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ont su gre de notre frauchiso. C'est un mérite auquel nous ne manquerons jamais. — Eh bien ! le mois présent ressemble tout-à-fait au mois passe , les livres abondent; mais quels livres! l'un s'appelle Thadëiis-le-Ressuscité; c'est l'histoire d'un homme qui commence par être pendu, et qui vit comme il peut ensuite j l'autre s'appelle les Sept Péchés capitaux. Il est impossible de tirer un plus mauvais parti de ce grave e[ moral sujet , qui , sous la plume d'un homme de génie , cet liomme de g;-nie fût-il un romancier , aurait pu donner occasion à un si bel ouvrage et si intéressant; mais nos hommes de lettres y voient-ils donc si loin? comprennent-ils donc toute la portée des moindres lignes empruntées au dogme catholique? Non, ils vont auhasai'd, ils prennent un titre au hasard, ils mentent au hasard; et quand leur livre est fait, il n'en est pas un qui se demande où donc cela va-t-il ? quel fruit mon livre peut-il porter ? quel intérêt de gloire ou d'utilité avais-je donc à enfanter celte production nouvelle? Qu'importe tout cela à l'auteur qui a fait un livre, pourvu que son livre se vende et que le lendemain il en fabrique un autre? Voilà tout. — On a encore publié un grand nombre de romans dont le litre nous échappe, et que nous n'avons pas lus , parce que vous êtes trop justes pour exiger que nous lisions exactement toutes les ntonstruosités qui paraissent de nos jours. Nous devons cependant vous signaler comme très-dangereux, sous tous les i-apports, sous le rappoil moral aussi bien que sous le rapport littéraire, une publication nouvelle, d'un cynisme révoltant, les Mémoires de Casanova. Ce Casanova est une espèce de drôle , véritable escroc italien , joueur déloyal, intrigant subalterne , qui , après toute une vie de désordre , ruiné , vagabond , misérable et malade , s'est imaginé d'écrire en dix volumes in-8" les aventures crapuleuses de sa jeunesse.
A l'heure qu'il est, les Mémoires de Casanova font les délices des beaux petits messieurs, des belles petites dames du grand monde d'aujourd'hui; ce sont des faits qu on ne ])eut que signaler, sans même oser parler des livres qui les produisent. — En même temps qu'on publiait ces Mémoires , un jeune homme de mérite, passionné pour la littérature italienne , et très-versé dans la langue toscane, cette langue à part, si populaire et si incisive, traduisait les Mémoires d'un autre Italien; mais celuilà, grand artiste, grand statuaire, grand oifcvre du seizième siècle, Bcnvenuto de Scellini ; la vie de celui-là est bien , il est vrai , une vie de hasard et d'aventures , mais c'est aussi une vie tout occupée , consacrée à l'art , immortalisée par des chefs-d'œuvre. A la cour de François F*", de Scellini fut le rival du Primatice ; à Home , il fut le favori du souverain pontife. — C'est lui cpii a fait les plus beaux ouvrages d'orfévrie du seizième siècle : voilà pour sa gloire artiste • et quant à sa gloire militaire, c'est lui qui a \\\v d'un coup d'arquebuse le connétable