‹ L'Écho de la jeune France (volume 3)Chapitre 21 sur 99 · THEATRES · texte numérisé non relu

THEATRES

II n>jus reste, pour compléter l'histoire littéraire du mois passé, à vous parler du théâtre. Celle histoire sera bient«ît faite; le théâtre du mois passé se compose de trois à quatre méclians vaudevilles. Deux vaii-

IJ'J L F.CMO l)K I.A JKl'M-; FRANCE.

(levilles de M. Ancelot , par exemple , l'un au théâtre des Varic'te's , Itt Consigne, c'est un charpentier qui fait espionner sa femme par un de ses amis; l'anti-c , au A^audeville, la Robe de Chambre; c'est encore un de ces tableaux sans vc'ritc, sans ressemblance et sans pudeur, que M. Ancelot a construits avec le dix-huitième; c'est encore un mari qui a le malheur d'être noble , et dont la femme est aimée par un autre homme qui a le malheur d'être dupe. Ces messieurs disent pendant un acte autant de quolibets sans esprit que M. Ancelot a pu leur en fournir; le parterre a siffle à bon droit toutes ces platitudes. — Au même théâtre du \ audcville , on a jonc un joli petit acte, Pourquoi ? Cela est Irès-fm et trèsspirituel, cela échappe à l'analyse; les auteurs sont MM. Lockroy et Anicet. — Au même théâtre du Vaudeville encore , on a joué un grand drame en quatre actes , intitulé la Camargo; c'est l'histoire de cette célèbre danseuse qui a donné son nom à une danse, et qui fut si honnête fille qu'elle a laissé un souvenir presque fabuleux dans les coulisses de l'Opéra; la pièce est de M. Fontan. — Enfin , le même M. Fontan a fait jouer au théâtre Saint-Martin un drame étrange et brutal, intitulé Bereami. On se rappelle tout l'horrible scandale de ce fameux procès en adultère qui aurait déshonoré une couronne plus facile à déshonorer encore que celle d'Angleterre. Le drame de M. Fontan rappelle, dans toute leur triste nudité, ces souvenirs de cours d'assises. Si c'est là un plaisir, c'est un plaisir singulier, et dont on ne fait pas l'aveu volontiers : telles .sont toutes les nouveautés dramatiques. — Grâces au livre de SilvioPellico , elles sont au-dessous des nouveautés littéraires I

Hélas I quand donc nous sera-t-il permis de vous dire avec la vérité et l'enthousiasme de l'admiration : Tenez, voici un grand poêle I voici un beau drame î applaudissez?

En ce moment , on nous apporte un ouvrage qui méritera peut-être de fixer notre attention et celle de nos lecteurs graves et préoccupés des nouvelles destinées du christianisme. Cet ouvrage est intitulé la Religion constatée universellement ; '2 gros vol. in-8". Prix : 8 fr. Chez Hiverf, libraire. — Nous l'examinerons sérieusement.

— Nous voulions donner aujourd'hui une ode dédiée à M. de Chateaubriand, par M. Ch. Laurent, un de nos rédacteurs; l'espace nous à manqué.

— Un nouveau journal défenseur de la religion va paraître, c'est le Mentor, journal destiné aux enfan.s. Prix , 6 fr. par an . 1 fr. rtO en sus pour les départemens, rue de Lille, n. 1 .

I^. \" août, nnnx dnnnr.rnns une vue de i.K PkniSSiÈiie au moment fin combat, et si notre succès va ainsi croissant , nous la joindrons à />r/ifinn ordinaire.

.It i.i's FORl''F,LM-",R . serrPtairc-céD'^r.il. Paris, ce i" jnilld iHi'-l.

Juillet 1 855.

NATIONALITÉ JOf la 3fune irancr.

Le mois de juillet a ëte beau pour VEcho de la Jeune France : jVous comptons sous notre drapeau quinze cents amis déplus.

Jeunes gens , vous pouvez le dire maintenant avec une noble fierté , l'œuvre à laquelle nous travaillons tous est une œuvre vraiment nationale. De tous les points du pays , du sein de tous les corps de la nation , nous avons reçu , non point seulement de ste'riles te'moignages d'approbation , mais des preuves réelles d'une vive et profonde sympathie. Tous nous ont dit , en nous promettant appui et concours , que nous arriverions au but f[ue nous nous sommes proposé , appuyés que nous sex-ions par tous les hommes de talent et de cœur.

Nous avons à notre tête les illustrations de ce siècle : vertus éminentes, éclatans génies , caractères élevés , tous ont voulu participer à notre œuvre, et former à notre premier rang comme un admirable faisceau de savoir, de moralité et de gloire. Les hommes de maturité et d'expérience ont applaudi à notre jeune armée , et les pères ont salué la bannière qui doit assurer l'avenir de leurs enfans.

Presque tous les membres distinjjnés du clergé . des corps législatifs , des académies de France et de l'étranger, de la magistrature, du barreau, nous ont écrit pour nous exprimer leurs sentimens d'adhésion.

Du sein de toutes les corporations de toutes les sociétés qui veulent , ainsi que nous, le grand et le juste partout^ le beau et le vrai dans les lettres et les arts, le progrès et le perfectionnement social par le christianisme, ce grand instrument de civilisation; du milieu de toutes les écoles, il s'est élevé des milliers de voix pures et généreuses qui ont formé comme un concert de suffrages, dont le bruit retentit chaque jour à nos oreilles.

C'est à vous , jeunes gens des provinces , que s'adressent ces paroles ; car c'est sur vous que nous avons compté pour résoudre le grand problème qui occupe le monde.

Ouvrez vos cœurs à l'espérance , nous retrouverons tout cc que nous avons perdu; nous verrons briller encore sur la terre de France les nobles vertus de nos aïeux , mais élevées à un plus haut degré de perfectionnement par les progrès de la civilisation. Nous assisterons à la renaissance de ces grandes vérités religieuses et morales qui déjà secouent les cendres I. W

I;j4 l'écho Dli LA JKUNE lUANCE.

dont l'eruplion philosophique les avait rouvertes. Nous revenons les lettres , ces reines dceliiies , remonter majestueusement sur leur trône.

Mais que votre zèle ne se ralentisse pas, 11 est encore quelques jeunes hommes incrédules , qui hésitent à occuper leur véritable place marquée parmi nous : tendez-leur une main de frère, montrez-leur la route que nous allons parcourir à travers les grandes ruines des temps passes, pour V chercher les matériaux c'pars dont nous reconstruirons notre société nouvelle ; ouvrage immense, en présence duquel vous ne devez pas rester spectateurs inactiis.

Tous, vous pouvez, vous devez nous venir en aide. Que les uns propagent notre œuvre de civilisation et de nationalité, et qu'ils conquièrent à la cause conunune de nouveaux champions; que les autres coopèrent à nos travaux-, que chacun jette dans la balance les qualités dont la nature l'a doue. Ceux à qui Dieu a donne des talens supérieurs les révéleront ainsi au pays; car T Écho de la Jeune France est une tribuno dont le retentissement arrive à toutes les oreilles.

Mais souvenons-nous tous qu'il faut que tous les membres de notre ■Mande société donnent à la France l'exemple de toutes les vertus sociales <t politiques; som'enuns-noiis (ju'd faut mettre les actes à côté des parolesi souvenons-nous que iioun succédons à une époque corrompue de cœur et d'intelligence, et que nous sommes les hommes de la régénération et du progrès.

Que si l'on vient nous sommer de dire, comme je ne sais quel journal caduc, de quel droit nous avons inscrit sur notre drapeau les mots de Jeune France, jeunes gens, nous répondrons à ces voix tremblotantes qui nous demandent nos titres de jeunesse, à ces consciences loutes pourries de corruption , toutes desséchées d'égoïsme , toutes bariolées d'apostasies, qui veulent savoir pourquoi nous avons des prétentions à la nationalité, nous leur répondrons que nous sommes la Jeune France parce que nous voulons franchement, sans arrière-pensée, la liberté et l'autorité, !a civilisaticm cl le christianisme, la vérité politique et la vérité littéraire; j)arce que nous honorons toutes les gloires de la France; parce que nous méprisons ceux qui viennent répandre au bas du [)ié(l<'stal des grands hommes les poisons impuissans de leurs calomnies; parce que nous admirons ceux qui ont le courage de leur croyance, et que nous méprisons ceux dont le courage posthume n'est visi])le (pie le lendem.iin du danger.

C'est pour cela que M. de Chateaubriand est à notre tête, et que le Constitutionnel mms oblige à tourner nos regards en arrière pour répon^ dre a une atlacpie qui nous vient des ombres du passé.

Jules F<)I'.F1.I.1K1'..

\. VÀ'Mo OF. LA .ikim; KRAX F. l55

<( C'est la jeunesse libre et religieuse qui leia » l'avenir de la France c'est elle qui n-tro'ivera » dans l'anarchie des idées où nous sommes plon- » gés, le principe de la société nouvevelle.

(CHATEAUBBiANn,/e«re au comité de Paris.)

A nous , jeunesse française 1 à nous hommes du progrès par raison et par conscience, vous tous hommes d'avenir par instinct et par position î vous qui , en moins de dix ans, continuerez l'histoire de France, en lui donnant plusieurs de vos noms, celte noble histoire qui , toute défigurée qu'elle est en plus d'un endroit, lace'rëe ou même tachée en quelques autres, n'en demeure pas moins la première des histoires modernes, celle qui fait l'enseignement des peuples, la bible politique des nations. Vous ^urer. de belles ])ages à y remplir, si nos prévisions ne nous trompent point, si le travail douloureux, mais persévérant de la société actuelle, amène à bonne fin l'enfantement qu'il promet,

Disposez- vous donc, jeunes athlètes, à cette lutte des intelligences contre les intérêts, lutte que nous n'avons engagée les premiers que parce que nous vous savions grandir derrière nous. Formez -y vos rangs à loisir; forts de notre bon droit et de notre dévouement, nous pouvons fatiguei' encore l'ennemi , s'il vous est réservé de l'abattre, et préparer du moins le succès qui doit vous appartenir.

Ici, comme partout, aujourd'hui, comme dès les premiers temps , en face les uns des autres, et se disputant la domination sociale, se rencontrent les sentimens dévoués, et les ambitions cupides, la justice, et la violence, tout ce que l'amour du bon et du beau suscite enfin dans un noble cœur, et tout ce que les mauvaises passions remuent d'impur et de désordonné dans les âmes dégradées. C'est encore, c'est toujours la lutte des deux, principes; la lumière et les ténèbres, les enfans de Seth et de Caïn, ceux de Sera et de Cham; en un mot, ceux qui croient à Dieu et ceux qui croient aux hommes. Ceux-ci ne voient rien au-delà des intérêts matériels, et tous leurs efforts tendent à en assurer ie triomphe ; les autres veillent avec ardeur à la garde des intérêts moraux , certains que ce sont les seuls réels, et que de leur conservation dépend entièrement la librejouissance , l'existence même des premiers. Telle est du moins notre conviction, à nous qui coutinuuns cette garde avec persévérance , mais qui la confierons avec empressement à nos jeunes amis , quand leur temps sera venu de nous relever.

Or, ce temps approche.

Que si vous nous demandez, comme l'ont déjà fait qudques-unsd'entre

l5() l'f.CHO 1>K l.A JEUNK FHANCK.

VOUS, SOUS quel drapeau nous prétendons vous rassembler, nous vous répondrons : sous le drapeau de France, N'importe sa coi^leur, pouvu que sa pureté soit entière; pourvu qu'il soit bien reconnu que dans l'ère souverainement pacifique vers laquelle s'élance l'esprit humain , toute couleur de sang fait tache sur une bannière ; pourvu surtout, jeunes hommes du nouveau siècle, pourvu que la croix le domine.

Oui , la croix, le seul signe qui soit demeuré vainqueur, de la rédemption jusqu'à nous.

S'il en est parmi nos adversaires qui croient ce signe abattu, parce que, dans une orgie de police , quelques misérables l'auront arraché du haut de quelques édifices, qu'ils regardent donc autour d'eux , loin d'eux, où ils voudront. Il n'est ni ville, ni bourg, ni chaumière, où la croix libéiatrice ne s'élève, où, en attendant leurs cendres, elle ne protège celle de leurs pères ou de leurs enfans. Partout où la civilisation pénètre , la croix la devance, et c'est la croix qu'elle plante là où elle veut inarquer sa prise de possession. Quand ils affirment donc , en balbutiant, que le christianisme se meurt, c'est comme s'ils disaient le soleil éteint, parce qu'un nuage passe sur leur tète. Le christianisme , de l'apparition duquel date tout progrès social , le christianisme, qui a reçu l'humanité au berceau, l'accompagnera jusqu'à la tombe , et c'est tout au plus si depuis un siècle elle entre dans son âge mur. Comme c'est l'âge des sophismes , des égaremens de l'esprit, et même des passions vivaces , il a pu sembler à quelques esprits étroits qu'après de rude» écarts, elle allait lui échapper; mais qu'ils se rassurent : l'individu, tout désordonné qu'il puisse être , n'échappe pas facilement aux soins maternels de l'église , (|ui le suit avec sollicitude dans toutes les phases de sa vie, et qui attend son cercueil à la même place où fut apporté son berceau. Or ce que son église est pour chacun des membres de la grande famille humaine , le christianisme l'est pour la famille entière. La vie du monde, comme celle de l'homme, lui appartient ; seulement , ( hâtons-nous de le dire ) le monde n'est pas destine à la mort , comme l'homme , et il n'a pas à craindre le déclin qui y mène. Ce sera l'Enoch des temps nouveaux , passant corps et ame , a une vie meilleure, et ce jour viendra pour lui aux temps nouveaux sitôt que que le progrès de son épuration chrétienne l'en rendra digne.

Et c'est là que la courbe immense que décrit le chi-istianismc se perd au regard humain, même à celui de la foi; car là commence l'infini , l'infini qui touche à Dieu , et n'a pas d'autre limite. Mais jusque là , il n'y a ni repos ni détour pour l'humanité qui s'est attachée au christianisme poui' marcher avec lui , et c'est à ce but que la conduit la voie sur laquelle il la pousse depuis dix-huit siècles.

Oui donc aurait eu. de nos jours, h- pouvoir découper sons leurs pas (.(•lU- route s.onte, et de I*mii iliie , <oinme Dieu à la mer qui giondr :

i/ÉCHO DK la JKL>K HU-NCt. tStJ

vous n'irez pas plus loin? Quoil l'on mesure de l'œil tout te clieuuu qu'a parcouru leur marche solennelle et irrcsislible , et Ton veut qu'en vue du chemin qui reste à faire, l'humanité se sépare du seul guide qui l'ail «.ncore fait avancer vers son but I Dérision et al)surdité I l'école du dix.hiiitiëmc siècle était plus conséquente. Elle niait tout; die accusait en tout le christianisme et calomniait son passé, pour avoir le droit de lui fermer l'avenir. La bonne foi de l'école nouvelle la jette en des contradictions inexplicables... Admettre en effet l'action progressive de l'humanité chrétieni»« jusqu'à nos jours, c'est se condamner à en reconnaître la continuité inévitable jusqu'à une fin marquée. Or, quelle a été cette fin? Nous sommes en droit de le demander. Quand se sont réalisées ces inviolables promesses de liberté, d'égalité et de fraternité, mots sublimes qui ont profanés sans les tlclrir les forcenés de 93 et les parodistes de 1 83o? A la formation de quel grand œavre s'est épuisée cette active puissance qui passa sur le monde lomain, régénéra le monde barbare, constitua enfin le nouveau monde européen? Qu'on nous le dise ; car, si c'était, par aventure et en définitive , la révolution de juillet (puisque c'est d'elle à peu près que datent ces pitoyables doctrines), nous aurions tort, en eftet, de nous étonner, qu'à cette grande manifestation du progrès humain, eussent été nécessaires, pour la préparer, l'effusion si abondante du sang des martyrs , les sublimes enseigncraens des docteurs, les travaux immenses des savans et des princes de l'Europe, et cet amas incommensurable de dévouemens, (le pénitences et de sacrifices de tous genres , que dix-huit longs siècles, ont formé, et auquel chaque jour, même à cette époque critique, vient ajouter son tribut.

C'est vraiment pitié de le dire: Mais ces hommes se seraient-ils imaginé notre Dieu comme une de ces A'ieilles idoles de bois, aux dorures écaillées, que les nations laissent derrière elles, en marchant, avec les mauvais bagages ; et leur semblerait-il que pour le reconnaître et l'adorer, nous avons besoin de tourner la face en arrière? Ah I l'erreur serait grande; elle serait honteuse à cette époque d'investigation et de bonne foi; elle amènerait , en se propageant , l'avortement infaillible de notre magnifique avenir. — Loin de là, jeunes hommes , loin de làl le Dieu des chrétiens , celui dont le nom proclamé sur le Thabor a retenti jusque dans les plus profondes solitudes des Amériques, celui dont l'enseignement professé à llomc se répète sur tous les points du monde connu , celui qu'on étudie moins encore qu'on ne l'invoque , car le cœur n'a pas besoin de l'étudier pour le connaître, le Dieu qui place la foi au-dessus de la science , jtarce qu'il est venu pour le grand nombre , et qu'il se fait sentir à tous s'il se dévoile à quelques-uns , celui qui renouvela de fond en comble la société antique, mit la fraternité en place de l'esclavage, substitua la chalilc universelle aux haines patriotiques, le droit et la justice à la fraiidr

iS8 l'écho dk la jeum: fr.\nce,

et à la violence , qui suscita aux époques marquées, soit qu'il fallût abattre ou reconstruire , Attila, Charlcmagne, Grégoire VU, et jusqu'à notre IVapoléon, cet Atlas des temps modernes, qui, avant de se laisser écraser sous le monde qu'il portait, accomplit avec tant de rapidité et d'éclat celte double mission , le Dieu de toutes ces merveilles , Dieu enfin , celui de nos adversaires comme le nôtie , si vous le cherchez avec votre ame , jeunes hommes , c'est en vous-même qu'il apparaîtra ; si c'est avec votre raison seulement, jetez-A'ous pour le saisir an-dessus de toute imagination Iiumaine, quelque hardie qu'elle soit, au-delà de toute crvrli'sation,dc tout progrès, quelque étendu que vous l'imaginiez, en avant enfin de toutes choses; car il est là aussi. Soleil intellectuel, c'est vers lui que jgravitcnt toutes les pensées , que montent toutes les émanations de l'esprit humain, que tendent tous les pas progressifs du monde social, dont il ranime el vivifie incessamment les efforts, de ce monde qui marche à lui^ parce qu'il l'attire, parce qu'il est la fin de tout, comme il en a été le principe. 11 ne s'agit donc point de retenir son regard, de baisseï- la tête et de la dclomner honteusement veis le passé pour la soumettre à une adwation de convenance. 11 s'agit, au contraire, de donner à son œil d'homme toute la puissance qu'il penf avoir , de relever son front à la hauteur d'une grande espérance , et de regarder en avant de soi , en haut surtout, et d'aller à la lumière qu'on entrevoit avec cette assurance de cœur que la foi donne aux plus timides.

A vous donc, jeunes hommes, à qui ne pèse aucun remords politique, qu'aucun engagement hasardé n'embarrasse,, à vous qui avez droit de marcher tête levée et cœur ouvert, à vous la noble mission de remontrer son but suhlime à l'humanité qui semble l'avoir perdu de vue , et de lui rendre, pour qu'elle tende vers lui , ce mouvement régulier sans Icqucî on n'avance point.

La génération qui vous a ])récédcs sur celle voie a dû faire plus d'uiî repos, car la terre a pins d'une fois tremblé sous ses pas, et sa fatigue est telle, qu'elle vous attend pour reprendre sa marche, et compte sur votre énergie pour la pousser en avant. Hâtez- vous-donc ; car il y a du temps perdu à regagner. Les révolutions sont toujours des haltes forcées pour l'esprit humain, et, nous en sommes convaincus, la secousse qu'elles donnent est plutôt une répulsion qu'un élan. Voilà pourquoi , disons-le hautement , nous sommes légitimistes, c'est-à-dire partisans de l'ordre de choses qui , garantissant au plus haut degré îa sûreté entière de la fiinillc et de la cité, n'oblige pas les hommes d'art, de science et de poésie, de progrès enfin, à n'être plus que des hommes de guerre ou de place pul)lique , ou même de tribune , sans aucun profit pour la civilisation.

Que tout ce qui a foi à l'avenir de l'humanité s'unisse donc pour marcher à sa conquête. Dans cette œuvre tonte pacifique, à nous, KKinrais, le

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