‹ L'Écho de la jeune France (volume 3)Chapitre 20 sur 99 · K.<.ii(i i)i: i.A .ji:lm; kka.\(.k. i.>i · texte numérisé non relu

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de Hourl)on , ce traître à son roi et à sa patrie , qui pensa perdre le tronc de France. En prenant de très-grandes précautions, on peut lire ces Mémoires. — 11 y a encore un autre Italien du temps moderne, Silvio Pellico, jeune poète qui a publie récemment un livre admirable, intitulé Ma Prison , dans lequel livre il raconte avec toute la soumission du chrétien, et s.ms proférer aucune plainte, tous les tourmens qu'il a eu à souffrir dan.s les prisons de l'Autriclie. — Arrêté à V enise , traîné sur la place publique, devant l'cchafaud, condamné pour quinze ans de sa vie au carcere diiro , Silvio Pellico est resté pendant quinze ans d^ms un cachot obscur, couché sur la paille, mangeant un pain dur et rare, condamné au silence et au travail des mains , et voyant mourir autour de soi tous ses compagnons d'infortune. Ce qu'il raconte de cette vie de privalions et de misère est d'autant plus touchant, qu'il n'a pas une plainte pour ses bourreaux. Cependant il subissait d'atroces douleurs , il était loin de sa lamille, et privé de toutes nouvelles du dehors: cependant il vit un jour son ami, Pierre Mai'on de Scelli, qui, blessé par ses fers, était obligé de se faire couper la jambe. Maron de Scelli tendit sa jambe au vieux chiriu-gieu de la prison , et quand l'amputation fut achevée : « Je n'ai rien à vous donner, dit-il au vieux bonhomme qui pleurait, » mais Aoici une rose que je vous prie d'accepter pour l'amour de moi. » En même temps , Silvio Pellico prit cette rose et l'offrit au vieux chirurgien de la part de son ami Maron de Scelli. — Tout le livie est rempli ■tl'anecdotes pareilles. Ces malheureux prisonniers n'ont une voix que pour bénir ; pas une malédiction ne sort de leur bouche ni de leur cœur : on ne sait en lisant ce livre, en assistant au récit calme et pénétrant de ces atroces douleurs, si Ion doit être plutôt attendri qu'étonné. C'est que, vovez-YOus , le sentiment chrétien a dicté toutes ces lignes , c'est ^le la foi catholique a merveilleusement assoupli ces jeunes araes, c'est qu'à force de douleur et de résignation , Silvio Peilico est revenu aux ins[)iialions sublimes de l'Evangile et à cet admirable mot pardon! que Jésus-Christ a mis en pratique sur la crois. Silvio Pellico est, selon nous, un des plus beaux traités de morale, un des tbames le^plus touclians et les plus saints qui se puissent lire; il est fâcheux pour nous cpie ce ne soit pas un Français qui l'ait fait.

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