I.'ÎXHO DF LA JKUNK FRAM.F.. I ("t
i.i prospérité nationale , si long-temps encliaînee avec lui dans les camps , «-t son génie financier n'arrivant que pour combler des gouftres, au lieu 4lc pouvoir développer des germes de richesses. Enfin, û-rmantla martlie du siècle, apparaissait Henri IV, triste et soucieux comme le jour où de secrets pressentimens lui annoncèrent sa fin, et lui aussi reprochait au calvinisme et à son auteur d'avoir enlevé la meilleure partie de sa vie au honheur de la France, et lui aussi parlait de ce qu'il aurait l'ait contre l'Espagne et pour son pays , s'il avait été à la tête d'une nation unie et tranquille , au lieu d'avoir uncbataille à livrer à chaque marche du trône. Législateurs, hommes d'état, vaillans capitaines, rois et princes, tous entouraient le coupable Calvin , tous lui demandaient compte de ces grandes destinées avortées, de cette haute fortune écrasée dans son germe, du présent et de l'avenir de la France étouffées à bras d'hérésie ; et il me semblait qu'Henri IV , voyant cette route de succès et de gloire que le calvinisme avait barrée devant son règne, s'écriait une seconde fois : Pendstoi , brave Grillon I
Et moi, je disais : «Voyez, Calvin, voilà votre ouvrage ; voilà la France » telle qu'elle eût été; la voici telle que vous nous l'avez faite. Et mainte- » nant si du monde politique vous passez dans celui des intelligences, vos » bienfaits n'y ont été guère moins sensibles. \ ous êtes venu à une épo- » que de crovance et de création , et vous avez jeté le scepticisme et la » stérilité à pleines mains sur les arts et sur les lettres , vous avez retiré » le mouvement des esprits des larges routes où il entrait, pour le précipi- ^> ter dans les défilés de la scolastique , où le cœur se dessèche et où l'in- )) telligence s'appauvrit. Pour les arts , la réforme qui éclata au sujet de » quelques aumônes destinées à élever la basilique de Saint-Pierre, resta » en tout digne de son origine. .Tétant à bas toutes ces croyances qui sont » comme autant de draperies tombant sur les nudités de la vie , elle rêva » pour chef-d'œuvre une société machine , sans inspiration, sans génie, » sans enthousiasme , une société la tête baissée vers la terre , au lieu de » la lever vers le ciel. Aussi, Calvin, la belle Italie, celte terre de poé- » sie cl d'inspiration, resta-t-elle murée pour vous; le paradis des arts » n'avait point de porte par laquelle le protestantisme pût passer. L'es- » prit de discussion et de dénigrement, la l'age de la dispute, la faconde » pédante des écoles, vodà vos muses , et vous nous avez donné pour » Iliade les psaumes de Marot. Merci , Calvin ! vous dont la doctrine » iconoclaste aurait brisé les vierges de Raphaël comme des idolâtries; » vous qui, avec votre barbarie hérétique, sembliez avoir hérité des tra- » ditions de la barbarie armée qui détruisit l'ancienne Rome. Merci, Cal- » vin I vous avez beaucoup fait pour la Fiance ; car vous avez claque- » muré tontes les forces de son esprit, toutes les puissances de son ame w ilans un iiu-xlrirable dédile de tliéologie ; vous ave/, aigri les voix les
l6G t/ÉCHO DK 1,A JKUNE FRA-NCK.
» pins suaves et les plus douces , et ç;ràce à vous , lorsque la posfe'rife » s'arrête pour écouter le xv*" siècle, elle n'entend dans notre belle France » qu'un combat d'injures , le rauque bruissement des tlièses , le tumulte » des conférences, et les tempêtes des colloques, tandis que d'un bout du » monde catholique à l'autre la voix du Camoens et du Tasse , dominant » ces murmures confus de leurs ineffables harmonies, s'élèvent majestueu- » sèment vers le ciel comme deux voix d'anges qui, pures et solennelles, » s'écoutent et se répondent dans ces régions supérieures inaccessibles » aux vains bruits de l'humanité.
N***, membre du comité de Paris.
OLRIMÉ.
Parmi tant de douces émotions que la providence a ménagées au cœur de l'homme ici-bas, il en est une surtout commune à tous les âges, à toutes les situations de la vie , et qui devient héroïsme, dévouement, dans une amc noble et généreuse.
Patrie I c'est toi qui inspires ce beau sentiment.'
La patrie , c'est la terre sacrée à laquelle nous avons confié nos plaisirs, nos espérances, notre avenir ; c'est l'air que nous respirâmes en naissant, le sol chéri où s'imprimèrent nos premiers pas , oii nous apprîmes à balbutier le doux nom de mère; ce sont les lieux où nous avons aimé, où nous avons souffert , le vallon où s'égarèrent nos premiers rêves de bonheur , le toit qui ombragea notre berceau , la tombe où dorment nos aïeux et où ils nous attendent.
Voyez sur la rive des lointaines colonies ce Nègre malheureux et courbé sous la fatigue, qui, se dérobant un instant au regard oppresseur de son farouche tyran, du haut du rivage contemple d'un œil attendri ces mers profondes à travers lesquelles l'emporta un vaisseau ravisseur, ces mers infranchissables , barrières où viennent expirer ses vœux et son espoir. Quel est le sentiment qui agite son cœur? Est-ce la douleur, la misère qui font couler tant de larmes? Non : une pensée seule le pénètre et le domine; il songe à la patrie absente, au ciel d'Afrique, aux sables qu'il foula, à sa hutte du désert, aux affections de famille qui entourèrent ses jeunes ans; et des torrens de pleurs ruissellent le long de ses joues caves et sur ses mains meurtries de chaînes.
Ce fut par une journée do décembre i -74^3 que des militaires français , parcourant en éclaireurs les rives du Meschaccbé, dans la Louisiane , trf>uvèrent égareV au milieu des bois, et amenèrent à la Nouvelle-Orléans,
L IXHO VK LA JEUNK FKANCi:. iCt-J
une jeune lille de la tribu des Osages. Pauvre gazelle des grandes forêts, l'Indienne suivait d'un pas craintif ces nouveaux guides qu'elle n'avait jamais vus, examinait d'un regard inge'nu tant d'objels si étranges à son inexpérience, et, plus souvent encore, tordant ses petites mains dans les angoisses du desespoir, d'un cri déchirant appelait sa mère. Le ciel l'entendit : un cœur de Française s'émut de pitié pour elle. Madame de Fréville n'avait point d'cnfans; elle adopta la jeune Osage , et lui voua une affection maternelle.
Et certes qui eût pu se défendre d'une sympathique et tendre émotion envers un être déjà si beau de grâces et si touchant par son malheur !... Ourimé avait à peine dix ans, et cependant la liane flexible était moins élégante que sa taille élancée; la plume soyeuse du héron des savanes ceignait en diadème sa tête légère, et, par sa blancheur, contrastait avec les noires boucles qui tombaient onduleuses sur ses épaules ; son œil grand et noir respirait une extrême douceur, toute la timidité ingénue du premier àgej et sa petite bouche vermeille ressemblait à un jeune bouton qui s'entr'ouvre au premier rayon du soleil.
Dans* son affectueux empressement, madame de Fréville se hâta de faire imprimer au front de la jeune idolâtre le sceau du chrétien , et , sur les fonds régénérateurs, au doux nom du désert Ourimé, joignit le nom aussi doux de Marie.
La généreuse bienfaitrice entoura l'enfant de son adoption des soins les ])lus éclairés. Des maîtres choisis furent chargés de coopérer au développement de cet esprit si naïf et si ignorant. L'Indienne apprit avec une étonnante facilité toutes les connaissances, tous les arts dont notre Europe civilisée est si vaine, et dans lesquelles, de si bonne heure, elle exerce l'enfance. Enfin madame de Fréville n'oublia rien, n'omit rien pour rendre son Ourimé heureuse et accomplie.
Sous un rapport du moins, ses vœux et ses espérances furent réalisés. En grandissant, Ourimé développait des traits enchanteurs et une ameplus belle et plus ravissante encoie. Tous admiraient ses progrès, applaudissaient à ses talens ; et ces éloges répétés par mille bouches retentissaient jusqu'au cœur de la bienfaitrice, où ils causaient un ravissement, des jouissances inexprimables. Mais hélas! ce bonheur qu'Ourimé répandait à l'entour , elle ne le connnaissait point pour elle-même.
Les mois passaient, les années passaient , et Ourimé semblait concentrer de plus en plus dans son ame une peine secrète et profonde. Des soupirs fréquens agitaient son sein ; le jour , en présence de sa mèreadopti^e, Ourimé se contraignait, s'efforçait même de sourire; mais un œil clairvoyant, ou moins préoccupé de sa propre affection, aurait pu facilement démêler jusque dans ce sourire une mélancolique expression , quelque chose qui ressemblait aux larmes. Et la nuit, quand elle était seule avec
l08 l/ÉC.HO DK LA. JKU^F, KRANCi:.
son cœur ai'ilige, seule avec ses propres pense'es, Ourime se livrait librement à sa silencieuse douleur , et mouillait de pleurs sa couche solitaire.
Quelquefois , inquiète , elle gravissait sur les coteaux voisins , d'où s« vue pouvait s'étendre au nord , et son cœur tressaillait d'un indicible élan, lorsque le vaste horizon lui offrait quelque part rimaç;e de la solitudeou le lointain aspect des forêts. Son oreille ravie écoutait comme un délicieux concert le balancement monotone des pins ou le bruissement du vent dans le feuillage : elle aspirait avec délices l'odeur sauvage de la bruyère , le doux parfum du dései-t.
Que se passait-il donc dans son ame? Que demandait-elle avec tant d'ardeur aux cieux, aux zéphirs, à la nature entière, elle si indifférente aux fêtes brillantes de la cité, si insensible au prestige du luxe et de l'opulence ?...
Ah! c'est qu'Ourimé n'est point fille delà cité : elle aussi fut une harmonie du désert , une fleur simple et sauvage de la bruyère .'
Autres fois, elle venait s'asseoir, rêveuse, aux rives du Meschacelté, et, mêlant une larme à son onde, aimait à voir couler ces flots tantôt purs et limpides comme l'azur des cieux, tantôt souilles par les orages, ces flots , fils comme elle des lointaines forêts • elle interrogeait chaque feuille qui flottait sur leur cristal , chaque fleur qui passait flétrie.
« Vagues objets de mon amour, s'écriait-elle, pourquoi la pauvre » Ourimé vous a-t-elle été ravie ? Pourquoi ne suis-je plus assise à l'ombre r.- <. c'^M,. » du bouleau qui balança mon enfance , et où pendait le berceau de mon » jeune frère? Ourimé n'était pas riche alors : une guirlande de fleurs des » prairies, et la dépouille moelleuse de l'hermine et du castor lui tenaient » lieu de ces riches atours , do ces somptueux habitsi Et manquait-il » donc quelque chose à mon bonheur ? N'étais-jc point heureuse lorsque » je bondissais libre comme le faon léger, insoucieuse comme le jeune » oiseau qui repose au nid du bocage?
» Et toi , dont le sein était mon asile (Lins le jour, ma couche et mon » refuge tutélaire pendant le sommeil des nuits , ma mère , pourquoi as-tu » permis que ton Ourimé fût entraînée sur un sol étranger où tu ne devais » point la suivre? ne sais-tu point que sans toi il n'est plus, pour elle, de » bonheur, que sans toi elle ne saurait vivre? Ah ! reviens, ma mère, » reviens; laisseras-tu mourir ton Ourimé sans imprimer sur ses lèvres » un baiser maternel , sans lui donner un sourire d'amour, un mot de » tendresse? reviens, il en est temps encore; tes enibrassemens ranirae- » ront ce coeur malade , qui loin de toi se flétrit.
» Colombes passagères , qui vous envolez vers les lieux chéris où s'é- » lève la cabane d'Ontario, le wigwani ( i) de mou père, d'un redoutable
(1> Hiitic do s.iuv.ijçe.
l/l'u no l)i: LA IKUiNK FUANCi:. \G()
» guerrier; dites à la femme inconsolable qui pleure son Ourime, dites- » lui que sa fille vit encore , mais qu'elle languit et se meurt, comme la » lige du sassafras sur les bords où elle a etc Iransplantc'e. »
En ce temps-là une grande nouvelle se repandit dans la colonie. On disait qu'une alliance allait être conclue entre les Français et queUpies tribus belliqueuses des grandes prairies; on assurait même que des ambassadeurs indiens allaient venir à la Nouvelle-Orléans, pour ratifier les promesses amicales et échanger le calumet de paix.
Cette importante nouvelle, en se confirmant, excita le plus vif intérêt parmi les colons. Quant à Oiirimé, je laisse à penser si elle y fut indifférente.
Elle va donc revoir des hommes de sa couleur , peut-être même de sa nation ! Tout son être tressaille d'émotion à une telle idée; elle compte les heures , les raomcns; et l'approche du bonheur donne à ses manières, à tous ses traits , l'apparence du bonheur même- Ses larmes ont cessé de couler, elle a repris en partie sa gaieté et sa vivacité naturelles; et lorsqu'un irrésistible pressentiment l'enti'aîne vers un nouvel avenir, Ourimé devient auprès de sa bienfaitrice plus tendre, plus caressante que jamais, comme si elle eîit cherché à compenser, à force d'amour et de bonheur, les douleurs que pourraient causer bientôt à cette bonne mère sa générosité même et sa tendresse.
Enfin, un jour, une agitation inaccoutumée se manifeste tout à coup dans la ville : tous accourent, tous se précipitent vers le port. Ourinu' y va aussi; elle y vole. Là, ses yeux, se voilent , ses genoux fiéciiissent, son cœur est près de défaillir , lorsqu'elle voit glisser légèrement sur le fleuve la flotte indienne, et qu'elle reconnaît les canots d'écorce et les voiles de nattes de son pays. Elle se recueille cependant , examine d'un avide regard ces figures rouges, objet de curiosité pour les autres, mais pour elle traits chéris qui lui offrent des amis, des frères, la patrie. Avec les guerriers sont venus aussi des femmes, des enfans. Parmi eux, il est vrai, Ourimé cherche en vain le visage connu d'un père, d'un parent; et cependant elle ne s'est point trompée : à la fierté de leur attitude , à leur regard ferme et plus encore à leur langage et au chant rauque et sauvage dont ils accompagnent le bruit cadencé de la rame, elle a reconnu des Osages. Ne pouvant plus maîtriser son impatience, Ourimé, qui les voit débarquer , s'élance vers eux, les presse contre son cœur, leur adresse à la fois raille questions, et, sous un costume européen, leur dévoile une Indienne. Elle a bientôt appris que sa mère vit encore, qu'Ontario blessé repose dans son wigvvam, et que dans deux soleils la flotille, remontant le fleuve, doit rejoindre la peuplade.
Ourimé pourrait-elle hésiter? sur-le-champ elle a pris son parti ^ mais comment feia-t-elle pour annoncer son dessein à sa bienfaitrice, et lui I. ]!>
lyt» L ÉCHO DI-: LA JEUNE FRANCE.
adoucir une séparation (|ui Vii peul-èlie porter lii mort dans ce cœur tcndro et bienfaisant?
Le troisième jour était arrivé: une de ces matinées pures et délicieuses, si fréquentes au doux climat de la l^ouisiane , revêtait la nature de voluptueuse lumière et d'odorante fraîcheur. Le père des eaux, le Mescbace'bé, couronné de bocages étincelans de rosée, semblait plus majestueux encore et plus calme que de coutume, et déjà auprès du port se jouait sur les ondes la flotte osage , préludant à un cours que tout annonçait devoir être paisible et heureux. Madame de Frcville reposait encore, ne songeant guère sans doute à tout ce qu'un jour si beau lui réservait de regrets déchirans, d'amères douleurs, quand tout à coup des sanglots frappent son oreille. Elle s'évedle en sursaut, et devant ses yeux se présente la jeune sauvage qui, se précipitant à genoux, inclinée au bord de son lit, lui saisit les deux mains qu'elle couvre de baisers, qu'elle inonde de larmes.
tt Ma mère , ma tendre mère ! s'écriait l'Indienne d'une voix entre- » coupée, mon autre mère des grandes forêts me réclame : permets qu'Ou- » rimé aille essuyer ses pleurs, aille la consoler. Mais garde-toi au moins » d'être ti'iste, et de troubler par ton affliction un jour que je voudrais » tout entier de bonheur. Tu vois, j'ai quitte tous les beaux habits dont » tu aimais tant à me voir parée; je les laisse ici à ma place; ils te rap- » pelleront la pauvre sauvage que tu daignas accueillir. De tout ce que » tu me donnasi, je n'emporte qu'un souvenir éternel, cette croix -•~.t^,c\. » surpendue sur mon sein, et qui ne me- quittera jamais ; le jour, la » nuit , mille et mille fois je la baiserai comme je ferais de toi-même. Ma >) mère, je t'en conjure, ne pleure point : crois-tu donc que je te quitte » j)our toujours? Chaque année, au mois des jeunes fleurs, je reviendrai, » oui, je te le jure , passer une lune entière avec celle à laquelle je dois » tant, et à qui j'aurais tout sacrifié, tout, excepté ma pauvre mère du » désert et mon père qui se meurt en demandant sa fille.
» Ma généreuse mère, une fois encore que j'entende ta voix, dis à » Ourimé que tu l'aimes toujours, quoiqu'elle ait fait si peu pour mériter » ta tendresse. Dis-lui que tu consens à ce qu'elle revoie les beaux arbres » dont l'ombrage fera tant de bien à son cœur... Ah! si l'on te disait .) (ju'Ourimé, qui n'a vu encore que quinze printemps, si jeune, va des- » cendre au pays des ombres , et meurt de douleur, loin du doux ciel » qui peut seul la guérir, tu ne le voudrais point, n'est-ce pas? Non, tu » ne le voudrais point. Laisse-moi donc partir; autrement, jelesens bien, » tu n'aurars bientôt plus de fille. Allons, ma mère, bénis ton Ourimé, » et donne-lui tes ailieux. »
Elle se jette alors dans les bras de sa bienfaitrice, et, un moment, reste < oiume abiniée dans ses douces étreintes, lùifin se dégageant de ses cm-
L ECHO UK LA ÎEUNi: FKANilK. IJI
Lrassemens, humide de larmes, mais non mallicurcusc, Oiirime court ;iii portj et un instant après la flotte légère remontait {paiement le fleuve.
Fidèle à sa promesse, tous les ans, la jeune Indienne revint visiter la ville et la bonne Française qui lui avaient fait un si bienveillant accueil. Heureuse, elle sut unir e'galement dans ses affections et les dcvoiis de la reconnaissance et les jouissances de la patrie.
Toulouse, 4 juillet i833.
Gabriel-Ghari-es Vert,
Membre correspotulavt.