bout et fixées l'une au sommet de la forme, l'autre sur le côté avec les rubans croisés par devant, et formant ensuite les brides , composent la garniture de ces capotes. Sur les chapeaux on met du lilas, des jonquilles , ou du plantin en fleurs.
Il est de rigueur que les brodequins soient de la même couleur que la robe.
Les ceintures sont aussi toujours de la même nuance que la robe.
Les merveilleux portent des habits à basques longues et coupées carrément du devant.
Ces habits sont en drap bleu , à boutons d'or imis.
Les gilets se font à schall et à deux rangs de boutons : le cachemire *)SX. toujours de mode pour gilets du matin.
— Voici quelques de'tails sur la donation faite au rausëe brilanuiquc par sir John Soane , professeur d'architecture à l'ëcole royale de Londres.
Cette donation consiste en une magnifique maison, sanctuaire des beauxarts, un musée d'antiquités, une bibliothèque d'imprimés et de manuscrits, une collection de tableaux, et 3o,ooo liv. sterl.pour entretenir et conserver tant de riches objets, et les soustraire à l'intervention d'une administration publique.
Nous ne pouvons indiquer ici la multitude de fragmens d'architecture, de bas-reliefs, de bustes, de statues, de vases et de chaises antiques, de tableaux, de dessins , etc., qui servent d'ornemens aux nombreuses salles de cette maison ; nous distinguerons seulement quatre chaises en ivoire, placées aux angles du cabinet de peinture, lesquelles ornaient autrefois le palais de Tippo-Saëb ; une belle statuede Westmacott, qui semble suspendue en l'air, grâce à sa position toute particulière et à un effet produit par la combinaison des glaces de l'appartement.
Parmi les antiquités égyptiennes , ' on remarque surtout le sarcophage d'albâtre, amené des bords du Nil dans la Tamise, par Belzoni. Les dimensions et le travail de ce sarcophage en font un objet bien curieux. Il est couvert à l'intérieur et à l'extérieur d'une écriture hiéroglyphique à peu près inintelligible pour tous, vulgaires et doctes, bien qu'il ait attiré l'attention des philologues les plus distingués de tous les pays. Ce mausolée ou cercueil est une véritable histoire biographique; on suppose que ces inscriptions racontent les hauts faits et les vertus des rois et des héros qui y furent ensevelis. Belzoni le découvrit dans une des cavernes les plus profondes et les plus délétères de Gournon, sur les bords du Nil; mais la momie avait été enlevée long-temps auparavant. Le gouvernement anglais ayant refusé d'en faire l'acquisition , sir John Soane , pour éviter qu'il ne vînt à échoir à quelqu'un des commissaires étrangers envoyés pour l'exprès examen de cette antiquité, s'empressa de l'acheter; il le paya a,ooo liv. st.
Les antiquités grecques contiennent neuf vases étrusques, dont un, autrefois dans les mains de sir Henri Englefieid, est extrêmement rare; et un autre, le cawdor-vase , est d'une remarquable grandeur.
Parmi les antiquités romaines se trouvent des débris réels des temples de Jupiter Stator à Rome; un morceau de chapiteau de l'ordre corinthien de Vesta à Tivoli ; un chapiteau tout entier du même ordre, etc. Par contraste, on voit à côté des fragmens de l'architecture gothique, tels que des colonnes avec bases et chapiteaux, des arches , des frises du vieux palais (le Westminster de l'époque normande et du temps de Richard T' et d'Edouard III.
Parmi les peintures se trouvent les dou/.o tableaux de llogarth, dont
huit sont connus sous le nom de The Rake's progress, et les quatre autres sous celui de The Election, Les premiers furent achetc's 5'jo guinees par sir John Soane; les seconds échurent d'abord à l'artiste Garrick pour la modique somme de 200 liv. st. , grâce à des circonstances particulières. En 1823, après la mort de Garrick, sir John Soane en fit l'acquisition pour l'jSa liv. st.
Ou distingue aussi dans la collection de peinture: Amour et Beauté (ou le Snake in the grass) , par Jos. Reynolds; trois Fues de Fenise , par Canaletti; Lear et ses filles, par Howard j les Joueurs au village, par Bird ; une aquarelle de Millon et ses filles , par Westall ; un tableau d'Ange'lica Koffmanj quatre de Pirancsi, etc.
— Le concert vocal donné le jeudi , 2 5 avril , dans la salle du théâtre Italien, par les élèves de l'école de musique religieuse de M. Choron, et à leur profit, a eu lieu en présence d'une assemblée pins brillante que nombreuse. L'exécution des divers morceux. qui le composaient a étédigne à la fois du maître et des élèves. C'est merveille de voir avec quel goût, quelle précision , quelle justesse d'intonation , des jeunes gens dont la voix est à peine formée rendent une musique belle sans doute, mais qui n'a pour elle ni le prestige de l'orchestre, ni les ornemens auxquels sont accoutumées nos oreilles.
Plusieurs morceaux ont été redemandés avec acclamations. On a surtout applaudi le magnifique -D/e5 j>« de Mozart; un joli duetto de Clari , petit bijou musical qui formait le plus pi([uant contraste avec les grandes et sévères compositions de Mozart et de Hœndel , et qui a été rendu avec goût et pureté, ])ar M. Jansenne et Mademoiselle Bairès ; enfin le Chant de victoire de Marignan , curieux débris de la musique du seizième siècle.
Somme toute , public et bénéficiaires ont dû être satisfaits l'un de l'autre. Espérons que le succès obtenu par M. Choron déterminera cet habile professeur à nous faire entendre encore des élèves qui lui font tant d'honneur.
— Le Théâtre Français a donné une tragédie intitulée Caïus Gracchus qui attire la foule chaque soir.
L'abondance des matières nous empêche d'exprimer aujourd'hui notre opinion sur cette nouvelle pièce.
— Le théâtre des Variétés vient de donner une comédie-vaudeville en trois actes , de MM. Ancelot et Combcrousse ; en voici l'analyse :
Madame d'Egmont , fille du cardinal de Richelieu , sous le costume de femme de chambre, a voulu essayer des amours populaires. Un rendezvous donné au Palais-Royal à Renaud , simple commis-marchand , a été troublé par l'arrivée de son père, et aussi de je ne sais quel comte, son amant du grand monde, qui pense l'avoir reconnue sous ce déguisement. Avec un peu d'adresse , elle sait éviter ces grands seigneurs qui viennent .se jeter ainsi à la traverse de son amour bourgeois.
A Versailles, où nous sommes transportés au second acte, tout est en émoi au sujet de la présentation de madame Dubarry à madame la Dauphine. Il y a cercle dans la galerie en attendant l'heure de l;i cérémo-
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nie. Par hasard , Renaud , le commis-inarcliand , jeté' par !c comte sur lo passage de madame d'Egmonl , reconnaît sous les riches atours de la dame d^honneur sa pauvre maîtresse de la rue Ticquctonne; ainsi donnée en spectacle cà toute la cour, la noble dame paie d'assui-ance , tellement que Renaud lui-même, entoure de gens qui se saisisssent de lui pour outrage fait à la puissante comtesse , ne sait à quoi s'en tenir sur cette femme qu'il aime tant et qui lui a donne tant de preuves de son amour libéral.
Au troisième acte , Renaud est enferme' dans une maison de fous ; et cette femme noble et riche , que son amour de jeune homme bourgeois et naïf a failli compromettre, madame d'Egmont revient à lui sous son simple costume pour l'aimer encore et faciliter sa fuite. Cette scène a produit un grand effet.
Une mise en scène des plus brillantes , des décorations riches et fraîches, des costumes élègans, ont contribue , avec le jeu des acteurs, à obtenir un succès extraordinaire. Vernet, dans le rôle du jeune Renaud, et mademoiselle Jenny Colon , dans celui de la comtesse d'Egmont , ont mérite et obtenu d'unanimes applaudissemens.
— Georqes , inc\odrRme en trois actes de feu M. Lcbas , a réussi complètement au théâtre de la Gaieté.
MM. Achille Allier et Dcsrosicrs, imprimeurs à Moulins, vont publier Y Histoire pittoresque de l'ancien Bourbonnais , accompagnée de jolis dessins. Nous en rendrons compte dans nos prochaines livraisons.
— M. Danielo va publier une histoire des villes de France. I-es écrivains, les publicistes les plus distingués, les députés les plus influens se sont empressés d'appuyer celle entreprise par la recommandation de leurs suffrages. M. de Chateaubriand qui , dans ses profondes Eludes sur la chute de V empire romain et sur V histoire de France, a désigné M. Danielo comme un littérateur instruit et érudit , lui a promis ses bienvcillans conseils; c'est à eux déjà que l'auteur doit le courage d'avoir entrepris ce travail.
h' Histoire de toutes les villes de France paraîtra tous les mois ]iar livraison de 1 60 pages in-H", à dater du commencement d'avril i833, Elle sera donc publiée dans les mêmes périodes , sous le même format et sous le même volume que la plupart des revue? littéraires.
Le prix d'une année d'abonnement ou de J'i livraisons est de 3o fr. ; le prix de 6 livraisons est de 17 fr. ; le prix de chaque livraison séparée est de 3 fr. 5c) cent.
On souscrit à Paris , au bureau de V Histoire des villes de France , chez M. Kœppelin et compagnie , rue du Croissant , n" 'io.
— Dans notre premii-re livraison , nous avons annoncé I'Aokonome, journal d'agriculture cpii se jiublie à Paris, rue de Choiseuil , n" 2 bis , à S fr. par an : nous nous faisons un devoir de le recommander à nos lecteurs; c'est le seul recueil en ce genre (|ui mérite de fixer l'attention du public.
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X'cTcfio ;)t> 6a.3eui/te«>tmtcc.
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SOCIÉTÉ DE LA JEtJNE FRANCE.
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